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Moea Durieux (Traducteur)
EAN : 9782916136158
48 pages
Éditeur : Les éditions du Sonneur (09/03/2009)

Note moyenne : 4.59/5 (sur 11 notes)
Résumé :
On connaît le Jack London aventurier du grand Nord, marin des mers du Sud, chercheur d'or, vagabond du rail. On connaît aussi le London chantre de la nature sauvage, militant politique, défenseur des déshérités. Mais, on ignore souvent le London polémiste qui, prenant ici prétexte de la condition de l'écrivain obligé de prostituer son talent pour vivre, fustige une société où l'argent est roi.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
cascasimir
  27 janvier 2021
"Il devait dominer ou être dominé, toute manifestation de pitié était signe de faiblesse." L'appel de la forêt.

Mais quel titre, pour cet essai?
Loin de "L'appel de la forêt", c'est plutôt l'appel de l'argent et les refus à la pelle...
Loin aussi de "Croc blanc", même si Jack London est assez mordant, envers les éditeurs et autres rédacteurs de tout poil!

Car avant le succès, en 1903, il fut un loup enragé (comme son premier livre "Le fils du loup", "Le loup des mers") vivant d'expédients: dans les bas fonds de Londres, sur les lointaines terres glacées ou les champs de bataille de Corée...

"Jack London parle de l'écrivain obligé de se prostituer, pour vivre...Et montre du doigt une société où l'argent est roi."

Mais, Jack London est un écrivain talentueux, le voilà riche et célèbre avec "L'appel de la forêt".

"Il milite pour l'émancipation des pauvres ("Le peuple de l'abîme"), même si cela va à l'encontre de sa fierté naïve d'être l'auteur le mieux payé de son temps, " et de son individualisme forcené...

Mais de livre en livre, il se livre parfois, ivre souvent...
Il recherchera toujours le bonheur, l'Eden sur terre, même s'il faut se renier comme le héros de "Martin Eden".

"Sur les rayons des bibliothèques, je vis un monde surgir de l'horizon." Martin Eden.
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Erik35
  18 juin 2017
LE PARADOXE DE L'ÉCRIVAIN.
1902.
Le grand écrivain que nous connaissons aujourd'hui est encore un parfait inconnu tant du grand public que de la plupart des critiques de son temps. Il a déjà accompli plusieurs des aventures dont il fera, et fait déjà dans un certain anonymat, son "fonds de commerce" littéraire : le Klondike de la ruée vers l'or, bien entendu, mais aussi ses premières aventures maritimes, que ce soit à bord de son petit voilier dans la baie de San Francisco qu'en tant que mousse sur un navire chassant le phoque au large du détroit de Béring. Il sait, enfin, ce que trimer dur pour un salaire de misère signifie, lui qui fut tour à tour blanchisseur, manoeuvre dans une centrale électrique, ouvrier dans une conserverie de saumon.
À partir de toutes ces expériences, mêlées à une insatiable curiosité, un appétit de lecture phénoménal et un don évident pour raconter des histoires le jeune Jack London déterminera un objectif, posé comme un acte de foi : il sera écrivain et vivra désormais uniquement de sa plume.
Oui... mais. Car il y a bien évidemment un mais ! Comment à la fois vivre de sa plume sans jamais se renier lorsqu'on n'est connu de personne, que l'on vous refuse et réexpédie tous les textes que vous avez d'abord eu la naïveté de penser suffisamment intéressants et bons pour finir entre les pages des innombrables journaux de l'époque. On a beau s'appeler Jack London, avoir une foi à déplacer les montagnes, il faut cependant bien pouvoir vivre, se nourrir, se loger si l'on veut tenir. À toutes ces mésaventures, il répondra plus tard par le magistral Martin Eden, mais ce n'est pas pour tout de suite. En attendant, il écrit, écrit et écrit encore. Et s'il commence à être publié, si cette année-là voient la publication de son premier "vrai" roman, Une Fille des neiges, ainsi qu'un autre, plus bref, La Croisière du Dazzler, ainsi que pas mal de nouvelles, il est encore très loin d'être sorti de son relatif anonymat.
1902.
Ce très court texte plein d'une rage rentrée ne conte pas tout cela, mais il en est directement le fruit aigre. D'une efficacité évidente, le futur auteur de L'Appel sauvage (NB : L'Appel de la forêt) et qui connaîtra enfin la célébrité - à défaut de la fortune, son texte ayant été très mal vendu en terme de droits, par son jeune créateur - avec ce livre l'année suivante explique à quel genre de paradoxe fondamental tout écrivain débutant - il l'appelle «le candidat-artiste» - s'expose. On pourrait résumer les choses ainsi :
Pour vivre de sa plume, il faut être connu. Pour être connu, il faut pouvoir être publié dans des revues à grand tirage. Pour y être publié, il faut écrire des oeuvres alimentaires, de celles qui plaisent facilement et immédiatement aux masses. Pour plaire immédiatement, il faut faire le choix d'une écriture alimentaire. Et cela, le candidat-artiste n'est pas certain de le souhaiter, mais par voit de conséquence, il lui sera, sauf chance inouïe, impossible d'être connu et, de facto, de vivre de sa plume.
La quadrature du cercle.
Comment, dès lors, résoudre ce paradoxe ? Non sans un certain cynisme, un humour empli d'amertume, le californien répond ceci : «Et comment le résout-il ? Ça, cher lecteur, c'est son problème comme le lui disait le rédacteur en chef. Et le vôtre, c'est de lui être reconnaissant d'y parvenir.»
Fermez le ban !
Un lecture trop brève, sans nul doute, mais où l'on retrouve la verve de l'auteur de Croc-blanc, sa plume si efficace à nulle autre pareille. Un toute petite pépite offerte à la lecture par les excellentes éditions du sonneur, toujours à l'affût de ces petits textes oubliés d'auteurs pourtant majeurs.
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ATOS
  19 novembre 2012
Jack London pousse de nouveau la porte des Editions du Sonneur ! Dehors la neige tempête ! Voici pour nous l'occasion d'écouter le magnifique trimardeur. Sur quelle terre le trappeur nous conduira t il ? Sur celle de la raison, comme à son habitude. Son propos porte sur la presse, sur le monde l'édition en générale. Qu'imprime t on ? Quelle loi régit ce monde au grilles desquelles London vient sonner ? La complaisance des uns répond t elle à l'appel du gain ? le profit serait il maître ?
Qui devient l'esclave ? Qui devient réellement dépendant ? Qui voudrait vendre son âme ? Et quel en est exactement le but ?
Un traité actuel et pertinent, en toute amitié avec le traité de la servitude volontaire de la Boétie.
Initule de dire que London est un géant ! L'écho des montagnes porte sa voix. de la haut, il faudrait mieux parfois qu'il ne nous lise pas..
Astrid SHRIQUI GARAIN
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Aderu
  09 novembre 2020
Le pain ou la gloire ?
À l'aube du développement des mass medias, Jack London signe une réflexion sur l'écriture et la promotion de l'écriture.
Brossant différents portraits d'apirants-écrivains, il détaille le difficile équilibre entre écrire ce que l'on veut et ce que le rédacteur en chef veut (contraint par la vision du comptable sur l'intérêt supposé du lectorat).
C'est le serpent qui se mord la queue quand on demande à l'aspirant-écrivant d'avoir de "l'autorité", donc de la notoriété, pour voir ses textes audacieux publiés. Mais comment l'obtenir si l'on n'en a pas ?
Comme le rédacteur le répond : c'est le problème de l'écrivain !
Forcé, dans la majorité des cas, de choisir entre tenter d'avoir la gloire ou d'avoir le pain.
Une réflexion toujours d'intérêt, plus d'un siècle plus tard.
Lu parce que j'aime les petits textes des grandes plumes. Et parce que le titre me plaît (plus que l'original d'ailleurs !). Et parce que Jack London.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   18 juin 2017
Si bien que le rédacteur en chef imprime dans les pages de son magazine ce que le plus grand nombre veut lire. Il n'imprime pas ce qu'il faudrait qu'il lise, car sa fonction n'est pas de persuader, mais de flatter.
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Erik35Erik35   18 juin 2017
[...] ; il y a un divorce entre le pain et la gloire ; et là où le candidat-artiste rêvait de servir un maître, il en trouve deux : celui qui lui permettra de vivre et celui qui permettra à son travail de vivre, et ce qu'exige le premier, le second n'a pas grand-chose -voire rien - à en faire.
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echoesnrollechoesnroll   09 mars 2019
Cela n’apparaît pas comme un paradoxe, tout du moins pas au candidat à la littérature alimentaire, ni à l’homme doté d’une âme d’artiste et d’une bourse bien remplie. Le premier, dépourvu d’ambition artistique, se contente de répondre à la demande du public. Le second, affranchi de la sordide nécessité, se satisfait d’attendre jusqu’à ce qu’il ait créé la demande. Quant à celui qui réussi, il ne compte pas. Il a résolu le paradoxe.
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echoesnrollechoesnroll   09 mars 2019
Et là où la masse a le droit de vivre, là où les hommes du commun s’emparent pour la première fois de la vie, il s’ensuit nécessairement un amoindrissement de la subtilité des nuances et des usages, une restriction, une descente jusqu’à quelque chose de moyen, humainement moyen.
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echoesnrollechoesnroll   09 mars 2019
Par définition, les gens appartiennent au plus grand nombre ou au plus petit nombre ; il y a divorce entre le pain et la gloire ; et là où le candidat-artiste rêvait de servir un maître, il en trouve deux : celui qui permettra de vivre et celui qui permettra à son travail de vivre, et ce qu’exige le premier, le second n’a pas grand-chose - voire rien - à en faire.
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Videos de Jack London (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack London
Jack London : Faire un feu (France Culture / Samedi noir). Émission “Samedi noir” diffusée sur France Culture le 12 novembre 2016. Production : Blandine Masson. Image : dessin de Patrick Chabouté pour son adaptation en bande dessinée de la nouvelle “Constuire un feu” de Jack London. Un homme qui voyage seul dans le Yukon confronté au plus destructeur de ses ennemis : le froid. Traduit par Marc Chénetier. Réalisation : Christophe Hocké. En direct du studio 110, de la Maison de la radio. Lecture Carlo Brandt. Musique composée par John Greaves. À l’occasion de la parution dans La Pléiade des “Romans, récits et nouvelles” de Jack London en octobre 2016, édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski. “Faire un feu” (paru en août 1908 sous le titre “To build a fire” dans le Century Magazine) est “le compte rendu” terrible et tragique " (pour reprendre le titre de l'essai de London sur les thèmes et les ressorts de la grande littérature), minutieusement agencé, d'une inexorable descente dans l'enfer du froid, la plus brutale description, et littérairement la plus parfaite, de la rencontre meurtrière du chétif corps humain, minuscule atome de vie perdu dans un infini de la blancheur, avec le plus immatériel et le plus destructeur de ses ennemis. Le récit n'est nulle part ailleurs chez London aussi dépouillé et concentré que dans ces pages. Comme dans bien d'autres nouvelles, ce n'est pas une intrigue qu'il déploie ou qu'il développe, mais une situation d'affrontement, un état de tension, qu'il mène, degré par degré, jusqu'au point de rupture. […] Dans un silence jamais rompu par aucune parole directement prononcée se déroule, rythmée par le passage des heures, la tragédie de la lente détérioration du corps, en même temps que s'amenuise l'espoir de survie. […] Marc Chénetier. Note publiée dans La Pléiade, extraits. Musiciens : John Greaves, Piano, chant Laurent Valero, Alto, violon, flûte, bandonéon Scott Taylor, Accordéon, kalimba, percus, cuivres Assistant à la réalisation : Pablo Valero Source : France Culture
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