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Jean-Baptiste Coursaud (Traducteur)
EAN : 9782264047175
208 pages
10-18 (22/01/2009)
3.52/5   89 notes
Résumé :
Qui est réellement ce Doppler ? Un irrécupérable ahuri ? Un asocial invétéré ?Ou un sage, qui a bien raison de fuir travail, épouse, enfants et d'aller trouver refuge dans la forêt proche d'Oslo ? Après un vol plané lors d'une promenade à vélo, le monde de ce brave père de famille de la middle class norvégienne bascule. Physiquement, tout va bien, mais mentalement, c'est une révélation : Doppler veut rompre avec la civilisation. Il décide d'aller vivre dans les bois... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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paroles
  31 mars 2022
Délirant. Loufoque. Déjanté. Inclassable.
Et pourtant de belles observations à noter et de belles leçons à en tirer.
Doppler, suite à une chute de vélo et un choc à la tête, a une révélation. Il suffit !
Oui, il en a assez de cette petite vie mesquine qui est la sienne, placée sous le signe du travail, de la famille, de la consommation, de la ville.
Il a enfin compris qu'il détestait les gens.
« Je n'aime pas les gens. Je n'aime pas ce qu'ils font. Je n'aime pas ce qu'ils sont. Je n'aime pas ce qu'ils disent.»
Terminé, basta ! A partir de maintenant, il va vivre seul. Dans la forêt.
Nouvelle vie donc, et nouveaux préceptes : fuir l'application humaine. Faire du troc. Et du vélo.
« Je me trouvais dans tous les endroits ordinaires où je faisais les choses ordinaires que les gens ordinaires font à Oslo, quand, tout à coup, la forêt s'est ouverte à moi et m'a pris avec elle. Elle m'a adopté. Il était grand temps... J'étais en passe de devenir haineux, rébarbatif pour mon entourage. »
Mais, seul, il ne va pas le rester longtemps. le voilà bientôt attaché à un jeune élan dont il vient de tuer la mère pour se nourrir.
Et puis d'autres rencontres vont avoir lieu comme celles avec un féru de modélisme, un voleur professionnel, un nouvel adepte de la forêt, et le souvenir de son père...
Voilà un roman plein d'humour féroce et dénonçant avec force notre esclavage devant l'argent, la société de consommation, notre propension à nous abêtir devant télévision et cinéma, les obligations ou les conversations que l'on s'impose envers les autres...
Sans oublier un certain regard sur la Norvège et les Norvégiens. Mais attention, hein, c'est de l'humour. Même s'il parait qu'on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui !
En lisant ce roman déjanté, je n'ai pu me retenir de le rapprocher de ceux de l'écrivain finlandais Arto Paasilinna... Et je me suis fait la réflexion que décidément l'attraction polaire devait jouer un certain rôle dans le cerveau des habitants du grand Nord. 😜
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blandine5674
  31 août 2020
Prise de conscience, lors d'une chute de vélo, de Doppler. Il quitte son travail, femme et enfants et s'installe dans la forêt sous une toile de tente. Enfin il arrive à tuer un élan, mais son petit va s'accrocher à lui. Ils vont devenir des supers potes et le nomme Bongo. Pourquoi cet isolement ? Parce qu'il n'aime pas les gens. Eh bien il est sympathique ce bonhomme qui dénonce le capitalisme norvégien et est à l'inverse de toutes les idées reçues. Hommage à la nature, à la paresse, au conformisme.
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Butylphenyl
  26 janvier 2013
Avec un titre aussi peu accrocheur et une couverture aussi peu attrayante, soyons honnêtes, jamais Doppler n'aurait fini dans ma bibliothèque s'il ne m'avait pas été chaudement recommandé.
En fait, ce n'est que lorsqu'on referme le livre qu'on en saisit l'harmonie. On comprend alors que la couverture et le titre sont, contrairement à ce qu'on imaginait jusque-là, en parfaite adéquation avec le contenu venimeux du livre.
Tous deux suscitent en effet un malaise chez le potentiel lecteur, malaise que je qualifierais de constructif et dont émane un tout aussi jouissif que corrosif "je vous emmerde, je ne veux pas que vous me lisiez et, surtout, je ne suis pas là pour vous plaire".
Oui car Doppler n'est pas seulement une belle histoire d'amitié entre un homme et un élan, c'est aussi et surtout un regard incisif posé sur les travers de notre corps politique et social. Pour fuir la société normalisée et mondialisée qui le débecte ainsi que le contact humain, Doppler décide de planter sa tente dans la forêt et applique ainsi le précepte du plus célèbre des misanthropes (celui de Molière) : "et chercher sur la terre, un endroit écarté, où d'être homme d'honneur, on ait la liberté".
Notre Alceste des bois est toutefois plus radical. Il prône un retour à la nature, au troc et à l'oisiveté afin d'échapper à la société de consommation qui nous fabrique toujours plus de besoins et d'obligations – c'est d'ailleurs la réflexion la plus intéressante selon moi. Il remet par exemple en cause notre système de valeurs et son principe premier ("l'application") : "Je me suis tellement appliqué que c'est à en gerber. […] Pendant des décennies, j'ai pataugé dans cette mare d'application. Je me suis réveillé dedans, et je me suis endormi dedans. Je respirais l'application, j'ai respiré l'application et, peu à peu, j'ai perdu la vie."
Naturellement, le ton est à l'image du personnage : acerbe, mordant mais aussi touchant. La relation qui le lie aux deux autres personnages semble d'ailleurs symboliser les deux facettes de sa personnalité. Doppler se montre en effet incisif avec le "mec de droite" en qui il ne voit qu'une marionnette dénuée de toute substance mais il est a contrario bienveillant avec Düsseldorf, un solitaire qui s'est mis en tête de reconstruire la bataille où son père a été tué en modèle réduit afin de lui rendre hommage.
Si ses thématiques (amitié, nature, relation avec un animal a priori non domestique, critique sous-jacente de la société) peuvent l'apparenter à Arto Paasilinna, pour autant, la vision d'Erlend Loe me semble plus sombre. Certes Doppler se lie d'amitié avec un élan (Bongo) et certes ce Bongo a plus d'une initiale en commun avec le Belzebuth de Paasilinna (Doppler tente de lui apprendre à parler et à jouer au loto animalier) mais l'atmosphère est dénuée d'optimisme chez Loe, en témoigne les dernières lignes du récit ("c'est la guerre") ou même la scène d'introduction (la mort de la mère de Bongo), bien plus violente que celle qui explique comment Belzebuth est devenu orphelin.
Une récit loufoque donc, à la limite de l'absurde, exacerbé par un personnage à mi-chemin entre l'Alceste de Molière et le célèbre philosophe Diogène, qui paradoxalement touche du doigt bon nombre des problèmes politiques et sociaux qui agitent notre siècle.
Plus de détails (mes rubriques "n'hésitez pas si ; fuyez si ; le petit plus ; le conseil (in)utile, en savoir plus sur l'auteur") en cliquant sur le lien ci-dessous.
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zabeth55
  06 janvier 2013
Après une chute de vélo, Doppler prend conscience de la fatuité de sa vie « appliquée » et décide de ne plus rentrer chez lui et de fuir la société de consommation. Il vit désormais sous une tente en pleine forêt avec, pour seule compagnie, Bongo, un bébé élan même pas capable de gagner au loto animalier.
Bien que misanthrope absolu, Doppler n'en est pas moins très sympathique et fort attachant.
Il y a beaucoup de sagesse et de bonheur dans son renoncement. Et il voue une tendresse sans bornes à Bongo.
Par l'intermédiaire de Doppler, Erlend Loe dénonce bien des travers de notre époque et de la société danoise.
Le style est très agréable, c'est plein d'humour, très loufoque et profond en même temps. Il y a certes quelques répétitions, mais c'est une lecture légère qui fait passer un bon moment, et ça, ça fait vraiment du bien.
J'ai hâte de lire la suite, « Volvo Trucks »
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Alienor
  18 février 2011
Doppler n'aime pas les gens. Et cette révélation lui vient subitement, après être tombé de vélo. Lui qui avait jusque là mené une vie on ne peut plus normale, plaque tout du jour au lendemain et part s'installer dans la forêt. Adieu femme, enfants, travail et société de consommation. Bonjour nature, chasse, troc et solitude. Mais les gens qui l'entourent ne sont pas bien loin, et ils vont s'ingénier à lui compliquer sa nouvelle existence.
Au début du roman, le lecteur se demande si ce héros est un illuminé doublé d'un asocial. Quel être sensé pourrait en effet parler et agir ainsi ? Mais au fil du récit, force est de constater que Doppler est bien plus sage qu'il n'y paraît, et que sa vision de la société contemporaine – une société où règne « l'application » - est très juste. On pense inévitablement à Diogène, philosophe cynique qui vivait dans le plus grand dénuement et dormait dans une jarre.
Ce livre surprenant et à l'humour grinçant est à découvrir, et je vous en livre ici un extrait qui suffit à donner le ton: « Allumer la télévision équivaut pour moi à consulter un ouvrage de référence qui m'expliquerait pourquoi je n'aime pas les gens ». Littérairement parlant, ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais l'originalité du ton vaut le détour.

Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
veronique55veronique55   28 juillet 2010
« La forêt est douce et amicale. C’est la mer, qui est capricieuse ou la montagne. Mais la forêt est prévisible, et nettement moins déstabilisante que presque tous les autres lieux. Alors, qu’on ne peut en aucune manière faire confiance à la mer, à la montagne, ou aux gens, on peut sans réserve déposer sa vie entre les mains de la forêt. Car la forêt écoute et comprend, dis-je. Elle ne démolit pas mais restaure, et laisse les choses pousser. La forêt comprend tout, et contient tout. »
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blandine5674blandine5674   31 août 2020
Allumer la télévision équivaut à consulter un ouvrage de références qui m’expliquerait pourquoi je n’aime pas les gens. La télévision est le concentré de tout ce qui en nous est abject. Tout ce qui, déjà dans la réalité, nous apparaît difficilement réconciliable en termes de qualités humaines devient d’une crudité implacable une fois retransmis à la télévision. Les gens y font figure d’abruti.
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parolesparoles   31 mars 2022
C’est une qualité intrinsèque, cette nécessité que nous éprouvons de faire en permanence des trucs. De trouver des trucs à faire. Tant qu’on est actif, tout roule, quelque inepte que soit cette activité. Nous voulons à tout prix éviter de nous ennuyer.
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line70line70   23 mars 2011
Nous naissons seuls et nous mourons seuls. Il s'agirait de s'habituer à cet axiome séance tenante et pour de bon. La solitude est fondamentale dans toute cette construction. Elle en est pour ainsi dire la poutre maîtresse par excellence. On peut vivre en compagnie des autres, mais cette compagnie équivaut généralement à un décalage : on vit en décalage par rapport aux autres, on vit à côté des autres. Et c'est très bien comme ça. On vit côte à côte avec les autres, et, à la faveur d'instants fugitifs, on peut avoir la chance de vivre ensemble, en réelle compagnie des autres.
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Bandini92Bandini92   30 novembre 2017
Si Gregus sait lire à quatre ans, il va résoudre des équations du troisième ou du quatrième degré avant que j'aie eu le temps de me retourner. Il doit être stoppé dans son élan. L'application doit être coupée à la racine. Il est hors de question que Gregus retourne à la civilisation. Il va rester à mes côtés dans la forêt. Et je vais sans plus tarder allumer un bon feu de joie. Les journaux vont flamber et si Gregus veut poursuivre ses lectures, il sera contraint d'écrire les textes lui-même, il se verra forcé de les graver dans l'écorce ou d'utiliser son sang. Ça lui fera passer son envie de lire, ça.
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