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Léa Marcou (Traducteur)
ISBN : 2082103625
Éditeur : Flammarion (10/09/2004)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 71 notes)
Résumé :
Notre corps ne ment jamais. Quand nous tombons malades, quand nous faisons l'expérience de la dépression, de la toxicomanie, de l'anorexie..., c'est que nous sommes traversés par un conflit intérieur entre ce que nous ressentons et ce que nous voudrions ressentir.

D'un côté, il y a notre corps, qui garde intacte la mémoire de notre histoire, et tout particulièrement des mauvais traitements que nos parents ont pu nous infliger ; de l'autre, il y a notr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Lorraine47
  01 novembre 2015
Alice Miller, (1923 -2010), n'a pas reçu ses doctorats en psychologie, philosophie et sociologie dans une pochette surprise, c'est le moins qu'on puisse dire. Et pour la psychologie de comptoir, vous n'aurez qu'à repasser à la prochaine tournée!
Après avoir exercé son métier de psychothérapeute, la grande dame s' est tournée vers l'écriture pour témoigner de ses recherches sur l'enfance maltraitée.
Dans cet ouvrage, bien étayé par des exemples pris dans la littérature: Dostoïvski, Tchekov, Kafka, Nietzsche, Schiller, Virginia Woolf, Arhur Rimbaud,Mishima, Proust, et James Joyce rien que du beau linge, Alice nous démontre magistralement comment la maltraitance refoulée peut conduire à la maladie, voire à la mort en deux- deux. Même une sublimation de leurs douleurs d'enfance à travers l'art ne pourra empêcher la plupart d'entre-eux d'échapper à une mort prématurée car ils n'ont jamais pu ou voulu porter à leur conscience les maltraitances qu'ils avaient subi en leurs vertes années.
On ne mord point la main qui vous a élevé! Alice Miller donne un grand coup de pied dans la fourmilière et remet en question nos conditionnements moraux et religieux en dénonçant les effets pervers du Quatrième Commandement: "Tu honoreras ton père et ta mère. " En effet, vouloir pardonner à tout prix serait délétère, seules la colère et la haine permettraient à une victime de retrouver dignité et santé dans le respect de soi!
Un ouvrage décapant qui dame le pion à Freud et tant d'autres thérapeutes qui pensant bien faire ont toujours voulu ménager la chèvre et le chou en orientant leurs patients vers le pardon. Alice Miller, elle, ouvre la voie vers l'espoir et la guérison dans le respect de soi et l'attention que l'on se doit.
Etre adulte c'est se libérer du chantage affectif exercé par nos parents et refuser d'être les enfants rêvés. Si nous cherchons à oublier nous pourrons toujours compter sur notre corps pour nous rappeler à l'ordre, parfois très chèrement!
Le corps a ses raisons que la raison ne connaît pas...
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colimasson
  23 avril 2016
Alice Miller regrette sincèrement que le 4e Commandement du père Moïse soit porté en si haute estime dans notre société laïque (LOL). La schizophrénie ayant encore de beaux jours devant nous, beaucoup ne connaissent plus ce 4e Commandement bien que tout le monde considère qu'il va de soi de le respecter. Je vous le rappelle au cas où : « Tes père et mère honoreras, afin de vivre longuement ». On ne va pas s'attarder sur l'étrange chantage affectif contenu dans ce commandement mais on va plutôt se demander s'il est vrai qu'en se forçant à aimer daron et daronne, on évitera d'attraper les lèpres, dartres et autres maladies de peau qui sont amèrement condamnées dans le Lévitique. Il semblerait bien plutôt que ce soit le contraire. Véridique : Alice nous évoque le cas d'une femme ravagée par un eczéma des parties génitales, miraculeusement guérie lorsqu'elle reconnaît enfin qu'elle haït ce père qui l'a violée pendant son enfance et qu'elle ne lui pardonnera jamais. Qu'il crève en enfer. C'est comme Virginia Woolf, toute son enfance violée par ses demi-frères. Elle croit avoir enfin réussi à dépasser ce traumatisme en découvrant Freud qui raconte que nombre de souvenirs chez l'adulte dérivent surtout de fantasmes et réussira encore à vivoter quelques années dans la dépression, jusqu'à ce qu'elle saute dans une rivière et crève misérablement.

Etre gentil avec les cons, pardonner à ses tortionnaires, croire qu'on pourra se délester des offenses qui nous ont été faites en les oubliant, c'est continuer l'oeuvre de la maltraitance. Puissance trois : maltraitant de soi-même car on continue à mal se considérer ; maltraitant des vieux parce qu'on pense les faire crever de culpabilité en faisant genre qu'on les aime malgré leurs conneries ; maltraitant de la vérité parce qu'on veut cacher que nos bonnes intentions apparentes cachent des étrons sanglants qui daubent la mort. Dommage qu'on ne s'en rende pas compte. Souvent, en grandissant, on continuera à rechercher des gens qui ressemblent à nos premiers tortionnaires, espérant qu'à travers eux, on obtiendra ce qui avait fait défaut dans la première relation. Voilà comment on crève à petit feu.

Troquez le pardon contre la haine (de toute façon, la haine affirmée ne dure jamais très longtemps tant elle est jouissive, et on finit par aimer celui qu'on haït ouvertement). Apprenez à devenir des huîtres visqueuses, à chialer si vous le voulez, à vous répandre de façon dégueulasse, plutôt qu'à frimer en disant que vous êtes inébranlable et que vous en avez connu, des histoires pas drôles. Nietzsche avait raison de dire que « ce qui ne tue pas rend plus fort », seulement que même dans son cas, ça ne s'est pas vérifié. Ici, la vraie force c'est d'emmerder profondément ses tortionnaires, de leur couper l'herbe sous le pied en leur montrant que nous pouvons exister sans la dépendance négative qu'ils ont cherché à créer en nous.

Ouais, ce n'est pas le père ni la mère qu'on devrait glorifier, c'est l'enfant à venir. Malheureusement, c'est souvent le contraire qui se produit. On croit avoir surmonté ses blessures en honorant la mère ou le père salauds et on ne se rend même pas compte qu'on les inflige de même à ses propres gosses, parce qu'il faut bien que ça sorte quand même par un canal. Alice propose de briser la malédiction.

Contrairement à ce que les esprits paresseux aimeraient bien penser, Alice ne recommande pas la haine aveugle et inconséquente. Y en a qui auront peu morflé et qui n'en voudront pas à leurs darons, soit qu'ils aient réussi à les comprendre vraiment avec le temps, soit qu'ils aient effectivement peu souffert de leurs carences. Alice recommande moins de tuer le lien réel avec les vieux que de tuer l'incompréhension et les manques qui le parcourent et qui le rendent mortifère. Tuez les darons aveugles pour faire naître les parents illuminés.
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unechansonlente
  11 janvier 2013
Je viens de finir la lecture de ce livre reçu à mon anniversaire et lu d'une traite, "Notre corps ne ment jamais", d'Alice Miller.
J'ai connu cette auteur lorsque j'ai découvert la violence éducative ordinaire. J'ai commencé par lire "C'est pour ton bien. racines de la violence dans l'éducation de l'enfant", où il est question de la pédagogie noire, et de l'analyse de l'enfance et du sombre destin de trois personnages: Adolf Hitler, Christiane F (droguée, prostituée) et Jurgen Bartsch.
Ce livre a été une révélation dans ma vie, une bombe atomique, une prise de conscience. Il y a un avant et un après Alice Miller. J'ai cependant du mal à le conseiller à tout un chacun car c'est un livre complexe dont la lecture est difficile. C'est un livre philosophique. Il m'a permis de me poser des questions, de découvrir un monde inconnu et de mettre du sens à ce qui restait d'incohérence dans ma volonté d'éduquer mes enfants du mieux que je le pouvais.
Ce nouveau livre que je viens de finir est beaucoup plus accessible. le vocabulaire est simple, les constructions de phrases sont fluides. Il se lit facilement, et peut être lu par des personnes qui ne connaissent rien encore sur ce sujet.
Mais attention, ce livre dérange (comme tous ses livres d'ailleurs). Alice Miller s'attaque à un dogme, à un tabou. Elle remet en cause "le précepte universellement accepté "Tu honoreras ton père et ta mère", qui est aussi le Quatrième Commandement du Décalogue." Elle explique comment notre corps garde en mémoire les souffrances de notre enfance qu'il nous a fallu réprimer au nom de l'éducation, comment ce même corps une fois devenu adulte se trouve en prise avec notre Esprit qui lui a verrouillé les souffrances de l'enfance pour ne pas perdre l'amour de nos parents ou nous retrouver abandonner. Notre Esprit a assimilé le "c'est pour ton bien" brandi par nos éducateurs quand notre corps a gardé souvenir de la souffrance.
Je ne sais pas bien comment expliquer la pensée si complexe et si évidente d'Alice Miller, si cohérente qu'elle permet d'assembler toutes les pièces du puzzle de la transmission de la violence de génération en génération.
J'ai beau être familiarisée avec les théories de l'auteur et les avoir intégrées et digérées, ce livre m'a moi aussi dérangée. L'aplomb avec lequel elle condamne ce Quatrième Commandement continue de se heurter à ma résistance. C'est un mécanisme de défense impressionant qui agit en nous...
Voici quelques extraits de ce livre remuant. Si vous n'avez jamais lu Alice Miller, je vous encourage à y regarder de plus près, au moins une fois. C'est perturbant, mais ça brise bien des dogmes et ça fait reflechir. Et surtout, ça ouvre une porte à l'enfant qu'on a été et ça aide à devenir adulte et responsable de son propre chemin. http://www.alice-miller.com/index_fr.php
"Mon corps n'est pas influençable. Il connait parfaitement ma vérité, bien mieux que mon Moi conscient. il sait, dans les moindres détails, tout ce que j'ai enduré. Il ne me permet pas de me voiler la face sous prétexte de respecter les conventions sociales."
"Une fois que nous aurons appris à vivre avec nos sentiments au lieu de les combattre, les manifestations de notre corps ne nous apparaîtront plus comme une menace, mais comme de salutaires rappels de notre histoire"
"Des relations qui ne reposent que sur une communication faussée par la présence d'un masque ne peuvent se transformer, elles restent ce qu'elles ont toujours été: une pseudo-communication. Une vraie relation n'est possible que lorsqu'on parvient des deux côtés à s'autoriser ses sentiments, à les vivre et à les exprimer sans crainte."
"Il ne s'agit pas de condamner en bloc les parents, mais de se placer du point de vue de l'enfant souffrant et qui n'a pas droit à la parole, de renoncer à un attachement que je qualifie de destructeur. Celui-ci se compose, comme je l'ai déjà dit plus haut, d'un mélange de gratitude, de pitié, de refoulement, d'enjolivement de la réalité, ainsi que de nombreuses attentes, toujours vaines et vouées à le rester."
"Vous détournez les yeux, vous pensez que je suis folle. Ca me fait mal, bien sûr, mais être des vôtres serait bien pire. Si je suis folle, c'est à ma manière: je me suis écartée de vous parce que je refuse de m'adapter à vous et de trahir mon être. je veux savoir qui je suis, pourquoi je suis venue au monde, pourquoi à cette époque, pourquoi en Allemagne du Sud, pourquoi dans cette famille, avec des parents qui ne comprennent rien à mon caractère et ne peuvent m'accepter."
"Quand j'appelle maltraitance ces blessures invisibles, je trouve le plus souvent en face de moi résistance et indignation ouverte. Je peux parfaitement comprendre ses sentiments, parce que je les ai longtemps partagés. Autrefois, j'aurais protesté violemment si quelqu'un m'avait dit que j'avais été une enfant maltraitée. C'est seulement maintenant, grâce à mes rêves, grâce à ma peinture et bien évidemment grâce aux messages de mon corps, que je sais avec certitude qu'enfant, il m'a fallu endurer pendant des années des lésions psychiques dont, adulte, je n'ai pendant très longtemps pas voulu prendre conscience. Comme tant d'autres, je me disais: "Moi? mais je n'ai jamais été battue. Les quelques tapes que j'ai reçues, ça n'a pratiquement aucune importance. Et puis ma mère s'est donnée tant de mal pour moi."
Mais justement, il ne faut pas oublier que les graves séquelles laissées par les blessures précoces résultent de la minimisation des souffrances de l'enfant et du déni de leur signification. Tout adulte peut facilement s'imaginer la frayeur et l'humiliation qu'il ressentirait s'il se trouvait soudain agressé par un géant furieux huit fois plus grand que lui. Mais quand il s'agit d'un petite enfant, nous considérons qu'il ne ressent pas la même chose."(...) Les parents pensent que les tapes ne font aucun mal, qu'elles sont juste un moyen de transmettre des valeurs bien précises aux enfants, et l'enfant reprend cela à son compte. Certains d'entre eux apprennent même à en rire et à utiliser leur connaissance intime de l'humiliation et de l'avilissement pour railleur leur douleur. Une fois adultes, ils s'accrochent à cette raillerie, ils sont fiers de leur cynisme, ils en font même de la littérature, comme nous pouvons le voir chez James Joyce... S'ils en viennent à connaître angoisse ou dépression, ce que le refoulement des sentiments vrais rend inévitable, ils trouvent facilement des médecins pour les soulager un temps à l'aide de médicaments. C'est ainsi qu'ils peuvent tranquillement préserver leur auto-ironie, cette arme éprouvée contre tous les sentiments qui repontent du passé. Par là-même, ils se conforment également aux exigences de la société, qui tient la protection des parents pour un précepte majeur."
Lien : http://www.uneautreecole.can..
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pyrouette
  31 décembre 2015
Quel livre pour finir l'année ! A travers la vie de personnes célèbres, l'auteure démontre que le déni des sentiments attaque le corps inexorablement. Il n'est pas évident de parler, de résumer ou même de donner un avis sur cet ouvrage sans se dévoiler, ce qui peut s'avérer gênant surtout à cette époque de l'année où les gens n'ont pas envie de voir le malheur mais plutôt de faire la fête. Il y a des évènements qui percutent et créent le chaos dans une vie bien réglée par le 4ème commandement : tu honoreras ton père et ta mère. Puis les problèmes de santé arrivent, se succèdent sans que l'on fasse le rapport, du moins au début. Et puis une bouffée de haine en trop et l'enfant qui sommeille en toi a le déclic. Bref, on ne choisis pas ce livre par hasard. Je pense qu'il faut être concerné, malheureusement. Ici, nous somme loin de la pensée positive moderne où du moment que tu ne vois plus tes problèmes tu n'en as plus : souris et la vie te sourira même si ton corps pourrit de douleurs et de souffrance refoulées, même si tu en meurs, du coup, avant tes parents. Bien au contraire. Il faut écouter ses sentiments et son corps. Trouver de l'écoute également, une simple écoute qui ne juge pas et ne te donne pas de conseils. Et devenir adulte. Se libérer de cette contrainte, de cette culpabilité, de cette soumission. Et si on ne le fait pas pour soi-même, il faut le faire pour nos enfants car la maltraitante se transmet de génération en génération d'une façon ou d'une autre. le lien est fait avec la dépresson chronique et les différentes dépendances à l'alcool et la drogue.
Je rajouterai d'un point de vue personnel que la société peut prendre le relais pour les personnes âgées et qu'il existe beaucoup de moyens et de dispositifs pour s'occuper de ses parents… de loin, en se préservant de cette haine.
Un livre qui fait du bien.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Donna22
  16 septembre 2016
Pour A. Miller, quiconque n’a pas reçu l’amour, la protection, l’écoute, la gentillesse, la compréhension, le respect durant son enfance aspirera sa vie entière à assouvir ses premiers besoins vitaux auprès d’autres personnes. Mais avec l’âge, il devient de plus en plus difficile de combler ce manque auprès d’autrui, et beaucoup finissent par projeter ce besoin sur leurs enfants et petits-enfants. C’est pourquoi il ne faut pas refouler les sentiments négatifs que nous inspirent nos parents, car nous les exprimerons malgré nous, de façon inconsciente et contre les mauvaises personnes (enfants et partenaires) qui paieront le prix de la maltraitance de nos parents. Nous reproduisons sur eux le mal subi, en faisant d’eux des exutoires, des cibles de nos projections, de nos frustrations et besoins inassouvis. Nous mettons sur leurs petites épaules cette mission impossible de nous sauver de notre passé. Et ainsi de suite de génération en génération, nos enfants reproduisent le même mécanisme malsain sur leurs enfants ...
Quand nous ne projetons pas ce manque sur nos enfants, nous cherchons à nous créer des centres de pouvoir, de nous mettre en position de force pour contraindre nos subordonnés à nous manifester le respect et l’admiration dont nous avons été privés enfants.
En milieu politique, le pouvoir absolu détenu par ces anciens enfants maltraités a des conséquences catastrophiques, naissent alors des criminels et dictateurs assoiffés de pouvoir et de reconnaissance, lesquels perpétuent des actes cruels à répétition qui les sortent momentanément de cette ancienne situation infantile d’impuissance, de maltraitance. Les exemples qu'elle donne de Patrice Alègre et Saddam Hussein illustrent bien ce propos.
Ceux qui ne dirigent pas cette rage refoulée envers les autres la dirige vers eux-mêmes grâce à une nourriture de substitution (alcool, drogue, boulimie, anorexie, sur-médication, maladies, allergies, suicide, etc). Les plus brillants d’entre ces enfants finissent par exorciser, pour la plupart inconsciemment, leur mal être dans la littérature et les beaux-arts, mais en déconnectant et dissociant totalement leur oeuvre de leur vie. Ils se mettent ainsi en totale contradiction avec le savoir de leur corps, qui refuse lui de se déconnecter du passé. Ils sont sujets à plusieurs maladies et symptômes révélateurs de la nature du mal, symptômes qui restent négligés et incompris. Car le corps n’adhère pas à la morale, et s’exprime dans le langage des maladies. Ces êtres brillants ont tous eu une mauvaise santé et sont tous morts jeunes : Dostoïevski, Tchekhov, Kafka, Nietzsche, Proust, Schiller, Virginia Woolf, Arthur Rimbaud, Mishima.
Pour A. Miller, nul besoin de se venger de ses parents et de se montrer cruel avec eux pour en sortir, il suffit d’en prendre conscience et regarder la réalité de leur nature et de leurs mauvais traitements en face, sans refoulement, avec l’aide d’un allié proche, engagé, empathique et lucide, pour réconcilier et guérir l’enfant qui est en nous. Il faut aussi observer le langage de son corps, se fier à ses messages pour trouver la bonne distance émotionnelle, affective ou physique à mettre entre nous et eux. Il faut s’autoriser ces ressentis négatifs, cette honnêteté avec soi-même. Il faut se rendre compte de notre supposée affection malsaine et feinte car fabriquée de toutes pièces sur commande des bons sentiments qu'on essaie de s'imposer, pour chasser les mauvais, les vrais, qui nous assaillent, et pour rester en accord avec la morale et les valeurs du 4ème commandemant universellement admis : “tu honoreras tes parents”. Aussi négatifs soient-ils, il faut laisser émerger ses sentiments, au risque de les projeter sur nos enfants ou sur des innocents.
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Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
FRANGAFRANGA   11 avril 2015
La haine ne rend pas malade. C'est vrai de la haine refoulée, déconnectée, mais non du sentiment vécu consciemment et exprimé.
Adultes, nous n'éprouvons de la haine que lorsque perdure une situation où l'expression de nos sentiments nous est refusée.
Dans cet état de dépendance, nous commençons à haïr. Dès que nous en sortons (et l'adulte le peut dans la plupart des cas, sauf s'il est prisonnier d'un régime totalitaire), dès que nous nous délivrons de cet esclavage, la haine s'évanouit.
Mais tant qu'il demeure, il ne sert à rien de s'interdire de haïr, comme le prescrivent toutes les religions. Il faut comprendre ce qui se passe pour pouvoir adopter ce comportement qui nous libère de la dépendance génératrice de haine.
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FRANGAFRANGA   11 avril 2015
Lorsque, dans notre jeune âge, nous avons affaire à des adultes qui n'essaient jamais d'être au clair avec leurs propres sentiments, nous sommes confrontés à un chaos extrêmement insécurisant. Pour échapper à ce désarroi et à ce sentiment d'insécurité, nous recourons aux mécanismes de la déconnexion et du refoulement.
Nous ne ressentons aucune peur, nous aimons nos parents, avons confiance en eux et essayons en toute occasion de nous conformer à leurs désirs afin qu'ils soient contents de nous.
C'est plus tard, seulement à l'âge adulte, que cette peur se manifeste, généralement dans notre couple, et nous ne comprenons pas ce qui se passe.
Comme dans notre enfance, nous voulons, ici aussi, afin d'être aimé, accepter les contradictions de l'autre sans souffler mot.
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ProseSProseS   27 avril 2017
"Cependant, plus on avance en âge, plus il devient difficile de trouver auprès d'autrui l'amour parental qui nous a fait défaut durant nos premières années. Pour autant, les attentes ne disparaîtront pas, bien au contraire: elles seront simplement transférées, principalement sur les enfants et petit-enfants. A moins que nous ne prenions conscience de ces mécanismes et n'essayions, par la levée du refoulement et l'abandon du déni, de regarder aussi exactement que possible la réalité de notre enfance. C'est à cette condition que nous pouvons alors construire en nous l'être capable de satisfaire les besoins qui depuis notre naissance, et parfois même avant, attendre d'être assouvis. C'est alors que nous pouvons nous accorder à nous-mêmes l'attention, le respect, la compréhension, la nécessaire protection et l'amour inconditionnel que nos parents nous ont refusés.
Pour arriver à ce résultat, nous avons besoin de vivre l'expérience de l'amour pour l'enfant que nous fûmes, sinon nous ne saurons pas ce que signifie le mot aimer. Si nous cherchons à l'apprendre dans le cadre d'une thérapie, il nous faudra quelqu'un qui puisse nous accepter comme nous sommes, nous accompagner et nous protéger avec respect et sympathie, nous aider à comprendre pourquoi nous sommes devenus ce que nous sommes. Cette expérience fondamentale est indispensable pour nous permettre d'assumer le rôle parental envers l'enfant maltraité enfoui en nous. Un éducateur désireux de nous modeler sera incapable de nous la faire vivre, tout comme un psychanalyste qui croirait que, face aux traumatismes de l'enfance, il faut rester neutre et interpréter nos récits comme autant de fantasmes. Non, ce dont nous avons besoin, c'est exactement le contraire, à savoir d'un accompagnateur engagé, capable de partager notre horreur et notre indignation lorsque nos émotions nous feront découvrir ensemble nos souffrances de petit enfant -tout ce que nous avons pu endurer, parfois dans une totale solitude, lorsque notre âme et notre corps luttaient pour survivre. Nous avons besoin d'un pareil accompagnateur, que je nomme témoin lucide, pour rejoindre et assister cet enfant qui est en nous, pour nous faire déchiffrer notre langage corporel et répondre à nos besoins, au lieu de les ignorer, comme ce fut longtemps le cas, comme le firent autrefois nos parents.
J'insiste sur ce point. Avec l'aide d'un accompagnateur compétent, non pas neutre mais notre allié, ils est possible de trouver sa vérité.
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colimassoncolimasson   04 juin 2018
J’ai raconté à Suzanne que Klaus [un ami] me tape parfois sur les nerfs, sans que je sache pourquoi. Pourtant, je l’aime. Je me mets toujours en rogne pour des petits choses, et après je me le reproche. Il est plein de bonnes intentions, dit qu’il m’aime et je sais qu’il tient beaucoup à moi. Pourquoi ai-je donc l’esprit si mesquin ? Pourquoi est-ce que je m’agace pour des broutilles ? Pourquoi ne puis-je être plus généreuse ?
[…] J’avais écrit à Klaus une longue missive où j’essayais de dire combien je me sens mal quand il veut me dissuader de mes sentiments […].
[…] Il ne m’a pas répondu tout de suite. J’appréhendais déjà sa colère, son exaspération devant mes incessantes ruminations, son rejet, mais je m’attendais quand même à une réaction. Au lieu de quoi, j’ai reçu, au bout d’une huitaine de jours, une lettre qui m’a absolument stupéfaite. Il me remerciait de la mienne, mais sans un mot sur son contenu. En revanche, il me racontait ses vacances, ses projets de randonnées en montagne, me parlait des gens avec qui il sortait le soir. J’ai senti le sol se dérober sous mes pieds.
[…] Pour la première fois, j’ai clairement pris conscience que durant toute mon enfance je n’avais connu que cela, cette sensation d’être détruite dans mon âme. Ce qui m’arrivait maintenant avec Klaus, qui ignorait purement et simplement ma lettre, n’était pas une expérience nouvelle. Je connaissais ça de longue date. […]
L’anorexie répétait sans relâche : « Je meurs de faim parce que personne ne veut me parler. » […]
Plus je perce à jour, à travers mes souvenirs, le comportement de mon père, plus je comprends l’origine de mon attachement à Klaus et à d’autres amis du même genre.
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TatooaTatooa   25 mars 2014
La biographie de Rimbaud est un exemple typique de la façon dont le corps est astreint à chercher toute une vie durant la vraie nourriture dont il a été si tôt privé (NDR : l'amour maternel). Rimbaud était irrésistiblement poussé à vouloir combler ce manque, à apaiser une faim qui ne pouvait plus être assouvie. Dans cette optique, sa toxicomanie, ses pérégrinations et sa relation avec Verlaine ne s'expliquent pas seulement comme une fuite de la mère, mais aussi comme la quête d'une nourriture que cette dernière lui avait refusée. Du fait que cette réalité intérieure était astreinte à rester inconsciente, l'existence de Rimbaud fut placée toute entière sous le signe du mécanisme de répétition. Après chaque tentative de fuite ratée, il retourne chez sa mère. C'est ce qu'il fera après la rupture avec Verlaine et aussi à la fin de sa vie, après avoir sacrifié sa créativité, renoncé à l'écriture depuis des années et pris la profession de négociant : en d'autres termes, après avoir satisfait, indirectement, aux exigences de sa mère. Arthur Rimbaud passe certes les derniers jours de sa vie à l'hôpital de Marseille, mais auparavant il a séjourné auprès de sa mère et de sa sœur à Roche, se faisant soigner dans cette localité. Sa quête d'amour maternel s'est achevée dans la prison de son enfance.
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Videos de Alice Miller (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alice Miller
Lecture (par un logiciel? la lecture est assez hachée, peu naturelle mais compréhensible) complète de l'article d'Alice Miller "D'où vient le mal dans le monde et comment se génère-t-il?" en 20 minutes.
Introduction: "Il n'est plus possible de mettre en doute, aujourd'hui, que le Mal existe et que certains individus sont capables d'une extrême destructivité. Chacun peut s'en faire une idée grâce à la télévision. Mais ce constat n'entérine nullement l'idée fort répandue que certains êtres humains naissent "mauvais". Tout dépend, bien au contraire, de la façon dont ces personnes ont été accueillies à leur naissance et traitées par la suite. Les enfants qui font dès le début de leur vie l'expérience de l'amour, du respect, de la compréhension, de la gentillesse et d'un soutien affectueux, développent évidemment d'autres traits de caractère qu'un enfant qui se heurte dès le départ à l'abandon, la négligence, la violence ou la maltraitance, sans avoir près de lui une personne bienveillante qui lui permette de croire à l'amour. Quand manque cet élément - ce qui est le cas dans l'enfance de tous les dictateurs que j'ai étudiés - l'enfant aura tendance à glorifier la violence qu'il a subie et à l'exercer lui-même plus tard, sans limite, chaque fois qu'il le pourra. Car chaque enfant se forme par l'imitation."
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