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Eric Eydoux (Traducteur)Élisabeth Eydoux (Traducteur)
ISBN : 274272527X
Éditeur : Actes Sud (03/01/2000)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 103 notes)
Résumé :
Si récente qu'elle soit, la trilogie de Herbjorg Wassmo est déjà considérée en Norvège comme un des grands classiques de la littérature. Le public, dans ce pays de quatre millions d'habitants, a fait monter les ventes à près de cent cinquante mille exemplaires. Les autorités littéraires ont décerné au premier volume, La Véranda aveugle, l'année même de sa parution (1981), le très envié prix du Conseil nordique.

Voici donc l'histoire de Tora, l'adolesc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  12 janvier 2016
C'est un dur monde dans lequel Herbjorg Wassmo nous plonge. Un monde de misère, violent. Mais un monde très intéressant. Dans tous les cas, moi, je l'ai aimé. Davantage que celui que l'auteur nous présentait dans « le livre de Dina », que je trouvais trop polissé et romancé. Dans « La véranda aveugle », nous avons droit à un autre visage de la Norvège. Celui des petits villages de pêche du nord. Où il fait froid. Où des hommes et des femmes qui travaillent durement pour gagner leur pain quotidien. Où les enfants qui doivent apprendre tôt à grandir, à trouver leur voie. Et ils y parviennent en décodant tout ce qui les entoure.
C'est le cas de la petite Tora. Enfin, plus si petite puisqu'elle a onze ans. Alors qu'elle entre dans l'adolescence, elle doit se faire une tête de tous les ragots qui circulent sur son compte. de toutes les insultes que les enfants du village lui lancent. Elle serait née des amours de sa mère et d'un officier allemand pendant l'occupation nazie. Qu'est-ce que cela implique ? Surtout, elle doit surtout repousser les ardeurs de son beau-père Henryk quand il rentre saoul… Dans une autre critique, on compare la jeune fille à un chat écorché et je n'aurais pu mieux trouver.
Heureusement, elle peut compter sur des femmes fortes. D'abord, sa mère Ingrid, travailleuse, et sa tante Rakel, ingénieuse. Cette dernière n'est pas étrangère à la prospérité de son époux. D'ailleurs, quand un feu ravagera les installations de Simon, c'est elle qui le poussera à se reprendre en main. Grâce à ces deux modèles, et celui d'autres femmes du village (dont son institutrice Gunn et son amie Soleil), Tora saura grandir.
Toutefois, commec'était le cas dans « le livre de Dina », les personnages masculins sont plutôt faibles. "Les hommes, on les emmerde", clame Rakel. On retrouve surtout Henryk, un chômeur estropié, éprouve de la difficulté à retenir ses ardeurs. Simon est plutôt docile, c'est son épouse Rakel qui « porte le pantalon ». Les camarades de classe de Tora son méchants, essentiellement des brutes. le seul qui lui tienne lieu d'ami, Frits, est sourd et muet. Cela est un peu décevant.
Mais cette légère déception est largement compensée par la plume particulièrement évocatrice de Herbjorg Wassmo. Au-delà des personnages, il y a le village et la communauté. Je ne sais s'il existe pour vrai mais j'avais l'impression d'y être. À chacune des pages que je tournais, je « sentais » la Norvège. Cette communauté de pêcheurs, austère, où chaque famille cache ses problèmes derrière de portes closes. Les quelques descriptions de lieux, minimalistes mais efficaces, accentuent cette misère sociale mais, en même temps, la rend sympathique. La pluie déprimante, l'obscurité oppressante, le froid envahissant, les maisons à la peinture tellement écaillée qu'elles paraissent grises, les quais et les imposants baraquements des pêcheurs qui occupent la moitié des villageois… toute cette austérité semble naturelle, presque bienvenue. Dans tous les cas, elle fait partie de ces êtres qui craignent surtout le chômage. Ils acceptent cette vie qui est la leur, ils n'en connaissent pas d'autre.
Ceci dit, tout n'est pas que noirceur et misère. Herbjorg Wassmo trouve le moyen d'éclairer de quelques rayons la vie de ses personnages. Et sa plume est tellement douce, fine, délicate. Aborder des sujets aussi difficile (l'éveil à la puberté, les abus) dans un tel décor, c'est tout un tour de force. Partout, il y a cet équilibre. Ces personnages parfois durs, qui s'expriment dans un langage assez cru, sont aussi capables de tendresse. Décidément, « La véranda aveugle » est un grand roman d'apprentissage, une oeuvre à découvrir.
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zabeth55
  22 novembre 2018
Pauvre petite Tora d'une douzaine d'années à peine. Quelle vie sur cette île norvégienne dans les années 60, entre une mère triste et un beau-père ignoble !
Et ce péril qui pèse sur ses épaules, sournois, obsédant, indéfinissable.
Est-il du aux conditions inavouables de sa naissance ? à la menace de son beau-père ?
Je me suis laissée emportée dans cette tragédie.
C'est sombre, c'est triste, on se sent impuissant mais c'est superbement écrit.
J'étais complètement absorbée par les lieux, par l'époque, par le mode de vie, par les personnages……
Pour faire bref, j'ai beaucoup aimé ce livre que je voulais lire depuis longtemps.
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visages
  28 juillet 2019
Dans ce premier volet de la trilogie nous faisons connaissance avec Tora,son cadre de vie,sa famille. Si j'ai tout d'abord trouvé un peu long la mise en place "du décor" j'ai ensuite pris toute la mesure de la finesse d'écriture d'Herbjorg Wassmo qui nous permet de nous imprégner tout autant du monde intérieur de la jeune Tora que du contexte dans lequel elle vit. Son existence douloureuse est partagée entre la peur " du péril" engendré par son beau-père dont l'infirmité est bien moins son bras paralysé que sa cruauté, sa mère,femme soumise incapable de la protéger, et sa honte d'être l'enfant d'un " boche"...Mais elle a tout de même un peu de lumière et d'espoir de connaître un monde moins dur grâce à la tendresse de sa tante Rakel et son oncle Simon auprès desquels elle trouve un réconfort. Et puis, il y a Frits,jeune garçon muet et qui pourtant lui communique une conivance qui l'a trouble. Tora va aussi trouver une sorte de résilience en s'inventant une grand mère allemande, chaleureuse,aimante. Nous quittons Tora après l'incendie de l'entrepôt de son oncle et un conflit intérieur cornélien : soulagement et sentiment de libération en voyant son beau père emmené par la police et parallèlement souffrance de constater que sa mère semble ne plus la voir , emportée elle même mentalement par cet homme. L'univers de ce petit monde de pêcheurs, la rudesse du climat norvégien, la pauvreté ambiante contribue à alourdir encore le calvaire de cette toute jeune fille. C'est avec plaisir que je vais retrouver Tora dans le deuxième tome de cette histoire.
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cursive
  28 octobre 2012
Un chat écorché. C'est ainsi que se voit la jeune Tora, presque mutique, qui subit régulièrement la violence physique des adultes et les insultes des enfants. La honte l'empêche de se confier aux seules personnes en qui elle a confiance : sa chère tante Rakel et son institutrice qui a décelé en elle une élève douée et avide d'apprendre.
Lorsqu'il lui est trop difficile d'affronter la réalité, elle se réfugie dans son monde imaginaire et dans la lecture. En effet, dans les années 1950, les traumatismes et les déviances sexuelles sont tabou et ne se soignent pas. C'est alors que les conséquences d'une catastrophe vont sauver Tora de ce qu'elle nomme « le péril ». Mais pour combien de temps ?
En brossant par petites touches le portrait des protagonistes qui habitent la maison à la véranda aveugle, l'auteure dépeint une communauté de pêcheurs appauvris par le chômage, aigris par la boisson et la médisance. Néanmoins, dans ce lieu âpre et austère qui marque durablement les corps et les esprits surgissent de temps à autre des moments de paix et de beauté : la cuisson de pâtisseries, le retour du printemps, la découverte d'un roman ou encore une nouvelle amitié.
Admirable roman d'apprentissage et premier volet d'une trilogie dont la large palette d'émotions préfigure le livre de Dina.
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Loutre_des_Rivieres
  23 novembre 2013
Dans une petite île du nord de la Norvège, au milieu des années 50, Tora, une jeune fille d'une douzaine d'années, née d'une mère autochtone et d'un soldat allemand tente de construire son identité malgré la pauvreté, l'ignorance de ses origines et les souffrances sexuelles et psychologioques infligées par son beau-père.
La jeune narratrice ne vit que pour les livres et pour ces moments où, seule, elle fait marcher son imagination pour oublier ce qui la hante, l'effraie et l'obsède.
Elle fait la chronique de cette petite île norvégienne où le rude climat est l'objet de toute les attentions, évoque la grande maison où elle vit, la vie de ses nombreux habitants et l'importance de certaines personnes dans sa vie : bien sur sa mère Ingrid mais aussi sa tante très indépendante, son amie Soleil, son institutrice Gunn et son nouvel ami, un jeune homme sourd et muet qui lui fait découvrir les joies de la musique et d'un nouveau foyer où la peur est absente.

Herbjorg Wassmo possède le don de faire des portraits de femmes magnifiques (la trilogie de Dina), des portraits réalistes et difficiles de jeune filles en devenir dans lesquelles elle n'hésite pas à décrire la violence physique et les souffrances psychologiques de ces personnages. Un véritable témoin de la condition féminine.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   04 janvier 2016
Ceux qui assistèrent Elisif cette nuit-là racontèrent ensuite qu'ayant eu à souffrir des heures durant [son accouchement], elle n'avait cessé de prier. Elle avait prié pour obtenir un grand garçon bien constitué qui ferait honneur à Dieu et pourrait ainsi devenir missionnaire afin d'aller convertir les païens.
Mais, vers les six heures du matin, un cri de bête vint déchirer l'air et se vriller dans toutes les têtes de la maison des Mille. Chacun se mit à supputer.
C'était Elisif qui, n'arrivant plus à se contenter de l'aide céleste, s'abandonnait au seul recours qui lui restait. Le cri originel. Le premier cri véritable de l'histoire universelle. Le hurlement arraché à un être dans la détresse, abandonné de Dieu, seul avec sa douleur. Le combat auquel les livres n'accordent aucune importance particulière parce que la vie nouvelle n'est pas le fait des grands généraux.
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SachenkaSachenka   04 janvier 2016
Un jour, ignorant qu'il y avait une différence entre l'eau de la mer et celle de la rivière, Tora avait bu de l'eau salée.
Elle n'en avait ensuite jamais oublié le goût.
Un goût qui lui avait fait redouter les bains de mer.
Elle préférait les trous dans la rivière, même si l'eau y était plus froide. Et, lorsqu'elle apprenait que quelqu'un s'était noyé en mer, le goût salé et nauséabond lui revenait dans la bouche.
Ainsi savait-elle un peu ce que c'était de mourir.
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kundrykundry   03 mars 2014
Debout près de la fenêtre, Tora se laissait pénétrer par les voix mais ne prêtait pas attention aux paroles. Celles-ci n'avaient plus de sens. Seules comptaient les voix : réconfortantes, douces, rassurantes. Elles comprenaient vaguement que les paroles avaient trait à des choses qu'elles avaient eues auparavant en commun. De ces choses dont l'empreinte n'apparaissait pas sur elles au quotidien : des journées d'été passées ensemble, de communes égratignures, des tempêtes matinales sur le chemin de l'école, des chagrins et des veillées de Noël partagées. Et puis ces moments où elles avaient été contraintes de se détester profondément d'une haine fraternelle, mais pour réaliser l'instant d'après que c'était ensemble qu'elles étaient le plus aptes au combat. Tout ceci, ce n'était pas leurs paroles, ce n'était pas ce qu'elles disaient qui le révélaient. Non, c'étaient leurs voix. Ces voix où transparaissaient les trésors d'affection que chacune éprouvait pour l'autre.
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patatarte2001patatarte2001   11 juin 2017
Un jour, ignorant qu'il y avait une différence entre l'eau de mer et celle de la rivière, Tora avait bu de l'eau salée. Elle n'en avait ensuite jamais oublié le goût. Un goût qui lui avait fait redouter les bains de mer. Elle préférait les trous dans la rivière, même si l'eau y était plus froide. Et, lorsqu'elle apprenait que quelqu'un s'était noyé en mer, le goût salé et nauséabond lui revenait dans la bouche. Ainsi savait-elle un peu ce que c'était de mourir.
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cursivecursive   24 octobre 2012
Sans doute était-ce la faute du chat lui-même. Parce qu'il n'avait pas de maître, qu'il n'avait personne pour le surveiller. Et, en le voyant, les gens avaient eu envie de l'écorcher. Et, en le voyant, les chiens avaient eu envie de le traîner dans la boue.
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