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ISBN : 2081361248
Éditeur : Flammarion (11/03/2015)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 64 notes)
Résumé :
La psychose, la drogue, la criminalité sont-elles les répercussions codées des expériences des premières années de la vie ? Alice Miller dénonce les méfaits de l'éducation traditionnelle, qui a pour but de briser la volonté de l'enfant pour en faire un être docile et obéissant. Elle montre comment les enfants battus battront à leur tour, les menacés menaceront, les humiliés humilieront. Car à l'origine de la pire violence, celle que l'on s'inflige à soi-même ou cell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
meeva
  14 janvier 2015
Dans une première partie, Alice Miller décrit la « pédagogie noire » et ses conséquences.
Elle cite beaucoup d'extraits de livres sur l'éducation des enfants de la deuxième moitié du 19ème siècle.
Ces livres préconisaient de se faire respecter de l'enfant, de lutter très tôt, dès les premiers mois de sa vie, contre sa nature capricieuse, indolente, quitte à user de châtiments corporels.

Je ne résiste pas à l'envie de vous livrer l'extrait suivant, que je ne saurais vous situer précisément dans le temps, entre 1850 et 1950.
Il s'agit d'un père, troublé d'avoir battu son enfant, qui va chercher réconfort auprès du pasteur. Celui-ci lui dit :
« […] Et vous avez également eu raison de donner une bonne correction à ce petit cabochar. Dans six mois d'ici, il ne l'aura pas oublié. Si vous ne l'aviez frappé que très légèrement, non seulement cela n'aurait servi à rien pour cette fois, mais par la suite, il vous aurait fallu toujours le battre, et l'enfant se serait habitué aux coups de sorte qu'à la fin ils lui auraient été complètement indifférents. C'est comme cela qu'en général les enfants se moquent complètement d'être battus par leurs mères ; c'est que celles-ci n'ont pas le courage de frapper assez fort. […] »

Bien sûr, il ne faut pas oublier d'indiquer à l'enfant qu'il ne doit pas se plaindre du traitement subi, il ne doit même pas être malheureux puisque : c'est pour son bien.
L'enfant, qui ne peut pas perdre l'amour de ses parents, perçu comme vital pour lui, va non seulement se plier aux exigences de ses parents, mais en plus intégrer le système d'éducation qu'il a reçu comme étant le bon système d'éducation. Il va nier sa souffrance, voire oublier complètement les mauvais traitements subis, dans un déni qui lui permet dans un premier temps de survivre.

Dans une deuxième partie, Alice Miller donne trois exemples pour illustrer le fait que cette façon de ne pas respecter les enfants est à l'origine selon elle de la délinquance, des crimes, des guerres et du terrorisme.
On y apprend l'enfance de Christiane F. qui a écrit « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… » , d'Hitler et d'un homme arrêté à 24 ans pour avoir tué des enfants d'une manière horrible.

Il est marquant que les biographes de Hitler minimisent les violences qu'il a subies étant enfant. Ils les justifient même prétendant qu'Hitler était naturellement mauvais.
Et reviens donc la question de l'inné et de l'acquis dans le caractère de l'enfant.

Et même lorsque l'on met de côté les violences physiques, on ne peut que s'interroger sur les humiliations que l'on fait subir, souvent involontairement, à son enfant.
Par manque de temps, par manque de patience, par manque d'envie de me remettre en question, de me poser des questions sur mon enfance et mes acquis, combien de fois me suis-je comporté de manière autoritaire sans aucune raison valable ?

Dans une dernière partie, heureusement, Alice Miller précise que le plus important n'est pas la souffrance vécue dans l'enfance, mais le droit et la possibilité de l'exprimer.
Elle revient sur la notion de culpabilité, inutile et contre-productive selon elle, puisque cette culpabilité se transmet alors à l'enfant.
Elle propose donc dans la prise de conscience des violences (physiques ou psychiques) que l'on a vécues, de faire le deuil de l'enfance heureuse et des parents parfaits que l'on s'est imaginé.

Un peu répétitif, un peu compliqué à lire à mon goût, ce livre me semble néanmoins permettre une prise de conscience.
Au-delà d'une réflexion utile à la vie en commun avec mes propres enfants, il m'incite à penser que l'amour ne s'impose pas, que le respect ne se décrète pas, que l'expression de la colère est bénéfique…
Toutes choses utiles dans les relations avec des adolescents pour qui ces questions sont sensibles.


Une « fable » en musique (et accompagnée du cri des porcs…) :
« L'éducation du corps des porcs
Se fait souvent un peu à tort
Par tradition, au fond des ports
Ce sont de grands hommes gras et forts
Parlant avec l'accent du nord
[…]
C'était un soir de pleine lune
La mer dressée bavait l'écume
Un homme aperçu dans la brume
Sa femme dansant dans la boue brune
Elle était nue et sur la plage
Trois jeunes garçons d'assez jeune âge
Dans un joyeux dévergondage
Se régalaient d'un tas d'outrages
La femme et eux faisaient ménage
Et le mari cria de rage
Brandissant sa main en battoir
Et s'élança sûr de les voir
La lune préférant ne rien voir
S'était cachée dans la nuit noire
Et l'homme fourbu de désespoir
Aveuglement criait victoire
La boue, le sang firent marécage
Et l'homme fourbu tomba en nage
C'est bien plus tard au p'tit matin
Qu'on aperçut au pied d'un porc
L'homme piétiné, raide et bien mort
A ses côtés trois pièces d'étain
A l'effigie des trois gamins
[…]
Proposez-leur un autre sort
Vous serez déçu peut-être à tort
Car ces jeunes gens coucheraient dehors
Pour préserver ce droit du corps
Ce privilège des gens du nord
L'éducation du corps des porcs »
(extrait de « L'éducation du corps des porcs » des Ogres de Barback :
https://www.youtube.com/watch?v=lEiy31Zoxwc )
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Horizon_du_plomb
  12 mai 2018
« Lorsque des terroristes ont pris en otages des femmes et enfants innocents, pour servir un grand et noble idéal, qu'ont-ils fait d'autre que ce qu'on leur a jadis fait subir à eux mêmes ? »
« Voir un cadavre ce n'est pas l'occasion qui manque. » (Principe d'éducation à la découverte du corps de l'autre sexe en « modérant » le fantasme)
« Ce n'est pas moi qui vis mais Hitler qui vit en moi ! Chaque fois que je me retrouve en face de lui, je fais dans mes culottes (…) Ces rapports sont devenus une sorte de prostitution mentale. » (Propos de Goering)
« Si tu voulais vraiment continuer à m'éduquer suivant ces principes, en fait, tu devrais me tuer car un jour ou l'autre, il faudra que je meure. Et c'est comme cela que tu pourras m'y préparer le mieux ! » (Un fils citant Ekkehard von Braunmühl)
Quand la privation d'amour devient une voie pour l'éducation, c'est en réalité un édifice brinquebalant qu'on échafaude. Un livre qui tente de percer les origines de la violence systémique, de la haine, en les prétendant réactionnelles et non pas innées.
Au départ du livre, j'ai eu du mal avec le style des citations liées à la pédagogie noire et je me suis inquiété du fait que le livre soit en lien avec le livre « Le drame de l'enfant doué » que je n'ai pas lu. Puis, sa lecture a relâché mes doutes et fait émerger une richesse certaine. Ce livre résume des dizaines de générations percluses dans des souffrances intérieures.
«  En fait ce sont l'ordre hiérarchique et le pouvoir qui déterminent en dernier ressort qu'une action est bonne ou mauvaise. »
A l'image de bien des passages du livre, on peut critiquer cette phrase qui est contraire à toute une littérature qui prétend que l'éthique peut émerger de façon naturelle par la considération de l'autre.
« Ces doutes se manifestent nécessairement dés lors que l'on abandonne le système de valeurs abstraites de l'éthique religieuse ou même philosophique pour se tourner vers la réalité psychique concrète. »
C'est un livre complexe, critiquable mais dont aucun de nous ne doit passer à coté de la conscientisation qu'il porte et ses maîtres mots sont refoulement et souffrance.
« Si le juif n'existait pas, il aurait fallu l'inventer. » (Propos d'Hitler lui même)
« La persécution repose sur le mécanisme de défense contre le rôle de victime. »
Je n'ai jamais lu Mein Kampf mais j'ai l'impression qu'on gagne bien plus à lire ce livre-ci que celui d'Hitler pour comprendre l'émergence et le cheminement d'une idéologie extrême.
« Tous les conseils pour l'éducation des enfants trahissent plus ou moins nettement les besoins d'un adulte, nombreux et divers, dont la satisfaction n'est pas nécessaire au développement de l'enfant et de ce qu'il y a de vivant en lui, et par surcroit l'entrave. (…) Quand on le gronde, il apprend à gronder, quand on l'humilie, il apprend à humilier, … »
« La véritable compréhension sur le plan émotionnel n'a rien à voir avec une pitié ni un sentimentalisme de bas étage. »
Loin d'être une psychanalyste doctrinale classique, l'auteure anticipe souvent les critiques de son propos (par exemple avec l'argument du problème de la réalité des chiffres statistiques, problème bien connu aussi avec les sondages d'opinion) et cela participe à une démarche intelligente, exactement celle à laquelle prétend la science. Un livre qui m'a rappelé mon livre sur l'homoparentalité qui exprimait aussi cette nécessité de remettre l'enfant en avant, à la première place avec ses besoins propres avant tous les intermédiaires.
La conclusion qui prolonge la problématique en terme de paix et de politique fait inévitablement penser à des personnalités acceptées dans leur pays et pourtant décriées ailleurs: Bush junior et Trump. La postface pose aussi avec intelligence l'ambivalence de la tendance vers la technicité de « l'espace psychique intérieur » face à la liberté de trouver son unité émotionnelle parmi les autres ( on prolonge les études behavioristes de marketing ou de propagande par l'influence des réseaux sociaux à notre époque).
Vu qu'il date de 1980 à l'origine, on pourrait croire que le livre a vécu mais il suffit de se balader en rue pour voir qu'il contient encore des vérités premières niées. Ce n'est pas un bouquin facile émotionnellement parlant à lire, il nécessite un temps d'intégration mais, comme tout bon bouquin psychologique, il recèle un potentiel de libération et de compréhension thérapeutique clair. C'est aussi un livre qui nous fait prendre conscience du chemin qu'il reste à parcourir aux différentes nouvelles pédagogies face à l'archétype du modèle imposé par la violence, la manipulation et le pouvoir. La nécessité du vrai ressenti passe par une bonne communication, celle qui exprime l'état émotionnel face à une action sans chercher de coupable ou inférer un ordre, on appelle cela la communication non violente. Mais la voie existe vers « l'heure de la sensation vraie. », celle qui demeure le joyau de l'apprentissage de la vie.
« Le véritable pardon ne passe pas à coté de la colère mais il passe par elle. »
« La compréhension du fait qu'avec la meilleure volonté du monde, nous ne sommes pas tout-puissants, que nous sommes sous l'emprise de compulsions et que nous ne pouvons pas aimer notre enfant comme nous le voudrions, devrait tout au plus nous conduire au deuil, mais non à des sentiments de culpabilité, car ceux-ci nous promettent un pouvoir et une liberté que nous n'avons pas. Chargés de sentiments de culpabilité, nous en chargeront notre enfant et nous l'attacherons à nous pour la vie. Au contraire dans le deuil, nous pouvons lui donner sa liberté. »
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Tatooa
  23 mai 2013
Si je dis qu'Alice Miller m'a sauvée, certains penseront que j'exagère. Et pourtant, c'est le cas.
Si seulement tous les psychanalystes, psychologues et psychiatres pouvaient la lire, se remettre en cause en suivant sa ligne de conduite, et ainsi aider des milliers de gens à comprendre d'où vient leur violence intérieure, ce serait le paradis.
Mais nous sommes loin du compte, l'être humain préfère dans le fond s'aveugler et continuer à reproduire les erreurs de leurs soit disant si sages ancêtres...
C'est comme ça... Hélas.
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Katsandrya
  27 février 2013
Pour peu qu'on s'intéresse un peu aux enfants, à leur "éducation" ou bien même qu'on s'intéresse à l'enfant qui est toujours (et le sera toujours) en nous alors ce livre vous permettra de comprendre ce que l'on appelle la "Pédagogie Noire", ou comment les parents, par transmission de "mode d'éducation" de génération en génération (on ne se posait pas beaucoup de questions sur ce qui était bien pour les enfants à l'époque, un peu plus maintenant, mais y'a encore un sacré travail à faire pour apprendre qu'un enfant, tout comme un adulte, ça se respecte) font perdurer les mauvais traitements "pour le bien des enfants" sans se rendre compte qu'ils font exactement l'inverse.
Il faut garder l'esprit ouvert et de l'empathie, pour les trois biographies qui servent de base à l'application de ce qu'Alice Miller nomme la Pédagogie Noire, car même si les actes d'Hitler sont atroces, ils s'expliquent grandement par la façon dont il a été "éduqué", ça n'excuse pas, attention, c'est juste une explication sur la façon dont les douleurs enfantines refoulées, cachées, frustrées, finissent toujours par ressortir d'une façon ou d'une autre.
A lire avec réflexion et esprit ouvert.
Grâce à ce livre, je me suis mieux comprise, et même si "Rome ne s'est pas faite en un jour", il m'aidera sûrement à corriger quelques soucis personnels.
A ne pas mettre entre toutes les mains, car certains vont se braquer face aux explications qui sont données sur la mémoire physique et psychique de l'enfant.
On se souvient de bien plus de choses que nous ne voulons ou nos parents, veulent bien le croire.
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Prudence
  12 août 2015
C'est le livre d'Alice Miller que j'ai préféré et j'ai été particulièrement marquée par la description de cercles vicieux de violences au fur et à mesure des générations, très bien illustré avec le cas d'Hitler et la non remise en question de l'autorité paternelle-divine-de l'état. Cette soumission à la figure d'autorité au niveau de la famille, de la culture, du pays est un schéma qui se reproduit au travers des structures et des groupes (réduits comme la famille ou très important comme la nation).
Si le sujet vous intéresse vous pouvez peut aussi compléter la lecture de ce livre par:
Des livres d'Alice Miller
Oui, la nature humaine est bonne! d'Olivier Maurel
www.alice-miller.com
www.oveo.org (Observatoire Violence Educative Ordinaire)
www.nifesseesnitapes.org
etc.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
lanardlanard   04 septembre 2010
p. 77 Dans ce qui va suivre, j'utiliserai la notion de "pédagogie noire" pour désigner cette attitude hautement complexe, le contexte permettant chaque fois de comprendre quel aspect je fais passer au premier plan. Les différents aspects caractéristiques ressortent directement des citations précédentes qui nous enseignent les principes suivants :
1.que les adultes sont les maîtres (et non pas les serviteurs!) de l'enfant encore dépendant ;
2.qu'ils tranchent du bien et du mal comme des dieux ;
3.que leur colère est le produit de leurs propres conflits ;
4.qu'ils en rendent l'enfant responsable ;
5.que les parents ont toujours besoin d'être protégés ;
6.que les sentiments vifs qu'éprouve l'enfant pour son maître constituent un danger ;
7.qu'il faut le plus tôt possible "ôter à l'enfant sa volonté" ;
8.que tout cela doit se faire très tôt de manière à ce que l'enfant "ne s'aperçoivent de rien" et ne puisse pas trahir l'adulte.

L'une des méthodes de la "pédagogie noire" consiste également à transmettre dès le départ à l'enfant des informations et des opinions fausses. Ces dernières se transmettent depuis des générations et sont respectueusement reprises à leur compte par les enfants, alors que non seulement leur validité n'est pas prouvée, mais qu'il est prouvé qu'elles sont fausses. Entre autres opinions erronées, on peut citer par exemple les principes selon lesquels ;
1.le sentiment du devoir engendre l'amour ;
2.on peut tuer la haine par des interdits ;
3.les parent méritent a priori le respect en tant que parents ;
4.les enfants ne méritent a priori aucun respect ;
5.l'obéissance rend fort ;
6.un sentiment élevé de sa propre valeur est nuisible ;
7.un faible sentiment de sa propre valeur est nuisible ;
8.les marques de tendresse sont nocives (mièvrerie) ;
9.il ne faut pas céder aux besoins de l'enfant ;
10.la dureté et la froideur sont une bonne préparation à l'existence ;
11.une reconnaissance simulée vaut mieux qu'une sincère absence de reconnaissance ;
12.l'apparence est plus importante que l'être ;
13.les parents ni Dieu ne pourraient supporter la moindre injure ;
14.les corps est quelque chose de sale et de dégoûtant ;
15.la vivacité des sentiments est nuisible ;
16.les parents sont des êtres dénués de pulsions et exempts de toute culpabilité ;
17.les parents ont toujours raison.
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lanardlanard   04 septembre 2010
p. 215
Les traités d'éducation conseillent toujours de ne pas "gâter" les enfants par trop d'amour et de délicatesse (ce qu'ils appellent "l'amour mièvre"), mais au contraire de les endurcir pour les préparer dès le départ à la vraie vie. Les psychanalystes l'expriment différemment en disant qu'il faut "préparer l'enfant à supporter les frustrations", comme si un enfant ne pouvait pas l'apprendre tout seul dans l'existence. En fait, c'est exactement l'inverse : un enfant qui à reçu une véritable affection arrivera mieux à s'en passer, une fois adulte, que quelqu'un qui n'en a jamais bénéficié. Lorsqu'une personne est "avide" d'affection, c'est donc toujours le signe qu'elle cherche quelque chose qu'elle n'a jamais eu et non qu'elle ne veut pas renoncer à quelque chose qu'elle a eu en trop grande abondance dans son enfance.
Quelque chose peut de l'extérieur paraître une faveur sans en être une. Un enfant peut être comblé de nourriture, de jouets, de soins sans pour autant avoir jamais été reconnu et respecté pour ce qu'il était.
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meevameeva   14 janvier 2015
La colère contre les parents, rigoureusement interdite mais très intense chez l’enfant, est transférée sur d’autres êtres et sur son propre soi, mais elle n’est pas éliminée du monde, au contraire : par la possibilité qui lui est donnée de se déverser sur les enfants, elle se répand dans le monde entier comme une peste.
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TatooaTatooa   24 mai 2013
Je m'attache essentiellement aux premières expériences de la vie lorsque je cherche à comprendre les racines profondes d'un comportement de délinquance. En dépit de cet intérêt tout particulier, il m'est arrivé la chose suivante : après avoir rédigé tout ce chapitre et contrôlé les passages que j'avais retenu dans le livre, je m'aperçus que j'avais sauté le passage le plus important pour moi. C'était la citation sur les coups que recevait le bébé.
L'omission de ce passage, qui revêtait pourtant pour moi une importance considérable puisqu'il confirmait ma thèse, m'a semblé prouver la difficulté que nous avions à nous représenter une mère en train de battre un bébé, à ne pas nous défendre de cette image et à en assumer pleinement les effets émotionnels. C'est sans doute la raison pour laquelle la psychanalyse s'occupe si peu de ces choses, et pour laquelle les conséquences de ces expériences de l'enfance ont été si peu étudiées.
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TatooaTatooa   24 mars 2014
Le second élément capital, sur lequel on doit axer son effort dés la deuxième ou la troisième année, est l'obéissance absolue aux parents et aux personnes responsables, et l'approbation de tout ce qu'ils font. Cette obéissance revêt une telle importance qu'en fait, toute l'éducation n'est rien d'autre que l'apprentissage de l'obéissance. Mais cette obéissance n'est pas facile à inculquer à l'enfant. Il est tout naturel que l'esprit veuille suivre sa propre volonté, et si l'on ne s'y est pas pris correctement dans les deux premières années, on a du mal à atteindre son but par la suite. Ces premières années présentent en outre également l'avantage que l'on peut utiliser la force et la contrainte. Avec le temps, les enfants oublient tout ce qu'ils ont vécu dans la toute petite enfance. Si l'on parvient alors à leur ôter la volonté, par la suite ils ne se souviendront jamais d'en avoir eu une, et l'intensité des moyens que l'on aura dû mettre en œuvre ne pourra donc pas avoir des conséquences néfastes. (NDR : A. Miller cite ici texto les méthodes pédagogiques du "grand" pédagogue Schreber, dont la première victime fut le fils, patient de Freud.)
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Videos de Alice Miller (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alice Miller
Lecture (par un logiciel? la lecture est assez hachée, peu naturelle mais compréhensible) complète de l'article d'Alice Miller "D'où vient le mal dans le monde et comment se génère-t-il?" en 20 minutes.
Introduction: "Il n'est plus possible de mettre en doute, aujourd'hui, que le Mal existe et que certains individus sont capables d'une extrême destructivité. Chacun peut s'en faire une idée grâce à la télévision. Mais ce constat n'entérine nullement l'idée fort répandue que certains êtres humains naissent "mauvais". Tout dépend, bien au contraire, de la façon dont ces personnes ont été accueillies à leur naissance et traitées par la suite. Les enfants qui font dès le début de leur vie l'expérience de l'amour, du respect, de la compréhension, de la gentillesse et d'un soutien affectueux, développent évidemment d'autres traits de caractère qu'un enfant qui se heurte dès le départ à l'abandon, la négligence, la violence ou la maltraitance, sans avoir près de lui une personne bienveillante qui lui permette de croire à l'amour. Quand manque cet élément - ce qui est le cas dans l'enfance de tous les dictateurs que j'ai étudiés - l'enfant aura tendance à glorifier la violence qu'il a subie et à l'exercer lui-même plus tard, sans limite, chaque fois qu'il le pourra. Car chaque enfant se forme par l'imitation."
+ Lire la suite
>Economie domestique. Vie à la maison>Puériculture, soins à la maison des malades et des infirmes>Puériculture, éducation des enfants et des adolescents à la maison (82)
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