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EAN : 9782360121533
208 pages
Ville Brule (09/09/2022)
4.33/5   50 notes
Résumé :
Depuis la Rétraction, Mila, 15 ans, sa mère et les habitantes du Hameau vivent solidaires, en harmonie avec la nature et avec leurs besoins. Mais la menace rôde, et Mila va devoir laisser parler sa vraie nature pour protéger ses compagnes. Dans ce thriller éco-féministe haletant, Louise Mey donne vie à une héroïne inoubliable : attachante, badass… et impitoyable !
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Un roman à suspense français flirtant de très très près avec le "nature writing", quelle bonne découverte.

Son titre est parfaitement choisi car la tension orageuse monte
progressivement malgré la brièveté de cette histoire. Elle monte dans les craintes de ces femmes qui vivent dans un hameau au coeur d'une forêt, après des événements à peine évoqués, appelés Rétractation, un monde
d'avant qu'elles ont quitté. Elle monte dans le coeur et le corps de la jeune héroïne, Mila, qui sent bien plus que le danger et qui, au-delà de ses capacités fantastiques, possède à 15 ans une intelligence fine mise au service de sa petite communauté.

J'ai retrouvé dans ce texte la puissance d'écrivains américains tels que Benjamin Whitmer ou Keith McCafferty et surtout James Bradburey dont le roman Sauvage incarne une héroïne très proche de Mila. Louise Mey s'en est-elle inspirée? En tout cas je n'ai pas perçu dans l'attente de cet orage le moindre plagiat.

Quelquefois, on trouve des livres trop longs ou trop courts, c'est selon nos goûts et perceptions. J'aime bien les digressions qui servent l'intrigue. Ici, ce n'est pas le cas, cela pourrait donc être plus long, mais la densité de l'histoire m'a paru plutôt bien servie par sa brièveté.
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Au "Hameau" vivent des femmes et quelques enfants. Non pas que les hommes y soient interdits, ils sont simplement tous partis. Là-bas, c'est la solidarité qui prime. On s'entraide et on s'épaule au coeur d'une nature foisonnante que toutes respectent et admirent. Dans cet écosystème, il y a Mila, 15 ans, et sa mère. Et il y a l'eau et ses pouvoirs aussi puissants qu'incroyables. Si la tranquillité de chacune semble garantie grâce à cet isolement du monde extérieur, l'équilibre du groupe se retrouve mis en péril par l'arrivée d'un jeune homme dont les motivations semblent nébuleuses. Au fil des jours, la communauté se délite et se divise. D'un côté Mila, certaine que cet étranger sera responsable de l'effondrement de ce qu'elles ont construit ici; de l'autre, ces femmes qui voient en lui l'arrivée d'un homme capable de les aider, ou encore d'assouvir quelques-uns de leurs désirs depuis trop longtemps mis de côté. Au fil des pages, la tension monte et l'orage gronde. Et Mila, certaine d'avoir raison, va devoir usé de toutes ses capacités pour démasquer l'intrus et protéger ses pairs.

Dans ce court récit oscillant entre le roman fantastique, celui apocalyptique, le nature-writing ou encore le thriller, Louise Mey entraîne ses lecteurs dans un monde à la frontière du réel, profondément humain, féministe et écologique. La tension narrative est maîtrisée et c'est non sans délectation que j'ai tourné les pages, flirtant entre plaisir et frayeur.

Si le propos de départ peut paraître manichéen, le personnage de Mila permet de magnifiques réflexions concernant notre rapport au monde, à la nature, à la consommation et au sexe opposé.

Lu d'une traite, ce roman ouvert un peu au hasard, sans aucune attente particulière, l'aura permis de passer un bon moment de lecture, dans ma bulle, mais tellement dans l'air du temps !
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Dès le premier chapitre il y a une description assez crue et sanglante qui peut heurter les lecteurs les plus sensibles.
La suite est bien plus apaisée avec le « changement » de narrateur. le récit est alors pris en charge par Mila, 15 ans, qui vit avec sa mère dans un petit hameau constitué essentiellement de femmes et d'enfants.
Suite aux excès de notre civilisation qui a consommé à outrance sans préserver la nature, mais au contraire en l'épuisant, le monde s'est « rétracté ». Une période cruelle et un peu folle a précédé le temps présent ; ceci dit la narratrice a bien conscience, même si elle n'a pas connu ce temps-là, que le hameau est un havre de paix qui n'est pas représentatif de ce qui se passe ailleurs. Dans son village quelques familles se sont assez tôt unies pour mettre leurs forces et leurs savoirs en commun, depuis malgré quelques dissensions elles coopèrent au maximum. Cela a permis qu'elles réussissent à bien vivre, sans souffrir ni de la sécheresse ni de la faim, même si c'est bien plus chichement qu'avant la Rétractation.
Mais ce bel et fragile équilibre va être bouleversé par l'arrivée de Natan, qui prétend avoir été envoyé au village par le grand-père de Mila. Cette dernière va se montrer très méfiante vis-à-vis du nouveau venu, d'autant plus qu'elle a certaines capacités que ses congénères n'ont pas et un instinct qui ne la trompe pas. Natan est égoïste, il pense à lui avant de penser aux autres, contrairement au fonctionnement des habitants du hameau. Il essaie d'enjôler les habitantes et de les mettre en confiance, mais Mila sent bien qu'il n'est a fond pas habité de bonnes intentions.
La place de Mila est compliquée au sein du village, elle fait peur à certains et elle n'ose donc pas faire part de tous ces soupçons à propos de Natan, car cela l'obligerait aussi à révéler des choses sur elle et ses capacités. Elle est aussi maladroite dans ses relations que Natan est charmeur. Pourtant elle sent bien que c'est à elle de protéger ses compagnes et les enfants.
Suspense et tension montent alors crescendo. La menace est floue, même si elle se précise au-fur-et-à-mesure et devient de plus en plus forte. le récit nous tient en haleine et l'autrice réussit bien à maintenir la tension tout au long du livre et quand on pense basculer complètement elle réussit encore à en partie « retenir ses coups ». Elle joue habilement des codes et des poncifs du post apocalyptique et du fantastique en ajoutant une bonne pincée de féminisme sur le tout.
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Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Je connais l'éditeur, La Ville Brûle, notamment grâce à ses albums (généralement) engagés, que je reçois régulièrement à leur sortie. Alors les écrits engagés, moi, ça me plaît, surtout s'ils ont un goût de post-apo. Cela dit, point trop n'en faut. Et surtout, il y a "engagé" et "engagé" ; l'engagement demande un certain doigté -- oserais-je parler de subtilité ? -- afin de rester digeste. Et j'arrête de tourner autour du pot, ici, l'assaisonnement est parfaitement dosé. C'est au travers de la vie de ces femmes, de leur organisation, de leur quotidien que l'on comprend tout l'engagement de l'autrice.

Un engagement féministe ? Je dirais humaniste. Responsable. Un brin minimaliste. Fataliste ? On aime l'ambiance dans laquelle baigne cette petite communauté... tout en ressentant une sorte d'urgence, de peur sourde, comme un sixième sens qui anticipe l'orage qui vient. Et puis il y a Mila. Mila qui sait, Mila qui protège, Mila qui atteint un potentiel qui l'effraie et qui effraie les femmes avec qui elle vit. Et enfin, l'acceptation de ce changement interne, de ces bouleversements extérieurs. Ce fut à la fois une lecture étouffante et libératrice, apaisante et éprouvante, révélatrice, servie par style épuré, et une narration au présent et à la première personne. En un mot comme en cent : efficace.
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Mila, 15 ans, habite au hameau, un village qui, un peu par hasard, n'est habité que par des femmes et des enfants. Un village du futur, où les femmes font le choix de ne pas gagner plus que nécessaire, et où l'entraide est de mise.

Les hommes ? Hormis le fameux étranger dont on ne connaît pas les motivations, des hommes ont vécu dans ce village. Des hommes qui ont été chassés ou des hommes bons qui se sont sacrifiés. La plupart sont présents dans la mémoire des femmes, mais ne sont pas au coeur de l'action du roman.

L'action ? Peu de combat : on se pourchasse, parfois. Une atmosphère de doute : l'étranger est il bon ou manipulateur ? Enfin, des tensions entre les personnages, des discussions, des conflits d'intérêts, des assemblées où il faut arriver à être convaincante afin que le village prenne les bonne décision. Les tensions de la vraie vie.

Quant à Mila, elle est spéciale, et on entre ici un peu dans la fantaisie. On entre aussi dans les pensées d'une jeune différente, pas toujours acceptée, qui doit apprendre à s'accepter et à supporter le regard des autres. Je recommande cette lecture, notamment aux lectrices / lecteurs autistes.
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critiques presse (1)
Liberation
02 septembre 2022
La grande force de cette fable douce-amère est l’écriture, limpide, qui diffuse très précisément les ambiances, les états d’esprit, les émotions.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
C'est le printemps, la saison où les feuilles toutes neuves se déploient à peine, dans leurs tons de vert doux, dans la finesse des branchages de l'année.
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Autour de moi, la lueur de la pleine lune dessine des ombres crues. Je discerne parfois des signes de vie, le bruissement d'un rongeur qui s'enfonce plus profondément dans son terrier; le bruit léger d'un rapace qui se serre contre le tronc d'un arbre.
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Au loin retentit un coup de tonnerre unique, sec de chaleur et orphelin de pluie.
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- Il n'y a personne pour vous protéger.
D'abord, elle ne comprend rien. Elle déteste ces moments car ils la font se sentir décalée, inadéquate, lointaine - si peu humaine. Puis son cerveau trouve la clé, et Mila comprend. Personne, pour Natan, c'est "pas d'homme." Mais enfin qu'est-ce que ça change, des hommes, ou pas ? Quel raisonnement étrange. D'où lui vient cette idée que l'on a besoin d'eux partout, d'où vient aux hommes cette certitude d'être essentiels.
Elle le dévisage. Natan ne s'en rend sans doute pas compte, mais sa question dit tant de lui. S'il pense que des hommes, en l'absence d'autres hommes, pourraient faire du mal, c'est qu'il a pensé au mal que lui veut faire. S'il pense qu'elles ne sauraient pas se défense, c'est qu'il a pensé attaquer.
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Mais à force de voir sa mère s'inquiéter de tout, elle a fini par ne plus s'inquiéter de rien.
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Vidéo de Louise Mey
Extrait du livre audio « Petite Sale » de Louise Mey lu par Marie du Bled. Parution numérique le 24 janvier 2024.
https://www.audiolib.fr/livre/petite-sale-9791035415020/
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