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ISBN : 2253014168
Éditeur : Le Livre de Poche (29/06/2001)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Mystérieuse pour les intimes, acharnée à effacer toute trace de son passé, de ses origines, de sa famille même, Gabrielle Chanel aura été tout au long de son existence une " irrégulière " dans une société conformiste, et peut-être ne faut-il pas chercher ailleurs le secret de sa prodigieuse réussite. Suivant l'itinéraire inverse de celui qui l'avait menée à Elle, Adrienne, roman dont la célèbre couturière était l'inspiratrice et non le modèle, Edmonde Charles-Roux a... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
oran
  01 août 2017
Ce n'est pas tant la vie de Gabrielle Chanel qui est la plus intéressante à découvrir ici : plusieurs récits, reportages, films et téléfilms (Coco avant Chanel 2009, Coco Chanel et Igor Stravinsky 2009, Chanel solitaire 1981…),ont participé largement à divulguer avec plus ou moins de bonheur, de voyeurisme, de respect de la réalité, de vision chimérique, d'édulcoration mièvre, ce qu'elle avait, toute sa vie, tenter de cacher, de mystifier, d'imaginer, de réinventer.
L'intérêt du livre, c'est d'abord le travail minutieux mené par Edmonde Charles Roux pour recueillir le maximum d'informations pertinentes, glaner les témoignages, les analyser, s'imprégner des lieux où elle vécut, décrypter et interpréter les moindres détails , retrouver des témoins, pour écrire une biographie la plus fidèle possible. Elle a mené, tour à tour, un travail de généalogiste, de documentaliste, de détective privée, d'historienne , de psychanalyste et bien sûr de biographe et de romancière….
De ses investigations, elle en fait un récit réaliste, sans concession, elle nous livre une histoire à la fois vraie mais qui s'apparente à une fiction romancée tant la vie de Gabrielle Chanel fut féconde et bouillonnante en événements dramatiques, douloureux, pittoresques voir picaresques.
Plus de 650 pages qui se lisent avec délectation tant le style est éblouissant et l'exposé de ses investigations prenant
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asphodele85
  22 juin 2011
OU LA BIOGRAPHIE DE COCO CHANEL LA MIEUX DOCUMENTÉE…
« Coudre, c'est finalement refaire un monde sans coutures… »Roland Barthes (citation du deuxième épilogue de L'irrégulière).
Et un grand bravo à Edmonde Charles-Roux qui retrace ici presqu'un siècle d'Histoire avec celle de Gabrielle Chanel, après avoir accompli un travail de fourmi auprès d'elle, à démêler le vrai du faux, les mensonges, tout ce que Chanel a toujours voulu cacher sans y parvenir vraiment. Ce livre (paru après son décès en 1971) l'a rattrapée et nous en brosse un portrait de femme, magistral de courage, auréolé de mystères et enfin, dépassé par sa légende…
Ce « pavé » de 654 pages (dans ma vieille version poche) est idéal pour exalter vos vacances, sous l'écriture fluide mais non moins rigoureuse d'Edmonde Charles-Roux. Malgré quelques longueurs, il se lit comme un roman d'aventures puisque la vie de Chanel n'a été faite que d'aventures, heureuses, grandioses et pitoyables mais qui l'ont menées là où l'on sait… et ce n'était pas gagné !
Gabrielle Chanel naît le 19 août 1883 à Saumur, quasiment dans le ruisseau d'un père cévenol, camelot de son état, volage et instable et d'une mère épuisée par les grossesses , fourbue de suivre cet homme qui ne l'a pas épousée. Elle mourra de tuberculose et de misère à 32 ans, laissant Gabrielle orpheline à 13 ans. Son père, dépassé, les abandonnera, sa soeur cadette et elle, très vite dans un orphelinat corrézien, puis elle connaîtra le pensionnat des chanoinesses de Moulins où elle apprendra la couture. le sarrau noir qu'elle portait lui inspirera plus tard, en 1926, la fameuse « petite robe noire ». Elle est plutôt jolie et va se retrouver « poseuse » dans un beuglant de Moulins, ville de garnison où elle poussera la chansonnette et « Qui a vu Coco dans le Trocadéro » ne la consacrera pas comme chanteuse mais elle y gagnera son surnom. Repérée par le châtelain Balsan qui lui ouvre les portes de son château et de ses draps, elle commence l'apprentissage de la vie « d'irrégulière », de femme entretenue, celle que l'on n'épouse pas mais qui revendiquera toujours sa liberté malgré cette blessure qui la poursuivra tout au long de sa longue vie. Elle rencontrera chez Balsan, son seul grand amour, Arthur Capel, dit Boy, d'origine anglaise, ils auront une liaison de huit ans et il ne l'épousera pas non plus, préférant suivre les consignes paternelles et ne pas se mésallier. Mais jamais il ne l'abandonnera et lui prêtera l'argent nécessaire pour acheter son premier atelier du 21, rue Cambon, puis sa boutique à Deauville où elle vend des chapeaux, découvre le jersey et commence à « exploser », aidée de sa soeur, ses nièces pour modèles. En trois ans, elle remboursera Boy.
S'ensuivront les années folles, les rencontres marquantes avec le poète Reverdy (encore un amour qui finira platonique et épistolaire), Jean Cocteau, Diaghilev, Stravinsky, Colette, Picasso et sa chère amie Misia Sert qui lui sera fidèle jusqu'à la mort. Car elle s'est sentie trahie plus d'une fois, la petite Gabrielle et la grande Chanel, abandonnée, humiliée. Mais à chaque fois, elle a opté pour transformer ces humiliations en or, celui qu'elle avait dans ses doigts sans cesse en mouvement. L'âge d'or durera jusqu'à la guerre 1940-45 où là, erreur ! Elle ferme sa boutique de la rue Cambon, licencie tous ses employés et s'installe au Ritz. Elle aurait joué un rôle dans l'Opération Modelhut, initiée par Churchill et De Gaulle, s'improvisant en Mata-Hari trompe-la-mort ! Mais elle va avoir une relation plus que douteuse avec un officier allemand, Hans Gunter von D.. A la Libération, décrédibilisée, elle s'exilera en Suisse jusqu'en 1953. Morte Chanel ? Que nenni. Tel un phénix qui renaît de ses cendres, elle rouvre le 21 rue Cambon et dirige son empire de main de maître. Sans jamais entrer en Bourse, gardant peut-être de ses origines paysannes le concept que l'or se garde sous les matelas… L'Amérique qui l'a déjà consacrée dès 1929 en la faisant venir pour habiller Marlène Dietrich ou Greta Garbo dans différents films se précipite à nouveau dans ses boutiques et ses petits tailleurs portés par Jackie Kennedy ou le N°5 par Marilyn Monroe la consacreront définitivement.
Certes, elle a payé cette réussite, elle est toujours restée cette « irrégulière » qui n'aimait pas les autres femmes dont elle était jalouse mais les a libérées de leur corset. Coléreuse, excessive mais généreuse, elle jouait souvent les mécènes auprès d'artistes, refusant que son nom soit cité. Féministe avant l'heure et surtout malgré elle, habituée à la discipline, à l'exigence dès son plus jeune âge, elle ne faillira pas en grandissant, puis en vieillissant. Elle s'éteindra seule, dans une chambre du Ritz où elle vivait depuis trente ans, un dimanche de 1971 à presque 90 ans…
Le regard distancié de l'auteure qui traque ses qualités et ses failles lève le voile sur ce mystère qu'elle a entretenu sa vie durant pour cacher ses origines. Ce livre se lit agréablement et j'avoue en avoir appris autant sur Chanel que sur les différentes époques du siècle dernier. Et malgré quelques « longueurs », nous passons outre et nous laissons vite embarquer dans cette histoire où la réalité dépasse souvent la fiction.

Lien : http://leslecturesdasphodele..
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DonaSwann
  11 avril 2016
Il s'agit d'une biographie historiquement très détaillée, très intéressante et qui campe de manière saisissante plus de soixante années de vies et d'événements. La période des années folles et de la 1ère guerre mondiale, qui m'intéresse particulièrement, m'a comblée.
Il ne me reste que l'ennui de continuer à ressentir plus qu'une grande réticence à l'égard de Gabrielle Chanel, cette fois bien plus fondée par des certitudes biographiques que par des impressions glanées d'après le quasi-mythe. Car la façon dont cette femme talentueuse s'est montrée cinglante, injuste, manipulatrice, bienfaitrice ou mauvais ange à rebours des mérites des membres de sa famille (qui avait surtout le tort, en existant à des centaines de kilomètres, de lui faire du tort auprès du mâle noble dont elle souhaitait itérativement se faire épouser, pauvre chérie qui n'a pas hésité les sacrifier dans ce but médiocre - pour rien) m'a laissée pantoise ; sa façon paternaliste (maternaliste ?) de diriger sa maison n'éveille pas la moindre sympathie ; quant à sa malchance en amour, tout n'a effectivement pas été rose mais relativisons : ils furent nombreux, riches et/ou talentueux, divertissants et/ou utiles, pleins d'entregent et d'intérêt pour elle. Tant de femmes aimeraient avoir une telle malchance...
J'ai trouvé passionnant le lien que fait la biographe entre les notes synthétiques du parfum numéro cinq de Chanel et l'art abstrait, de même que de son paquetage (packaging?) et de la sobriété de ses lignes.
Elle fut entourée d'artistes, de gens extraordinaires, et c'est finalement surtout eux qui fournissent la matière de cette biographie.
D'autre part, et c'est un reproche que j'aurais envie de faire à Edmonde Charles-Roux et non plus à son objet, l'intérêt d'une biographie est d'apporter une réponse à des questions, de chercher à éclaircir certains mystères, d'éclairer des comportements qui parurent en leur temps aberrants à la lumière d'une recherche ultérieure, de courriers récupérés à la faveur des décès, du temps qui adoucit l'amertume des secrets... Là, rien de tel. La façon discriminatoire dont les frères Chanel furent traités par leur soeur est narrée d'une manière qui souligne effectivement son caractère aberrant, mais aucune explication n'est avancée, et j'en passe de toutes pareilles. La biographe semble échapper à l'embarras dans laquelle la plonge la demoiselle Chanel en racontant (très longuement) la vie, en comparaison, limpide de ses hommes, estimant sans doute que ça raconte aussi bien Coco. Cette dernière a toujours menti de manière éhontée à son propre propos, brouillant les pistes bien avant sa mort et il semble rester beaucoup de cette oeuvre de désinformation ; dès le début de l'ouvrage, Charles-Roux précise d'ailleurs que Chanel avait menti à sa propre biographe, Louise de Vilmorin "qui, ne parvenant pas à lui arracher un mot de vérité, se désespérait".
Lien : http://aufildesimages.canalb..
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Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
oranoran   01 août 2017
Et rien n’interdit de supposer que ce fut à une religieuse, laissée libre de le choisir , que Melle Chanel dut ce prénom de GABRIELLE signifiant en langue hébraïque, force et puissance et, qui, si l’on en croit l’onomancie, assure aux femmes qui le portent un rayonnement durable.
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vanesgautiervanesgautier   10 janvier 2013
Le premier meuble de prix à figurer chez Gabrielle fut un piano.Aussitôt placé,aussitôt utilisé.C'était Stravinski,c'était Diaghilev,c'était Misia,c'était le pianiste des Ballets russes,c'était...Il y eut des plaintes.Le comte Pillet-Will,qui logeait au second,jugea le tapage intolérable.Il y eut pire:un soir,fort tard,des chanteurs espagnols et des guitares.L'indignation ne connut plus de bornes.Une musique de bastringue...Et l'on avait vu entrer chez elle des artistes aux mines patibulaires.Ils étaient accompagnés d'une naine vêtue de façon extravagante et d'un cul-de-jatte qui,dans sa caisse à savons,avait parodié une corrida en plein milieu de la cour d'honneur.
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DonaSwannDonaSwann   11 avril 2016
Quand Gabrielle disait : "Ce n'est pas un temps à robes", Reverdy partageait son avis. Sans doute leurs raisons n'étaient-elles en rien les mêmes, mais qu'importe... A mesure qu'elle sentit, autour d'elle, croître l'hostilité, elle eut au moins ça pour la réconforter : dans sa retraite de Solesmes, Reverdy pensait comme elle. Lui aussi disait que la seule chose à faire, en pareilles ciconstances, était de se terrer.
Du reste, un an plus tard, lorsque les Allemands envahirent la France et que, pasant par Solesmes, il y en eut qui s'introduisirent dans le petit jardin de Reverdy, son jardin de curé, et que des militaires volèrent des légumes, puis s'introduisirent dans sa maison, que fit-il ? Il décida qu'il ne lui était plus possible désormais de l'habiter. Ce qu'il fallait ? Ne plus voir les Allemands, ne plus les voir jamais et pour cela ne plus voir ce qu'ils avaient vu. (...) Il vendit tout précipitamment et aménagea une grange dont il fit murer les fenêtres sur rue.
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oranoran   01 août 2017
Prologue .
Car ce qui plus que tout retient dans sa vie n’est pas seulement le spectacle de sa réussite ni même sa popularité ni l’immense audience qui fut sienne, c’est l’énigme qu’elle sut être aux yeux de tous ceux qui l’ont approché, c’est l’épuisant labeur auquel elle s’est astreinte pour marquer ses origines. Ce qui retient (tel est du moins le sens de cet ouvrage), c’est l’art avec lequel elle sut se rendre inintelligible et, ce but une fois atteint, la constance avec laquelle elle demeura enfouie dans cette opération de travestissement comme dans la plus hermétique des prions.
Elle a vécu possédée par sa légende.
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DonaSwannDonaSwann   11 avril 2016
Alors un nouveau type de relations s'instaura entre elle et Bend'or. Bien sûr, ça n'allait pas sans quelques difficultés. Gabrielle, en particulier, se serait passée volontiers des visites que le duc de Westminster tenait à lui faire chaque fois qu'il passait par Paris. Sur cette partie perdue elle aurait préféré couper court.
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Vidéo de Edmonde Charles-Roux
Les Rencontres du Livre sur la place - Edmonde Charles-Roux - 18 septembre 2003
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie: artistes et sportifs (789)
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