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ISBN : 2246806429
Éditeur : Grasset (08/05/2013)

Note moyenne : 3.09/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Y a-t-il un monde au bout du monde ? Un secret à découvrir aux confins de ces terres sauvages où ce n'est plus l'homme qui habite la nature mais la nature qui tolère l'homme ? Un hiver, Lorette Nobécourt part seule au Chili pour réaliser ce «rêve très grand et très ancien d'aller un jour en Patagonie ». De Valparaiso jusqu'en Terre de feu, en bateau, à pied, en bus, l'auteur nous emmène au bout du monde où se dévoile, à travers des paysages inouïs, les contours de c... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  13 juillet 2017
« Quelle est cette quête d'un ailleurs qui n'existe qu'à l'intérieur de nous-mêmes ? »
Point de long billet argumenté sur ce court journal de voyage pour convaincre de découvrir Patagonie intérieure : les amoureux de grands espaces épris de liberté, de nature sauvage, de sensations nouvelles, de rencontres improbables, le tout matière à belles réflexions, devraient y trouver leur compte.
Nous sommes nombreux, je crois, à fantasmer notre Patagonie, ce rêve de voyage immense et solitaire qui garde l'horizon ouvert pour traverser les moments de doute ou de tempêtes, cette source intérieure à laquelle nous rêvons de nous abreuver pour nous ressourcer un jour, peut-être, quand nous aurons le temps, les moyens…
Et puis, un jour, on entame le voyage. Ou pas.
C'est en tout cas ce qu'a fait Lorette Nobécourt, avec un talent certain. Pour découvrir que « Il n'y a pas d'ailleurs que mon chemin. Mais je peux décider de la route. »
Ce bouquin inclassable m'a laissé émerveillée et curieuse. Les ingrédients d'un voyage réussi !
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fanfanouche24
  14 août 2017
Un texte très fort...auquel je me suis intéressée après avoir lu le
billet très enthousiaste de la camarade, Piatka... j'en profite pour l'en remercier...
Sans volonté délibérée , j'ai commandé simultanément "Grâce lui soit rendue"... qui est le roman achevé, concrétisé après ce très important voyage en Pantagonie où l'auteure allait faire des repérages de lieux et de personnages pour cette fiction !
Revenons à cette "Patagonie intérieure"... voyage sublime, tant géographique qu'intérieur...Des descriptions subtiles, envoûtantes des paysages de ce bout du monde mythique !
"Et pourquoi faut-il que je m'éloigne toujours et si régulièrement de ceux par qui je me suis laissé apprivoiser ? Quelle est cette quête d'un ailleurs qui n'existe qu'à l'intérieur de nous-mêmes ? Et si nous
pouvions un jour occuper cette place, il n'y aurait plus enfin à aller toujours plus loin, au bout du monde-et j'y vais, j'y vais-, comme s'il y avait un bout, une fin, un lieu autre où demeurer. (...)
Dans quelle Pantagonie intérieure trouverai-je le repos ? "(p. 14-15)

Une lecture magique qui parle merveilleusement de grand large, réunissant l'ailleurs des voyages, une quête existentielle , l'amour de la littérature et et de l'écriture.... Géographie intime absolue...
Un petit livre rare qui m'incite à poursuivre la
connaissance de cette auteure, sans oublier un autre écrivain auquel Laurence Nobécourt rend un
hommage vibrant, et qu'il me reste aussi à découvrir; je voulais nommer Roberto Bolàno....
"Tout ce que j'ai vu du Chili depuis un mois que je suis ici ne dit rien de Bolàno. Il n'a rien de chilien. Il appartient à cette terre singulière, au-delà de toutes les nations et de toutes les cultures, qui est celle de la littérature lorsqu'elle atteint à l'incarnation du verbe. (...)
Le paysage de sa langue est aussi immense et sauvage que le sont ceux de son pays. "(p. 109)
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Fx1
  18 octobre 2014
Pour avoir fait le méme voyage jusqu'en Patagonie , je ne peux que trouver superbe cet opus qui fait ressortir à la perfection l'état de quasi transe qui prend le voyageur une fois sur place .
Il faut voir combien le voyage est long jusque là bas , combien l'on se retrouve face à soi méme une fois là bas .
C'est grandiose , on se sent tout petit face à tant de beauté ...
Certes le ton est un peu triste ici , mais l'expérience est tellement intense que l'on ne peut que plonger dans cette oeuvre qui décrit si bien les sentiments profonds qui habitent le voyageur .
C'est un opus superbe , d'une trés belle langue , qui épouse remarquablement la dimension de ce voyage au fond de soi mème .
A découvrir absolument !
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Myriam3
  27 janvier 2017
Lorette Nobécourt reçoit une bourse pour aller sur les lieux de son roman en cours: la Patagonie. Il y a pire! Elle part donc, seule, et observe son voyage.
Le titre remplit bien son rôle car ce voyage, justement, est autant intérieur que physique et le texte passe sans cesse d'une observation ou une sensation à une réflexion, comme si la narratrice se devait sans cesse d'expliquer, analyser, tout ressenti, et c'est d'ailleurs ce qui m'a gênée, bien que je sois d'habitude intéressée par l'introspection.
Presque tout au long de ce long voyage en direction de la Terre de Feu, où elle finira par abandonner un moment toute critique, elle se trouve dérangée par ses compagnons de route: famille nombreuse, Américains envahissants, jeune fille rieuse, fou, bavard... tout est prétexte à agacement, critique, moralisation et je n'avais qu'une envie, c'était de lui dire de se détendre, de faire abstraction, de RESPIRER ce voyage, le goûter, nous le donner à sentir, à voir, nous donner ce goût de liberté et d'espaces que malheureusement, je n'ai pas ressenti un instant en lisant ce texte.
Personnellement, je n'ai pas pu vivre ce voyage comme je l'aurais voulu, qu'il soit extérieur et intérieur, car même si j'ai trouvé quelques-unes de ses réflexions intéressantes, les autres m'ont soit déplu soit laissées de marbre, peut-être par incompréhension.
Elle cite Cendrars et donc je finirai en disant que Cendrars éveille beaucoup mieux en moi l'esprit du voyage.
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chalipette
  18 mai 2013
Un petit bijou de littérature de voyage à ne pas manquer ! 109 pages de pur bonheur d'écriture pour qui aime voyager, penser le voyage, être autre chose qu'un touriste prisonnier dans des schémas pré-digérés de visites en overdose.
Je n'ai qu'une crainte celle de ne pas arriver à vous convaincre de le lire, vous, voyageur dans l'âme.
L'auteur se rend en Patagonie avec pour objectif de vérifier, valider les éléments géographiques et historiques du héros de son prochain roman en cours d'écriture.
Mais cette raison est un alibi, ce voyage en Patagonie, elle en a toujours rêvé et il suscite en elle des révélations sur LE voyage en lui même.
La façon d'aborder un voyage est une sorte de révélateur sur la connaissance de soi.
C'est autant un voyage géographique qu'un voyage intérieur, qu'elle découvre au fil des étapes.
Ses commentaires et réflexions sur les raisons profondes qui nous poussent à voyager, sa vision de la découverte, tout est parfaitement écrit dans une langue magnifiquement maîtrisée.
Ses descriptions des paysages sans fin sont à couper le souffle.
L'approche est très littéraire, il faut le préciser. Mais quel bonheur de lecture !
Je ne connais pas la Patagonie, même si j'en rêve, mais cet ouvrage aurait pu parler de l'Islande que je connais. Même dépaysement, même sensation que l'on rentrera différent de ce voyage.
Quelques extraits choisis pour vous donner un avant-goût :
«Quelle est cette quête d'un ailleurs qui n'existe qu'à l'intérieur de nous même?»
«Et faut il toujours reconvoquer l'épreuve du manque pour être augmenté de la présence par l'absence ?»
«Peux-t-on finalement, transmettre héritage plus précieux que celui de la soif suscité par le manque ?»
«Le paysage me rentre dedans. Je sens déjà la mémoire que j'en porte dans la poitrine pour l'avenir, lorsque de retour là-bas qui sera mon ici de demain, je réveillerai les images.»
«Ce que je vois, ici: c'est la terre qui nous regarde. Et c'est cela qui nous fait si timides… Dans les fjords, les fragments de terre sont des lettres perdues qui cherchent leur phrase. Alors, nous ne pouvons que faire silence.»
«Je pousse la porte. Je suis dehors, non je suis dedans, je suis dans l'envers du monde. Il existe un envers du monde qui est à l'endroit. Et c'est ici . La Patagonie c'est cela, ce n'est pas le bout du monde mais son envers à l'endroit, où se dressent majestueux les dieux et déesses qui peuple cet univers enversé.»
«Ce n'est pas un paysage c'est une porte… cette porte ouvre à l'intérieur de soi.»
«En arrivant à Punta Arenas, une publicité me saute aux yeux …" En Patagonie les chats ne sont pas domestiques" un énorme puma illustre le slogan. Cela m'enchante.»
«Ushuaïa, ce n'est pas le bout du monde, non, seulement une petite ville où les magasins le prétendent.»
"La démesure n'a que la mesure pour avoir accès à elle-même. L'infini ne possède que la limite pour exister. "
«Il n'y a rien-rien-rien- Sinon des étendues illimitées qui profanent l'habitude du regard et le forcent à se perdre...Rien, des autruches, comme de drôles de chapeaux mondains égarés, plumes au vent.»
Chaque phrase de ce petit livre arrive en résonance dans notre façon de concevoir le voyage.
A LIRE A RELIRE ET A OFFRIR !!!!

Lien : http://bibliothequedechalipe..
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Les critiques presse (1)
Lexpress   06 août 2013
Avec Patagonie intérieure, la romanicère Lorette Nobécourt entraîne le lecteur dans un voyage au bout du monde. Inclassable.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   13 mai 2013
La plupart des couples, absents l'un à l'autre, voyagent seuls à deux.
C'est étrange comme ici les gens seuls semblent davantage "avec". C'est un paysage qui appelle la solitude. Par son immensité, sa puissance tranchante, il témoigne d'une vérité qui ne supporte aucun artifice. Face aux fjords, seule la solitude ne triche pas. L'indifférence du paysage est proche de l'amour.
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PiatkaPiatka   12 juillet 2017
Mais d’où cela vient-il donc que mon corps entier se mette à sourire. Ma tristesse inutile s’est dilapidée aux quatre vents de cet océan de terre, poussière d’écume insignifiante éparpillée dans ce tourbillon de calme. Le paysage est libre. Libre. C’est le singulier épousé par l’unité du tout. Socrate dit que « la sagesse commence dans l’émerveillement ».
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PiatkaPiatka   09 juillet 2017
Ce que j’aime dans la perte de la compréhension du langage - lorsque au milieu de la foule on ne perçoit plus le sens de ce qui s’échange dans les langues à soi étrangères - c’est la vérité éclatante de celui des corps, qu’aucun signifiant de la parole ne vient plus parasiter. Le corps sait, il témoigne en vérité de ce que le corset du bavardage recouvre, et dit absolument ce que le sujet identifié ignore ou refuse de savoir.
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fanfanouche24fanfanouche24   11 août 2017
Est-ce donc cela qui est nécessaire pour que l'homme cherche enfin son ailleurs en lui ? Son absolu, son infini ? faudra-t-il que la mondialisation s'étende jusqu'à nous plaquer littéralement aux parois du néant pour que nous nous résolvions enfin à nous retourner vers le dedans ? (...)
Faudra-t-il aller jusqu'à l'anéantissement du langage pour que le verbe advienne enfin ? (p. 30)
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fanfanouche24fanfanouche24   12 août 2017
Je mesure quelle plénitude porte le manque constitutif sur lequel s'est fondée mon existence. Et ce que vingt-cinq ans de lutte pour écrire dans le manque ont apporté à mon travail et à ma vie. Une confiance, une exigence que même l'abondance ne saurait plus défaire. (p. 34)
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