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ISBN : 2226328777
Éditeur : Albin Michel (17/08/2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.44/5 (sur 596 notes)
Résumé :
« L’art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire. »
Amélie Nothomb

L'exceptionnelle intelligence de Déodat n'avait d'égale que son extrême laideur.
Trémière était incroyablement belle, mais on la disait simple d'esprit.
Le destin les fit se rencontrer.
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Critiques, Analyses et Avis (213) Voir plus Ajouter une critique
Ydamelc
  25 août 2016
Pour débuter la rentrée, rien ne vaut le dernier Nothomb, pour moi !
Avant de me lancer dans ce conte revisité de Perrault, je suis d'abord allée faire un petit tour du côté de chez Wikipedia pour y lire un petit résumé de l'original (merci pour le conseil mon cher GS... Pas sûre que j'y aurais pensé par moi même :-p).
J'ai vraiment aimé ce nouvel opus.
De leur naissance à leur rencontre, Amélie Nothomb nous conte l'histoire d'un garçon, Déodat et d'une fille, Trémière, que tout oppose, autant physiquement, qu'intellectuellement... mais pas que.
Il est question d'amour, de différences, de rejet, d'image de soi ou de regard des autres, mais aussi de petits oiseaux !
Tout cela m'a beaucoup parlé...
On y retrouve toute la patte de l'auteure, tout ce qui nous régale et qui fait sa différence !
Quelle plume, quelle imagination, quelle richesse !
Un Amélie Nothomb, ça ne se raconte pas, ça se lit, ça se déguste, comme une bonne coupe de champagne !
Je vous laisse donc le savourer sans modération...
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jeunejane
  24 août 2016
Enide, enceinte à quarante-huit ans donne naissance à Déodat après de nombreuses années d'un mariage heureux avec Honorat.
Mais, surprise, Déodat est affreux : ce qui n'empêchera pas les parents de l'entourer de compréhension et d'affection.
Déodat est exceptionnellement intelligent et passe au-dessus des railleries de ses camarades.
A sa grande surprise, au lycée, les filles l'apprécient.
D'un autre côté, Rose et Lierre ont une fille, Trémière, dotée d'une rare beauté. Les parents la trouvent bête mais heureusement, sa grand-mère, la mystérieuse Passerose l'élève et lui fait prendre conscience de ses qualités d'observatrice silencieuse.
Si on a lu le conte " Riquet à la houppe", on devine que ces deux enfants-là, le laid et la belle, vont se rencontrer un jour mais quand et comment?
Comme toujours, j'ai savouré le roman d'Amélie Nothomb. Sa sensibilité, son analyse des personnages, sa fantaisie, sa variation dans la façon d'aborder les thèmes qu'elle décide de traiter me font chaque fois craquer.
J'ai lu le livre très lentement pour savourer chaque page.
Il m'est arrivé d'aller voir sur Internet l'oiseau étudié par Déodat, la huppe fasciée, son hiéroglyphe et bien d'autres choses encore. L'auteure fait preuve d'une grande érudition ou curiosité car dans ce cas, elle s'intéresse aux oiseaux comme son héros et elle est loin d'être ennuyeuse.
Un grand moment de lecture pour moi !
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alainmartinez
  30 août 2016
L'année dernière Amélie Nothomb revisitait Oscar Wilde. Cette année nous avons droit à un conte. Dans cette cuvée 2016 l'auteure s'inspire de « Riquet à la houppe » de Charles Perrault dont la version date de 1697.
Le « Riquet à la houppe » d'Amélie est l'histoire de la Belle et la Bête. La Bête ne se nomme pas Riquet mais Déodat, un garçon très laid mais d'une grande intelligence. La princesse, elle, s'appelle Trémière, superbement belle mais qu'on dit assez stupide. Comme on peut se l'imaginer tout sera fait pour que l'auteure fasse en sorte que ces deux personnages se rencontrent. L'amour ne s'explique pas !
Un roman court, très court, où Amélie Nothomb y met son univers qui caractérise toute son oeuvre. Des personnages aux noms cocasses dans un monde extravagant, des réflexions sur le monde qui nous entoure. Une belle écriture qui se lit rapidement malgré quelques longueurs. Un vrai talent que je trouve pour ma part un peu gâché par le désir ou l'obligation de sortir un livre par an. A quand un grand roman très personnel ?
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lyoko
  07 mai 2018
L'écriture de Nothomb en général me plait beaucoup, ici encore d'ailleurs, par contre le contenu de l'histoire c'est autre chose.
J'ai parfois, mais rarement apprécié ses bons mots, qui sont d'une logique imparable. Par contre je n'ai pas apprécié du tout les deux personnages principaux, ce garçons si laid et cette fille si belle.
Je me suis honteusement ennuyée à cette lecture, a tel point que j'ai fini par lire ce roman en diagonale... chose qui m'arrive très rarement, mais que je suis obligée de signaler.
Le gros avantage des Nothomb c'est qu'ils se lisent extrêmement vite.. alors en y ajoutant la diagonale, je ne vous dit même pas.
Je pense avoir lu le meilleurs de l'auteurs car a chaque fois mes nouvelles immersions dans son univers me font de moins en moins apprécier ses romans.
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ninachevalier
  19 août 2016
Amélie Nothomb Riquet à la houppe Albin Michel ( 188 pages 16,90€)

Amélie Nothomb réitère avec les contes de Perrault, et après Barbe bleue, choisit de nouveau un titre éponyme. On le sait, l'auteure accouche d'un roman chaque année, cette fois ce sont ses figures féminines qui donnent vie. Naître peut s'avérer «  un atterrissage brutal ».
Nous voilà propulsés dans la vie de deux couples, tout jeunes parents, pas encore aguerris aux besoins des bébés. On connaît l'art d'Amélie Nothomb pour le choix des noms : Dédodat , «  cadeau de Dieu », est le premier né, un bébé «  sur mesure », un prodige, très mature. Mais pourquoi ses parents sont-ils si «  pétrifiés » au point de songer à se cloîtrer ?
Vient ensuite Trémière, «  l 'enfançonne, irréelle de beauté », aux «  traits de poupée de porcelaine ». Un prénom qui surprend l'infirmière. Mais quand « Lierre », le père, féconde « Rose », la rose grimpante ne pouvait que s'appeler Trémière.

La romancière entrelace les trajectoires de ces deux familles et de leurs progénitures.
Elle s'essaye à décrypter les circonvolutions de leur cerveau et à percer le mystère de ces «  énigmes lumineuses » que sont les enfants comme l'affirme Daniel Pennac. le cas Déodat est effectivement peu commun, les rôles sont comme inversés,
c'est Déodat qui jauge «  cette espèce qui s'extasie pour rien ». Il les cerne si bien qu'il modèle son comportement en fonction de leurs réactions.
Ne sont-ils pas ridicules les parents qui baragouinent leur jargon personnel étoffé de mimiques ?
Pour la narratrice «  L'enfance est un miracle ». Elle ausculte la relation filiale et montre qu'un enfant peut s'adapter, s'attacher à une autre personne que la mère.
Mais elle -même n'a-t-elle pas tissé un lien intense avec sa nounou japonaise ?
Elle analyse la fibre maternelle de Rose et d 'Énide .
Que penser de Rose qui confie sa fille Trémière à sa grand-mère Passerose ?
Quand on sait que celle -ci chiromancienne, personnage récurrent chez Amélie Nothomb, vit dans «  une ruine somptueuse » qui se délabre comme le château du Comte Neuville, on peut craindre pour l'enfançonne.
Si Déodat aime son parc, Trémière y végète et accuse du retard pour marcher et parler. Pourtant c'est bien en compagnie de sa grand-mère qu'elle veut rester, tant leur fusion est intense. Un secret les relie, celui du coffre à bijoux.

Nous suivons la croissance, les premiers pas et l'acquisition du langage, leur éducation, leurs résultats scolaires. Les problèmes surgissent quant aux relations avec les autres, surtout dans la cour de récré, une mini jungle. Déodat découvre la cruauté, la méchanceté, «  le sadisme de ses congénères » , les moqueries à l'école ( comparé à un « troll ») et l'ostracisme.Comment aider les plus vulnérables à se défendre ?
De même, il ne peut pas comprendre qu'un canari soit en cage. Son éveil aux oiseaux est né quand il reçut «  une substance blanchâtre » et devint «  L' Enfienté ». Il y vit «  un message divin » et reçut ce signe comme « une illumination ». En autodidacte, Déodat cultive sa passion dévorante avec les planches oiseaux des dictionnaires tout émerveillé par la « profusion de couleurs et de grâce ». Puis, le cadeau de Noël de sa mère : « Les oiseaux du monde » devient sa bible. A six ans seulement, il décida de calquer sur les oiseaux «  leur noble indifférence à l'homme », au risque de devenir autiste. Un moyen de mettre à distance «  la bassesse des hommes » et leur violence. Mais Déodat Eider, n'est-ce pas un nom prédestiné ?
Son QI exceptionnel soulève la question de l'intelligence. Est-elle innée ?
Mais l'environnement social n'a-t-il pas aussi un impact dans la construction d'un être, l'acquisition du langage ?
Trémière n'est pas épargnée, elle aussi martyrisée par ses camarades, humiliée, affublée d'un sobriquet «  Trémière la crémière ». A l'ère des réseaux sociaux, les propos délétères circulent vite et fragilisent la victime.
En résumant leur scolarité, Amélie Nothomb soulève la question de l'orientation des enfants après le Bac. Ne pas leur imposer le choix de l'adulte, mais les laisser libres.
Les parents de Déo ne conçoivent pas de contrecarrer le souhait de leur fils, mais ne sont pas compris par l'école. Son intérêt pour les oiseaux se confirme et le conduit à « une thèse de doctorat sur la huppe fasciée ». Cette passion rappelle «  la femme oiseau » d'Isabelle Kauffmann, qui sous « ses vêtements amples, portait deux petites aîles qui bruissaient imperceptiblement quand elle montait ou descendait des escaliers ».
Pour finir l'écrivaine déroule le fil de la vie sentimentale, des premiers émois des deux protagonistes. Tous deux vont connaître des déceptions et les affres de la rupture.
Amélie Nothomb met en exergue la résilience de Déodat, qui s'adapte à son handicap, sa différence et sait trouver «  un modus vivendi » pour le surmonter.
Si Pétronille avait des affinités avec le chat, Amélie Nothomb semble s'être exhaussée pour rejoindre son héros métamorphosé par les oiseaux. D'ailleurs dans une interview,
elle confie avoir avec eux beaucoup de points en commun : «  diurne, nocturne », allant jusqu'à s' identifier à un oiseau de proie : «  une buse ».
La romancière oppose la télévision aux livres. Peut-on grandir sans télé ? Vivre sans télé ? Déodat,le seul à ignorer ce loisir que ses parents considérent comme «  l'invention du Diable » veut en juger par lui-même. le deal passé avec Axel lui permet de combler cette carence. Son enchantement fait vite place à l'ennui.
Ce roman est un hymne aux livres. Si pour Charlie Chaplin, «  Une journée sans sourire est une journée perdue », pour tous les dévoreurs de livres comme Déodat, des heures sans livres sont «  des heures perdues ».
Amélie Nothomb montre comment un livre peut bouleverser une vie.
La romancière,en habituée des plateaux, nous plonge dans les coulisses d'une émission de télé réalité et dénonce les pratiques de certains animateurs qui abusent de leur invitée, sous prétexte qu'elle a une tête de linotte. Sous les traits de Trémière, on devine d'autres stars de la réalité dont les paroles font le tour des réseaux !
Quand Amélie Nothomb est invitée, le champagne de luxe va de pair.
Mais le boire sans «  compagnon de beuverie » n'est pas envisageable pour les deux protagonistes à moins que la sérendipité joue en leur faveur.
Le récit se termine par une réflexion autour de l'épilogue dans les romans d'amour.
Que privilégier ? Une «  Happy end » ou pas ? Un fin ouverte ou pas ?
Amélie Nothomb rend compte de ses observations après avoir lu tout Balzac, à savoir que «  le pont aux ânes de la littérature, c'est évidemment l'amour » !
Alors au lecteur d'être perspicace ? Pour quelle solution aura-t-elle opté ?
Les aficionados d 'Amélie Nothomb pourront débusquer le mot récurrent de quatre lettres qu'elle se plaît à distiller avec malice dans ses romans.
L'auteure dénonce également ce diktat de la transparence ( sujet abordé par Mazarine Pingeot dans son essai) qui conduit les paparazzis à traquer leur proies. Toutes deux refusant de voir l'espace privé violé.
Amélie Nothomb ponctue son récit de réflexions pertinentes , voire philosophiques sur l'intelligence et la bêtise, le beau et le laid, soulignant le rayonnement de la beauté intérieure. Puis, comme l' a constaté Arthur Dreyfus : «  le grand bonheur reste que les très beaux ne recherchent pas ( uniquement)des très beaux ! Si l'on en croit Monica Belluci, la beauté peut faire souffrir. Pour Charles Dantzig, «  La beauté est un malheur.Elle engendre la haine.L'être beau a bientôt le sentiment d'avoir usurpé quelque chose.Elle est belle, et n'y peut rien ». « Il est entendu par les autres, pour se la rendre supportable, qu'elle est signe de bêtise. »
Par son ode aux oiseaux, à la pratique du «  birdwatching », nul doute que la romancière va recueillir l'adhésion des militants de la ligue des oiseaux.
Amélie Nothomb, toujours aussi pétulante, signe un roman allègre, jouissif, aérien et aviaire, qui dévoile les subtils entrelacs qui forgent le destin.
Amour, humour et champagne, des ingrédients qui donnent des ailes à l'auteur.
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critiques presse (6)
LaPresse   16 septembre 2016
Si l'écrivaine belge a parfois fait pire, elle a aussi, plus souvent, fait mieux.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro   02 septembre 2016
La romancière belge réinterprète à sa manière le conte de Perrault.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeFigaro   02 septembre 2016
La romancière belge réinterprète à sa manière le conte de Perrault.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique   31 août 2016
D’une enfance en attente à un monde en effervescence. Entre humour et humeur.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeJournaldeQuebec   29 août 2016
Écrivaine unique, à l’humour fin et à la plume très juste, Amélie Nothomb revisite cette année un conte célèbre, en lui donnant une saveur contemporaine inimitable, un vrai cadeau pour la rentrée littéraire.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaLibreBelgique   24 août 2016
Amélie Nothomb revisite un conte de Perrault, "Riquet à la houppe". La trame est bien respectée. Un enfant laid mais supérieurement intelligent finit par tomber amoureux d’une fille stupide mais merveilleusement belle.
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Citations et extraits (140) Voir plus Ajouter une citation
ange77ange77   07 décembre 2016
Par bonheur, ils avaient peu de famille et peu d'amis. Ils eurent néanmoins à endurer des visites dont la politesse ne parvint pas à masquer la consternation. Énide observait le visage de ceux qui découvraient son petit ; chaque fois qu'elle constatait le tressaillement de dégoût, elle était au supplice. Après un silence crucifiant, les gens finissaient par hasarder un commentaire d'une maladresse variable : "C'est le portrait de son arrière-grand-père sur son lit de mort." Ou : "Drôle de tête ! Enfin, pour un garçon, ce n'est pas grave."
Le sommet fut atteint par la méchante tante Épziba :
- Ma pauvre Énide, tu te remets ?
- Oui. La césarienne s'est bien passée.
- Non, je veux dire, tu te remets d'avoir un gosse aussi vilain ?
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hcdahlemhcdahlem   25 octobre 2016
« Lierre inventait des jeux vidéo, Rose dirigeait une galerie d’art dans le nouveau quartier branché de Chevaleret. Ils avaient vingt-cinq ans, ils n’avaient pas de temps à accorder à leur bébé. Un mois après l’accouchement, la jeune mère reprit son travail et confia la petite à sa mère, qui habitait une ruine somptueuse à Fontainebleau.
– Tu es sûre que c’est une bonne idée ? lui demanda Lierre.
– C’est là que j’ai grandi, élevée par ma mère, répondit Rose.
– La maison et la mère s’effondraient moins à l’époque.
– Je souhaite à ma fille une enfance aussi féerique que la mienne.
La mère de Rose s’appelait Passerose, autre nom de la rose trémière. Elle s’éprit de sa petite-fille au premier regard :
– Je ne pensais pas qu’il était possible d’être encore plus belle que Rose, dit-elle à l’enfançonne.
Personne ne connaissait l’âge de Passerose. Cette ignorance renforçait l’idée qu’elle venait d’une époque radicalement autre, où les papiers d’identité n’existaient pas et où les filles de seize ans hésitaient entre les carrières de fée ou de sorcière. Passerose semblait ne pas avoir choisi qui tenait autant de la sorcière que de la fée.
Rose n’avait jamais connu son père, ni même su son nom. Quand elle interrogeait sa mère à ce sujet, elle n’obtenait pas d’autre réponse que :
– Je l’aimais. Il est mort à la guerre.
– Quelle guerre ? Les Français ne faisaient pas la guerre au temps de ma naissance.
– Les Français font toujours la guerre quelque part.
– Parle-moi de lui.
– Je ne peux pas. C’était un trop grand amour.
Parfois, Rose soupçonnait Passerose de l’avoir inventé. Il n’en demeurait pas moins qu’elles habitaient un palais qui leur avait été légué par ce père et dont la propriété ne leur fut jamais contestée. » (p. 36-38)
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frgifrgi   11 septembre 2016
"Les gens ne sont pas indifférents à l'extrême beauté : ils la détestent très consciemment. Le très laid suscite parfois un peu de compassion ; le très beau irrite sans pitié. La clé du succès réside dans la vague joliesse qui ne dérange personne." (p.37)
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ange77ange77   08 décembre 2016
Les livres que l'on se sent appelé à lire sans savoir pourquoi étant souvent l'expression du destin, Trémière tomba dans une librairie aux rayon "Enfants" sur 'Riquet à la houppe' de Perrault et su qu'il fallait le lire. Ce petit conte délicieux l'aurait charmé si elle ne s'y était gravement reconnue :《Cette Belle, c'est moi. Ce n'est pas tant qu'elle est sotte, c'est qu'elle n'a pas d'esprit.》
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IlfioredelmaleIlfioredelmale   30 avril 2017
Par bonheur, ils avaient peu de famille et peu d’amis. Ils eurent néanmoins à endurer des visites dont la politesse ne parvint pas à masquer la consternation. Énide observait le visage de ceux qui découvraient son petit ; chaque fois qu’elle constatait le tressaillement de dégoût, elle était au supplice. Après un silence crucifiant, les gens finissaient par hasarder un commentaire d’une maladresse variable : « C’est le portrait de son arrière-grand-père sur son lit de mort. » Ou : « Drôle de tête ! Enfin, pour un garçon, ce n’est pas grave. »
Le sommet fut atteint par la méchante tante Épziba :
– Ma pauvre Énide, tu te remets ?
– Oui. La césarienne s’est bien passée.
– Non, je veux dire, tu te remets d’avoir un gosse aussi vilain ?
Vaincus, les parents regagnèrent leur domicile où ils se cloîtrèrent.
– Mon chéri, dit la mère à Honorat, jure-moi que nous ne recevrons plus personne.
– Je te le jure, mon amour.
– J’espère que Déodat n’a rien capté du fiel et de la médisance de tous ces gens. Tu sais, il est si gentil. Il a essayé de me téter le sein et quand il a vu qu’il n’y arrivait pas, il m’a souri, comme pour me dire que ça n’avait pas d’importance.
« Elle est en train de perdre la raison », pensa le père. Énide avait toujours été d’une extrême fragilité, tant physique que psychologique. À quinze ans, elle avait été renvoyée de l’école des petits rats de l’Opéra de Paris pour un motif inconnu dans l’histoire de cette auguste maison : excès de maigreur. « Nous ne savions pas que c’était possible », avait conclu l’examinatrice.
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