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ISBN : 2889441342
Éditeur : Slatkine et Cie (06/02/2020)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Scottsdale, Arizona. A la suite d’un cambriolage qui a tourné au drame, le mari de Julia a succombé à ses blessures. Tandis que le meurtrier est rapidement appréhendé et incarcéré, la famille tente en vain de se remettre de cette perte. Désespérée, Julia est prête à tout pour voir le meurtrier de son mari condamné à mort… Le combat s’engage alors entre l’avocate commis d’office Kenza Longford et cette veuve déterminée à obtenir justice. Dans cette lutte, la jeune av... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
  16 février 2020

Devoir un jour faire face à un cambrioleur fait partie de mes plus grandes angoisses.
J'en fais des cauchemars, persuadé que quelqu'un s'est introduit dans mon appartement, peut-être même dans ma chambre, et bien évidemment j'ai beau vouloir réagir je suis totalement paralysé, à la merci de l'intrus.
Même réveillé, lorsque j'entend une latte de plancher grincer, je reste sur le qui-vive et j'écoute avec inquiétude le moindre bruit qui confirmerait une présence étrangère.
Prêt à appeler la police, mais avec l'appréhension que le voleur m'entende chuchoter.
Je m'imagine souvent passer par la cuisine m'armer d'un grand couteau à viande.
Qu'est-ce que j'en ferais ? Je n'en sais rien.
Tout dépend des circonstances.
Je ne crains pas vraiment pour mes quelques biens matériels. Je ne vais pas me mettre en danger pour un téléviseur, quelques billets de banque ou ma collection de romans Bob Morane.
C'est pour ma vie que j'ai peur. Ou tout au moins pour mon intégrité physique.
Je n'appartiens pas à ces amateurs d'arts martiaux capables de désarmer et de maîtriser autrui en deux temps trois mouvements.
En tout cas j'espère ne jamais être confronté à un tel cas de figure.

Mark Francis, oncologue de renom, va prendre son courage à deux mains à la demande de son épouse Julia quand des bruits au rez-de-chaussée les avertiront de la présence d'un cambrioleur.
Les faits se déroulant en Arizona, rien de surprenant à ce que le médecin s'empare d'une arme à feu avant d'aller à la rencontre du criminel.
Il a une famille à protéger. Trois filles, et une femme qui appelle quant à elle les autorités.
Mais la confrontation entre les deux hommes va mal tourner. Un coup de feu, mortel, va accidentellement atteindre l'illustre médecin.
Le meurtrier sera arrêté peu de temps après.
Le désespoir et la soif de vengeance animeront alors la veuve éplorée dans un Etat où la peine capitale par injection létale est toujours pratiquée.
Et comment le lui reprocher ?
Sans l'intrusion de Patrick Jones à leur domicile, tout gentleman cambrioleur soit-il, son mari serait encore en vie.
"Il n'était pas tout blanc, mais il n'était pas un assassin."
Et ses filles auraient encore un père.

Dans les premiers chapitres, l'auteur évoquera également brièvement le monstrueux personnage du procureur Stephen Langford, et les attouchements qu'il fera subir à sa fille, la petite Kenza.
Les deux histoires se rejoindront rapidement.

Et toujours par alternance, il est également question d'un autre cambriolage qui tourne mal, en France cette fois-ci, dans le Val d'Oise.
Le tout jeune Ivan le terrible, du haut de ses quatorze ans, sans famille depuis sa fugue, doit réussir un troisième test pour appartenir au gang des frères de sang : Ramener un joli pactole en dévalisant la maison d'un petit vieux. Mais Raoul Granjean, certes âgé, est un ancien militaire qui ne l'entend pas de cette oreille.
"Plus moyen de dévaliser pépé sans risquer de se faire estourbir."
Là encore, le vol va tourner à la confrontation.
Et même à la torture et à l'humiliation.
La police arrêtera Ivan la même nuit.
L'auteur dresse-t-il un parallèle entre deux vols ayant mal tourné, l'un en France et l'autre aux USA ?
Ou les deux affaires sont-elles liées ?

Difficile en premier lieu de définir le genre du dernier roman d'Olivier Loison.
Et je ne pense pas qu'il souhaite être mis dans une case spécifique de toute façon au vu de l'originalité du roman dans le cadre pourtant déjà si vaste du polar moderne.
Mais si je devais me prononcer, je dirais que Coupable ? est à la fois un roman noir, un thriller juridique et ... un essai.
Pourquoi un essai ? Parce que le livre est rempli de réflexions, d'interrogations, mettant fortement le lecteur à contribution.
Il ne s'agit pas juste d'une hisoire qu'on lit de la première à la dernière ligne avant de connaître la fin et de le ranger mais d'une source quasiment constante de questionnements qui resteront longtemps à l'esprit.

A commencer par la culpabilité bien sûr.
C'est dans le titre.
Un homme est mort, mais est-ce la faute du cambrioleur qui s'est défendu ? Est-ce celle de Mark qui n'aurait jamais du s'interposer ? Est-ce celle de Julia qui n'aurait jamais du envoyer son mari à la rencontre de l'intrus ?
C'est surtout un concours de circonstances, au sein d'une société dans laquelle se procurer une arme à feu est aussi normal que d'avoir une brosse à dents.
Mais ce ne sont pas non plus des évènements qui ne se produisent que dans les romans.

Et le meurtrier alors, il est certes coupable mais quelle sanction mérite-t-il ?
Ce sera à la justice de trancher en écoutant les arguments du procureur et de l'avocate de la défense.
Quelques années de prison avant d'être remis en liberté conditionnelle seraient logique au vu des faits qui ne nous sont pas cachés.
Mais est-ce que la veuve peut réellement s'en contenter ? Son désir de vengeance est incommensurable, elle est dévorée par la haine mais en même temps tient le coup grâce à celle-ci.
Que ressentiriez-vous pour le chauffard qui a pris la vie de votre femme ? Pour le violeur à cause duquel votre adolescente s'est pendue ? Vous tendriez l'autre joue ? Vous feriez confiance à la justice en estimant que quelques années d'incarcération seront suffisantes ?
Sincèrement ?
"Elle n'avait envie de voir cette souillure que derrière la vitre épaisse de la chambre d'éxécution."

Le roman évoque également la peine de mort bien sûr, toujours d'actualité dans trente états américains.
Depuis 1973, plus de 150 prisonniers attendant dans le couloir de la mort ont été innocentés à temps. Combien ont fini gazés ou sur la chaise électrique alors qu'ils l'étaient tout autant ?
La peine capitale, on peut être pour ou contre, là n'est pas la question. Mais les erreurs policières et judiciaires existent, ce qu'il faut toujours garder à l'esprit.
"Personne n'a encore requis la peine de mort dans mon prétoire."

L'incarcération est également un sujet phare du roman.
Un point commun que partageront le terrible Ivan et Patrick Jones.
"Mais qui sortait réellement de cette bouche de l'enfer ? Des êtres traumatisés qui ont appris à leurs dépens que la violence fait loi."
"Comment se réinsérer après une telle épreuve."
Les prisons non plus ne sont pas une solution idéale pour remettre des criminels, quels qu'ils soient, dans le droit chemin.
Je ne pense pas qu'il faille en faire des hôtels 4 étoiles. Mais il n'en n'est pas moins vrai que la violence engendre la violence. Rares sont les prisonniers qui sont accueillis à bras ouverts après avoir purgé leur peine, et nombreux sont les récidivistes.
A quel moment considérer dans un tel système qu'ils ont enfin purgé leur peine et qu'ils ont le droit de repartir de zéro ?
Peut-on un jour leur accorder l'absolution ?

Le pardon est également un des thèmes récurrents dans Coupable ?
Même si parfois, il est impossible.
Comme quand un père nous a totalement bousillé pendant notre enfance en nous tripotant alors que son rôle était de nous protéger.
"Espérer que sa fille lui pardonne relevait de l'utopie, mais cela ne l'empêchait pas d'essayer. La rédemption était-elle seulement possible ?"
Davantage que le pardon d'ailleurs, c'est le besoin d'être pardonné qui est évoqué ici. Un besoin vital afin de repartir réellement de zéro avec un poids de culpabilité un peu moins lourd.
En prison, Ivan prendra conscience du mal qu'il a fait en torturant une personne âgée.
Il était jeune. Il était bête. Il n'a pas réalisé la barbarie de ses actes.
Alors il souhaite exprimer ses sincères regrets à sa victime. Un seul mot de son interlocuteur et ses fautes pourraient, si ce n'est être expiées, être considérablement allégées.

Le livre se dévore chapitre après chapitre ( à l'exception du cinquante-troisième qui a curieusement disparu ), jusqu'à une fin que je ne concevais pas différente avec en cadeau bonus un superbe uppercut aux dernières lignes.
Certaines parties sont très émouvantes.
Il offre en début de livre la possibilité d'éprouver de l'empathie pour la majorité des personnages, de se mettre dans leur tête, de réfléchir à tous ces points de vue différents qui se croisent et de comprendre chacun d'entre eux, aussi opposés soient-ils.
Et j'aurais en quelque sorte continué à vouloir me faire ma propre opinion.

Mais Laurent Loison ne m'en n'a pas laissé l'opportunité. Son roman prend rapidement une dimension manichéenne et à l'exception de quelques personnages demeurant nuancés, on a vraiment les gentils et les méchants.
Et devant des exactions absolument infâmes, c'est comme si je me retrouvais obligé de penser comme les gentils. Je n'avais plus le choix. Et ce choix j'aurais souhaité continuer à l'avoir tout au long de ma lecture sans qu'il me soit imposé.
Qu'on me donne des axes de réflexions sans me dire pour autant ce qu'il fallait penser.

Autre petit bémol, la romance pourtant inspirée de faits rééls qui naît entre deux des protagonistes. Elle m'a parue cousue de fils blancs. Nécessaire à l'intrigue, elle dessert au final le roman à mon sens en lui donnant un aspect un peu mièvre alors qu'il aurait gagné à rester d'une noirceur glaçante.
"L'amour, il n'y a que cela de vrai."
* * *
Après avoir entendu le plaidoyer du procureur et de l'avocat de la défense, les membres du jury s'absentent longuement pour délibérer.
Quelques heures plus tard, le président du jury remet au greffier leur décision, qui la transmet lui-même au juge.
- Au chef d'accusation "Laurent Loison a-t-il écrit un page-turner d'une redoutable efficacité", l'accusé est déclaré coupable.
- Au chef d'accusation "Laurent Loison a-t-il amené ses lecteurs à réfléchir sur la vengeance, le pardon, l'équité de la justice, l'incarcération ou la peine capitale", l'accusé est déclaré coupable.
- Au chef d'accusation "Laurent Loison a-t-il écrit un roman dénué de tout espoir sans jamais prendre parti", l'accusé est déclaré non coupable.
En conséquence, je condamne le prévenu à publier dès 2021 un roman encore meilleur.
La séance est levée.
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Tostaky61
  12 février 2020
Il est de retour...
Que ceux qui avaient justement apprécié les premiers ouvrages de Laurent Loison (Charade et Cyanure) se réjouissent.
Entre-temps il a cru aux Chimères mais n'a pas été suivi par les maisons d'édition ce qui explique son absence sur les étals de nos chers libraires.
Il lui en faut plus pour baisser les bras et avec ce Coupable ?,  il frappe à nouveau un grand coup.
À Garges les gonesses, banlieue parisienne, Ivan, un gamin de 14 ans mais qui en parait bien plus, est prêt à tout pour intégrer le gang des frères de sang. Parmis les défis qu'il doit relever, un cambriolage.
À Scottsdale, États-Unis, Patrick Stone s'apprête à cambrioler un pavillon quand il se retrouve nez à nez avec le propriétaire des lieux.
Et bien sûr, comme tout ne se passe pas comme prévu, des vies vont basculer.
Voilà, ce n'est pas plus compliqué que ça. le piège se referme sur vous.
Vous allez vous torturer le cerveau à essayer de comprendre.
Je vous le dis direct, la fin est bluffante, inattendue, elle m'a laissé bouche bée.
Et pourquoi me direz-vous ?
Parce que pendant 340 pages, Laurent Loison m'a fait passer par toutes les émotions.
Déjà,  on ne peut pas dire que l'on croise beaucoup de personnages sympathiques, quand on voit ce dont ils sont capables, tous, c'est effarant.
Et puis, il cherche tant à vous déstabiliser, qu'il trouve des ficelles, mais que vous jugerez tellement grosses, que vous douterez de lui.
En lisant ce roman, j'ai levé  les yeux au ciel plus d'une fois, je me suis énervé,  j'ai même eu des envies de meurtre (oui, oui, je vous assure).
Il doit bien se marrer cet auteur en pensant à la réaction de ses lecteurs, mais avec tout ça, il atteint son but.
J'ai eu l'impression d'être un sparring-partner,  pas le sac de sable, non le mec de chair et d'os qui encaisse. J'ai pris des coups. J'ai essayé de récupérer pendant les temps morts et, à peine le temps qu'une deuxième série en plein foie m'a fait vaciller. J'ai tenu bon, me suis redressé cherchant mon souffle et là... uppercut... knockout.
Terriblement efficace.
Quand on est amateur de ce genre de lecture, qu'est-ce qu'on peut demander d'autre que du plaisir ?
Bah moi, j'en ai pris avec ce Coupable ?
Voilà,  mon verdict est tombé,  la cour peut se retirer, l'accusé Laurent Loison a été condamné à écrire d'autres romans dans la même veine, et croyez-moi, je veillerai à ce que la peine soit appliquée...

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Sourisetdeslivres
  16 février 2020
Après Charade, Cyanure et Chimères, Laurent Loison nous revient avec Coupable.
Un titre d'un seul mot qui prend vite sens durant la lecture. Je classe ce nouveau roman de l'auteur en roman noir.
Un excellent roman noir.
Un pitch de départ somme toute assez simple.
2 hommes.
L'un en France, à Garges-lès-Gonesse, l'autre à Scottdale, Arizona.
2 braquages qui tournent mal.
Les deux individus se font très vite attraper par les forces de l'ordre.
Deux instants d'une vie, deux mauvaises décisions qui vont entrainer bien des répercussions.
On alterne leur point de vue, surtout au début du livre, ainsi, tu fais la connaissance de Ivan/Michel en France et Patrick en Arizona.
Deux autres narratrices prennent la parole, Kenza, l'avocate commise d'office de Mark et Julia, l'épouse de Mark.
Tu avances dans le roman, tu lis la psychologie des deux coupables, ce qu'ils veulent bien révéler de leur vie, leurs craintes, leurs failles ; leurs parcours et évidemment leurs jugements.
La psyché des coupables, mais aussi de Kenza (que j'ai adoré) et de Julia.
Tu imagines tout au long qu'il doit exister un lien même ténu entre ces deux personnages qui habitent à l'opposé l'un de l'autre, ils ne vivent même pas sur le même continent, mais lequel ? Ça, c'est une des premières questions que tu te poses et qui te pousse à continuer à lire.
Ensuite, il y a Patrick. En Arizona, la peine de mort est toujours d'application même si elle est rarement prononcée.
Tu arrives à la grande et très intéressante question de ce roman.
J'ai aimé cette réflexion sur la peine de mort.
Sans jamais se positionner pour ou contre, l'auteur nous pousse à l'introspection.
Même si au fond de toi tu es déjà positionné ce roman te fera quand même réfléchir.
C'est amené bien plus finement que cela et plein de critères vont rentrer en compte, des révélations et des rebondissements que je ne peux te raconter.
Ce que je vais par contre te dire c'est que Laurent Loison aurait pu se contenter de ça : un procès, une délibération, et te faire réfléchir pour ou contre la peine capitale, mais l'auteur va beaucoup plus loin.
Partant d'un sujet sensible, qui provoque souvent la polémique, un sujet qui pourrait diviser, Laurent Loison parvient à ébranler tes certitudes.
Patrick est coupable, cela ne fait aucun doute, mais impossible de ne pas s'attacher en cet homme, impossible de ne pas voir sa part d'humanité.
Sans encore une fois entrer dans les détails, car je ne veux rien te révéler, Patrick passe de bourreau à victime.
Tout n'est pas blanc ou noir dans la vie. L'auteur te le rappelle.
Une faute a été commise, il ne le nie pas, mais est-il forcement coupable ?
Est-ce que les innocents ne sont pas plus coupables que son personnage ?
Cela pourrait être un sujet « casse-gueule », il aurait pu tomber dans le piège du drame, mais ce serait très mal connaitre l'auteur.
Les personnages sont forts.
Charismatiques.
Tu passes davantage de temps en Arizona aux côtés de Patrick, mais cela n'empêche pas d'adhérer à Yvan en France, à son quotidien en cellule pour ce tout jeune homme qui voulait juste faire ses preuves, un baptême du feu pour rentrer dans un gang. La seule famille qu'il voulait.
Patrick comme Yvan possèdent une très grande humanité. Ce ne sont pas les brutes que l'on imagine au début.
Ils vont choisir de faire de cette étape « prison », un tremplin pour leur vie future, en tout cas pour Yvan qui lui sait qu'il sortira un jour.
L'écriture de Laurent Loison se caractérise par sa simplicité, il ne s'embarrasse pas de superflu, il se concentre sur ses personnages.
Il te prend au piège des mailles de son livre, tu es dans les pages, dans les mots et tu lis, avide de comprendre toute l'ampleur du roman, oui, mais laquelle ?
Pendant un moment, j'ai douté, mais où voulait-il en venir ?
Ma lecture me plaisait, mais cette question me turlupinait.
J'aurais dû faire davantage confiance en Laurent Loison que je suis maintenant depuis le début de son aventure dans l'écriture.
Avec l'auteur, il faut être patient.
Tout lire, tout analyser, te glisser dans la peau de chaque personnage rencontré.
Des twists, des révélations tu vas en avoir.
Tu seras même écoeurée par la corruption de la justice qui se devrait d'être impartiale.
Mais là n'est pas le sujet.
Il faudra t'armer de patience, car les twists principaux arrivent à la quasi-fin du roman.
Un premier twist que j'avais vu venir, en tout cas deviné, le final rien ne m'a mis sur la piste. Non pas du tout.
Ce final m'a brisé.
J'ai eu envie de hurler de tout arrêter ; je ne voulais pas lire ça.
Un final inattendu, explosif, mon coeur a volé en morceau. Je n'avais rien vu arriver et c'est tant mieux c'est ce qui fait à mon sens la force de ce roman en plus des personnages.
Une fin que tu ne peux envisager même si tu as l'esprit tordu.
C'est haletant et explosif.
Un bon roman noir qui amène à réfléchir sur les hommes et femmes que nous sommes et ce jusqu'au dernier point final du roman.
Outre ce que je t'ai déjà révélé, il y a aussi cette question :
Que penses-tu des erreurs de jeunesse ? Rattrapables ou non ?
Dois-tu être condamné à vie pour une erreur de parcours ?
La rédemption n'est-elle pas possible ?
c'est une autre des réflexions du roman
J'aurais envie de te parler des personnages qui interviennent, mais je vais rédiger une chronique plus courte que d'habitude, car pour moi, pour que tu sois aussi saisi que moi je l'ai été, il faut lire ce roman en en sachant le moins possible sur les intervenants.
Si tu ne connais pas encore l'auteur, je te conseille vivement de le lire, je pense que c'est celui-ci mon préféré.
Ce roman me restera en tête
C'était bien joué Laurent !
En bref
Laurent Loison choisit une base simple pour établir son roman, il n'oublie pas de t'immerger dans les lieux notamment en Arizona, la vallée du soleil.
Les personnages sont extrêmement bien travaillés, tous, principaux ou non.
Victimes ou coupables.
Un roman qui brouille les cartes, qui capte toute ton attention.
La vie d'un homme qui dépend de personnes prêtes à tout pour le pouvoir, la célébrité ou la vengeance.
Tu auras aussi de vieux secrets qui remontent ou pas à la surface, mais qui peuvent être très lourds de conséquences.
L'auteur nous embrouille l'esprit, les pistes s'entremêlent. Une toile d'araignée très fine, pleine de noeuds, de voie sans issue.
C'est un roman noir, c'est sombre, mais c'est très bien écrit, une intrigue qui te tient en haleine durant les 350 pages, tu ne te doutes de rien, tu veux comprendre, tu tournes les pages.
Une intrigue qui tient la route et pousse à te poser.
Il n'y a aucun temps mort bien au contraire, le rythme est haletant.
Que cela soit en France ou en Arizona.
La construction du roman est excellente, le suspense constant.
Des personnages attachants pour la plupart, des protagonistes qui te feront douter, ébranler tes certitudes, car même si la culpabilité ne fait aucun doute, tu ne sauras rester indifférent, tu en seras même au point de leur trouver des circonstances atténuantes.
Méfie-toi de tout, des personnages, de toi, de ce que tu lis, de ce que Laurent veut bien te faire croire, car il est diabolique !
Plus d'une semaine après cette lecture j'ai toujours l'image de la fin en tête !


Lien : http://unesourisetdeslivres...
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audelagandre
  18 février 2020
Laurent Loison est l'homme des titres de romans en C : Charade, Cyanure, Chimères, et maintenant Coupable. La couverture du roman, que je trouve très réussie pour son atmosphère glaçante, met en lumière la Chaise électrique. le premier mot qui me traverse l'esprit en regardant cette photo est Clémence… Est-ce de cela que l'auteur va nous parler ? Va-t-il aborder le sempiternel sujet de pour ou contre la peine de mort et des conséquences qu'elle engendre pour le condamné, mais aussi pour la victime et ses proches ?
Deux histoires, deux lieux, deux espaces-temps. L'une se déroule à Garges-Les-Gonesse où une petite frappe, Ivan tente d'intégrer un gang en passant les épreuves initiatiques requises. La dernière se révèle être un cambriolage qui tourne mal. Ivan se retrouve face à un vieillard qui n'a pas l'intention de se laisser faire. Immanquablement, les choses dérapent… L'autre a lieu à Scottsdale, Arizona. Là aussi, un cambriolage en cours tourne au drame puisque le chef de famille, le docteur Mark Francis est abattu par Patrick Stone lors d'un corps à corps musclé. Il laisse sa femme Julia, et ses 3 filles. Cette partie de l'intrigue se déroule donc aux États-Unis. À titre d'information, je rappelle que jusqu'en 1934, la pendaison était le seul moyen d'exécution des condamnés. Après cette date, on favorise l'utilisation de la chambre à gaz jusqu'en 1962. Un moratoire suspend les exécutions jusqu'en 1976, puis l'injection létale devient le seul moyen d'exécution. Tout ça pour dire que Laurent Loison devait poser une partie de sa trame dans un état américain. Cette précision indispensable évitera les reproches à venir de ces auteurs français qui posent leur intrigue en Amérique.
Deux idées de départ quasi similaires, des destins brisés, des conséquences cataclysmiques pour chacun des protagonistes. le lecteur se retrouve embarqué dans ces faits divers, un vol avec violence et un homicide involontaire, et passe les pages à se demander quel est le lien entre les deux. le plus juste serait de parler de torture des méninges. Torture des méninges il y a, à n'en pas douter ! Laurent Loison excelle dans la construction de ce puzzle où les pièces s'emboîtent progressivement sans pour autant donner une lumière immédiate aux corrélations. Je défie les plus aguerris de comprendre le fin mot de l'histoire avant les dernières pages.
Plusieurs thématiques fort intéressantes sont abordées dans ce roman, et pas des moindres. Tout d'abord le deuil et la volonté de vengeance, carte maîtresse de ce jeu dangereux, dont une seule personne possède les atouts : Julia. Elle ne reculera devant rien pour que le meurtrier de son mari soit exécuté ! Ce besoin absolu et presque irrationnel de vengeance engendre un plan de bataille audacieux, qui met en lumière les notions de commisération, de compassion, de clémence et évidemment de justice. le thème de la justice est le point d'orgue du roman. Laurent Loison utilise plusieurs points d'ancrage pour étayer son propos. D'abord, il a eu l'intelligence de créer le personnage de Kenza Longford, fille du procureur en passe de devenir gouverneur Stephen Longford. Ce personnage est le reflet d'un système judiciaire américain que je juge moribond : les hauts représentants de la justice sont parfois des personnes peu recommandables, aux agissements plus que discutables pour ne pas dire illégaux. Cet homme à la carrière fulgurante, aux responsabilités cruciales se révèle être une ordure de première. L'occasion pour l'auteur de montrer les deux faces d'une même pièce. Ensuite, il est donné au lecteur l'occasion d'entrer de plain-pied dans le système judiciaire grâce aux thèmes de culpabilité et de responsabilité, de gradation de la sanction, de petits arrangements entre amis, de menaces et de chantages en tout genre. En somme, Laurent Loison pose la question de l'équité de la justice, mais aussi de la confiance ou de l'absence de confiance qu'elle dégage. Enfin, le débat sur la peine de mort est un élément essentiel du roman puisque c'est sur ce débat que le roman se fonde. de ce débat découle celui du pardon, du besoin fondamental de l'être humain d'être pardonné pour ses actions. le personnage de Michel en est un excellent exemple.
Cela m'amène à la fin : « Quel est le prix à payer pour sauver son âme ? » Seules les dernières pages du livre vous permettront de comprendre où l'auteur a voulu en venir, et lorsque la vérité crue et brutale apparaît, le lecteur rembobine le fil du roman pour mieux appréhender l'horreur de la situation. Cette fin est extrêmement bien pensée, très bien déroulée, elle met en lumière le manichéisme des personnages, la cruauté des actions, l'atrocité des conséquences et fait naître une improbable empathie pour certains personnages. le coupable n'est pas toujours celui qu'on croit…. Laurent Loison signe ici un roman très abouti, à l'intrigue parfaitement ficelée, mais il apporte également une dimension supplémentaire de réflexion sur des problématiques sociétales essentielles. Les grands du noir ont compris que sous couvert de meurtres sordides, ils pouvaient aborder des thématiques fondamentales. Laurent Loison fait partie de ceux-là.

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RomansNoirsEtPlus
  02 février 2020
Un faut pas , une mauvaise décision ou une erreur de jeunesse et c'est la trajectoire d'une vie qui se trouve faussée à tout jamais avec immanquablement la case prison comme prochaine étape . Un mauvais timing , la faute à pas de chance ou tout simplement le hasard font qu'un cambriolage tourne au drame . Deux causes à effets irrémédiables. Qui se paient cash . Comme Patrick et Ivan , l'un à Scottsdale , U.S.A , l'autre à Garges les Gonesse , banlieue parisienne. Deux faits divers aux conséquences incommensurables . Deux coupables qui ne font aucun doute même si on a étonnamment envie de leur trouver des circonstances atténuantes.
Il faudra en tout cas plus que des circonstances atténuantes pour sauver la mise à Patrick qui se trouve , malgré lui , embarqué dans une spirale infernale qui risque de lui coûter la peau , dans cet État d'Amérique où la peine de mort est toujours d'actualité. Heureusement il a pour le défendre, une avocate tenace , Kenza Longford , la fille du gouverneur .Mais le combat promet d'être rude car la femme du défunt veut la tête de Patrick Jones et le procureur a bien l'intention de la lui donner .
Laurent Loison revient avec force et brio en 2020 avec ce roman sous tension permanente où le lecteur est constamment écartelé entre le doute et la raison . Entre l'évidence et les faux-semblants. Difficile en effet de se faire une véritable opinion quand la plupart des protagonistes jouent chacun une partition intéressée au détriment de la morale . Comment évaluer à sa vraie valeur une justice que ses acteurs cherchent à travestir à tout instant ? Difficile de croire encore à l'innocence quand on est entouré par tant de coupables .
Car l'auteur sait y faire pour brouiller les pistes , jouer avec les nerfs ou torturer l'esprit de ses lecteurs ( gentiment je vous rassure ) , témoins impuissants de ces passes d'armes homériques entre l'accusation et la défense dans un procès où le verbe comme la théâtralité comptent . Il manie avec talent le chaud et le froid ou le blanc et le noir comme pour mieux distiller le doute à petites touches et y inclure quelques rebondissements dramatiques qui vous prennent totalement par surprise.
Difficile également ne pas être captivé par ce récit qui laisse une belle place aux répliques, apportant ainsi de la force et du rythme à l'ensemble sans oublier l'émotion qui s'intensifie alors que le dénouement se rapproche . Mais peut-être , n'êtes-vous pas totalement à l’abri d'une ultime estocade ? Qui sait ?
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   10 février 2020
Son papa était une personne importante, elle le savait. Les gens l’admiraient, le respectaient ; son poste de procureur l’auréolait d’un éclat particulier qui le distinguait des autres. L’éclat des Héros. Ceux qui se battaient pour les innocents, pour que la société devienne meilleure et que tout le monde se sente en sécurité.


À l’école, c’était super d’avoir un papa héros. On l’enviait et elle chérissait ce sentiment de fierté qu’elle éprouvait quand on lui demandait si son papa avait encore mis un méchant en prison.
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rkhettaouirkhettaoui   10 février 2020
Kenza prit peur. Elle entendait des mots qu’elle ne comprenait pas vraiment, mais qui n’annonçaient rien de bon. Divorce, prison, procureur, alcool, autorité parentale. Elle se mit à pleurer à grosses larmes épaisses et pensa à David, son copain de classe. Il lui avait raconté que ses parents divorçaient, que son père frappait sa mère. Elle n’avait pas trop bien compris s’il la frappait parce qu’ils divorçaient ou s’ils divorçaient parce qu’il la frappait.
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rkhettaouirkhettaoui   10 février 2020
Son cerveau s’était mis en mode ébullition. Face à la menace et au probable désastre à venir, valait-il mieux faire un maximum de raffut ? Le visiteur, se sachant découvert, prendrait sûrement la fuite sans demander son reste.


La théorie était séduisante. À un détail près. La plupart des maisons étaient armées dans cet État du Sud. Ceux qui franchissaient les enceintes privées sans autorisation avaient des tendances suicidaires.
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rkhettaouirkhettaoui   10 février 2020
Elle avait un décolleté à faire pleurer un âne. Et le type était tellement occupé à lui reluquer les seins qu’il n’a pas réussi à compter correctement les biftons. Résultat, je l’ai entourloupé de deux mille balles. Et je pense qu’il n’a pas apprécié. Voilà, ce n’est pas glorieux, mais bon. Il a dû porter plainte pour avoir mon adresse.
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rkhettaouirkhettaoui   10 février 2020
Après tout, finir la nuit au poste pour tentative d’effraction lui permettrait de se reposer au chaud. Il ne risquait pas grand-chose et, finalement, il remonterait peut-être dans l’estime des Frères.
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Découvrez pourquoi le dernier roman de Laurent Loison s?adresse directement à ses lecteurs !
En 2016, les amateurs de thriller découvraient Charade, le premier roman de Laurent Loison, avec un plaisir non dissimulé ! Ce 21 septembre, l?auteur sort un nouvel opus des aventures du commissaire Florent Bargamont et de la criminologue Emmanuelle de Quezac aux éditions Hugo Thriller. Surprenant, bien écrit, Cyanure n?aura aucun mal à trouver lui aussi son public. Tout comme Laurent Loison, avec sa gentillesse et sa spontanéité, a séduit et convaincu l?équipe de BePolarTV.
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