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Gro Tang (Traducteur)
EAN : 9782020413282
300 pages
Éditeur : Seuil (30/11/-1)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Dans les dossiers de l'inspecteur Sejer, il reste deux affaires non élucidées : celle d'une prostituée de luxe, Marie Durban, sans doute étranglée par un client ; et le cas d'Egil Einarsson, dont le corps vient d'être repêché dans une rivière. Deux meurtres qui ont un point commun : Ève Magnus, une jeune mère apparemment sans histoires. Sa relation avec les victimes réserve bien des surprises...
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  09 janvier 2020
Au bord de nulle part dans un coin reculé de la Norvège, une bourgade modeste par sa taille et étriquée par sa mentalité est traversée par un fleuve qui divise le paysage en deux plaques grises. Dans ce fleuve flotte le corps d'un homme, qui passe sous les yeux d'Eve Marie Magnus et de sa fillette, qui justement se promènent sur la berge. Le noyé est Egil Einarsson disparu depuis 6 mois, ouvrier à l'usine surnommée la brasserie et dont l'unique loisir connu était de bichonner son Opel manta orange. Eve le connaît-elle ? Peut-être, car qui ne connaît pas l'autre dans une ville aussi petite ?

Eve – artiste peintre dont le talent n'a pas encore été remarqué - est le personnage central de ce roman inaugural de Karin Fossum, paru en 1995 et traduit en 1999, dans lequel apparaît pour la première fois sur la scène du roman policier l'inspecteur Konrad Sejer, flic aux cheveux drus d'un gris presque métallique et aux yeux couleur d'ardoise mouillée. Sejer conduit une vieille Peugeot délabrée comme Columbo, et résout les enquêtes qui lui sont confiées un peu à la manière d'un Maigret à qui il suffit de monter une bière et un sandwich pour qu'il trouve le nom de l'assassin. Sejer parle peu, écoute beaucoup, se déplace sans s'agiter, souvent en compagnie de Kollberg, son léonberg de 70 kilos. Il aime les enfants avec qui il noue facilement des liens affectueux. Il est impossible de fournir d'autres éléments sans nuire au suspense qui réserve une intéressante surprise finale.

L'oeil d'Eve est un roman d'atmosphère dans lequel l'action est minimale. Les interventions de l'Inspecteur Sejer sont quasi homéopathiques, toute la place ou presque étant réservée à Eve et à son émouvante histoire. De très belles scènes glaciales et enneigées se déroulent sur le haut plateau de Hardanger, puis dans un chalet isolé. Dans un monde où la vitesse est une contrainte de plus en plus imposée, qu'il est bon de lire un roman qui rappelle à quel point la lenteur est agréable !
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Ziliz
  23 mars 2012
Comme souvent dans les thrillers nordiques (du moins ceux que je lis), c'est dans l'eau qu'un cadavre est découvert, l'homme a été poignardé. Pourquoi Eve, la première personne à le trouver, s'éclipse-t-elle sans avertir la police ? Qu'a-t-elle à cacher ? D'ailleurs, cela restera-t-il caché ? C'est sans compter sur la langue bien pendue de sa fille de sept ans, présente elle aussi sur les lieux… Y a-t-il un lien entre ce meurtre et celui d'une prostituée, commis six mois plus tôt ?

Voici le premier opus de la série mettant en scène l'adorable inspecteur Sejer. Comptons sur sa ténacité, sa perspicacité et son art d'interroger les adultes et de parler aux enfants pour démêler patiemment cette affaire. Cette fois encore, Karin Fossum évite de noyer son lecteur avec pléthore de noms et de l'ennuyer avec la vie privée des enquêteurs. On les quitte même par moments, et longuement, pour suivre en détail la genèse des meurtres, via les suspects et les témoins - et ce procédé narratif rend la lecture passionnante.

Des dialogues brillants, du suspense, des intrigues "douces", malgré la gravité des sujets et la douleur des protagonistes. Chacun de ses ouvrages semble inspiré d'un fait divers, donc tout reste crédible (pas d'action à outrance, ni de rebondissement rocambolesque), et de ce fait encore plus poignant.
La suite de la série m'attend, j'avais déjà lu 'La mort indienne' et 'Ne te retourne pas', avec le même plaisir.
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Seraphita
  17 septembre 2010
Eve Magnus est une artiste peintre, mère célibataire démunie. En se promenant un jour avec sa fille au bord d'une rivière, elle découvre un cadavre en décomposition dans les flots. Elle décide de poursuivre sa route et d'aller déjeuner dans un Mac Donald's. Quelques temps auparavant, elle avait revue une amie d'enfance perdue de vue depuis longtemps : celle-ci lui explique qu'elle s'est lancée dans la prostitution de luxe et qu'elle a amassé une coquette somme. Une rencontre de deux destinées que tout oppose…
J'ai eu plaisir à lire cet excellent polar norvégien. J'aime beaucoup les polars nordiques : les polars suédois avec Henning Mankell et Camilla Läckberg et islandais avec Arnaldur Indridason. J'ai aussi lu « L'otage », un polar danois d'Olav Hergel.
Je retrouve dans ce polar une caractéristique majeure qui m'avait séduite chez Mankell et Indridason, à savoir la lenteur : Karin Fossum prend le temps d'exposer les scènes, les personnages. Quelques scènes d'action ponctuent également le récit pour lesquelles l'auteur sait ménager le suspens et nous amène à être terrifiée avec Eve.
Le début peut sembler un peu déroutant : le lecteur se demande où l'auteur veut en venir mais Karin Fossum sait d'emblée cultiver le mystère et l'énigme : pourquoi Eve décide, après la découverte du cadavre, d'aller déjeuner dans un fast food comme si de rien n'était ?
Les dialogues sont nombreux et bien rythmés. J'ai particulièrement aimé les interrogatoires policiers, notamment ceux menés par l'inspecteur Konrad Sejer, un policier particulièrement expérimenté et incisif. J'ai pris plaisir à suivre le lent cheminement vers la vérité. Une vérité somme toute assez simple, mais je n'aime pas les scénarios trop alambiqués, tels ceux des Jean-Christophe Grangé ou Maxime Chattam.
Une note du traducteur nous renseigne sur la culture norvégienne : il a choisi de respecter le tutoiement dans les dialogues car les Norvégiens se tutoient tous. Cela surprend un peu le lecteur au départ, puis on s'y fait.
Ce polar nous campe bien la psychologie du personnage central, Eve, une artiste peintre tourmentée. Un ouvrage qui analyse les rapports hommes-femmes, l'appât du gain, la cupidité. Un coup de coeur pour un ouvrage très profond qui sait laisser la part belle au mystère et au suspens.
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pile
  27 août 2011
L'oeil d'Ève est le premier roman de Karin Fossum. C'est aussi celui où apparaît l'inspecteur Sejer, son héros récurrent. L'oeil d'Eve s'ouvre sur un mystérieux prologue. Il y est question d'une cabane dont la porte se referme comme un piège sur une femme, alors qu'à proximité se trouvent un homme et son chien. Puis nous voici dans le bureau de l'inspecteur Sejer. Il interroge une femme aux vêtements déchirés et au visage en sang nommée Eve Marie Magnus. Mais de ce qu'Eve raconte à Sejer nous ne saurons rien (pour le moment). Juste après nous sommes au bord d'une rivière. Eve s'y promène avec Emma, sa fille de six ans, quand un cadavre surgit, transporté par le courant. L'émotion d'Eve est grande, mais elle fait de son mieux pour dissimuler son trouble à Emma. Elle prétend même aller appeler la police, mais n'en fait rien. Peu après, quelqu'un d'autre promenant son chien fait la même découverte et appelle vraiment la police. Commence alors l'enquête de l'inspecteur Konrad Sejer…
Dés le début de roman, beaucoup d'indices nous permettent d'avoir rapidement notre petite idée sur l'identité de l'assassin d'Einarsson et même de prendre de l'avance sur l'inspecteur. S'il y a un mystère à élucider, c'est plutôt celui des circonstances précises du crime et celui de la manière dont Sejer va confondre le coupable. Mais l'essentiel est à chercher du côté de la psychologie des personnages. Pas de serial killer ni de grands criminels chez Karin Fossum, mais plutôt des gens comme vous et moi qui vont malgré eux se retrouver à la page des faits divers. Mais que l'amateur d'enquêtes policières se rassure, le suspense, les courses-poursuites et les retournements de situation ne manquent pas non plus et font de L'oeil d'Eve un excellent polar.
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Tancrede50
  17 novembre 2019
C'est un polar féminin. Tout dans la finesse et la retenue. C'est une tranche de vie de deux femmes, Eve et Marie, anciennes amies d'enfance, qui se retrouvent 25 ans après, par hasard. Mais l'essentiel du roman, c'est le récit du meurtre, du 2ème meurtre pour être précis. Vu du meurtrier. Ce qu'il a vu ou cru voir. Ce qu'il a ressenti. Ce qu'il n'a pas pu supporter. Lui qui est tout sauf un tueur. On éprouve de l'empathie pour ce tueur, qui n'arrive pas à s'en sortir, qui va prendre des risques, qui va voler pour lui-même et sa famille. On tremble dans la scène du chalet. Et puis il va écouter sa conscience. Il doit tuer parce qu'il considère que c'est juste, qu'il doit le faire. C'est émouvant. C'est bien écrit. L'enquête de police est secondaire, mais bien menée, jusqu'à une fin surprenante. L'inspecteur Sejer fait parti des policiers sérieux, sobres et humains. Ça change des thrillers à succès avec tueurs en série, policiers alcooliques, et meurtres horribles. Ici le vraisemblable l'emporte. C'est cette vérité qui touche. C'est le genre de polar nordique que je préfère.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   04 janvier 2020
L'autre jour, j'ai regardé un défilé de mode d'automne de Paris. Naomie Campbell - tu vois de qui je parle ? - exhibait une jupe au ras du cul et elle marchait en se déhanchant sur les jambes les plus maigres que j'aie jamais vues. À croire que cette nana était entièrement faite de PVC.
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PiertyMPiertyM   14 octobre 2014
Le mensonge est comme une boule de neige : le premier est tout petit mais, tôt ou tard, on doit le rouler un peu plus, en ajouter un autre pour cacher le premier, et il devient plus grand, et grandit encore et encore. A la fin, il devient si lourd qu'on ne peut plus le porter.
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SeraphitaSeraphita   23 septembre 2010
Eve regarda avec étonnement sa copine. Marie avait plié la serviette en une boule dure pendant qu’elle parlait. Maintenant, elle la regarda droit dans les yeux.
- Disons qu’il s’agit d’un genre de prestations de service. Les gens appellent pour prendre rendez-vous, et moi, je les accueille. Tu sais, il y a tant de besoins divers chez les gens, et cette niche de la branche est très étendue. A peu près comme le gouffre Mariana dans l’océan Pacifique, j’imagine. Mais pour le dire tout simplement, je suis une fille de joie. Ou, si tu préfères, une vraie pute à l’ancienne.
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ZilizZiliz   22 mars 2012
Le mensonge est comme une boule de neige : le premier est tout petit mais, tôt ou tard, on doit le rouler un peu plus, en ajouter un autre pour cacher le premier, et il devient plus grand, et grandit encore et encore. A la fin, il devient si lourd qu'on ne peut plus le porter. (p. 96)
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SeraphitaSeraphita   23 septembre 2010
La rivière tombait en cascade à travers le paysage, et la ville froide était divisée en deux plaques grises et grelottantes. On était en avril et il faisait froid. A l’endroit où elle touchait le centre ville, aux abords de l’hôpital du département, elle commençait à écumer et à gronder, comme si le chahut du trafic et le vacarme des usines sur ses rives l’inquiétaient et la stressaient. Elle serpentait et se tordait en un courant de plus en plus violent en pénétrant au fin fond de la ville.
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