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EAN : 9782070711031
238 pages
Éditeur : Gallimard (10/09/1987)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 36 notes)
Résumé :
« Tout ce qui s’était passé à Paris pendant mes années d’absence confirmait la révolution des mœurs amorcée en 1917. Une génération revenait de la guerre, écœurée d’hier, curieuse de demain, de ceux qui sauraient l’expliquer à elle-même, lui révéler le monde nouveau, lui faire l’inventaire géographique de son logis, la planète ». Paul Morand.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Ambages
  23 décembre 2016
« Je suis venu te raconter quelques nuits avec des dames.
- Des nuits d'amour ? demandai-je.
Avec colère, Pierre se mit à rire. »
Paru en 1922, ce recueil de nouvelles bénéficie de deux préfaces de l'auteur. La première fut écrite en 1921 et est présentée sous forme d'un dialogue entre l'auteur et Pierre, le narrateur des « quelques nuits avec des dames » qui constituent le recueil. La seconde préface de Morand est écrite en 1957 et ne ressemble en rien à la première. On entre dans le dur puisqu'il reprend en quelques mots son histoire personnelle « aujourd'hui des gens qui me veulent du bien me disent : ''c'est le moment de se taire'' », mais surtout il défend le genre littéraire que constitue la nouvelle : « on peut tout mettre dans une nouvelle, même le désespoir le plus profond (...) mais pas la philosophie du désespoir » parce qu'il « n'y a pas de quoi se nourrir dans la nouvelle, c'est un os. »  Elle « opère à chaud, le roman, à froid. »
Il estime que la nouvelle est un « bouillon concentré, d'une saveur incomparable, cet art de dessein formé qui sait où il va et, sans se ménager jamais, mène le lecteur battant. » J'étais ravie de lire ses pensées car il mettait des mots sur une partie de mon ressenti lors de la lecture de nouvelles, une forme que j'affectionne tout particulièrement.
Ce recueil, publié alors que Paul Morand à 34 ans (suivi de « Fermé la nuit » paru un an plus tard), est composé de huit ''nuits'' (catalane, turque, écossaise, romaine, des Six-Jours, hongroise, dalmate et nordique) qui utilisent le prétexte de huit rencontres féminines pour parler de l'Europe du début du 20ème siècle, de ses moeurs et du monde cosmopolite (par choix ou par obligation). Toutes les chutes sont intéressantes, certaines drôles (« Je la pris dans mes bras. Elle y demeura tout le reste de la nuit, c'est-à-dire dix minutes à peine, car le soleil, après une rapide ablution s'empressait déjà » -je laisse deviner la nouvelle afférente-) mais d'autres sont terribles, dures ou émouvantes, voire cinglantes. Je parle des chutes car c'est souvent le meilleur dans la nouvelle, mais tous ces adjectifs peuvent s'appliquer aux corps des huit textes qui nous font traverser l'Europe, après la première guerre mondiale, après la révolution de 17, croisant ainsi des personnages haut en couleur : une camarade espagnole luttant pour la cause, des regroupements de nobles russes devenus serveurs dans un hôtel turc ou encore des cyclistes courant six jours durant ...et bien d'autres encore dont je ne parlerai pas afin de laisser la surprise. La plume est riche, j'aime lire cet auteur (même s'il m'arrive de trier -parfois-) reconnu dans l'art de la nouvelle, et pour qui La Femme abandonnée, La Fille aux yeux d'or ou La Fanfarlo sont des « modèles parfaits » de longues nouvelles. Encore de belles lectures à découvrir !
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Corboland78
  29 mars 2012
Paul Morand né en 1888 et décédé en 1976, s'est fait connaître en tant qu'écrivain avec ce livre Ouvert la nuit écrit en 1922. Diplomate de formation il voyage beaucoup et s'imprègne de l'air du temps. La Grande Guerre s'est achevée il y a peu, l'Europe est en effervescence, les hommes et les femmes de cette époque ne savent pas encore ce que l'Histoire leur réserve mais le pressentant inconsciemment évacuent leurs angoisses par un relâchement des moeurs. Ce livre, recueil de huit nouvelles, sous couvert de la relation de conquêtes amoureuses aux quatre coins de l'Europe, évoque l'inquiétude de l'entre deux guerres et les permissivités que s'offrent certaines classes de la société. Une écriture et un style, tout le charme de Paul Morand qui finira académicien en 1969.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
TrissotinTrissotin   01 juin 2011
Le train éveilla des gares suisses, de style gothique, dont les vitraux tremblèrent. Le Simplon, durant vingt-neuf minutes, donna l’audition d’une grande symphonie de fer, puis, sur des chaussées, on passa les rizières du Piémont jusqu’à une station qui finissait sur rien, sur une grande citerne d’ombre, de silence, et ce fut Venise. Au réveil, une bise de zinc faucha les maïs de la plaine croate. La Serbie s’annonçait par ses porcs, rayés noir et blanc comme des coureurs, et qui dévoraient, renversée dans le fossé, une carcasse de wagon dont ne restaient que les roues et le signal d’alarme. On échangea contre les fleuves d’autres fleuves passés sur des barrages flexibles comme un osier, tandis que, voisines, les piles de l’ancien pont décapité dans les retraites, émergeaient. A Vinkopje, les Roumains en velours furent détachés du train, dans la nuit glacée. Après Sofia, les maisons portèrent leurs piments qui séchaient, frères des vignes vierges. Éclairées par le soleil levant, labourées par les bœufs, les plaines bulgares affichaient une prospérité symbolique, comme sur les vignettes des timbres-poste ou au revers des monnaies. Enfin, après la traversée du désert de Thrace, sous un ciel d’étoiles mais où nos yeux, habitués aux constellations d’Occident, cherchaient en vain l’étoile polaire, ne reconnaissaient plus le Chariot qui au ras du sol prenait cette fois une route terrestre, dans une brèche de la muraille byzantine, la mer de Marmara s’élargit.
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AmbagesAmbages   21 décembre 2016
Olivier Goussepain, critique littéraire barbu, grimaçant, la bouche pleine d'anciennes anecdotes, écoutait ces propos. Quand Goussepain parlait d'une dame, il disait comme sous Mac Mahon : "C'est du nanan !" Il ressemblait à un de ces masques baroques qui vomissent de l'eau et que les architectes nomment "dégueuleux". Les jeunes écrivains qui, sur la rive gauche, affectent de mépriser ses suffrages, s'empressaient maintenant autour de lui.
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AmbagesAmbages   22 décembre 2016
"Qui est cette muchacha ? demanda Fargue.
- C'est la Jolie fille de Perth, sortie tout droit de Walter Scott.
- Je vomis ce troubadour, fit Fargue. Walter Scott est le Violet-le-Duc du roman. Chez lui, tout est volé à Chaucer et à madame Radcliffe. Au revoir. Je vais aller prendre un petit bain d'ombre, avant l'affreux soleil."
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Corboland78Corboland78   29 mars 2012
Sans autre vêtement qu’une turquoise au doigt, je devais donc, le front haut, entrer dans la salle des jeux, où deux fois par semaine, les membres du Diana-Bund se dénudaient et passaient la soirée en costume de paradis. J’allais être un des leurs. Il ne suffisait pas que la chose fût autorisée par la police et considérée comme naturelle pour qu’elle m’apparût absolument comme telle. Certes, mon appréhension diminuait au souvenir de mes précédentes expériences nordiques, des bains de soleil mixtes sur les plages allemandes de la Baltique, de l’hydrothérapie suédoise où l’on est livré aux mains douces, et comme usées par le savon, des femmes, et des baignades russes où j’avais vu des hommes et leurs compagnes brûlés et nus se tenir par la taille dans l’eau des Iles, bleue comme une encre stylographique. Cependant l’idée de se trouver soudain au milieu de dames et de demoiselles était inquiétante. J’entrouvris à nouveau la porte.
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AmbagesAmbages   21 décembre 2016
Les automobiles arrêtées devant les maisons, préfigurent souvent la société de l'intérieur : Rolls, Hispanos laquées : colonies étrangères ou aristocratie avec mésalliances ; Voisin, Panhard : grosse industrie ; Citroën, Bébés-Peugeot, Renault : jeunes filles affranchies, poulettes, célibataires, collages.
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PROUST PRIX GONCOURT 1919 : L?EXPOSITION DU CENTENAIRE
Drouant, 10 décembre 1919 : Marcel Proust reçoit le 17e prix Goncourt pour "À l?ombre des jeunes filles en fleurs", deuxième volet d?"À la recherche du temps perdu". Cette décision fait date : une nouvelle ère littéraire s'ouvre avec la consécration d'un roman sans égal, où se joue notre rapport au temps, à la réalité, à la subjectivité et aux êtres aimés. Les jours qui suivent sont marqués par un mouvement de contestation dans la presse hexagonale. Ce qui fera dire à Jacques Rivière, ami de l?écrivain et directeur de la NRF, témoin de cette « petite émeute » de papier : « Seuls les chefs d??uvre ont le privilège de se concilier du premier coup un ch?ur aussi consonant d?ennemis. Les sots jamais ne se mettent en révolution sans qu?il leur ait été fait quelque positive et vraiment cruelle injure. » Retour à la Galerie Gallimard sur l'histoire de ce prix, à partir des archives des Éditions Gallimard, de la Maison de Tante-Léonie (Illiers-Combray), du prix Goncourt (Nancy), de la Bibliothèque nationale de France, et de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, avec la présentation d'une soixantaine de documents exceptionnels dont certains ont été exposés dans le cadre du Printemps proustien dans la Maison de Tante-Léonie à Illiers-Combray: lettres, épreuves d?imprimerie, manuscrits et « placards » originaux, dessins et photographies. À voir en particulier le carnet de notes personnel de Marcel Proust "Moi prix Goncourt (vers 1920-1921)" et pour la première fois exposés, deux dessins de Paul Morand prêtés par la Bibliothèque nationale de France : "Marcel Proust au Ritz" (vers 1917) et "Marcel Proust sur son lit de mort" (novembre 1922).
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