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EAN : 9782844267313
224 pages
Éditeur : Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou (07/09/2016)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 6 notes)
Résumé :
René Magritte est un artiste à part au sein du Surréalisme. Il n'a de cesse de remettre en question la supposée supériorité du mot sur l'image. Son oeuvre est parcourue d'allusions aux mythes fondateurs de l'Occident (Platon, Pline l'Ancien, l'Ancien Testament, Cicéron...), dans lesquels il ancre sa réflexion. L'artiste s'attache à hisser la peinture au rang de la poésie, de la musique et de la philosophie, au risque de s'attirer les foudres d'André Breton.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Alzie
  23 novembre 2016
Vous voyez une pipe et vous lisez que ce n'est pas une pipe. En effet puisque ce n'est que la représentation d'une pipe ajoute Magritte. Si FUMER TUE l'exposition en cours au centre Pompidou aussi. Ce tableau de Magritte peint en 1929, « La Trahison des images » en couverture du catalogue, illustre la démarche iconoclaste de ses débuts surréalistes. C'est aussi le premier qui est offert à la vue en entrant dans l'expo qui s'achève sur une autre de ses variations « Ceci continue de ne pas être une pipe ». Tableaux à voir, tableaux à lire, rapports entretenus entre les mots et les images, les idées et les symboles, remise en question des mots et des images. « On voit autrement les images et les mots dans un tableau » selon Magritte pour qui : « l'art de peindre est un art de penser ». Sa peinture est faite pour poser des problèmes et bousculer des évidences. Oiseau, pomme, plume, chapeau, bougie. Exploration du sens et rapprochements infinis par la peinture. Magritte se mesure d'abord aux mots des poètes et dialogue ensuite, dans les années cinquante, avec les philosophes revendiquant «  une dignité intellectuelle » pour son art que Michel Foucault lui reconnaîtra. Superbe catalogue qui prend les allures d'un traité philosophique éminemment visuel. Ombres, lumière, miroirs, transparence, fragments, fenêtres, rideaux. Un penseur Magritte ? Aucun doute. Mais attention, la déroute de la représentation qu'il orchestre n'est pas son discrédit, loin s'en faut. On savoure cette esthétique unique (moins peut-être la période « vache » quand il entend pratiquer le surréalisme "au grand jour") où le mystère illusionniste reste souvent entier et qui est aussi un art de faire rire. Dans la suite du parcours de l'exposition, splendide est la cohabitation livresque, plastique et philosophique (servie par une mise en page impeccable), entre les oeuvres et les grands mythes fondateurs de la peinture et de l'histoire de la représentation auxquels elles se réfèrent (récit biblique de l'adoration du veau d'or, légende de la fille du potier de Corinthe, allégorie de la caverne, histoire de Zeuxis et Parrhasios et celle des filles de Crotone). Certains des textes introductifs à chacune des cinq parties sans doute un peu ardus. Lecture exigeante requise pour ce très beau livre.
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Bazart
  08 décembre 2016
L'exposition Magritte au Centre Pompidou Paris, »La trahison des images » depuis la rentrée , propose en effet une approche à ce jour inédite de l'oeuvre de l'artiste belge René Magritte.
Rassemblant les oeuvres emblématiques, comme d'autres peu connues de l'artiste, provenant des plus importantes collections publiques et privées, l'exposition offre une lecture renouvelée de l'une des figures magistrales de l'art moderne. Une centaine de tableaux, de dessins, et des documents d'archives, sont réunis .
Pour André Breton et Paul Eluard, la poésie est une pipe.
Les poètes surréalistes rencontre René Magritte qui leur répond par son célèbre tableau:” La trahison des images”.
Magritte au Centre Pompidou invite les poètes mais aussi les Philosophes. Il explore la Caverne de Platon, relit Pline l'Ancien, devise avec Michel Foucault, correspond avec Merleau-Ponty et sa peinture devient philosophie.
L'image peut-être trompeuse, la pensée de l'homme est-elle vraie?
Magritte n'aime rien de plus que de peindre la mise en abime, l'oxymore et le questionnement.
Surtout ne croyez pas que cette peinture est intellectuelle et compliquée, elle est surtout rêveuse et drôle. Magritte n'oublie jamais de jouer avec le visiteur.
On aime l'approche didactique de leur histoire, c'est simple et intelligent en même temps.
Tout le monde pourra aisément y trouver son compte, des lecteur de Télérama aux autres notamment les enfants, il faut dire que le surréalisme marche bien avec eux......
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
AlzieAlzie   11 novembre 2016
Une nuit de 1936, je m'éveillai dans une chambre où l'on avait placé une cage et son oiseau endormi. Une magnifique erreur me fit voir dans la cage l'oiseau disparu et remplacé par un oeuf. Je tenais là un nouveau secret poétique étonnant, car le choc que je ressentis était provoqué précisément par l'affinité de deux objets, la cage et l'oeuf, alors que précédemment ce choc était provoqué par la rencontre d'objets étrangers entre eux. Je recherchai, à partir de là, si d'autres objets que la cage pouvaient également me révéler - grâce à la mise en lumière d'un élément qui leur serait propre et qui leur serait rigoureusement prédestiné - la même poésie évidente que l'oeuf et la cage avaient su produire par leur réunion. Cet élément à découvrir, cette chose entre toutes attachée obscurément à chaque objet, j'acquis au cours de mes recherches la certitude que je la connaissais toujours d'avance mais que cette connaissance était comme perdue au fond de ma pensée. (p. 35)

La ligne de vie I
Conférence donnée par René Magritte au Musée royal des beaux-arts d'Anvers le 20 novembre 1938
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AlzieAlzie   11 novembre 2016
La Trahison des images peinte par René Magritte en 1929 est le témoignage - ironique autant que fumant -, de l'iconoclasme diffus du premier surréalisme. Si Marcel Duchamp instruit cette critique par des moyens résolument non picturaux, c'est pinceaux en mains que Magritte assume ce doute à l'endroit des images, les soumettant à une réflexivité intransigeante. (p.54)

Mots, ombres, flammes, rideaux, fragments
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CamilleMartinCamilleMartin   06 octobre 2019
Cette vieille question : « Qui sommes-nous ? » trouve une réponse décevante dans le monde où nous devons vivre. Nous ne sommes, en effet, que les sujets de ce monde prétendument civilisé, où l’intelligence, la bassesse, l’héroïsme, la bêtise, s’accommodant fort bien les uns les autres, sot tour à tour de rôle d’actualité. Nous sommes les sujets de ce monde incohérent et absurde, où l’on fabrique des armes pour empêcher la guerre, où la science s’applique à détruire, à construire, à tuer, à prolonger la vie de moribonds, où l’activité la plus folle agit à contre-sens ; nous vivons dans un monde où l’on se marie pour de l’argent, où l’on bâtit des palaces qui pourrissent abandonnés devant la mer. Ce monde tient encore debout tant bien que mal, mais on voit déjà briller dans la nuit les signes de sa ruine prochaine. Il paraîtra naïf et inutile de redire ces évidences pour ceux qu’elles ne gênent pas et qui profitent tranquillement de cet état de choses. Ceux-là qui vivent de ce désordre aspirent à le consolider et les seuls moyens qui lui soient compatibles étant de nouveau désordres, ils concourent, en replâtrant le vieil édifice à leur manière dite « réaliste », à précipiter sans le savoir sa chute prochaine.
[…]
Cependant, il nous faut nous défendre de cette médiocre réalité façonnée par des siècles d’idolâtrie pour l’argent, les races, les patries, les dieux et j’ajouterai l’idolâtrie pour l’art. La nature, que la société bourgeoise n’a pas complètement réussi à éteindre, nous offre l’état de rêve, qui donne à notre corps et notre esprit la liberté dont ils ont un impératif besoin.

Il s’agit d’une nouvelle vision où le spectateur retrouve son isolement et entend le silence du monde.
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AlzieAlzie   18 novembre 2016
L'image est une création pure de l'esprit.
Elle ne peut naître d'une comparaison mais du rapprochement de deux réalités plus ou moins éloignées. Plus les rapports des deux réalités rapprochées seront lointains et justes, plus l'image sera forte. Pierre Reverdy, "L'image", Nord-Sud, n°13, mars 1918.

La beauté est un problème plastique, Jacqueline Lichtenstein p. 188
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AlzieAlzie   18 novembre 2016
Je finis par trouver dans l'apparence du monde réel lui-même la même abstraction que dans les tableaux. René Magritte, "La ligne de vie I", 1938.

Ce qu'il faut peindre, c'est l'image de la ressemblance - si la pensée doit devenir visible dans le monde. René Magritte, "L'art de peindre..." catalogue exposition Magritte, Paris, 1960.

Le peintre-roi, Barbara Cassin, (p. 128)
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