AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2267030691
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (15/03/2018)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Dans un recueil de textes préfacé par Ta-Nehisi Coates, le prix Nobel, Toni Morrison, revient sur les thèmes qui imprègnent son travail et dominent de plus en plus clairement la politique nationale et mondiale : la «race», la peur, les frontières, le mouvement de masse des populations, le désir d’appartenance. Qu’est-ce que la « race » et pourquoi est-ce si important ? Qu’est-ce qui motive la tendance de l’être humain à créer les Autres ? Pourquoi la présence de ces... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
zabeth55
  22 mars 2018
En 2016, Toni Morrison a donne six conférences à Harvard. Elles sont retranscrites dans ce livre.
Pourquoi la race est-elle un facteur de différenciations ?
Difficile question de l'asservissement de l'Autre.
Toni Morrison s'appuie sur des journaux, privés ou publics, traitant de l'esclavage, sur des auteurs ayant abordé le sujet, sur ses propres écrits
Une réalité brûlante et douloureuse qui est le fil conducteur de tous ses livres.
Partant des débuts de l'esclavage à la vague de migration actuelle, elle dénonce une réalité qui n'a toujours pas résolu le problème inhumain du racisme.
Commenter  J’apprécie          280
de
  10 janvier 2019
Qui revendique, à jamais revendique un baiser
En avant-propos, Ta-Nehisi Coates, parle des conférences sur « la littérature de l'appartenance » données à l'université de Harvard en 2016. Elle aborde cette Origine des Autres, la politique identitaire du racisme, la création des étranger·es, la construction de barrières, les liens entre racisme et race, « le racisme précède la race », le « gouffre racial », le concept ténu qui a néanmoins pu avoir une forte emprise sur des millions de personnes, la fabrication de l'« Autre », une « sorte de ligne de démarcation naturelle et divine entre celui qui fait esclave et celui qui le devient », la peur de perdre son rang et de perdre sa propre différence « consacrée et prisée », la politique policière, le langage de la justification, les frontières du pouvoir, les privilèges jamais abandonnés par altruisme, les partisans de la blancheur, les luttes pour l'égalité, Toni Morrison, « Son oeuvre est enracinée dans l'Histoire et puise sa beauté dans les manifestations les plus monstrueuses »…
Six conférences :
Embellir l'esclavage
Etre ou devenir l'étranger
L'obsession de la couleur
Configurations de la noirceur
Raconter l'Autre
La patrie de l'étranger
Toni Morrison analyse, entre autres, « les ingrédients qui font que l'on est inférieur », les constructions de l'« Altérité », les critères de différenciation (race, classe sociale, genre), le racisme scientifique, « l'un des objectifs du racisme scientifique est d'identifier un élément marginal afin de définir ce que l'on est », le devenir – car on ne nait pas – raciste ou sexiste, l'esclavage et sa tolérance, l'utilisation de la force brute ou son embellissement, les viols, l'espace noir, la fabrication de l'« appartenance ».
L'autrice parle aussi de littérature, de quelques-uns de ses livres et de leur construction.
Elle souligne que les Noirs sont indispensables « à une définition blanche de l'humanité », l'utilisation de « caractéristiques » pour obtenir l'ascendant et le pouvoir, la confirmation de la (sa) « normalité » par la construction de l'esclave comme « espèce étrangère », la dignité « d'être su à propos de ce que nous ressentons », l'étranger.e comme « aléatoire » ou comme « remémoration », la négation dans l'autre de son « individualité spécifique » sur laquelle « nous insistons par nous-mêmes ».
La « goutte du mystique sang « noir » », l'obsession de la couleur traquée par Toni Morrison dans des oeuvres littéraires, les lois interdisant la mixité « raciale », « elles ont déroulés le tapis sur lequel ont dansé de nombreux écrivains », les configurations de la noirceur, les prétendues caractéristiques de la « couleur » et les définitions toujours sociales et politiques…
Les migrations (Contrairement à ce qu'écrit l'autrice, si en nombre de migrant es, les mouvements de population sont aujourd'hui importants, en pourcentage de la population mondiale, ils restent très faibles), la patrie de l'étranger·e, les exils aussi dans les lieux « où étaient leur place », les perceptions de l'extranéité (menace, dépravation, inintelligibilité), l'espèce humaine, « Ne savais-tu pas que je t'attendais ? ».
Le titre de cette note, emprunté à l'autrice, est la dernière phrase de la conférence nommée « Raconter l'autre ».

Lien : https://entreleslignesentrel..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
BJFenimore
  11 juin 2018
Un essai ardu à lire dans l'écriture mais aussi dans la complexité des propos. A travers les exemples de l'esclavage, de la ségrégation et des migrations contemporaines, Toni Morrison s'interroge sur les notions de race et de racisme véhiculées dans la littérature américaine. En analysant ses propres récits, elle questionne l'individualité de l'Autre. Comment fabrique-t-on l'Autre ? Et si l'autre n'était qu'une partie projetée de nous-mêmes, l'Etranger inavouable - parce qu'inacceptable – en nous ?
Commenter  J’apprécie          10
mimipinson
  15 mai 2018
Ce n'est pas que l'ouvrage n'est pas bon; bien au contraire.
C'est juste que la forme ne me convient décidément pas.
Commenter  J’apprécie          10

critiques presse (2)
Lexpress   07 juin 2018
Au coeur de sa réflexion, Toni Morrison place la question centrale de l'altérité. Et cette tendance qui est la nôtre de toujours nous façonner en fonction de l' "Autre", un autre déshumanisé, négateur d'individualité.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   01 juin 2018
Un essai fulgurant sur la question du racisme signé de la Prix Nobel de littérature afro-américaine.

Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
dede   10 janvier 2019
l’un des objectifs du racisme scientifique est d’identifier un élément marginal afin de définir ce que l’on est
Commenter  J’apprécie          40
nath45nath45   20 novembre 2018
Comment devient-on raciste, sexiste ? Puisque personne ne naît raciste et qu'il n'existe pas de prédisposition fœtale au sexisme, on apprend à fabriquer l'Autre non par des conférences ou par une instruction, mais par l'exemple. (Page 18)
Commenter  J’apprécie          111
BJFenimoreBJFenimore   11 juin 2018
J'ai mis un certains temps à comprendre mes prétentions déraisonnables sur cette pêcheuse. A comprendre que je ressentais le désir et le manque d'un aspect de moi-même, et qu'il n'existe pas d'étrangers. Il n'existe que des versions de nous-mêmes, auxquelles nous n'avons pas adhéré pour beaucoup et dont nous voulons nous protéger pour la plupart. En effet, l'étranger ne vient pas d'un autre pays, il est aléatoire ; il ne vient pas d'un autre monde, mais est remémoré ; et c'est la nature aléatoire de notre rencontre avec notre moi déjà connu - bien que non reconnu comme tel - qui suscite une légère vague d'inquiétude. C'est ce qui nous fait rejeter l'image et les émotions provoquées par cette rencontre, surtout quand ces émotions sont profondes. C'est aussi ce qui nous donne envie de posséder, de gouverner et d'administrer l'Autre. D'embellir cette personne, si nous le pouvons, en la renvoyant à nos propres miroirs. Dans un cas comme dans l'autre (d'inquiétude ou de fausse révérence), nous nions son statut de personne, cette individualité spécifique sur laquelle nous insistons pour nous-mêmes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
BJFenimoreBJFenimore   11 juin 2018
Pourquoi voulons-nous connaître un étranger quand il est plus facile d'aliéner quelqu'un d'autre ? Pourquoi voudrions-nous supprimer la distance quand nous pouvons supprimer l'accès ?
Commenter  J’apprécie          10
rbreizhrbreizh   10 août 2018
Loin de nos attentes originelles d'intimité accrue et de savoir plus vaste, les représentations qu'offrent d'ordinaire les média déploient des images et un langage qui restreignent notre opinion de ce dont ont l'air (ou devraient avoir l'air) les humains et de ce à quoi, en vérité, nous ressemblons.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Toni Morrison (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Toni Morrison
INTEGRALE - T. Morrison, C. Taubira, B. de Caunes, M. Brunet, J-M. Delacomptée, G. Faye.
autres livres classés : racismeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Beloved de Toni Morrison

De quoi s'inspire ce roman ?

D'un fait divers
De rien
De la vie de l'auteur

7 questions
46 lecteurs ont répondu
Thème : Beloved de Toni MorrisonCréer un quiz sur ce livre