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ISBN : 2253012343
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1967)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 117 notes)
Résumé :
Un soir, dans un bar, Raymond Courrèges retrouve par hasard Maria Cross, une femme à laquelle, adolescent, il a témoigné une passion ardente et maladroite, qu’elle a repoussée. Dans les souvenirs de Raymond, que le visage de Maria fait ressurgir, nous découvrons bientôt d’autres ombres, d’autres blessures, telle la rivalité équivoque d’un père et d’un fils pour une même femme.
C’est à quarante ans que François Mauriac publia ce roman, constat désabusé de la s... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
claudine42
  05 février 2015
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D'entrée, on apprend qu'il s'agit d'une vengeance à assouvir : Raymond Courrèges à l'encontre de Maria Cross. Mais pourquoi donc ?
Assis dans un petit bar, Raymond qui a trente sept ans, aperçoit Maria Cross. Il se remémore. Retour vers le passé…
C'est alors qu'il était en terminale qu'il a fait sa rencontre dans le tramway du retour, un soir d'autrefois. Peu à peu Maria est tombée sous le charme de ce garçon qui lui ne souhaita pas s'en laisser conter et vit là seulement une conquête potentielle. le visage de Raymond obséda Maria qui, torturée par la passion, ne sut si elle devait l'assouvir. Pour elle, il n'était qu'un enfant inoffensif. Incommunicabilité des consciences. Incompréhension annonçant un désastre.
L'auteur va nous présenter une famille bordelaise en nous mettant en lumière ses mesquineries, ses complicités et tous ses travers. Mille intrigues se nouent dans cette maison où des haines féroces se sont tissées au fil des ans.
« À vivre ainsi pressés les uns contre les autres, les membres d'une même famille ont à la fois le goût de ne pas se confier et celui de surprendre les secrets du voisin. Chacun prétendait connaître à fond tous les autres et demeurer seul indéchiffrable. »
Belle ambiance !
On retrouve dans ce superbe roman les thèmes chers à Mauriac : l'amour passion dévorante et la notion omniprésente de péché. La chair symbolise le péché.
Mauriac disait de son roman qu'il était celui du renoncement.
Ce roman a été publié la première fois en 1925, faut-il qu'il soit brillant pour susciter encore de nombreux commentaires !!!
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oran
  01 octobre 2016
Voilà bien longtemps que je n'avais pas lu une oeuvre de François Mauriac.
Dans le désert de l'amour je retrouve les caractéristiques de l'écriture de Mauriac , les thèmes dominants de son oeuvre, le tragique de la vie, l'atmosphère et l'empreinte pesante et empesée de la bourgeoisie provinciale, ( celle de Bordeaux que Mauriac connait bien pour y être né) .
Ce roman (1925) est celui de l'incommunicabilité , de la solitude, de la vacuité de la vie quand l'amour n'est pas au rendez-vous.
Raymond Courrèges (prénom d'un des frères de F. Mauriac) , 35 ans, retrouve, par hasard, à Paris, dans une boîte de jazz, dix-sept ans après, Maria Cross, une femme entretenue qui l'a éconduit en l'humiliant alors qu'il était lycéen en classe de philosophie et qu'il vivait dans la banlieue bordelaise. (Talence) (Une de ses lectures : Aphrodite, ce roman libertin et sulfureux , lu par la jeunesse intellectuelle de cette époque)
Incompréhensibilité entre Raymond Courrères, jeune adolescent et son père Paul (Un des deux prénoms du père de F. Mauriac) , médecin dévoué, époux de Lucie, née Boulassier d'Elbeuf (c'est dire !) , indicibilité entre les époux, entre les autres membres de la famille, Madeleine, la fille , le gendre, Gaston , toute cette communauté parentale, ces générations différentes cohabitant sans beaucoup d'intimité , dans une grande maison.
Mais surtout attitude incompréhensible de Maria Cross qui ne peut s'assumer seule et qui préfère subir le statut de « poule », entretenue par Larouselle. Cette femme de 27 ans, dont le père et le fils vont tomber passionnément amoureux. Pour les deux, amour dévorant, humiliant, fardeau terrible pesant sur leur destinée .
Une passion stérile qui rendra tour à tour , le père et le fils malheureux, et qui fera de Raymond un gougeât, celui qui va « mépriser tout ce qui ne lui semble pas objet de possession », un homme dominateur ne recherchant que le goût de la satisfaction immédiate.
Maria Cross a finalement épousé l'homme qui l'entretenait et qui la trompe ouvertement, sans complexe. Une femme qui n'a pas voulu s'assumer.
Pourtant, des retrouvailles inopinées permettront enfin au fils et au père de se revoir après un si long silence, se retrouver, pour ne plus jamais se rencontrer .

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Cath36
  01 novembre 2011
Un père et un fils amoureux sans le savoir d'une même femme, quel triste vaudeville cette histoire aurait pu être sans le génie de Mauriac ! Analyse de la passion amoureuse, analyse des rapports père-fils, analyse des liens conjugaux, analyse du regard de la société sur une femme dite "entretenue", Mauriac passe tout cela au crible de sa plume, pénétrant des profondeurs vertigineuses. "Le désert de l'amour", cette solitude impitoyable attachée au pas de chacun d'entre eux nous prend ici toute la dimension que Mauriac nous laisse entrevoir dans ses premiers romans. Suivront (entre autres) "Thérèse Desqueyroux" et le "Noeud de vipères", mais jamais Mauriac n'aura aussi bien dit comme ici la nécessaire distance entre les êtres, ce désert de la grâce où ne se révèle pas au père et à son fils "Celui qui à leur insu appelle, attire, du plus profond de leur être". Mauriac achève son roman sur le regard plein d'amour que le père jette à son fils nous laissant entrevoir un début de rédemption pour ces deux êtres qui pressentent une séparation définitive. Au final, une magnifique histoire sur la souffrance d'aimer et sur l'échec de toute forme de communication.
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igaluck
  27 décembre 2013
J'ai trouvé ce livre plus ampoulé, moins fluide que “Le mystère Frontenac” lu quelques temps auparavant. Il est souvent sentencieux - on pourrait d'ailleurs y piocher une multitude de citations. L'écriture est raide. François Mauriac appuie lourdement sur ce qui sépare les protagonistes :
“Le désert qui sépare les classes comme il sépare les êtres.” (62)
“Ce fils d'une autre race puisqu'il est d'un autre sexe.”
Le contexte social paraît dépassé, désuet, le texte a vieilli. le roman se lit pourtant facilement et avec plaisir car le caractère des personnages est précis, mis en valeur sans lourdeur. le docteur est finement campé dans sa vie à moitié vécue, à moitié rêvée. L'esprit de famille qui est en fait esprit de conservation, la vie sociale qui ne laisse que peu de possibilités à la vie intérieure de s'exprimer, ressortent avec force. Chacun est face à son néant.
Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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akhesa
  01 mai 2015
Apres un debut difficile,je me suis laissee envahir par cette tres belle histoire d'amour,de coincidence(malsaine).Qu'il est parfois difficile de communiquer entre un pere tres occupe par son travail et un fils qui devient un homme!Mais combien il est heureux et chaleureux de se retrouver apres plusierurs annees d'absence!
Dans cette histoire,ce pere et ce fils sont attires par la meme femme et ont vecu a leur maniere chacun la meme passion,sans que jamais ils ne s'en apercoivent,sans jamais oser se l'avouer
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Citations & extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
Cath36Cath36   01 novembre 2011
Ce n'est pas la mort qui nous prend ceux que nous aimons ; elle nous les garde au contraire et les fixe dans leur jeunesse adorable : la mort est le sel de notre amour ; c'est la vie qui dissout l'amour.
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oranoran   01 octobre 2016
La porte du collège franchie, il entrait dans le secret de la petite route humide qui avait tantôt son odeur de brouillard et tantôt son haleine de froid sec ; il était familier aussi avec tous ces ciels ténébreux ou déblayés et rongés d’étoiles, ou tendus de nuages éclairés du dedans par la lune qu’il ne voyait pas ; puis c’était l’octroi, le tramway toujours assailli d’un peuple accablé, sale et doux ; le grand rectangle jaune s’enfonçait dans une demi-campagne, plus illuminée que le Titanic , et roulait entre des jardinets tragiques, submergés au fond de l’hiver et de la nuit.
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Cath36Cath36   01 novembre 2011
Cependant chacun s'était rassis : une secrète connivence les faisait s'employer tous à éteindre ce feu. L'esprit de famille leur inspirait une répugnance profonde pour ce qui menaçait l'équilibre de leurs caractères. L’instinct de conservation inspirait à cet équipage, embarqué pour la vie sur la même galère, le souci de ne laisser s'allumer à bord aucun incendie.
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vincent38vincent38   26 février 2014
Ah ! l'importunité de ces êtres à qui notre cœur ne s'intéresse pas, et qui nous ont choisis, et que nous n'avons pas choisis ! - si extérieurs à nous, dont nous ne désirons rien savoir, dont la mort nous serait aussi indifférente que la vie... et pourtant ce sont ceux-là qui remplissent notre existence.
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rolandm1rolandm1   27 mars 2016
Il grondait un peu en rentrant, me disait-elle, de n'avoir pour dîner qu'un plat de nouilles réchauffé sur une lampe à alcool. Elle préférait lire toute la journée, vêtue d'une courte robe de chambre déchirée, les orteils nus dans ses sandales. Cette prétendue courtisane, si tu savais qu'elle se fiche du luxe.
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Videos de François Mauriac (77) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Mauriac
Malagar, François Mauriac .Malagar, François Mauriac : Dans le cadre de la Collection Maisons d'écrivains, présentation de Malagar, demeure de François Mauriac. Avec la participation de : Eric Fottorino, président du centre François Mauriac, Jean-Claude Ragot, directeur du centre François Mauriac, Caroline Casseville, maître de conférences à l'université Bordeaux Montaigne. Notes de Musique : Charles Gounod, Au rossignol par Suzanne Danco ® 1955 - Mozart, Don Giovanni, direction Carlo Maria Giulini ® 1959
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