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ISBN : 2072802024
Éditeur : Gallimard (04/10/2018)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 6 notes)
Résumé :
«Ce livre raconte une rencontre, annoncée, tout au long de la vie, par divers signes énigmatiques. Le plus explicite m’est venu de mon professeur de troisième, Renée Guilloux. À ses élèves adolescentes elle recommandait chaleureusement la fréquentation d’une romancière anglaise, George Eliot, et de ses héroïnes.
J’ai mis longtemps à transformer ce conseil en livre. Celui-ci n’est pas une biographie. Mais une promenade dans la forêt des romans, en compagnie d’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
fanfanouche24
  28 octobre 2018
"(...) dans l'oeuvre d'Eliot, Fernand Brunetière voyait "le plus bel épanouissement littéraire" après -La Comédie humaine, Charles du Bos égalait -Middlemarch à Anna Karénine,
Proust disait ne pouvoir lire deux pages d'elle sans pleurer. Et je plaiderais pour apporter quelques fleurs à cet immense génie. Car aujourd'hui ces voix louangeuses se sont tues, en France du moins. Et beaucoup de mes amis, grands lecteurs pourtant, parmi lesquels une très fine romancière, me demandant perplexes, après s'être enquis de mon travail : mais qu'est-ce qu'il a écrit, au juste,ce George ? (p. 19)"
Quelle belle entrée en matière que cet extrait dithyrambique... en hommage en effet à George Eliot [ de son vrai nom, Marian Evans], aussi talentueuse que l'autre George [ Sand] !
Très joyeuse de cette découverte au fil d'une flânerie... double petit bonheur entre mon intérêt pour l'historienne-philosophe, Mona Ozouf, ainsi que ma curiosité très lointaine pour George Eliot [ le Moulin sur la Floss et Middlemarch... sont dans les listes d'attente, et lacunes à combler depuis des lustres, me semble-t-il !!]qui va être nourrie généreusement,
car curieusement Mona Ozouf a cette romancière anglaise dans son Panthéon personnel... depuis une éternité. Ce qui m'a fait aussi très plaisir d'apprendre... que cet enthousiasme pour cette auteure a été induite, provoquée par une professeure de français de Mona Ozouf, qui n'était autre que Renée Guilloux, épouse de l'écrivain, Louis G.
Mona O. nous raconte la longue et fidèle fréquentation des textes de George Eliot, étudie en détails trois de ses romans : "Le Moulin sur la Floss", "Middlemarch" et "Daniel Deronda"...
un très beau livre... à la fois "érudit", passionné et plein de sensibilité sur la femme, la moraliste, et l'artiste qu'était George Eliot... Compagnonnage littéraire, féministe et social des plus prenants... qui s'achève par un parallèle entre les deux George, l'Anglaise et la Française....
Ouvrage à ne pas manquer pour tous les amoureux de Littérature, de romanesque... qui englobe un large miroir d'une société donnée...avec le portrait mouvementé d'une femme déterminée, qui s'est battue pour écrire et devenir Ecrivain, sans les barrières sexistes [ ce qui l'a incité à prendre un pseudo masculin... pour gagner en liberté et échapper aux jugements stéréotypés de l'époque...]
"Pourquoi le choix d'un pseudonyme masculin ? Une femme déjà, dont Lewes et Marian [ George Eliot ] aimaient les livres brûlants, les avait publiés sous un énigmatique nom de plume. Avaient-ils à l'esprit l'exemple de George Sand ? Sans doute, puisque les deux femmes ont emprunté à leur amant, l'une la moitié d'un nom, l'autre l'entier d'un prénom. Et toutes deux, pour couper court au procès de tromperie qui les attendait l'une et l'autre, ont usé du même argument : si elles se sont masquées, c'est pour que leurs livres soient jugés selon leurs mérites propres. (p. 160-161)
A la fin de l'ouvrage, une double bibliographie nous est proposée: les traductions en français, d'un côté et de l'autre, des biographies et des essais en anglais sur l'oeuvre de George Eliot...
Une lecture foisonnante qui mêle autobiographie, histoire littéraire, Histoire des mentalités ainsi qu'un hommage sans pareil à George Eliot, comme la "Résurrection" d'une auteure, méritant d'être redécouverte ou plus exactement, lue plus largement !!...
Deux curiosités plus vives se dégagent après cette lecture : l'envie de lire (enfin !) le "Moulin sur la Floss" et "Daniel Deronda"... dont je ne connaissais pas l'existence, avant ce texte de Mona Ozouf !
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Colchik
  03 mars 2019
On sent qu'il y a chez Mona Ozouf une dette à l'égard de George Eliot dont la lecture lui avait été recommandée, alors qu'elle était encore une toute jeune fille, par son professeur de français, Renée Guilloux, la femme de l'écrivain du Sang noir.
Sait-on ce que va nous apporter une lecture – a fortiori un auteur – avant de nous être confrontés à la vie ? Lorsque nous découvrons un roman à l'adolescence, nous en aimons l'intrigue, les personnages. le temps passant, nous comprenons qu'il ne s'agit pas seulement de personnages mais de situations plus ou moins transposables à celles que nous croisons au fil de l'existence. Puis, sans doute s'opère-t-il une sorte d'alchimie entre l'auteur et le lecteur et, qu'au-delà du destin de la Maggie Tulliver du Moulin sur la Floss, ou de la Dorothea de Middlemarch, ou encore de la Gwendolen de Daniel Deronda, nous apparaît l'empreinte qu'a laissée le premier sur le second. Non pas que nos actes aient été gouvernés par la vision du monde d'un écrivain mais que, nous arrêtant un moment, nous nous soyons dit qu'il ou elle avait exactement compris ce que l'on pouvait ressentir face à certaines situations. Alors nous pouvons parler de « dette » au sens où l'on est redevable à un autre de nous avoir aidés à comprendre quelques fragments du monde qui nous entoure.
L'autre George est donc né de ce moment où l'on s'arrête, où l'on gratte de l'ongle un coin de la mémoire pour y trouver la trace laissée par une femme, cette Marian Evans devenue George Eliot. le talent de Mona Ozouf n'est pas tant dans l'analyse des oeuvres de l'écrivain – elle a sans doute plus tendance à raconter qu'à révéler ce qui en fait la richesse – que dans ce qu'elle dit de sa vie, de son érudition, de la place faite aux femmes dans l'Angleterre victorienne. J'ai aussi trouvé très intéressant le parallèle que Mona Ozouf fait entre les deux George, George Sand et George Eliot, se gardant d'enfermer chacune dans des stéréotypes.
Dans son introduction, Mona Ozouf évoque un libraire de Saint-Brieuc, Monsieur Basquin, chez qui sa mère et elle commandaient des livres. Juste hommage rendu à cet homme et à sa librairie qui habitent la mémoire des Briochins ou de ceux qui ont suivi leurs études secondaires dans cette ville, ce qui fut mon cas. Il n'y a pas d'amour des livres sans passeurs. Merci Mona de le rappeler.
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jocelynev
  25 juin 2019
Quel plaisir de mettre ses pas de lectrice dans ceux de Mona Ozouf. Elle croise si habilement les vies, les caractères, les émotions, les idéaux avec les contraintes historiques et les choix littéraires qui font les écrivains et en particulier, les écrivaines du XIXème siècle qui ont ouvert la voie et fait entendre leur voix bien personnelle. Un livre de croisements très efficace par la beauté de la phrase et la simplicité avec laquelle Mona Ozouf transmet à la fois, un immense savoir et une perspicacité de lectrice habile et convaincante.
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45fb
  26 mars 2019
J'avais apprécié la composition française, la civique de l'autre Georges était bonne, je me sui laissé tenter. J'ai lu 120 pages et considère perdre mon temps à poursuivre. Résumés de livres de George Eliot, j'avoue ne pas voir l'intérêt de l'exercice.
Heureusement j'ai acheté ce volume d'occasion ...3 €. le perte n'est pas considérable.
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critiques presse (3)
LeMonde   10 décembre 2018
George Eliot vue par Mona Ozouf devient une témoin de son temps, de même qu’une femme qui peut revendiquer l’égalité tout en chérissant la dissemblance, ou qu’une moraliste capable d’arbitrer entre ce dont nous avons hérité et ce que nous voulons choisir.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   30 novembre 2018
L'historienne consacre un essai à cette femme de lettres qui se cachait sous un nom d'homme.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Liberation   04 octobre 2018
Mona Ozouf rend hommage à l’auteure britannique George Eliot, aussi affranchie et talentueuse que sa consœur Sand, et qui documenta les transformations de l’ère victorienne à travers ses récits.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   23 octobre 2018
La mauvaise humeur des commentateurs du roman ["Le Moulin sur la Floss"] à l'égard de Stephen s'est étendue à la pauvre Maggie : la découverte de la sensualité de la jeune fille, cachée jusque- là par sa vie ascétique, suffisamment indiquée toutefois par la romancière, a indigné la pudibonde critique victorienne, si soucieuse de ménager la vertu des jeunes filles, et reconnaissante à Walter Scott de n'avoir fait place dans son oeuvre à aucun baiser. (p. 36)
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fanfanouche24fanfanouche24   23 octobre 2018
(...) dans l'oeuvre d'Eliot, Fernand Brunetière voyait "le plus bel épanouissement littéraire" apès -La Comédie humaine, Charles Du Bos égalait -Middelmarch à Anna Karénine, Proust disait ne pouvoir lire deux pages d'elle sans pleurer. Et je plaiderais pour apporter quelques fleurs à cet immense génie. Car aujourd'hui ces voix louangeuses se sont tues, en France du moins. Et beaucoup de mes amis, grands lecteurs pourtant, parmi lesquels une très fine romancière, me demandant perplexes, après s'être enquis de mon travail : mais qu'est-ce qu'il a écrit, au juste,ce George ? (p. 19)
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fanfanouche24fanfanouche24   23 octobre 2018
[A propos du "Moulin sur la Floss "] (...) et il ne chicane pas sa compassion à Maggie quand les objets qu'elle pleure sont des livres : eux aussi sont des trésors de mémoire, paragraphes soulignés, coloriages enfantins, tulipes séchées entre les pages. Mais ils sont tout autre chose encore : la chance de l'ubiquité , la promesse de l'évasion, la découverte d'autres mondes. C'est la disparition de ses livres qui arrache à Maggie la plainte décisive, en laquelle est enclose la tragédie du roman : " Il n'y aura rien dans notre vie qui ressemblera au début" (p. 26)
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fanfanouche24fanfanouche24   24 octobre 2018
George Eliot est loin d'être indifférente à l'adoucissement que les habitudes mettent dans les vies, et même les pinces à sucre des tantes ont droit à son indulgence. Toutefois, cette tolérance à la grande force apaisante des existences humaines est bien peu partagée par Maggie, indignée qu'au premier plan des soucis de sa mère il y ait non la santé de son mari, mais la dispersion de son argenterie. La "coutume" de la jeune fille n'est pas la transmission d'un héritage matériel; et pas davantage d'un héritage de convenances : en revenant à Saint-Ogg, elle ne fait pas ce qui convient, mais ce qui convient à sa conscience. Son unique héritage est celui, tout affectif, qui empêche de délier le présent du passé. (p. 40)
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michelekastnermichelekastner   27 janvier 2019
Il y a donc toutes sortes de femmes. On n'en quitte pas moins les "Scènes de la vie cléricale" avec le soupçon qu'hommes et femmes n'habitent pas le même monde. Aux uns, la salle enfumée du bar du Lion Rouge, toute bruissante d'anathèmes, de vantardises, de véhémence vulgaire, dans l'odeur du brandy. Aux autres, le salon des demoiselles Linnet, où l'on s'occupe utilement à recouvrir les livres de la bibliothèque de prêt, fenêtres ouvertes sur le parfum du chèvrefeuille. On en retire la certitude que les femmes possèdent des qualités spécifiques, nées des conditions que la vie leur a faites. Elles sont des êtres liés, quand les hommes sont libres. Plus tôt qu'eux, autrement qu'eux, elles font connaissance avec la nécessité : une nécessité qui a presque toujours la forme de l' enfant, des soucis qu'il cause, de la vie qu'il occupe, submerge, et parfois dérobe ; si sacralisée pourtant qu'ils s'y soumettent religieusement. Comme elles obéissent aussi, et c'est toujours un trait féminin, à cette subtile tyrannie des souvenirs qui paralyse toute velléité de révolte : Janet, derrière la brute qui la terrorise, voit toujours le jeune homme assis à ses côtés dans une prairie de juin, et qui lui mettait des coquelicots dans les cheveux. Enfin, et une fois encore bien plus que leurs partenaires, elles sont victimes de l'opinion publique, de l'immémoriale conviction - partagée, semble-t-il, par la narratrice - que l'espace d'une femme aimante est défini par les murs de sa maison ; que le mari est l'unique médiateur par lequel elle puisse entrer en contact avec le vaste monde ; que toutes ses initiatives personnelles sont frappées de suspicion.
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Videos de Mona Ozouf (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mona Ozouf
Entretien avec Mona Ozouf, historienne spécialiste de la Révolution française et directrice de recherche au C.N.R.S.
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