AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782070245598
224 pages
Éditeur : Gallimard (25/10/1983)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Pluriel singulier... Ils sont deux, Venise et l'auteur. Soixante ans, et plus, d'une union sans nuages. Venise fut toujours fidèle, et lui à Venise. Venises n'est pas un portrait de ville ; c'est le portrait d'un homme, dans mille Venises : un homme qui n'est pas seulement un auteur.
" Le mérite de ces pages, dit Morand, c'est d'être vécues, leur réunion, c'est une collection privée, sinon mon musée secret ; chacune présente un jour, une minute, un enthousia... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Fantine
  16 février 2010
L'auteur livre par écrit ses impressions sur la 1ere partie du 20 ème siècle. Il apporte un témoignage sur un monde en mutation, tout en jetant un regard lucide sur ses contemporains, ainsi que sur une ville, Venise, qu'il découvre adolescent.
Morand éprouvera une véritable fascination, voire même un profond amour pour Venise. Il lui restera fidèle jusqu'à son décès en 1976. A chaque séjour, Paul Morand jette un regard neuf sur Venise, et, c'est l'occasion pour lui, d'aborder la ville d'une manière différente. de nombreuses rencontres (célèbres ou non) ponctuent ses visites.
C'est un récit tout en poésie, mais, surtout d'une très grande tristesse car l'auteur voit le monde qu'il connaissait basculer, petit à petit, vers la folie. C'est aussi écrit dans une langue pure, dans un style tout en finesse.
Commenter  J’apprécie          120
jplegrand2015
  03 janvier 2018
« Est-ce la destinée, ou est-ce ma faute ? J'arrive toujours quand on éteint »
Ce constat désabusé est celui de Paul Morand dans « Venises ». Une Venise plurielle comme l'est la vie et plus encore sa vie.
Diplomate-écrivain, ambassadeur nommé par Vichy et révoqué par De Gaulle, contraint à l'exil puis modèle de cette nouvelle génération d'écrivains qu'on appellera par la suite les Hussards, Morand ne laisse pas indifférent.
De loin en loin au gré des fortunes diverses de son existence, Morand sera toujours fidèle à Venise qui résume si bien dans son espace contraint la durée de toute vie, quoi qu'on fasse en suspens au milieu du vide, entre les eaux foetales et celles du Styx.
Par goût et par fonction, Morand fut un grand voyageur. Mais pour lui, le centre du monde c'est Venise. « Au sommet du Campanile j'embrassais Venise, aussi étalée que New-York est verticale, aussi saumonée que Londres s'offre en noir et or. L'ensemble est lavé d'averses, très aquarellé, avec des blancs rompus, des beiges morts, relevés parle cramoisi sombre de façades pareilles à la chaire de thon. Un air violent secoue la lagune, poussant des nuages aussi légers que ces nouvelles voiles en nylon des régates, au Lido ».
En cette fin des années 60 nous sommes dans les pas de Morand et de Maurice Rheins, le célèbre commissaire-priseur, « au front d'intellectuel, et la taille d'un sous-lieutenant, l'oeil précis et ingénu ». Ils se rendent à la vente du Labia, le dernier palais vénitien à dégorger ses richesses. Il y a quelque chose d'une fin de vie dans ce vieux palais désormais dépouillé de ses tableaux dont les plafonds désertés par les lustres monumentaux, comme percés de trous de rats, révèlent la décrépitude ; toute une vie refluant en une escadre hétéroclite et désordonnée de vases de chines, de girandoles et de canapés sinueux .La vente faite, il ne subsiste que la « cohue des déesses peintes à fresque pour toujours, désormais maîtresses d'un Labia désert, au rire éternel, comme celui des filles du Rhin ».
Morand finira sa destinée pas très loin, dans le cimetière de Trieste, veillé par la foi orthodoxe, auprès de sa femme, d'origine grecque.
Au bord de la lagune, toujours s'enfonçant, la vie continue, « un peu comme une pièce de Beckett jouée dans les arènes de Nîmes ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Lune
  16 août 2018
Venises, le s dit tout.
A différentes périodes de sa vie, Paul Morand y passa, y vécut.
Tout un monde, évanoui dans le Temps, défile sous nos yeux.
Des noms, un monde dans le monde, des excentriques, des artistes, des politiques se côtoient dans une Venise qui n'appartient qu'à un cercle de privilégiés dans le premier quart du vingtième siècle.
L'auteur évoque son enfance, son éducation, ses rencontres, ses rêves, son désir continu de la Sérénissime.
Entre évocations historiques, anecdotes, descriptions de la ville, souvenirs personnels, Paul Morand mêle les Venises qu'il a connues et celle du moment où il écrit ce livre : 1971.
Le ton y est différent, l'amertume s'y ressent.
Quelques phrases font mouche, d'autres heurtent et puis l'homme n'est pas toujours plaisant tant l'appartenance à une caste transparaît, semblant figée à jamais, tenant difficilement compte de l'évolution de la société si ce n'est dans sa description amère des hippies et de Venise devenue trop accessible...
Un document sur une époque révolue et sur le mode de pensée d'un privilégié.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
sylcoudene
  06 août 2014
Personnage douteux, convaincu de collaboration avec l'occupant, réputé antisémite et homophobe (ce qui n'apparaît pas dans cet ouvrage, loin de là !), entré à L Académie Française en 1968 après que le Général de Gaulle a levé son veto, Paul Morand signe un très grand livre, sans doute ce qui m'a été donné de lire de plus passionnant sur la cité des Doges.
Mais l'ouvrage ne se réduit pas à cela : c'est un formidable panorama sur les grandeurs et misères de la première moitié du 20ème siècle, toujours rapportées à la Sérénissime où l'auteur, comme aujourd'hui Philippe Sollers, vient et revient se reposer des tumultes de l'époque.
Seule réserve, tout finit mal : le "vieux con" apparaît dans les dernières pages :
ah, ce monde moderne ! Ah, ces hippies noirs de crasse qui souillent le paysage ! Ah, Venise accessible à tous !
Indispensable néanmoins.
Commenter  J’apprécie          40
Polars_urbains
  28 septembre 2017
Relire Venises à Venise, comme lire Ulysse à Dublin. Un plaisir un peu égoïste. Paul Morand n'est pas si daté que ça, peut-être un peu trop mondain parfois. Mais ses descriptions de Venise et les anecdotes valent la lecture. le ton est léger et l'humour partout. Un régal.
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
ivredelivresivredelivres   19 septembre 2010
Mon café de la nuit, c’est à la Fenice. La placette contient deux églises, le théâtre, un grand restaurant et le bar du théâtre. De quoi tout jouer, sur place, depuis Gozzi jusqu’à du Courteline.(...) La place est éclairée par les projecteurs qui noircissent le ruban du ciel et font éclater le poli de la pierre, sortir de l’ombre les colonnes ; entre Dieu et les Muses c’est à qui soutiendra le plus de gloire : tout y est créé par l’homme, pour l’homme, tout si équilibré, si bien assis sur l’eau invisible, tous les plans s’entendent si bien à construire l’harmonie qu’on se sent aussi heureux que si on avait bu
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
markko31markko31   02 décembre 2014
Venise d'automne, épouillée des touristes (sauf des hippies, bouddhas incurieux, indélogeables) avec ses monuments houssés de coton, grillagés de pluie; c'est la moins frivole. Venise de printemps, quand son pavement commence à suer et que le Campanile se reflète dans le lac de la place Saint-Marc. Venise d'hiver, celle de la temperatura rigida, du congelamento, lorsque les vigiles du feu surveillent les feux de cheminée, du haut des clochers et que les loups descendent des Dolomites. Quant à la Venise d'été, c'est la pire...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
TrissotinTrissotin   04 mars 2012
« C’est après la pluie qu'il faut voir Venise », répétait Whistler : c’est après la vie que je reviens m'y contempler. Venise jalonne mes jours comme les espars à tête goudronnée balisent sa lagune; ce n’est, parmi d'autres, qu'un point de perspective; Venise, ce n'est pas toute ma vie, mais quelques morceaux de ma vie, sans lien entre eux, les rides de l’eau s'effacent, les miennes, pas.
Commenter  J’apprécie          60
TrissotinTrissotin   04 mars 2012
J'avais été élevé dans le Paris noir de Zola, dans les bitumes de Whistler, parmi les paysans noirs de Maupassant, dans la province noire de Flaubert, dans le noir du calorifère à air chaud; et soudain tout était blanc ! Ce miroir magique me faisait voir ma vie future; des forces élémentaires qui jusque-là avaient dormi, s'irradiaient. Je me trouvais soudain au centre de moi-même.
Commenter  J’apprécie          50
NicolosetteNicolosette   10 octobre 2017
1937
Faut-il éclairer Venise au néon ?Les passéistes disent non ;les futuristes leur répondent:" Malgré vous, Saint Marc resplendit sous nos projecteurs; grand succès; les touristes adorent ça" .Les romantiques tiennent bon ; ils défilent ce matin sur la place ,derrière une banderole blanche :"Nous voulons la lune ."
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Paul Morand (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Morand
PROUST PRIX GONCOURT 1919 : L?EXPOSITION DU CENTENAIRE
Drouant, 10 décembre 1919 : Marcel Proust reçoit le 17e prix Goncourt pour "À l?ombre des jeunes filles en fleurs", deuxième volet d?"À la recherche du temps perdu". Cette décision fait date : une nouvelle ère littéraire s'ouvre avec la consécration d'un roman sans égal, où se joue notre rapport au temps, à la réalité, à la subjectivité et aux êtres aimés. Les jours qui suivent sont marqués par un mouvement de contestation dans la presse hexagonale. Ce qui fera dire à Jacques Rivière, ami de l?écrivain et directeur de la NRF, témoin de cette « petite émeute » de papier : « Seuls les chefs d??uvre ont le privilège de se concilier du premier coup un ch?ur aussi consonant d?ennemis. Les sots jamais ne se mettent en révolution sans qu?il leur ait été fait quelque positive et vraiment cruelle injure. » Retour à la Galerie Gallimard sur l'histoire de ce prix, à partir des archives des Éditions Gallimard, de la Maison de Tante-Léonie (Illiers-Combray), du prix Goncourt (Nancy), de la Bibliothèque nationale de France, et de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, avec la présentation d'une soixantaine de documents exceptionnels dont certains ont été exposés dans le cadre du Printemps proustien dans la Maison de Tante-Léonie à Illiers-Combray: lettres, épreuves d?imprimerie, manuscrits et « placards » originaux, dessins et photographies. À voir en particulier le carnet de notes personnel de Marcel Proust "Moi prix Goncourt (vers 1920-1921)" et pour la première fois exposés, deux dessins de Paul Morand prêtés par la Bibliothèque nationale de France : "Marcel Proust au Ritz" (vers 1917) et "Marcel Proust sur son lit de mort" (novembre 1922).
+ Lire la suite
autres livres classés : veniseVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
976 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre