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EAN : 9782362240195
88 pages
Éditeur : Editions de l'Atelier (08/03/2012)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 72 notes)
Résumé :
Dans un lotissement de province, un homme tente de surmonter la mort de sa femme et d'élever seul leurs deux enfants. Retranché derrière ses cannisses, il observe ses voisins : un couple et leur petite fille. Une famille unie, en bonne santé, qui vit avec insouciance et légèreté dans un pavillon semblable au sien. Des gens heureux. Pourquoi eux et pas lui ? A quoi ça tient, le bonheur ? A presque rien. A un fil. A l'emplacement d'une maison. A un numéro sur la façad... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  29 juin 2019
Une simple rue peut séparer la raison de la folie.
Après la mort prématurée de sa femme, Marc se retrouve seul à élever deux fils en bas âge. Situation tragique dans un décor banal, une banlieue périurbaine, tranquille, sans histoire, un lotissement, des pavillons, des canisses pour séparer chaque terrain et gagner un peu d'intimité.
Marcus Malte sait parfaitement tirer profit de cet univers a priori fade pour tisser l'emprise de l'obsession et de la paranoïa qui embrase son personnage. Marc est persuadé que c'est la faute de la maison si sa femme est morte, que s'il avait choisi la maison des voisins, rien ne serait arriver, y a qu'à voir comme ils y sont heureux.
« Maintenant que j'y songe, la chatte Guimauve elle s'est fait écraser dans les tout premiers jours de notre arrivée. Ça ne faisait pas une semaine qu'on avait emménagé ici. On aurait dû comprendre que c'était un signe. Une sorte d'avertissement. Je m'en veux, c'est moi qui aurais dû y penser. E, face, ce n'était pas encore vendu. Ce ,'était pas trop tard pour changer. On n'avait pas déballé la moitié des cartons. Il suffisait de traverser la rue pour inverser le sort. C'est moi qui serais allé déposer un petit mot dans sa boite aux lettres à lui.Ses condoléances, ça me fait une belle jambe. Dire qu'il suffisait de traverser. »
Dans cette promiscuité pavillonnaire, tout devient inquiétant à mesure que la folie monte avec sa logique imparable, surtout ses canisses qui permettent d'espionner ses voisins, de connaitre par coeur leur emploi du temps.
La construction est limpide, impeccable, faite d'ellipses qui font montée en puissance un récit de plus en plus glaçant, le condensant jusqu'à ce qu'il a de plus intense pour ne laisser aucun répit au lecteur. le choix de la narration est très pertinent, c'est Marc qui raconte à coups de phrases courtes, nerveuses, quasi des monologues qui nous place en plein dans la tête et les émotions névrosées du narrateur, sans aucune retenue ou volonté d'occulter quoi que ce soit.
Et en plus au coeur de ce récit magistralement mené, se trouve une réflexion très contemporaine sur le droit au bonheur, sur l'individualisme forcené qui phagocyte de notre société à l'extrême. Percutant.
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Laurence64
  17 mars 2013
Une maison dans un lotissement. Un couple heureux. Deux gamins âgés de six ans et quatre ans.
Lui, il la trouve belle sa femme. Il le lui dit. Il continue à la trouver belle malgré ses trente-neuf kilos, son foulard qui ne dissimule pas les cheveux qu'elle n'a plus.
Pourquoi? Pourquoi le sort le frappe-t-il, lui, eux, elle qui n'est déjà plus?
Et pourquoi les voisins d'en face continuent -ils d'être heureux? le petit mot de condoléance n'entame pas leur vie.
Seul les comment trouvent réponse. Les pourquoi se cognent à l'inexplicable, à la désespérante absence de sens. Lorsqu'il s'agit de donner sens au malheur, l'esprit dérape. Lorsqu'il s'agit de modifier l'irrévocable,la déraison pointe.
En quelques quatre-vingts pages maîtrisées, dans une langue parlée impeccable, Marcus Malte narre la lente dérive de l'esprit qui refuse la plus dure des épreuves.
Toujours plate, la tonalité du texte, évitant hystérie et colère, colle toujours plus à une apparente normalité sans cesse démentie. Et c'est dans les ellipses que l'effroi prospère.
De la fixation sur la gaufre nourricière qui élimine le conflit alimentaire avec ses deux gamins, à la fixation sur la maison d'en face abjectement heureuse, le long monologue de l'époux questionne le moment qui l'a projeté dans le deuil, qui a pulvérisé son existence.
Et si le malheur s'expliquait pas un mauvais choix initial? S'il avait suffi d'acheter l'autre maison, celle des voisins d'en face qui vivent tranquillement sans paraître mériter mieux? Une grossière erreur de choix impardonnable. Et si tout était encore rattrapable? S'il suffisait de traverser la rue, de s'installer là-bas?
Insensiblement, l'histoire ordinaire glisse vers l'horreur froide d'une paranoïa que rien ne peut arrêter.
La douleur ne rend pas meilleur. Elle creuse ses galeries jusqu'à ce que l'esprit ne soit plus que crevasse.
Magistral!
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Verdorie
  15 décembre 2014
Il est vrai qu'après la mort d'un très proche, ressentie comme une injustice, une question remonte à la surface, insidieusement, presque malgré soi : pourquoi moi, pourquoi nous ?...pourquoi pas eux, les voisins ou les autres ?
Pour le mari de Nadine, devenu veuf avec deux petits garçons à charge après la mort de sa femme, emportée par un cancer, cette question qui a jailli du chagrin, de la colère et de l'impuissance, devient une obsession.
Épiant, derrière les cannisses de la terrasse, la petite famille "du bonheur" d'en face, il se demande si (!) à l'époque de leur installation dans le quartier, il aurait signé pour l'achat de cette maison-là, Nadine sera peut-être toujours en vie aujourd'hui... Faut-il chercher la félicité qu'il souhaite préserver pour ses fils, dans ce pavillon précis ? Est-ce que ces voisins-là n'usurpent pas la place qui leur (!) est dû ?
Dans un style proche du minimalisme et par des phrases courtes, l'auteur nous amène pertinemment à assister au deuil de cet homme, que l'affliction pousse dans une folie dont il n'a pas conscience, persuadé que sa femme (même morte), lui et leurs enfants ont -comme ces autres- encore droit au bonheur.
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nadejda
  04 avril 2012
Le narrateur, père de deux enfants Hugo et Dylan dont la femme, qu'il a vu longuement dépérir, est décédée d'un cancer, nous fait témoin de sa souffrance. Souffrance qui prend un caractère obsessionnel et s'exacerbe face au bonheur de ses voisins qu'il observe à travers ses canisses.
Par quel mauvais tour du destin, finit-il par se dire, lui est resté seul avec ses enfants et sa souffrance et pas eux. Il en arrive à penser que la maison d'en face, la «maison du bonheur», que sa femme et lui auraient pu choisir à la place de la leur, les aurait préservés. Il va alors s'introduire progressivement chez ses voisins qu'il souhaite voir déménager....
Marcus Malte sait retenir par de petits détails de la vie quotidienne qui dérapent sans en avoir l'air avant de grossir et nous entraîner en douceur dans une spirale infernale où l'angoisse gagne et l'on est tenu en haleine jusqu'au dénouement final qui offre un total renversement de situation. Qu'il fasse court ou long cet auteur ne me déçoit pas et il se trouve en plus que j'aime les gaufres. Peut-être, après cette lecture, auront-elles une saveur différente !!!!
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gruz
  26 mars 2013
84 pages. 84 petites pages dont on ressort pourtant éprouvé. Une novella plus marquante que beaucoup de romans fleuves, un uppercut.
« Cannisses », ou l'histoire de la douleur « ordinaire » qui conduit inexorablement à la folie. « Cannisses » ou une plongée au plus profond de la psyché du personnage principal, menée de main de maître par un Marcus Malte habité par son histoire.
Par un long monologue intérieur, l'auteur nous immerge dans les questionnements de son personnage. Un personnage débutant par les « pourquoi ?» (il vient de perdre sa femme suite à un cancer), pour arriver à des conclusions et une logique totalement délirante.
Devant l'inexplicable d'une telle situation, et le non-sens de la maladie, l'homme va s'enfermer dans un cheminement intérieur qui va progressivement l'emmener vers la folie et l'horreur.
Malte sait admirablement trouver les mots pour décrire cette dérive, nous plonger en pleine empathie avec le personnage dès les premières lignes pour rapidement nous enfoncer dans un malaise grandissant.
Tout est décrit avec subtilité, grâce à une écriture sobre (sous couvert de « normalité ») et expressive. Pas de grands effets, l'horreur est suggérée et (oserais-je le dire face à une telle histoire) le récit de Malte fourmille d'idées qui vous feront ouvrir de grands yeux à de nombreuses reprises.
Un petit texte, qui prend aux tripes et qui marque durablement les esprits et vous reste dans un coin de la tête longtemps après la 84ème page tournée.
Malte est un grand écrivain de la noirceur.
Lien : http://gruznamur.wordpress.com
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
YvPolYvPol   29 mars 2012
Maintenant que j'y songe, la chatte Guimauve elle s'est fait écraser dans les tous premiers jours de notre arrivée. Ça ne faisait pas une semaine qu'on avait emménagé ici. On aurait dû comprendre que c'était un signe. Une sorte d'avertissement. Je m'en veux, c'est moi qui aurais dû y penser. En face, ce n'était pas encore vendu. Ce n'était pas trop tard pour changer. On n'avait pas déballé la moitié des cartons. Il suffisait de traverser la rue pour inverser le sort. C'est moi qui serais allé déposer un petit mot dans sa boîte aux lettres à lui. Ses condoléances, ça me fait une belle jambe. Dire qu'il suffisait de traverser. (p.17)
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Laurence64Laurence64   17 mars 2013
C'est facile d'être délicat quand on sait qu'on va retrouver une femme en pleine forme avec tous ses cheveux. Une petite famille au complet. Moi aussi je peux être délicat dans ces conditions.
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PascaleAMPascaleAM   16 juin 2015
Maintenant que j'y songe, la chatte Guimauve s'est fait écraser dans les tout premiers jours de notre arrivée [...] On aurait dû comprendre que c'était un signe. Une sorte d'avertissement. Je m'en veux, c'est moi qui aurais dû y penser. En face, ce n'était pas encore vendu. Ce n'était pas trop tard pour changer [...] Il suffisait de traverser la rue pour inverser le sort.
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ZephirineZephirine   17 novembre 2019
J'ignore comment il se débrouille. Je ne veux pas le savoir. Ce n'est plus mon problème; On ne s'est plus parlé depuis ce fameux soir. J'ai recommencé à l'éviter. C'est comme si on était repartis à zéro. Non, en fait c'est bien pire
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Marcus Malte, écrivain "Aires" , Catherine Sinet, journaliste, directrice de "Siné Mensuel" Musique: Tim Dup
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