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EAN : 9782070720651
350 pages
Éditeur : Gallimard (17/10/1990)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 110 notes)
Résumé :
Pierre gâche tout, l'amitié, l'amour, la paternité, par sa hâte fébrile à précipiter le temps. A cette allure vertigineuse, il ne goûte plus ce qui fait le prix de la vie, ni les moments d'intimité que sa femme Hedwige lui ménage, ni la poésie des choses. Il se consume et consume les siens en fonçant vers un but qu'il renouvelle, chaque fois qu'il l'atteint. " A quoi reconnaître qu'on est arrivé si l'on ne s'arrête jamais ? " demande la sage Hedwige. Pierre saura tr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Fortuna
  30 août 2016
Pierre est un homme pressé, il veut être arrivé avant même d'être parti. Il ne marche pas, il court, lancé à telle allure sur les routes qu'il frôle en permanence l'accident mortel. Antiquaire, il vole à travers le monde pour acheter un objet qui l'intéresse. Jusqu'au jour où il rencontre Hedwidge qui lambine, paressant des jours entiers entre sa mère alitée et ses deux soeurs...
De l'excès de vitesse ou de la lenteur, qui aura le dernier mot ? Resistera t-il à l'attente nécessaire au murissement de l'amour, à la gestation de l'enfant ? Prendra t-il le temps de ralentir pour préserver sa santé ? S'occuper des siens ?
Leçon de vie, leçon de sagesse : la hâte tue, elle empêche de profiter de la vie, elle use l'organisme, elle détraque la nature.
Ce roman écrit en 1941 est très actuel. La vitesse, maladie de notre temps, sème la mort sur son passage : agitation permanente, accidents, crises cardiaques, destruction des rythmes naturels...Comme Pierre ne courrons-nous pas vers notre propre destruction à force de vouloir produire toujours plus, toujours plus vite, pour consommer toujours plus (et toujours plus mal), jetant des tonnes de déchets pour retourner nous précipiter dans nos fast-food et nos supermarchés ?
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Patsales
  19 janvier 2020
L'homme pressé, un symbole de notre époque ? Il n'y faut pas penser. Écrit pendant la guerre, entre 1940 et 1941, ce roman évoque le Blitzkrieg, fait le portrait d'un juif aux manières enveloppantes et au nez reconnaissable, et imagine un gynécée créole forcément languide. Pour autant, Paul Morand lorgne du côté du grand siècle. Il se veut moraliste et prétend concurrencer La Bruyère ou Molière. Son personnage est un type immuable, confronté à toutes les situations susceptibles de faire ressortir son vice. Il achète une maison en 2 heures, fait le plein de sa voiture tout en roulant (!), et propose à sa femme enceinte d'écourter sa grossesse. Pourquoi est-il ainsi? On ne sait. Quelques siècles plus tôt, il aurait fait crever ses chevaux sous lui: l'époque importe peu. Et c'est sans doute ce qui fait le charme de cette oeuvre anodine: d'avoir voulu graver dans le marbre un homme qui jamais ne s'arrête, et de pasticher les auteurs classiques pour imaginer ce qui deviendra la plus contemporaine des addictions: la passion de l'urgence.
Et bien sûr, c'est plus ou moins là que le héros finira (aux urgences).
Tandis que Morand évitera la dépression en devenant immortel.
L'Académie, bonne fille, reconnaît ses classiques, quoique antisémites.
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GrandGousierGuerin
  21 novembre 2015
Pierre Niox est un homme pressé. On pourrait même dire qu'il cristallise en lui cette urgence et mérite amplement de remplacer l'article indéfini par son alter-ego défini. Antiquaire parisien, il parcourt le monde à la recherche de minuscules objets datant de l'antiquité ou au plus du haut Moyen-Age. Mais il ne lambine pas, il court, court et ne sait pas s'arrêter … En visite, il est bien souvent au milieu de la pièce alors que la sonnette d'entrée vient tout juste de retentir. Pour s'habiller, il se chronomètre pour améliorer son temps dans des gesticulations et une célérité qui n'auraient rien à envier au célèbre artiste Arturo Brachetti… En tout, il faut donc gagner du temps : il faut donc conduire vite, manger tous les plats en même temps au restaurant et ne pas perdre de temps dans des tâches aussi dispendieuses que la lessive, le rangement. Comme vous pouvez l'imaginer, cet empressement déborde sur sa vie sociale et amoureuse. Comme par hasard, son entourage se révèle être lent ou au mieux posé, ce qui suscite un ouragan d'impatience et d'exaspération de la part de Pierre Niox. La plupart n'y résiste pas : Niox agit comme une force centrifuge qui rejette loin tout ceux qui pourrait ou souhaiteraient interagir avec lui …. Et sa vie sentimentale ne fait pas exception, bien au contraire ! Ainsi il demande la main de sa future femme dès le premier soir et ne reprend contact avant des semaines. Une fois mariée, sa femme en attente des joies promises de l'alcôve se réveille quelque peu désenchantée par le trop grand empressement de son mari. Une fois enceinte, Pierre souhaite à tout prix connaître le sexe de l'enfant et même déclencher l'accouchement car il trouve que cet enfant ne vient pas assez vite.
Proche de la caricature, ce portrait de l'homme pressé se révèle au final assez amusant avec un style riche comme toute oeuvre littéraire se le devait à l'époque. J'ai tout de même ressenti un léger fléchissement an milieu de ma lecture : le cycle des situations où l'homme pressé passait comme un ouragan déjà bien établi, j'ai apprécié lorsque le récit s'est infléchi sur sa vie maritale et surtout ses réactions de futur père.
La fin en soi est assez prévisible et se donne au final des allures de conte philosophique
Morand a été l'un de ceux qui a exercé une certaine influence sur le groupe des Hussards. Ayant lu dernièrement Les enfants tristes de Roger Nimier, figure de proue du mouvement et émule de Morand, on ne peut s'empêcher de comparer les deux ouvrages. Chacun porte des thèmes comme la vitesse, la vie bourgeoise, l'attractivité de l'Amérique, le cynisme … Morand a écrit son roman en 41 et Nimier en 51. Si Morand donne à son roman des allures quasi comiques et ironiques, Nimier, comme le titre de roman le laisse imaginer, ne joue pas du tout dans ce registre et a produit une oeuvre bien plus cynique. Au final, les deux auteurs arrivent au même constat, démontrant qu'une vie où obtenir plus, aller plus vite, plus loin, plus haut ne mène qu'à l'échec, à la déception : … Si le héros de Morand s'éteint comme une chandelle qu'on aurait oublié d'éteindre, d'avoir trop consommé, celui de Nimier finit sa trajectoire en pleine vitesse dans un accident de voiture… Nimier pousse le propos plus loin : cette vie trépidante vous consume de l'intérieur comme chez Morand mais elle n'est aussi et surtout qu'une illusion dévastatrice. Chez Morand, la vitesse semble intimement reliée à Niox qui ne peut ni ne veut y échapper alors que chez Nimier, on cherche à s'y perdre et à repousser ses limites …
Pour compléter la filiation, il me faudra lire Chardonne … Et comme Sagan (du moins Françoise, pour Carl, c'est déjà dans la PAL) explore des thèmes proches à ces deux auteurs, il serait intéressant d'y voir cette expression sous la plume d'une femme.
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nelly76
  14 janvier 2020
Quelle drôle d'histoire!!
J'ai été tentée d'abandonner au début puis ,petit à petit ,je suis entrée dans l'écriture stylée , bondissante ,et aussi rapide que le héros de ce roman.
Drôle de type que ce Pierre Nioxe qui ne vit pas sa vie il la court! Ne tient pas en place ,n'a plus d'amis,ne dort pratiquement jamais car c'est une perte de temps!
Il va toujours plus vite plus vite jusqu'au jour où il va rencontrer une femme:Hedwige de Boisrosė ,créole ,qui elle ,est toute indolente ,et toute sagesse.
Pierre va consentir à ralentir quelque peu son rythme de vie.Apprenant qu'il va être papa,il " ronge son frein " 9 mois c'est long à attendre! Il ira jusqu'à demander à Hedwige de se faire accoucher deux mois avant terme par un médecin de sa connaissance qui est d' accord!! Horrifiée Hedwidge s'enfuit rejoindre sa " tribu" ( sa mère et ses deux soeurs qui vivent ensemble) ,Pierre quant à lui ,part pour les Etats-Unis
Il va se surpasser dans la vitesse et c'est à un rythme effréné qu'il visite de nombreux sites,tout en vendant ses antiquités car j'ai oublié de vous dire que Pierre est antiquaire et qu'il en vit même très bien et puis , de retour à Paris mais chut ,je ne vous dévoile pas la fin......
C'est un conte , une fable ou plutôt une satire de l'époque où le dieu s'appelait vitesse: que dirait Paul Morand à l'ère d'aujourd'hui ??
J'ai aimé car cette histoire sur fond de morale est originale et si le début manque un peu de saveur j'ai été prise à vitesse grand V par la vie vécue au grand galop de ce Pierre Nioxe. A conseiller.⭐⭐⭐⭐
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Corboland78
  29 mars 2012
Pierre est antiquaire et vit à cent à l'heure. Chacun de ses gestes est étudié dans le but de gagner du temps, il met ses chaussures tout en nouant sa cravate et a banni les pantalons à boutons pour ceux à fermeture Eclair. Il court, toujours, sans que lui-même ne sache trop pourquoi et finalement sa fébrilité maladive ne lui apportera que tourments. D'abord par son ami et bras droit Placide qui l'abandonnera fatigué par l'énergie vide de sens de Pierre, ensuite quand rencontrant l'Amour avec Hedwige, malgré ses efforts pour adopter un rythme de vie « normal » il ne pourra contenir sa nature, allant jusqu'à demander à sa femme enceinte, de consulter la Médecine pour accélérer de trois mois la naissance de leur enfant, tant son impatience est grande. Bien sûr, sa femme finira par s'éloigner de ce mari invivable. L'issue est prévisible, Pierre dans sa course avec le Temps n'a aucune chance de remporter le challenge et la Mort viendra lui rappeler par une première crise cardiaque non fatale « que la moralité de cette histoire, montre l'Impatient plus souvent puni que récompensé ». Ecrit en 1940 ce roman est étonnamment très moderne et stigmatise certains travers de notre époque avec style en ponctuant le texte de quelques mots rares (séton, ménade, déhiscent etc.). Un très bon roman qui donna lieu en son temps à une adaptation cinématographique très quelconque avec Alain Delon.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
WictorianeWictoriane   18 novembre 2008
Pierre attend toujours et le temps s'écoule. On parle du temps qui s'écoule, comme s'il descendait d'une source et comme si cette source était située quelque part en amont. Quand Pierre lève la tête, on dirait qu'il cherche la fontaine qui marque le commencement de ce grand fleuve.
" Ce doit être une source d'eau salée, soupire-t-il, gonflée de toutes les larmes de ceux qui ont attendu."
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FortunaFortuna   27 août 2016
- Que de minutes ont bien pu débiter ces cadrans depuis cent cinquante ans ! s’exclame Pierre. Pensez-y… quel ressort humain pourrait lutter contre les leurs ? Quelles diastoles, quelles systoles égaleront jamais leurs palettes et leurs cliquets !
- A votre manière vous êtes un philosophe, répondit Fromentine avec une niaiserie fûtée ; le philosophe du quart de seconde.
- Je ne suis pas un personnage philosophique, répliqua Pierre, sèchement ; je suis un personnage dramatique. Vous n’y comprenez rien.
- Parlez-moi encore de vous, soupira Fromentine en se remettant du rouge, c’est passionnant.
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genougenou   09 novembre 2016
(Les femmes) obéissent à une horloge invisible ; la preuve, c'est qu'elles sont en retard avec régularité.
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Corboland78Corboland78   29 mars 2012
Les souliers ne sont pas plus cirés que les habits ne sont brossés, le déjeuner prêt, le bois scié ou le vin mis en bouteille. Plutôt que de le voir procéder à ces opérations en traînassant, Pierre fait son service lui-même ; Chantepie suit mollement, commente de loin, regarde passer l’éclair. Pierre tonne mais Chantepie ne l’entend pas, car il est sourd. Il vit enfermé dans sa surdité comme Pierre enfermé dans son rythme trépidant : toutes les infirmités sont des prisons.
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redblueredblue   02 décembre 2012
"Pourquoi m'évite-t'on ? Pourquoi me laisse-t'on seul ? Je me croyais un feu de joie ; peut-être suis-je un incendie ? (...) Si je fuis, se dit-il, qu'est-ce que je peux bien fuir?"
Arrivé au pied de cette énigme, le fugitif se vu entouré de points d'interrogation qui le retenaient comme des crochets.
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Videos de Paul Morand (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Morand
PROUST PRIX GONCOURT 1919 : L?EXPOSITION DU CENTENAIRE
Drouant, 10 décembre 1919 : Marcel Proust reçoit le 17e prix Goncourt pour "À l?ombre des jeunes filles en fleurs", deuxième volet d?"À la recherche du temps perdu". Cette décision fait date : une nouvelle ère littéraire s'ouvre avec la consécration d'un roman sans égal, où se joue notre rapport au temps, à la réalité, à la subjectivité et aux êtres aimés. Les jours qui suivent sont marqués par un mouvement de contestation dans la presse hexagonale. Ce qui fera dire à Jacques Rivière, ami de l?écrivain et directeur de la NRF, témoin de cette « petite émeute » de papier : « Seuls les chefs d??uvre ont le privilège de se concilier du premier coup un ch?ur aussi consonant d?ennemis. Les sots jamais ne se mettent en révolution sans qu?il leur ait été fait quelque positive et vraiment cruelle injure. » Retour à la Galerie Gallimard sur l'histoire de ce prix, à partir des archives des Éditions Gallimard, de la Maison de Tante-Léonie (Illiers-Combray), du prix Goncourt (Nancy), de la Bibliothèque nationale de France, et de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, avec la présentation d'une soixantaine de documents exceptionnels dont certains ont été exposés dans le cadre du Printemps proustien dans la Maison de Tante-Léonie à Illiers-Combray: lettres, épreuves d?imprimerie, manuscrits et « placards » originaux, dessins et photographies. À voir en particulier le carnet de notes personnel de Marcel Proust "Moi prix Goncourt (vers 1920-1921)" et pour la première fois exposés, deux dessins de Paul Morand prêtés par la Bibliothèque nationale de France : "Marcel Proust au Ritz" (vers 1917) et "Marcel Proust sur son lit de mort" (novembre 1922).
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