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EAN : 9782070396559
256 pages
Gallimard (24/04/2009)
3.32/5   37 notes
Résumé :
Paul Morand faisait partie des proches de Chanel. Son dernier livre, écrit à partir des conversations qu'il eut avec la modiste, restitue, dans la langue étincelante de ce grand conteur, l'insaisissable Coco Chanel. Nous suivons, racontées à la première personne, son enfance chez des tantes qui lui donneront le goût de l'épure et le sens de l'argent, ses rencontres avec les providentiels M. B. et Boy Capel ; puis la création de sa maison, ses luttes contre les excen... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Roggy
  28 septembre 2018
Paul Morand nous raconte Coco Chanel et son destin hors du commun. L'auteur a le don de conter au détour du quotidien des détails subtils qui disent les êtres et réveillent leurs failles.
Calqué sur des souvenir et anecdotes de ses conversations avec la modiste la plus connue du monde, l'auteur en tire une oeuvre sensible et honnête.
On connaît dans les grandes lignes la réputation de Coco Chanel, on découvre en profondeur une personnalité difficile, irascible, tyrannique, extrêmement fermée et orgueilleuse.
La petite provinciale a puisé dans son enfance malheureuse la rage de vaincre, le besoin exacerbé de prendre sa revanche sur la société.
Acharnée du travail, visionnaire, brillante, courageuse, odieuse, adulée par son génie révolutionnaire mais contestée par sa conduite et ses prises de position, elle a déçu comme elle a fait rêver.
La prose de Paul Morand prend parfois des courbes sinueuses, des points droits et pas mal de zigzags.
Seul bémol : quelques axiomes de trop, qui cassent le rythme et caricaturent un peu trop le personnage.
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Kawane
  06 mars 2022
Paul Morand écrivain, diplomate..en qualité d'ami intime, nous livre ici de sa belle plume, une vision très précise de Gabrielle Chanel comme des instantanés Polaroïd...D'un ton dynamique et enlevé, ce témoinage truffé d'anecdotes, de souvenirs saupoudré d'humour, Paul Morand nous dépeint une femme de caractère, déterminée, intelligente, à l'esprit vif, pleine de bon sens,.. elle sera perçue comme fière, orgueilleuse et dure en affaires...
L 'histoire incroyable de cette petite orpheline auvergnate "montée à Paris" pour conquérir sa liberté...elle aime par dessus tout le travail moins la couture et sa liberté chérie comme Colette ...
Dans un premier temps, grâce à son amant Bob Capel, celui-ci financera son installation "à la capitale": elle fabriquera des chapeaux, elle en récoltera un succès d'estime....elle connaîtra des deuils tragiques, qui façonneront ainsi sa destinée, s'affranchissant très vite de la morale, de la gente masculine et ainsi que nombreuses contraintes, pas de mariage. Elle aime les paravents, la décoration, les fleurs, la couleur blanche... Elle se révèle brillante créative, elle va se lancer alors dans la création de vêtements, elle s'intéressera à la parfumerie...L'inimitable numéro 5..
C'est la création d'accessoires qui fera toute la différence avec ses contemporains, ainsi que les mises en scène de ses défilés aux robes numérotées qui rencontreront alors le plus grand succès.
Gabriel Chanel va côtoyer le milieu artistique et littéraire, son cercle d'amis compte parmi les plus prestigieux peintres, musiciens et danseurs de l'époque : Stravinsky, Satie, Cocteau, Diaghilev , Picasso....tout en paradoxe elle chérit par-dessus tout la solitude, n'apprécie guère les mondanités professionnelles,...une femme à l'avant-garde, visionnaire...elle va créer un style épuré mais pas ostentatoire, ..une signature inimitable, une élégance naturelle.. elle deviendra Coco Chanel.
Eblouissant portrait de cette femme d'exception, agréable et captivante lecture.
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mfrance
  23 juin 2020
Paul Morand a rédigé ce livre d'après les souvenirs égrenés par Chanel au cours des conversations qu'ils ont eues en 1946 lors de leur séjour (plus ou moins forcé) en Suisse, à Saint-Moritz.
Plus qu'une biographie, cet ouvrage est à considérer comme des instantanés de vie de Mademoiselle Chanel de sa jeunesse à l'immédiat après-guerre.
Celle-ci glisse très rapidement sur une enfance malheureuse, passée chez des tantes, car, après le décès prématuré de sa mère, son père l'y a conduite et abandonnée.
"C'est la solitude qui m'a trempé le caractère, que j'ai mauvais, bronzé l'âme, que j'ai fière, et le corps, que j'ai solide."
Pour elle, la vie commence à seize ans, grâce à son premier amant, puis surtout, quelques années plus tard, à Boy Capel qui lui met le pied à l'étrier en finançant son installation comme modiste, ne fabriquant au départ que des chapeaux.
Mené sur un rythme allègre, étincelant de verve souvent vacharde, cet ouvrage vaut surtout pour l'évocation du tout Paris de la Belle Epoque, puis des Années Folles mettant en scène avec les potins parisiens les noms prestigieux de Picasso, Cocteau, Satie, Diaghilev et bien d'autres... qu'elle a connus grâce à son amie Misia Sert, surnommée "la reine de Paris" dans les années vingt.
On reste toutefois sur sa faim en ce qui concerne sa créativité qu'elle évoque fort peu, ce qui est grand dommage ! Car c'est bien elle, Coco Chanel, qui a inventé la mode du vingtième siècle en laissant au vestiaire les fanfreluches de la Belle Epoque ! et c'est grâce à cela et rien d'autre qu'elle a acquis son prestige.
Non, on s'arrête à la personnalité privée de la femme qui, âpre, dure, virulente, donne d'elle l'image d'une personne détestant l'humanité entière, prête à tout pour arriver à ses fins.
"Or, je veux être de ce qui va arriver. J'irai pour cela où il faudra. Je suis prête à crever sous moi des sociétés entières, comme on crève un cheval." dit-elle.
Pour conclure, un ouvrage qui se feuillette agréablement, car alerte et bien écrit, mais beaucoup trop anecdotique, pour intéresser véritablement le lecteur, d'autant plus que, s'interrompant avec la seconde guerre mondiale, il laisse dans l'ombre tout un pan, et non des moindres, de l'existence de Mademoiselle.
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Lune
  24 juin 2009
"Coco" est à la mode. Pour en savoir un peu plus sur ce "personnage", le livre de Paul Morand fourmille en découvertes, en anecdotes, en témoignages et en coups de g... de la grande dame de la couture.
En 1946, l'écrivain passa quelques temps dans le même hôtel de Saint-Moritz avec la couturière.
S'ensuivirent des conversations que Paul Morand retranscrivit et qui devinrent des années plus tard ce "L'allure de Chanel" considéré comme "la plus flamboyante des oeuvres consacrées à Chanel".
On y croise de nombreux artistes de l'époque comme Diaghilev, Picasso... On y trouve évoquées les amours de la dame : Boy Capel, Westminster...
On y lit les conceptions prônées en matière de mode et qui révolutionneront l'art d'habiller la femme.
On y découvre une femme intelligente, âpre, dure, orgueilleuse (elle insiste beaucoup sur cette vertu), autoritaire et méprisante mais seule, terriblement seule...
Un témoignage d'une époque, d'un monde et d'une femme qu'on pourrait se prendre à détester tant ses certitudes sont dérangeantes.
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JMLire17
  30 novembre 2020
Dans ma précédente lecture "  Venise à double tour " Jean Paul Kauffmann cite à plusieurs reprises Paul Morand et je n'avais lu de livre de lui. Dans les livres non lus de ma bibliothèque, il y avait une édition poche de " L'allure Chanel " offert gratuit par Folio, je m'y suis plongé, l'ai trouvé intéressant, bien écrit et y ai appris beaucoup sur la personnalité de cette femme dont j'ignorais presque tout : Coco Chanel. Paul Morand la rencontre en 1921, elle n'ai pas encore la styliste reconnue qu'elle deviendra, sa maison commençait à prospérer, financée par un certain Boy Capel. Elle vit déjà dans les milieux artistiques entourée d'écrivains, de peintres, de poètes, de musiciens. Dans les années 20, elle va révolutionner son art. Avant la guerre 14/18, la haute couture était réservée aux femmes oisives, elle va l'ouvrir aux femmes actives en créant des modèles pratiques, confortables. En 1946, Paul Morand recueille les confidences de cette femme travailleuse, avec lesquelles il écrira ce livre. Elle y raconte sa vie , sa jeunesse, ses amours peu nombreux, ses liaisons, nombreuses, ses amitiés prestigieuses, Picasso, Stravinsky, Diaguilev, Radiguet, Satie, Cocteau. Elle y donne ses avis, parfois à l'emporte-pièce, sur son métier, sur son temps, sur ses goûts. le livre retrace sa vie dans les années 20/30, mais les années 39/45 ne sont pas abordées, on apprend simplement qu'après la guerre elle était en disgrâce, sans qu'en soit mentionné la raison.
C'est un livre plaisant, dynamique, probablement à l'image du personnage, servi par la belle écriture de Paul Morand.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
KawaneKawane   03 mars 2022
La beauté dure, la joliesse passe. Or aucune femme ne veut être belle ; elles veulent être jolies, jolies.

Pleurer sur soi, c'est bercer avec complaisance l'enfant qui continue à vivre à l'intérieur de chacun de nous, et qui n'intéresse personne. Quant au vrai secret, qui est de faire passer la beauté physique au moral, c'est le seul tour de passe-passe dont la plupart des femmes sont incapables.
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RoggyRoggy   29 septembre 2018
Il vaut mieux suivre la mode, même si elle est laide. S’en éloigner, c’est devenir aussitôt un personnage comique, ce qui est terrifiant. Personne n’est assez fort pour être plus fort que la mode.
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KawaneKawane   07 mars 2022
La richesse n'est pas accumulation ; c'est tout le contraire : elle sert à nous libérer ; c'est ce " j'ai tout eu et ce tout n'est rien" de philosophe. De même que la vraie culture consiste à flanquer par dessus bord un certain nombre de choses ; de même que dans la mode, on commence généralement par la chose trop belle, pour arriver au simple.

Je reviendrais là-dessus en parlant de la mode; je dirai seulement en passant que l'on peut être élégant sans argent.
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KawaneKawane   03 mars 2022
C'est la solitude qui m'a trempé le caractère, que j'ai mauvais, bronzé l'âme, que j'ai fière, et le corps, que j'ai solide. Ma vie, c'est l'histoire - et souvent le drame - de la femme seule, ses misères, sa grandeur, le combat inégal et passionnant qu'elle doit mener contre elle-même, contre les hommes, contre les séductions, les faiblesses et les dangers qui surgissent de toutes parts.
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KawaneKawane   07 mars 2022
Une femme = envie + vanité + besoin de bavarder + confusion d'esprit. Ceci dit, j'adore la coquetterie des femmes. Tant d'hommes, tant de pauvres filles, tant d'industries en vivent ! Il y a bien plus de gens qui vivent du gaspillage des femmes que des gens qui en meurent.
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Videos de Paul Morand (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Morand
C'est une histoire française. Elle se passe à Paris pendant l'Occupation, puis dans le maquis du Vercors où les résistants se battent dans la neige, jusqu'au dernier. C'est une histoire qui oppose deux France. Celle des Cossé-Brissac, le côté maternel de l'auteure, dont la grand-mère May, aussi libre de son corps en privé qu'attentive aux conventions en public, reçoit le Tout-Paris de l'Occupation, de Paul Morand à Pierre Drieu La Rochelle, de Josée Laval à Coco Chanel. Une jeune fille grandit là, promise à un mariage de l'entre-soi, bientôt elle sera rebelle. Elle se nomme Marie-Pierre de Cossé-Brissac. L'autre France, c'est celle de la résistance par les idées et par les armes. Un grand médecin juif parisien envoie son fils en province. L'intellectuel rompu aux joutes de l'esprit rejoint le maquis. Il se nomme Simon Nora, rebaptisé « Kim » dans son réseau. À la fin de la guerre, le survivant du Vercors rencontre l'aristocrate en rupture avec sa famille. Les héritiers des deux France s'aiment comme s'ils n'en formaient qu'une. Mais auront-ils le droit à la liberté ?
Ce roman haletant est une fresque guerrière, un amour impossible, une brève libération.
Extrait disponible sur notre site https://www.editions-stock.fr/livres/la-bleue/une-breve-liberation-9782234094024
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