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Jean-Baptiste Coursaud (Traducteur)
ISBN : 2264047178
Éditeur : 10-18 (22/01/2009)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Qui est réellement ce Doppler ? Un irrécupérable ahuri ? Un asocial invétéré ?Ou un sage, qui a bien raison de fuir travail, épouse, enfants et d'aller trouver refuge dans la forêt proche d'Oslo ? Après un vol plané lors d'une promenade à vélo, le monde de ce brave père de famille de la middle class norvégienne bascule. Physiquement, tout va bien, mais mentalement, c'est une révélation : Doppler veut rompre avec la civilisation. Il décide d'aller vivre dans les bois... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Nyxlapolicecomicsansms
  26 janvier 2013
Avec un titre aussi peu accrocheur et une couverture aussi peu attrayante, soyons honnêtes, jamais Doppler n'aurait fini dans ma bibliothèque s'il ne m'avait pas été chaudement recommandé.
En fait, ce n'est que lorsqu'on referme le livre qu'on en saisit l'harmonie. On comprend alors que la couverture et le titre sont, contrairement à ce qu'on imaginait jusque-là, en parfaite adéquation avec le contenu venimeux du livre.
Tous deux suscitent en effet un malaise chez le potentiel lecteur, malaise que je qualifierais de constructif et dont émane un tout aussi jouissif que corrosif "je vous emmerde, je ne veux pas que vous me lisiez et, surtout, je ne suis pas là pour vous plaire".
Oui car Doppler n'est pas seulement une belle histoire d'amitié entre un homme et un élan, c'est aussi et surtout un regard incisif posé sur les travers de notre corps politique et social. Pour fuir la société normalisée et mondialisée qui le débecte ainsi que le contact humain, Doppler décide de planter sa tente dans la forêt et applique ainsi le précepte du plus célèbre des misanthropes (celui de Molière) : "et chercher sur la terre, un endroit écarté, où d'être homme d'honneur, on ait la liberté".
Notre Alceste des bois est toutefois plus radical. Il prône un retour à la nature, au troc et à l'oisiveté afin d'échapper à la société de consommation qui nous fabrique toujours plus de besoins et d'obligations – c'est d'ailleurs la réflexion la plus intéressante selon moi. Il remet par exemple en cause notre système de valeurs et son principe premier ("l'application") : "Je me suis tellement appliqué que c'est à en gerber. […] Pendant des décennies, j'ai pataugé dans cette mare d'application. Je me suis réveillé dedans, et je me suis endormi dedans. Je respirais l'application, j'ai respiré l'application et, peu à peu, j'ai perdu la vie."
Naturellement, le ton est à l'image du personnage : acerbe, mordant mais aussi touchant. La relation qui le lie aux deux autres personnages semble d'ailleurs symboliser les deux facettes de sa personnalité. Doppler se montre en effet incisif avec le "mec de droite" en qui il ne voit qu'une marionnette dénuée de toute substance mais il est a contrario bienveillant avec Düsseldorf, un solitaire qui s'est mis en tête de reconstruire la bataille où son père a été tué en modèle réduit afin de lui rendre hommage.
Si ses thématiques (amitié, nature, relation avec un animal a priori non domestique, critique sous-jacente de la société) peuvent l'apparenter à Arto Paasilinna, pour autant, la vision d'Erlend Loe me semble plus sombre. Certes Doppler se lie d'amitié avec un élan (Bongo) et certes ce Bongo a plus d'une initiale en commun avec le Belzebuth de Paasilinna (Doppler tente de lui apprendre à parler et à jouer au loto animalier) mais l'atmosphère est dénuée d'optimisme chez Loe, en témoigne les dernières lignes du récit ("c'est la guerre") ou même la scène d'introduction (la mort de la mère de Bongo), bien plus violente que celle qui explique comment Belzebuth est devenu orphelin.
Une récit loufoque donc, à la limite de l'absurde, exacerbé par un personnage à mi-chemin entre l'Alceste de Molière et le célèbre philosophe Diogène, qui paradoxalement touche du doigt bon nombre des problèmes politiques et sociaux qui agitent notre siècle.
Plus de détails (mes rubriques "n'hésitez pas si ; fuyez si ; le petit plus ; le conseil (in)utile, en savoir plus sur l'auteur") en cliquant sur le lien ci-dessous.
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zabeth55
  06 janvier 2013
Après une chute de vélo, Doppler prend conscience de la fatuité de sa vie « appliquée » et décide de ne plus rentrer chez lui et de fuir la société de consommation. Il vit désormais sous une tente en pleine forêt avec, pour seule compagnie, Bongo, un bébé élan même pas capable de gagner au loto animalier.
Bien que misanthrope absolu, Doppler n'en est pas moins très sympathique et fort attachant.
Il y a beaucoup de sagesse et de bonheur dans son renoncement. Et il voue une tendresse sans bornes à Bongo.
Par l'intermédiaire de Doppler, Erlend Loe dénonce bien des travers de notre époque et de la société danoise.
Le style est très agréable, c'est plein d'humour, très loufoque et profond en même temps. Il y a certes quelques répétitions, mais c'est une lecture légère qui fait passer un bon moment, et ça, ça fait vraiment du bien.
J'ai hâte de lire la suite, « Volvo Trucks »
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Alienor
  18 février 2011
Doppler n'aime pas les gens. Et cette révélation lui vient subitement, après être tombé de vélo. Lui qui avait jusque là mené une vie on ne peut plus normale, plaque tout du jour au lendemain et part s'installer dans la forêt. Adieu femme, enfants, travail et société de consommation. Bonjour nature, chasse, troc et solitude. Mais les gens qui l'entourent ne sont pas bien loin, et ils vont s'ingénier à lui compliquer sa nouvelle existence.
Au début du roman, le lecteur se demande si ce héros est un illuminé doublé d'un asocial. Quel être sensé pourrait en effet parler et agir ainsi ? Mais au fil du récit, force est de constater que Doppler est bien plus sage qu'il n'y paraît, et que sa vision de la société contemporaine – une société où règne « l'application » - est très juste. On pense inévitablement à Diogène, philosophe cynique qui vivait dans le plus grand dénuement et dormait dans une jarre.
Ce livre surprenant et à l'humour grinçant est à découvrir, et je vous en livre ici un extrait qui suffit à donner le ton: « Allumer la télévision équivaut pour moi à consulter un ouvrage de référence qui m'expliquerait pourquoi je n'aime pas les gens ». Littérairement parlant, ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais l'originalité du ton vaut le détour.

Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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Loutre_des_Rivieres
  16 novembre 2012
Une chute de vélo change tout à coup la perception du monde de Doppler, notre personnage, un cadre norvégien d'une quarantaine d'année. D'un coup, il n'en peut plus,son père vient de mourir et ses enfants semblent abrutis l'un par les dessins animés, l'autre par la énième vision cinématographique du Seigneur des anneaux. Il quitte tout, femme, enfants, travail et part dans les bois... où la vie va finalement être rude. Il a pour logis une tente, pour animal de compagnie un petit élan, pour moyen de subsistance le troc de morceaux d'élan et pour amis des personnages loufoques.
Roman fantaisiste et drôle mais aussi plus profond dans la question du retour à la nature et de la société de consommation.
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Rhodopsine
  18 novembre 2012
Andreas Doppler se découvre misanthrope et s'installe sous la tente en forêt. Il laisse derrière lui sa famille (fille adolescente, fils au jardin d'enfants et épouse). Il mène une vie de chasseur cueilleur des temps modernes, remet le troc au goût du jour... Las, son ermitage attire des "disciples", sa femme s'en mêle...
Un court roman souvent amusant, décalé, qui met aussi le doigt sur les excès de la société occidentale. Un peu trop gentil peut-être.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
veronique55veronique55   28 juillet 2010
« La forêt est douce et amicale. C’est la mer, qui est capricieuse ou la montagne. Mais la forêt est prévisible, et nettement moins déstabilisante que presque tous les autres lieux. Alors, qu’on ne peut en aucune manière faire confiance à la mer, à la montagne, ou aux gens, on peut sans réserve déposer sa vie entre les mains de la forêt. Car la forêt écoute et comprend, dis-je. Elle ne démolit pas mais restaure, et laisse les choses pousser. La forêt comprend tout, et contient tout. »
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Bandini92Bandini92   30 novembre 2017
Si Gregus sait lire à quatre ans, il va résoudre des équations du troisième ou du quatrième degré avant que j'aie eu le temps de me retourner. Il doit être stoppé dans son élan. L'application doit être coupée à la racine. Il est hors de question que Gregus retourne à la civilisation. Il va rester à mes côtés dans la forêt. Et je vais sans plus tarder allumer un bon feu de joie. Les journaux vont flamber et si Gregus veut poursuivre ses lectures, il sera contraint d'écrire les textes lui-même, il se verra forcé de les graver dans l'écorce ou d'utiliser son sang. Ça lui fera passer son envie de lire, ça.
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line70line70   23 mars 2011
Nous naissons seuls et nous mourons seuls. Il s'agirait de s'habituer à cet axiome séance tenante et pour de bon. La solitude est fondamentale dans toute cette construction. Elle en est pour ainsi dire la poutre maîtresse par excellence. On peut vivre en compagnie des autres, mais cette compagnie équivaut généralement à un décalage : on vit en décalage par rapport aux autres, on vit à côté des autres. Et c'est très bien comme ça. On vit côte à côte avec les autres, et, à la faveur d'instants fugitifs, on peut avoir la chance de vivre ensemble, en réelle compagnie des autres.
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IsmailovaIsmailova   02 février 2016
Tu es un ardent défenseur de l'ordre établi alors que je suis un ennemi du peuple. Tu veux conserver alors que je veux démanteler. Tu veux que tout ce qui est continue d'être alors que je veux que cela cesse d'être. Tu as un chien et j'ai un élan. [...] Et tu peux parfaitement débarquer ici avec ton clebs et faire tout un foin, sache que je n'aime pas ta façon de penser, je n'aime pas ta façon de t'habiller, je n'aime pas ton chien, et surtout je n'aime pas ton rictus suffisant qui déforme le coin de ta bouche.
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NyxlapolicecomicsansmsNyxlapolicecomicsansms   20 janvier 2013
Pendant des décennies, j’ai pataugé dans cette mare d’application. Je me suis réveillé dedans, et je me suis endormi dedans. Je respirais l’application, j’ai respiré l’application et, peu à peu, j’ai perdu la vie.
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Video de Erlend Loe (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Erlend Loe
Kurt kurér av Erlend Loe
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