AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jeanne Etoré (Autre)
ISBN : 2700721063
Éditeur : Aubier Montaigne (07/01/1993)

Note moyenne : 4.37/5 (sur 15 notes)
Résumé :
S’il y a un auteur à lire sur le sujet de l’enfance maltraitée, c’est Alice Miller. Commme dans ses autres ouvrages, elle décrypte et sous-titre ici chacun des principes éducatifs imposés aux enfants, avec les meilleures intentions (ou non) par leurs parents. Elle souligne aussi les souffrances que ces principes imposent à l’enfant, et leurs conséquences. Un jour nouveau sur l’éducation.

Sans en avoir toujours conscience, nous sommes finalement nombr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
meeva
  13 mai 2015
Alice Miller défend la thèse selon laquelle nous avons subi des traumatismes dans notre enfance, particulièrement dans notre petite enfance, plus ou moins selon les personnes (idéalement pas du tout).

Elle revient sur les principes de la « pédagogie noire », pédagogie appliquée au dix-neuvième siècle et dans la première moitié du vingtième siècle. Celle-ci a laissé des traces aujourd'hui encore.
Par tradition, l'enfant est un être méchant et coupable qu'il faut éduquer, par les coups éventuellement (voir à ce sujet le livre d'Alice Miller « c'est pour ton bien », dans lequel elle cite des passages de ces livres de pédagogie dans lesquels il est indiqué comment taper son enfant, assez fort et assez longtemps…).

Les « mauvais traitements », volontaires ou non (c'est-à-dire les coups, les humiliations morales, les séparations, l'exploitation des dons aussi) provoquent de la colère, de la peur, de la tristesse chez l'enfant.
Ces sentiments, l'enfant doit les maîtriser, les garder pour soi, les étouffer, afin de garder la chose la plus précieuse pour lui : l'amour de ses parents.
Cette lutte contre ses sentiments peut l'amener à un véritable déni des traumatismes vécus, qui pourra faire de lui quelqu'un de névrosé, qui lui fera peut-être reproduire les traumatismes subis sur d'autres personnes, ses enfants en particulier.
En effet, au moment où certaines situations apparaissent lors de l'éducation d'un enfant, cela engendre chez son parent une confrontation inconsciente avec ses traumatismes enfouis, avec ses sentiments refoulés, ceci induisant un mécanisme de reproduction.

L'éducation autoritaire n'est pas la seule mise en cause ici. L'éducation antiautoritaire est autant montrée du doigt lorsqu'elle n'est pas menée dans le respect de l'enfant.
L'absence de soin, l'éducation dans laquelle les sentiments et donc la réflexion de l'enfant est niée, sont aussi des formes de violence perpétuées sur l'enfant.

Bien sûr, rien n'est irrémédiable.
Selon Alice Miller, c'est l'existence d'un « témoin lucide » qui peut permettre de « vivre sa haine » non exprimée dans son enfance, afin de la dépasser et de « faire le deuil » de son enfance.
L'enfance est souvent une période sublimée par les souvenirs et accepter qu'elle n'ait pas été parfaite, qu'elle n'ait même pas été si chouette que ça finalement, permettrait de ne pas reproduire certains comportements néfastes sur ses propres enfants.

Une aide fréquemment cherchée étant la psychanalyse, Alice Miller dénonce la culpabilité que celle-ci fait porter sur l'enfant lorsqu'elle soutient la théorie des pulsions chez l'enfant.
Freud a d'abord reconnu la réalité des traumatismes sexuels chez l'enfant, en 1897, avant de développer la théorie des pulsions, dont le fameux complexe d'Oedipe et « l'envie du pénis » chez la femme.
Alice Miller réfute totalement ces théories.

Les exemples qu'elle donne pour illustrer ses propos sont bien souvent des exemples de « cas extrêmes », mais on peut aisément penser que la majorité des gens sont concernés à des degrés moindres.
Elle donne aussi des exemples dans la littérature, en interprétant à sa manière l'oeuvre de Kafka, entre autres.

Puisque l'on parle ici de littérature, il est intéressant de s'interroger sur la signification de certains contes pour enfants.
Quel message reçoit l'enfant à l'écoute du Petit Poucet ?
On risque de m'abandonner pour que papa maman puisse acheter de la viande à la boucherie ?
De quoi développer la culpabilité concernant les difficultés des parents…
Et à la lecture du Petit Chaperon Rouge ?
Maman sait que la forêt est dangereuse puisqu'elle me met en garde contre le loup, mais elle m'y envoie quand même. Lorsque je suis attaqué, c'est donc que je n'ai pas su me protéger ?
De quoi développer la culpabilité concernant les mauvais traitements reçus…

Heureusement, de nos jours, les livres proposent des tas d'histoires super chouettes et pas culpabilisantes du tout pour les enfants, des super princesses qui veulent pas de jolies robes ou qui se permettent de dire « je veux/je veux pas »…


Bon, pour se détendre, prenons un petit air de violence sur fond de comptine (là aussi, il y aurait beaucoup à dire…) :
« Puis il allait au cabaret
Puis il allait au cabaret
Sa petite goutte il buvait
Sa petite goutte il buvait.
Il la buvait si juste
Qu'il n'y'avait rien d' plus juste.
Il la buvait tout dret,
Pas plus qu'il n'en fallait.
Quant à la maison il rentrait
Quant à la maison il rentrait
Sa petite femme il battait
Sa petite femme il battait.
Il la battait si juste
Qu'il n'y'avait rien d' plus juste.
Il la battait tout dret,
Pas plus qu'il n'en fallait.
[…] »
Extrait de « Il était un p'tit cordonnier », chanson enfantine.
Vous pouvez la voir chantée par Dorothée en 1986, qui chante cela avec le sourire… :
https://www.youtube.com/watch?v=¤££¤25Du Petit Chaperon Rouge 12¤££¤

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          122
Tatooa
  23 mai 2013
Ici Alice Miller analyse selon ses théories sur la pédagogie noire et ses effets, l'enfance et le devenir de personnages connus de l'Histoire.
Bien que le langage y soit très "psychanalytique", quand on a vécu de l'intérieur ce qu'elle décrit, on ne peut qu'adhérer à tout ce qu'elle écrit.
La lumière jaillit, la compréhension se fait. Mais qu'est ce que c'est dur à encaisser !
Commenter  J’apprécie          30
capestrine
  22 mars 2014
Voir aussi C'est pour ton bien : ce sont les 2 volets d'une même oeuvre à lire absolument pour une thérapie personnelle. Ma bible à moi.
Commenter  J’apprécie          50
lectrice45
  21 juillet 2018
encore une pépite
Commenter  J’apprécie          00
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
MondrianeMondriane   11 avril 2012
La nécessité intérieure de bâtir sans cesse de nouvelles illusions et de nouveaux dénis pour éviter de vivre sa propre vérité disparaît une fois que cette vérité a été vécue. Nous voyons alors que toute notre vie nous avons redouté quelque chose, nous nous sommes défendus contre quelque chose, qui ne peut plus arriver, car c'est déjà arrivé, et ceci au début de notre vie, alors que nous étions sans défense.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
TatooaTatooa   24 mai 2013
(Extrait d'une lettre de Freud au début de ses travaux (vérité qu'il ne put assumer et détourna par la suite en taxant ce genre de récit de "fantasmes")) : "Et il ressort là que ce père, par ailleurs prétendument noble et respectable, la prenait régulièrement dans son lit quand elle avait entre 8 et 12 ans et l'utilisait extérieurement ("la mouillait", visites nocturnes). Elle avait déjà peur alors. Une soeur, de 6 ans son aînée, à qui elle s'en était ouverte par la suite, lui avait avoué qu'elle avait vécu la même chose avec le père. Une cousine lui avait raconté qu'à 15 ans elle avait du se défendre des enlacements du grand-père. Bien sûr, quand je lui dis que des choses analogues et même plus graves avaient dû se passer également dans la toute petite enfance, elle ne le trouva pas incroyable. Par ailleurs, c'est une hystérie tout à fait courante avec les symptômes habituels."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Alice Miller (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alice Miller
Lecture (par un logiciel? la lecture est assez hachée, peu naturelle mais compréhensible) complète de l'article d'Alice Miller "D'où vient le mal dans le monde et comment se génère-t-il?" en 20 minutes.
Introduction: "Il n'est plus possible de mettre en doute, aujourd'hui, que le Mal existe et que certains individus sont capables d'une extrême destructivité. Chacun peut s'en faire une idée grâce à la télévision. Mais ce constat n'entérine nullement l'idée fort répandue que certains êtres humains naissent "mauvais". Tout dépend, bien au contraire, de la façon dont ces personnes ont été accueillies à leur naissance et traitées par la suite. Les enfants qui font dès le début de leur vie l'expérience de l'amour, du respect, de la compréhension, de la gentillesse et d'un soutien affectueux, développent évidemment d'autres traits de caractère qu'un enfant qui se heurte dès le départ à l'abandon, la négligence, la violence ou la maltraitance, sans avoir près de lui une personne bienveillante qui lui permette de croire à l'amour. Quand manque cet élément - ce qui est le cas dans l'enfance de tous les dictateurs que j'ai étudiés - l'enfant aura tendance à glorifier la violence qu'il a subie et à l'exercer lui-même plus tard, sans limite, chaque fois qu'il le pourra. Car chaque enfant se forme par l'imitation."
+ Lire la suite
>Maladies du système nerveux. Troubles psychiques>Névroses et troubles apparentés>Troubles de la personnalité (43)
autres livres classés : Enfants maltraitésVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Freud et les autres...

Combien y a-t-il de leçons sur la psychanalyse selon Freud ?

3
4
5
6

10 questions
286 lecteurs ont répondu
Thèmes : psychologie , psychanalyse , sciences humainesCréer un quiz sur ce livre