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Marielle Morin (Traducteur)
EAN : 9782877307475
449 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (05/10/2004)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 300 notes)
Résumé :
Dans un pays comme le nôtre où le célibat est souvent associé à l'idée de solitude, voire d'échec, il est bon de lire Compartiment pour dames. Anita Nair, auteur indienne, sait en effet que, dans son pays, le célibat est avant tout générateur de liberté et qu'il faut se battre pour acquérir cette indépendance.
Son personnage, Akhila, fille aînée d'une famille dont elle a la charge, décide un jour de partir seule en voyage. Elle prend le train et se trouve dan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
litolff
  09 novembre 2012
Voici un roman étonnant pour les contrastes qu'il développe : un ton résolument moderne qui se heurte à chaque page aux traditions rigides de l'Inde contemporaine. L'héroïne, Akhila, en est d'ailleurs un exemple vivant : elle prend tous les jours le train pour aller travailler en banlieue mais ne prend aucune décision personnelle sans en référer à ses frères, elle qui a été élevée par ses parents dans l'idée que la femme est inférieure à l'homme...,et que son seul destin est dans le mariage.
Dans une société où une fille n'est qu'un tas "d'embêtements" car il faut lui constituer une dot, la rendre docile et bien élevée pour pouvoir la marier, être une femme, c'est toujours vivre par procuration. Certaines femmes indiennes rêvent devant la liberté supposée ou réelle des femmes occidentales, libérées de la tutelle des hommes. Mais comment adapter cette liberté en terre indienne, où le poids des castes et des traditions est un frein à l'émancipation?
A travers les confidences des ses compagnes de voyage, faites de renoncements, de frustrations et parfois de révoltes, Akhila recherche la réponse aux questions qu'elle se pose : un homme est-il indispensable au bonheur d'une femme ? Comment redevenir maitresse de son destin ?
Voilà donc un magnifique livre sur la condition des femmes en Inde.
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Palmyre
  19 août 2013
Être célibataire à quarante-cinq ans peut paraître anodin pour nous, sauf qu'en Inde, on a plutôt tendance à vous regarder de travers. C'est à la suite de la mort de son père qu'Akhila a arrêté ses études pour pouvoir travailler et subvenir aux besoins de la famille, et élever ses frères et soeurs. Toujours dévouée, elle n'a presque pas penser à elle et à ses besoins sauf une fois lorsqu'elle fait la connaissance d'Hari, mais leur chemin se sépareront à son initiative.
Lors d'un trajet en train, on découvre sa vie et celle des autres dames du compartiment. Chacune lui livre son point de vue sur le célibat de par leur expérience personnelle. Quel sera son choix? Va-t-elle décider de vivre sa vie en s'opposant aux valeurs traditionnelles indiennes?
L'écriture d'Anita Nair nous invite au voyage au travers le portrait croisé de ses femmes qui ont sacrifié leur vie pour les autres en raison du poids des traditions. Ce pays encore marqué par de nombreux tabous que l'auteur aborde subtilement ou frontalement dans ses livres tels que l'I.V.G., le port du préservatif ou les relations homosexuelles.
Là où le roman tient sa force c'est qu'il aurait pu être construit sous forme de nouvelles, mais Anita Nair a réussi à enchevêtrer le destin de ces femmes courageuses lors d'un trajet en train.
J'ai apprécié me replonger dans la culture indienne si riche de traditions et de respect des valeurs au détriment de leur choix personnels.
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gavarneur
  22 septembre 2019
Ça se passe très loin, heureusement ( !!! ??? !!!) ; la lectrice et surtout le lecteur peut presque ( ??? !!!) se dire que tout ça n'arriverait pas chez nous.
Le contenu n'est pas surprenant au début : dans un train en Inde, six femmes se parlent, se racontent. Des chapitres intercalés permettent au lecteur d'en savoir plus sur leurs histoires. Elles sont de conditions sociales très différentes, de castes aussi même si seule la brahmane est identifiée comme telle, et rappelle combien c'est encore important. de la très jeune à la très âgée, l'impression initiale est que les femmes indiennes ne vivent qu'en fonction du regard des autres ; il y a des choses qui ne se font pas. Et surtout, la vie d'une femme n'a pour seul but que la satisfaction d'un homme, et accessoirement de la mère de celui-ci, souvent sous le même toit.
Ce qui est au début certitude est ensuite questionnement : dans quelle mesure une femme peut-elle vivre aussi pour elle-même ? Et même : peut-elle malgré le poids de la société et du regard de la famille et du voisinage, vivre sans homme ?
Ces histoires se mêlent habilement, et Anita Nair a une parole qui m'a mené, de la stupéfaction devant ces conditions sociales persistant aujourd'hui, à beaucoup d'empathie pour ses personnages et leur vécu. Ces femmes ne sont pas toutes admirables, mais ce sont des personnages justes (réels et bien décrits). Ce livre m'a touché, il m'a rappelé que nous les mâles pouvons être égoïstes, odieux et même criminels. Même ici.
Pour conclure positivement, j'ajoute que la construction du livre nous fait vivre quelques journées de la vie d'Akhila, que ses rencontres dans le train vont amener à une ouverture sur des possibles... que vous apprécierez sans doute en parcourant ce roman.
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isabelleisapure
  07 octobre 2014
Une vie de femme que celle d'Akhila ? Appréciez vous-même…
A quarante-cinq ans elle n'en connait que la servitude totale dans laquelle elle s'est enfermée au décès de son père au profit de ses frères et soeur qui tout naturellement vont se laisser porter par la facilité de sa dévotion et les bienfaits tirés des économies réalisées sou à sou par Akhila à leur intention…
Jusqu'au jour où trop est devenu trop pour elle qui leur a tout sacrifié jusqu'à « oublier » de vivre sa vie de femme ! Alors envahie par un rêve de liberté et d'indépendance c'est décidé elle abandonne cette vie d'esclave et révoltée elle part.
Akhila entame ainsi un voyage en train de nuit durant lequel elle ira de découverte en découverte au contact d'autres femmes inconnues qui à la faveur de la promiscuité vont lui révéler tout ce qu'elle a manqué jusqu'au plus intime durant ce quasi calvaire qu'a été sa vie familiale …
Un portrait à la fois émouvant et révoltant de la femme Indienne qui n'a pas choisi de naître dans un de ces pays où elle n'a pas encore obtenu sa vraie place dans la société.
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Malice
  08 juillet 2013
J'ai beaucoup aimé ce livre une réflexion sur la place de la femme en Inde."D'abord une bonne épouse ne peut pas servir deux maîtres et, par maîtres, il faut entendre son père et son mari. Une bonne épouse apprend à faire passer les intérêts de son mari avant ceux des autres, même ceux de son père. Une bonne épouse écoute son mari et fait ce qu'il dit." Uniquement des femmes se retrouvent dans un compartiment de seconde classe. Akhila a quarante cinq ans , célibataire, elle travail aux impôts. Elle profite de ce long voyage vers le sud du pays, pour faire le point dans sa vie. Ce long voyage va lui permettre de mieux orienter sa vie et de ses choix."Elle a fait de son mieux mais le train est complet. Il n'y a plus de place en deuxième climatisée et ni en première. Elle t'a trouvé une couchette en deuxième classe avec réservation mais dans le compartiment pour dames. Est ce que ça te va ? Tu vas te retrouver avec cinq autres femmes qui voudront tout savoir de ta vie."
Les autres femmes qui partagent avec elle se voyage, elles confient à Akhila leur vie.
Donc dans ce magnifique de Anita Nair, c'est la vie des femmes en Inde qui défile. Il y a Prabha Devi,
Sheela Vasudevan une très jeune fille qui est montée la dernière. Janaki Prabhakar une femme âgée, une femme au foyer. Margaret Paulraj une jolie femme, son marie est le principal d'une école. Et elle enseigne la chimie. Sa vie n'est pas rose tous les jours avec son mari.
Marikolanthu la dernière qui raconte sa vie à Akhila.
Elle est très différente des autres, car elle est pauvre et n'a pas connu le rôle d'épouse des autres femmes.
Sa vie est un véritable conte.
Tous ces femmes racontent leur vie, les bons moments mais aussi les échecs. Akhila est très dévouée depuis toujours à sa famille, elle a enfin envie que sa vie prend une autre direction. Toutes ces femmes à travers leurs récits montrent bien que le regard des autres est pesant. C'est plaisant il y a beaucoup d'humour. le passage de l'oeuf dur, la découverte du goût ma beaucoup amusée entre Akhila et Katherine Weber (anglo-indienne). Akhila aimera le goût de l'oeuf dur, cela sera mal vu par sa famille.
Passage sur l'échange de culture, de moeurs. Autre passage qui ma touché, peut-être parce que j'ai une grande admiration pour Lewis Carrol , Prabha Devi a des enfants, ils font du sport, elle les attend, elle se balade et elle découvre "Une petite porte dans le mur lui faisait signe. Un autre souvenir d'écolière lui revint à la mémoire. Etait-ce ce qu'avait ressenti Alice en voyant la petite porte dans le mur ? Sur quel pays des merveilles s'ouvrait-elle donc ?" J'aime ce passage car en découvrant cette porte cela lui rappel des souvenirs mais aussi débouche sur quelque chose qui est une piscine et l'émerveillement de la part de Prabha Devi, car c'est une nouveauté et elle va apprendre à nager.
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
gavarneurgavarneur   17 septembre 2019
« Tu n'aides pas assez ta mère. Tes amis ont mauvais genre ! Tu regardes trop la télé. Tu passes trop de temps dehors. Qui t'a appris à dire merde à chaque phrase ? Qui est ce garçon à qui tu parlais à l'entrée du parc ? »
La liste était interminable et absurde. Sheela n'essayait pas d'argumenter, comme elle l'aurait fait dans d'autres circonstances. « Comment est-ce que je peux trop regarder la télé et passer trop de temps dehors, comme tu le dis ? » aurait-elle demandé autrefois.
Page 114
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flogacaflogaca   24 mars 2015
C'est ainsi depuis toujours; l'odeur d'un quai de gare, la nuit, fait naitre en Akhila l'envie de s'évader.
Le long corridor de béton qui se déroule dans la nuit, ponctué par des panneaux et par l'alternance de l'ombre et de l'éclairage de la gare. Le mouvement des aiguilles d'une pendule qui donne un rythme d'urgence au vacarme des écrans de télévision suspendus et au grincement des chariots chargés de paniers et de sacs. le grésillement du système de sonorisation qui s'anime en crachotant pour annoncer les arrivées et les départs. Le jasmin enroulé dans des chevelures, la sueur et la brillantine, le talc et la nourriture rance, les sacs de jute humides et l'odeur verte des paniers de bambou fraichement tressés, Akhila hume tous ces parfums et, de nouveau, l'évasion lui vient à l'esprit. Une vague de gens s'évadant tous dans une infinité kaléidoscopique foisonnante qui dépasse son entendement.
(début du livre)
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litolfflitolff   06 décembre 2010
Akhila réalisa soudain que c'était en racontant leur vie que toutes ces femmes, Janaki, sheela et même Margaret, qui s'enorgueillissait de son indépendance, tentaient de lui donner un sens. Et moi qui croyait être la seule à essayer de définir les contours de mon existence ! Elles ont toutes besoin autant que moi de justifier leurs échecs. C'est en explorant la texture de la vie des autres, en cherchant des ressemblances, susceptibles de connecter nos vies entre elles, que nous essayons de nous libérer d'un sentiment de culpabilité à l'égard de ce que nous sommes et de ce que nous sommes devenues.
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SophiePatchouliSophiePatchouli   18 mars 2016
Tous les quais de gare se ressemblent. Avec leurs flaques d'eau près d'un robinet qui goutte. Leurs passagers aux visages fermés et aux yeux fiévreux. Leurs valises empilées. Leurs bancs occupés. Leur porteurs. Leurs marchands avec leurs pots de thé et de café, leurs paquet de biscuits et leurs magazines illustrés. Leurs poubelles débordantes de déchets. Des mégots. Un gobelet en plastique écrasé. Un emballage de chocolat. Une peau de banane. Des sacs en plastique rose et vert accrochés aux rails et se gonflant ou se dégonflant au gré du vent.
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SophiePatchouliSophiePatchouli   14 mars 2016
Parmi les cinq éléments dont la vie est composée, c'est à l'eau que je m'identifie. L'eau qui mouille. Qui soigne. Qui efface. Qui accepte. L'eau qui coule sans relâche. Mais qui détruit aussi. Car cette capacité à dissoudre et à détruire est une qualité intrinsèque de l'eau, au même titre que son caractère liquide.
Dans l'univers des substances chimiques, l'eau est le solvant universel. Elle dissout la nature de tout ce à quoi elle se mélange. Le fait d'être un élément familier ne me rend pas pour autant anodine.
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