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Eliana Machado (Traducteur)Vitalie Lemerre (Traducteur)
EAN : 9782330150761
160 pages
Éditeur : Actes Sud (05/05/2021)
4.21/5   7 notes
Résumé :
Dans un immeuble de São Paulo, un professeur de biologie souffre des nuisances sonores provoquées par Ygor, son voisin du dessus. L’ énervement vire à l’obsession et tout l’insupporte : la musique, le téléphone, les voix, les grincements du sommier ; la vie, quoi…
Les tentatives pour régler le problème ne font qu’accroître l’animosité entre les deux hommes. Avec la haine, irréversible, vient la volonté de vengeance. Profitant de l’absence annoncée du voisin, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Bookycooky
  08 juin 2021
Matthieu 19:19
“et tu aimeras ton voisin comme toi-même “( euh... j'ai un peu modifié le verset ...),
Apparemment ici Ygor n'entre pas dans la catégorie du voisin “à aimer”, vu le boucan qu'il déclenche « en vivant » au dessus de notre prof de biologie, notre narrateur, un boucan qu'il défend bec et ongle avec une logique impeccable, “....., ce que vous voulez c'est que je n'existe pas. Vivre fait du bruit..... Ce que vous, monsieur, appelez du bruit, ....c'est moi en train de vivre. Je ne peux pas vivre en mode mute, vivre en chuchotant, vivre au volume deux, et en pantoufles”. le conflit s'envenime jusqu'à devenir criminel.... Nous voilà embarqués dans une histoire diabolique où notre prof de biologie va croquer la pomme comme Ève , "....si nous déclenchons l'action, si nous croquons une première fois, comme Ève, nous ne sommes plus maître de notre vie. Une autre force se met à l'oeuvre, et son nom est fatalité", et à partir de là à perdre tout contrôle sur sa vie.
Une première rencontre incandescente bariolée d'humour avec l'écrivaine brésilienne Patricia Melo . Une histoire policière dont le narrateur-protagoniste présenté par la justice comme un Gog Magog ("Gog Magog, dans le livre de la Révélation…c'est Satan en personne ")au public, se livre à nous en fin analyste et psychologue avec réflexions et passages savoureux sur son aventure qui le mènera jusqu'en prison. Quand à Melo, elle en profite pour passer au vitriol la société brésilienne, y dressant un état des lieux actuel du pays, avec son système d'éducation, ses hôpitaux, sa justice, ses prisons, sa forte délinquance juvénile et sa forte délinquance tout court qui ont fait régresser le pays à jamais . Un livre brillant, bien écrit , bien traduit, qui en vaut le détour.

« Je n'ai pas l'oreille absolue comme certains musiciens, ni l'ouïe sensible comme celle des chiens, mais je n'ai jamais compris pourquoi le bruit n'est pas considéré comme une arme blanche efficace. »
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traversay
  31 mai 2021
Depuis la parution de O Matador, son deuxième roman mais le premier à être traduit en français, en 1996, le nom de Patricia Melo est synonyme de livres (très) noirs, tous dotés d'une composante sociale fort présente. En d'autres termes, l'écrivaine brésilienne n'hésite pas à évoquer tous les dysfonctionnements de son pays, et Dieu sait si elle a l'embarras du choix, enveloppés dans des intrigues puissantes et implacables. Cependant, depuis quelques années, Patricia Melo, si elle continue de pointer du doigt tous les vices du Brésil, a injecté une bonne dose d'humour dans son propos, dans un genre sarcastique et (faussement) cynique. Ainsi, Gog Magog, qui se nourrit de la "confession" d'un anonyme professeur de biologie, excédé par les bruits incessants provenant de l'appartement du voisin du dessus, au point de penser sérieusement à le trucider (le voisin, pas l'appartement). Une haine cuite et recuite qui est devenue son unique obsession, incapable qu'il est de voir que pendant ce temps sa femme a pris un amant. le professeur est le seul narrateur du récit et celui-ci n'est pas piqué des vers, mené à vitesse grand V par la romancière qui s'amuse beaucoup, et nous avec, à le décrire comme un type qui ne réfrène plus ses instincts et se révèle au passage raciste et asocial. Il y a un plaisir quasi pervers à lire ce court ouvrage en se retrouvant soi-même parfois dans le portrait de cet homme qui n'est pas un monstre à l'origine mais qui finit par le devenir à cause d'un enchaînement de circonstances malheureuses mais aussi de contingences sociales, plus précisément venant du voisinage, compréhensibles par tous ceux qui, un jour, ont eu à souffrir et à fulminer contre le sans-gêne caractérisé et très bruyant du locataire du dessus (c'est plus rarement celui du dessous qui pose problème, bizarrement, quoique explicable pour ceux qui habitent au rez-de-chaussée).
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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VincentGloeckler
  17 mai 2021
Comédie noire bien troussée, doublée d'une satire sociale pimentée, Gog Magog (Actes Sud, mai 2021) est un nouvel exemple du talent de Patricia Melo, appliquant une recette depuis longtemps éprouvée pour cette dernière peinture de moeurs brésiliennes. Un professeur de biologie vit dans son appartement un enfer depuis l'installation d'un nouveau voisin à l'étage du dessus. Musique tonitruante, vibrations stridulantes de diverses machines, toc-toc-tocs agressifs des pas sur le parquet, rires détonants en cascades, bruits de copulations très pénétrants…, le voici victime désormais d'un vacarme permanent. Et rien ne semble pouvoir arrêter ce tsunami de pollution sonore : ni cris d'indignation, ni coups de balais au plafond, ni même visites timides et, bientôt, plus brutales, au voisin pour lui demander de baisser le volume de la cacophonie ! La haine grandit, et quand une guerre ouverte se déclare entre les deux étages, que la chatte disparait, peut-être victime des mauvaises intentions du voisin, quand, enfin, la poussière de plâtre résultant des derniers coups donnés au plafond pousse sa femme à parler de divorce, le professeur ourdit un plan machiavélique… Une histoire bien vacharde, à l'image de celles d'Enfer (2001) ou de Monde perdu (2008), deux des précédents succès de Patricia Melo, un texte où la verdeur du langage, le goût de la formule qui claque, distillent l'humour dans chaque page, mais surtout un roman qui dénonce, une nouvelle fois, les multiple travers de la société, devrait-on dire du chaos brésilien : lutte des classes exacerbée qui inscrit sa trace dans le paysage urbain, mal-être de professeurs vivant dans la terreur des réactions d'élèves qui ont toujours l'insulte à la bouche et les armes à la main, individualisme forcené des uns et des autres dans une société sans autres règles que celles du néolibéralisme, insidieuse pollution des esprits par les théories évangélistes, racisme toujours rampant, justice arbitraire et corrompue, prisons mouroirs ou palaces, selon qu'on est puissant ou misérable… Qui se plaindra qu'au pays de Bolsonaro survivent encore quelques belles plumes rebelles, comme Patricia Melo ?
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lecoindesmots
  19 juin 2021
Toc. Toctoc. Talon et pointe. Rires sonores et tonitruants. Échanges tapageurs à n'importe quel heure du jour et de la nuit… Décidément, ce prof de biologie logeant dans un immeuble de São Paulo n'en peut plus. La faute à son voisin du dessus, Ygor. Avec un y en plus ! M. Ípsilon, comme il l'appelle. Bref, il fait trop de bruit, celui-là. Et le prof en a sa claque. Un rien l'énerve. Qu'Ygor vive, c'est déjà insupportable pour lui.
Alors, le prof va le voir et, forcément, l'hostilité entre les deux hommes monte d'un cran. Et d'un autre. Puis encore d'un autre. C'est l'escalade. Jusqu'à l'acmé : le prof tue Ygor.
Alors, ce n'est plus simplement l'histoire de deux hommes qui se détestent, mais l'histoire d'un homme qui a disjoncté et pour qui la vit vient de prendre un tournant radical. le prof se retrouve en prison, dans l'attente de son jugement. Puis au tribunal. Son avocat choisi de plaider un forme rare d'épilepsie causée par les bruits incessants de son voisin, ayant elle-même entraîné un épisode de folie meurtrière, pour ainsi dire. Penser qu'Ygor soit devenu le mauvais objet responsable de tous ses malheurs ? N'y pensez pas une seule seconde pauvres fous ! Ça reviendrait à dire qu'être prof, c'est difficile, quand même. Que c'est éreintant, stressant, angoissant, déstabilisant et… déprimant ! Un peu de sérieux, voyons !
Dans ce petit roman (160 pages), c'est avant tout un portrait incisif de la société brésilienne, que nous livre Patrícia Melo. L'auteure dresse le terrible constat d'un pays à la dérive, dans lequel toutes les institutions tentent - tant bien que mal - de survivre, tout en mettant à mal tous ceux qui y travaillent. Éducation, santé, système carcéral, justice (et tutti quanti). Tout y passe. C'est à la fois délicieusement loufoque et complètement pitoyable.
Pourtant, à la fin de ma lecture, une question subsiste : L'auteure dresse-t-elle le portrait d'un pays à la dérive, ou ce roman met-il en abyme les conséquences d'un délitement grandissant des fondements de nos sociétés au niveau mondial ?
Un roman acide, un brin déjanté, mais qui pose de réelles question sociétales ! Tout ce que j'aime.
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jpguery
  31 mai 2021
Un brave professeur de biologie de São Paulo vit un calvaire permanent depuis qu'un nouveau locataire habite l'appartement au-dessus du sien. Chaque nuit, ce voisin sans-gêne accumule les bruits les plus insupportables comme la musique ou la télévision à tue-tête, les pas lourds et sonores ou les gémissements érotiques.
De l'obsession psychologiquement destructrice à l'idée salvatrice du meurtre il n'y a qu'un pas que notre professeur franchit sans vraiment le vouloir. Rapidement confondu et emprisonné, il voit sa vie s'écrouler mais doit mettre au point une audacieuse stratégie de défense basée sur possible épilepsie audiogène.
Un court roman délicieusement noir que n'aurait pas renié Edgar Allan Poe !
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critiques presse (1)
RevueTransfuge   08 juin 2021
Gog Magog de Patricia Melo est une impitoyable petite machine perverse. Dont on ne sort pas indemne…
Lire la critique sur le site : RevueTransfuge
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   07 juin 2021
......l’homme n’est libre que dans l’inertie. Jamais plus je n’ai cessé de considérer que les Grecs peuvent bien être dans la merde de nos jours, ils avaient raison quant au destin. Désormais, je sais que l’unique et infime part de libre arbitre que nous possédons, nous mortels, réside dans la décision d’entamer une action. En fait, nous avons deux choix, rien que deux. Nous pouvons croquer la pomme. Ou rester inertes comme les pierres. Le libre arbitre n’est rien d’autre : pomme ou pierre. Nous pouvons être une pierre dans le champ. Ne pas créer ni tenir négoce, comme l’enseigne Épicure. Cependant, si nous déclenchons l’action, si nous croquons une première fois, comme Ève, nous ne sommes plus maîtres de notre vie. Une autre force se met à l’œuvre, et son nom est fatalité.
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BookycookyBookycooky   08 juin 2021
“Le problème des femmes brésiliennes, disait-il, c’est qu’une grande partie de la population masculine du pays est incarcérée. Dans très peu de temps, si la situation continue de progresser à ce rythme, nous aurons plus d’hommes en prison qu’en liberté au Brésil. Comment les Brésiliennes vont-elles faire ? Ce que Rúbia, très maligne, est déjà en train de faire : apprendre à nous aimer. S’éprendre d’un homme honnête, disait-il, va être un truc de femme perverse.”
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BookycookyBookycooky   08 juin 2021
Je crois préférable d’écouter que de parler. Celui qui parle balise. Et celui qui écoute anticipe
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VincentGloecklerVincentGloeckler   16 mai 2021
Nous ne sommes pas seulement ce que nous mangeons, je m'en doutais déjà. Nous sommes aussi ce que nous entendons. A l'école, en tout cas, le phénomène était, dès lors, vérifiable. Que diable se passe-t-il ?, nous demandions-nous pendant les réunions de professeurs, effrayés par le comportement agressif des jeunes. Les gamins nous riaient au nez. Ils nous insultaient. Et ils allaient jusqu'à nous tuer quand ils dégotaient une arme. Nous vivions la peur au ventre. Nous ne tournions pas le dos en écrivant au tableau. Il y avait toujours un risque d'agression. Les faire redoubler ? Jamais. Des zéros apportaient menaces et dégradations. Peu avant minuit, quand la sonnerie retentissait, le corps enseignant quittait le collège en groupe bien serré, sur le qui-vive, regardant de tous côtés, craignant une embuscade au coin de la rue. Je ne serais pas surpris qu'une recherche américaine, à l'avenir, mette en évidence que le grand problème de nos élèves est le hip-hop, je l'ai dit une fois, au cours d'une de ces réunions. Le funk. Les bruits tuent les bactéries, c'est prouvé. Qui sait ce que ces détritus musicaux et ce vacarme infernal des villes sont en train de faire de notre empathie ?
(pp.22-23)
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VincentGloecklerVincentGloeckler   17 mai 2021
L'isolement involontaire change notre capacité à fantasmer. Personne ici ne pense à l'amour ni à la camaraderie. Nous volons le plus bas possible en ce qui concerne nos instincts. Nous pensons aux copulations, essentiellement. Ma vie sexuelle, je dois l'admettre, était plus riche en prison qu'elle ne l'avait été durant toute la durée de mon mariage. Et je n'étais pas d'accord avec Doni quand il disait que notre activité était homosexuelle de circonstance. Il n'y avait pas de genre dans notre pratique. Le sexe, en prison, était une question de tuyaux et de connexions. Ce n'était qu'emboîtement et jouissance. C'était un vide qui se remplissait. Orifices et activité. Rien de plus.
Tout cela pour dire que le temps passe aussi en prison. Car, au fond, la vie en prison, c'est de la vie. Ni plus ni moins. Nous avons même une bonne dose de liberté puisque, à l'intérieur de te tête, c'est toi qui commandes. Un espace entièrement libre, avec tout le temps du monde pour se consacrer à lui.
(p.117)
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