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Suzanne Nétillard (Traducteur)
EAN : 9782070722754
378 pages
Éditeur : Gallimard (23/04/1991)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 54 notes)
Résumé :


En septembre 1973, Peter Matthiessen part pour le Dolpo, une région du Népal située à la frontière du Tibet, avec le zoologiste George Schaller qui veut observer des léopards des neiges. Pokhara sera le " dernier bastion du monde moderne. En un jour de marche, nous avons parcouru des siècles ".

Dans ce journal de route, il apparaît très vite que Matthiessen vit cette expédition comme une aventure plus spirituelle que véritablement sci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Franz
  04 mars 2016
Longtemps différée, la lecture émerveillée du Léopard des neiges de Peter Matthiessen est enfin devenue chose effective ; l'enthousiasme lapidaire de Nadjalou dans l'Agora des livres a été un des déclencheurs. Grâce soit rendue ! le livre en est empli. L'auteur effectue un trek sur le plateau tibétain, dans le Dolpo intérieur, en 1973. Il a 46 ans. Ses quatre enfants sont en Amérique et sa femme est décédée d'un cancer. L'expédition au Tibet, entrecoupée de digressions et de retours en arrière, est tellement prenante, la hauteur de vue si saisissante, qu'il vaut mieux laisser le livre reposer après la lecture d'une seule page ou encore d'une simple phrase. On n'avance plus dans la longueur du récit mais dans sa profondeur. Il y a aussi la crainte d'en avoir fini trop tôt avec un chef-d'oeuvre. Jamais un écrivain ne m'aura parlé avec autant de sincérité, de force, des sensations et des sentiments que j'ai moi-même connus et enfouis : les chuchotements de mort, la peur du vide domptée, la force de l'illumination, l'intuition d'une conscience supérieure, le tout en un, les pleurs versés face à la beauté d'un paysage, la vacuité des entreprises humaines, l'inaudible, l'inexprimable… On vit au pas du voyageur. On reste suspendu à son souffle. Rien n'a vieilli. Tout est actuel, vivant, intemporel. La raison du voyage reste floue : « …mais moi, qu'espérais-je trouver au cours de cette expédition ? Gêné, je haussai les épaules. Dire que je m'intéressais aux bharals, aux léopards des neiges ou même aux lamaseries reculées n'était pas répondre…, bien que tout cela fût vrai ; parler de pèlerinage semblait prétentieux et vague et cependant, en un sens, c'était également vrai… je voulais pénétrer les secrets des montagnes… (p. 145-146) On sent que ce livre est une somme, ne serait-ce que par les mises en exergue de Rilke, Hesse, Ovide, Basho… qui ouvrent les quatre chapitres intitulés : « Vers l'ouest » ; « Vers le nord » ; « La Montagne de Cristal » ; « Retour ». le regard humaniste de Peter Matthiessen est aussi visionnaire, poétique, mystique, sans aucun dogmatisme. Parfois, un haïku (qui ne dit pas son nom) se trouve serti dans le texte : « Soleil sur les ailes des libellules, au-dessus d'une prairie encore dans l'ombre… (p. 42). On apprend beaucoup. On ne peut jamais s'ennuyer. Ce livre est une mine intarissable. On en sort transformé, densifié et aérien : « Ne pèse rien, dit Soen Roshi. Sois léger, léger, léger… lumineux ! »… Où était la réalité ? Dans la veille ou dans le rêve ? le dernier idéogramme japonais écrit et le dernier mot prononcé dans cette vie par le vénérable maître de Soen Roshi voulait dire : « Rêve ». (p. 199)
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Wyoming
  11 janvier 2020
Un livre remarquable, d'une densité exceptionnelle, qui, à travers la quête de "l'inaccessible étoile", ce léopard des neiges, invisible voyeur, aborde différents thèmes tels que le questionnement philosophique sur le sens de la vie, des vies, le bouddhisme, l'appréhension de la mort, qu'on la côtoie dans le danger ou dans un lit d'hôpital pour la dernière extrémité, et, bien sûr, la nature et la montagne, omniprésentes.
Peter Matthiessen et George Schaller partent au nord-ouest du Népal à la découverte d'une nature sauvage, tantôt hostile, tantôt débonnaire, pour tenter d'observer différents animaux et surtout le mythique léopard des neiges. le récit de leur expédition par Peter Matthiessen revêt une dimension humaine très profonde car l'auteur analyse toutes les journées, les rencontres, les événements, les nuits étoilées ou noires, comme son âme qui passe par des alternances de paix et de trouble tant il est attentif au vécu de chaque instant.
D'abord, la montagne avec des descriptions variées et précises des sommets, de leurs couleurs suivant le temps, l'ensoleillement ou l'ombre, des animaux et oiseaux si nombreux, avec un souci du détail qui pourrait lasser ou donner envie d'aller encore plus loin avec ces deux hommes et leurs compagnons. L'eau, la neige, la glace, le vent jouent un rôle de premier plan dans la symbolique de Matthiessen et il fait sans cesse partager au lecteur son ressenti de tous leurs changements.
C'est aussi un livre de relations humaines qui, le plus souvent, passent par l'expression des visages du fait de l'absence de connaissance réciproque des langues. Matthiessen se trompe souvent sur les non dits de ces visages et il en fait son mea culpa à chaque fois.
Je retiens surtout sa relation avec le sherpa Tutken qu'il a soupçonné tout au long du voyage, craignant d'être trompé ou pire volé par lui, jusqu'aux dernières pages dans lesquelles il livre avec émotion la découverte qu'il a faite de la valeur de cet homme à la fidélité duquel il rend un hommage émouvant.
Des retours sur le vécu de l'auteur, sa famille, ses enfants, l'agonie de son épouse et leurs interrogations sur la pérennité de leur amour. Ces digressions n'entament pas l'intérêt du récit mais viennent à propos éclairer sur l'humanité de l'auteur, ses doutes, ses interrogations.
Ils n'auront pas vu le léopard, peut-être entr'aperçu une fois et encore sans certitude, et Matthiessen conclut que c'est bien ainsi, car lui les a vus, il a été dans leurs têtes et dans leurs coeurs, Moby Dick invisible pour ces deux Achab qui ne lui voulaient aucun mal.
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pchion
  11 juillet 2019
Magnifique récit d'un long trekking au Dolto, à l'époque où cette région du Népal, située non loin de la frontière du Tibet, n'était que peu fréquentée par les Occidentaux, et les touristes en général. Deux autres livres m'ont donné envie de découvrir ce livre de Peter Matthiessen (écrit en 1978). Il s'agit du dernier roman de Paolo Cognetti, "Sans jamais atteindre le sommet" et de celui de Rick Bass, "Sur la route et en cuisine avec mes héros". J'ai beaucoup apprécié la partie "voyage" du récit, la description des paysages parcourus et la richesse des rencontres humaines au fil des jours. Les nombreux passages "introspectifs" apportent une dimension supplémentaire au journal de bord que rédige Matthiessen ; j'avoue avoir beaucoup moins accroché à la partie mystique et aux nombreuses descriptions liées à l'histoire et aux pratiques du Bouddhisme. Ces passages consacrés à la religion sont nombreux et j'en ai trouvé certains carrément fastidieux, d'où ma note un peu mitigée.
J'ai choisi deux citations extraites de ce livre qui montrent la richesse et la poésie du style de l'auteur, parfaitement adapté aux aspects grandioses du paysage.
Le livre terminé, je n'ai qu'une envie : relire le Paolo Cognetti. L'auteur italien marche sur les traces de Peter Matthiessen et compare à de multiples reprises ces vallées profondes et ces cols arides que tous deux ont arpentés. Presque cinquante années séparent les deux voyages ! Quant au léopard des neiges ? Eh bien vous verrez ce qu'il en est en regardant par dessus l'épaule des deux auteurs !
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Wendat69
  26 juillet 2018
Ce livre est un récit qui peut parfois être déroutant, l'auteur nous fait certes partager les chemins qu'il a pris en quête de cet animal quasi-mythique, tant il est rare aux yeux de l'homme, mais il nous emmène aussi souvent sur les sentiers de sa réflexion et de ses inspirations, empreintes de préceptes relevant du boudhisme. La circonvolution prise par Peter Matthiessen nous entraîne donc ailleurs qu'à la recherche du fabuleux fauve, et si l'on ressent les aspérités de la route enneigée, on se perd parfois dans les limbes de certaines pensées trop personnelles. On retient cependant la lumière des paysages, la particularité de l'aventure et la force de la volonté humaine dans cette quête ou la panthère des neiges apparaît comme une possibilité de rejoindre l'insondable.
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Ardwen
  13 décembre 2020
J'ai beaucoup entendu causer (est été un peu saouler) du dernier livre de Sylvain Tesson sur les traces du Léopard des neiges. Grâce à ma compagne, j'ai pu découvrir et lire ce livre qui a inspiré Tesson. Quelle prouesse littéraire ! La lecture est fluide, certains passages descriptifs sont magnifiques. Je me suis senti transporté par ce trek à travers le Tibet. Peter Matthiessen a un don pour raconter, avec beaucoup de détails, peut-être trop parfois au point de ressentir ici et là quelques longueurs. J'ai également été quelques fois surpris du manque de compassion de l'auteur envers les sherpas. Néanmoins, la magie opère du début jusqu'à la fin. Ce fut une belle découverte.
[Livre acheté en librairie indépendante]
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Citations et extraits (212) Voir plus Ajouter une citation
OlafOlaf   17 janvier 2015
Je longe le rebord du cañon et m'assieds contre un rocher. Au nord, un cône de glace se dresse dans le ciel et des champs de neige se déroulent vers les hauteurs de l'horizon et le bleu de plus en plus profond. A l'endroit où la Saure plonge dans son ravin, une effrayante muraille à pic serpente et se tord avec d'étranges combinaisons de neige et d'ombre. La vacuité et le silence de ces montagnes blanches provoquent rapidement les états de conscience analogues à ceux qui se produisent au moment de la méditation où le vide se fait dans l'esprit, et sans doute l'altitude y est-elle pour quelque chose, car mon regard perçoit le monde comme fixe ou fluctuant selon son gré. La terre frémit, les montagnes miroitent, comme si toutes les molécules se trouvent libérées : le ciel bleu résonne. C'est peut-être la musique des sphères que j'entends, ce que les hindouistes appellent le souffle du Créateur et les astrophysiciens le "soupir du soleil.
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OlafOlaf   26 janvier 2015
Il fut un temps où je considérais les montagnes différemment, où je voyais en elles quelque chose de permanent. Même en les approchant avec déférence (les défier comme le font les alpinistes est une autre affaire), cette permanence m'effrayait; leur caractère irréfutablement minéral semblait intensifier la conscience que j'avais de ma nature éphémère. N'est-ce pas à cause de cette angoisse devant ce qui passe que nous nous concentrons sur les quelques fragments d'expérience brute de la vie moderne? Ne peut-elle pas expliquer pourquoi la violence est lubrique, pourquoi la concupiscence nous dévore, pourquoi les soldats choisissent de ne pas oublier leurs jours d'horreur? Nous nous cramponnons à ces moments extrêmes où nous croyons mourir pour renaître cependant. Dans l'abandon sexuel comme dans le danger, nous sommes confondus, si brièvement que ce soit, avec un présent vital où nous collons à la vie réelle, où nous sommes la vie, où le sentiment d'exister nous pénètre; dans une extase partagée avec un autre être, la solitude s'évanouit, l'éternité la remplace. Mais en ce temps-là une telle union pouvait être atteinte par la seule angoisse.
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zazalebzazaleb   30 avril 2014
Peter Matthiessen est mort en avril 2014, à 86 ans, et cela peut fournir un argument pour (re)découvrir son récit le plus populaire, qui obtint le prestigieux National Book award en 1978. Vous pouvez vous le procurer dans toute bonne bibliothèque, ou en librairie dans la collection "l'imaginaire" de Gallimard, toute trouvée pour ce récit de voyage dans le Népal, qui s'apparente davantage à un récit très personnel et parfois halluciné. Ma première lecture fut d'ailleurs une déconvenue, car j'attendais le Matthiessen naturaliste, non l'amateur de LSD et de voyages. Mais pour qui aime voyager dans un fauteuil, cela reste une presque fiction remarquable, d'un homme dont la vie fut tout aussi incroyable (éditeur de revue littéraire et agent de la CIA à Paris dans les années 50, P. Matthiessen devint moine bouddhiste dans les années 1990...).
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OlafOlaf   26 janvier 2015
Mon pied glisse sur une étroite corniche : en une fraction de seconde, comme les aiguilles de la peur me transpercent le cœur et les tempes, l'éternité et le présent se croisent. La pensée et l'action sont semblables, la pierre, l'air, la glace, le soleil, la terreur et moi-même ne faisons qu'un. Il est stimulant d'étirer cette conscience aigüe jusqu'aux moments ordinaires, dans la perception, instant par instant, du gypaète et du loup qui, se concevant eux-mêmes au centre des choses, n'aspirent nullement à pénétrer le secret de l'existence véritable. Dans cette inspiration qui remplit nos poumons, réside le secret que tous les grands maîtres essaient de nous communiquer, ce qu'un lama décrit comme "la précision, la candeur et l'intelligence du présent". Le but de la méditation n'est pas l'illumination, mais l'effort pour garder l’œil ouvert aux moments les moins extraordinaires, pour exister au présent, pour imprégner de cette conscience du "maintenant" tous les événements de la vie quotidienne. Être ailleurs revient à "peindre des yeux sur le chaos". Quand j'observe les bharals je dois observer les bharals et non penser au sexe, au danger, au présent, car ce présent, au moment même où je m'y attache, s'est évanoui.
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WyomingWyoming   10 janvier 2020
Depuis le début, ce saint aux yeux de léopard a marché et travaillé plus que n'importe qui; je ne l'ai jamais vu fatigué ni découragé et il n'a jamais réagi désagréablement à ma mauvaise humeur de ces derniers jours. Sur les pentes raides, lorsqu'il s'arrête pour se reposer, il parle à quiconque se trouve près de lui de sa voix douce et grave, aussi pénétrante et apaisante que le vent du sud. Toutes les bêtes, tous les voyageurs sont les amis de Tutken et l'écoutent attentivement; pourtant il est rare qu'il soit le premier à ouvrir la bouche et il ne se montre jamais bavard : néanmoins, à sa manière discrète, il devient aussitôt le centre d'intérêt, tant il appartient naturellement au moment qu'il est en train de vivre.
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Video de Peter Matthiessen (1) Voir plusAjouter une vidéo

Peter Matthiessen : Urubamba
Olivier BARROT présente "Urubamba" de Peter MATTHIESSEN (publié chez PAYOT), livre d'où est tiré le film "En liberté dans les champs du Seigneur". Des images du film illustrent ses propos.
Dans la catégorie : Pakistan, BangladeshVoir plus
>Géographie de l' Asie>Asie du Sud>Pakistan, Bangladesh (20)
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