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ISBN : 2081221411
Éditeur : Flammarion (13/04/2011)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 77 notes)
Résumé :
En mai 1888, Marie Bartête, à l'âge de vingt ans, embarque sur le Ville de Saint-Nazaire.
Elle ne le sait pas encore, mais elle ne reverra plus jamais sa terre de France. On l'envoie au bagne, en Guyane. Bien sûr, elle a été arrêtée plusieurs fois pour de petits délits, mais elle a connu la prison pour cela. Pourquoi maintenant l'expédie-t-on à l'autre bout du monde ? Reléguée. La France ne veut plus d'elle. Sur le bateau, elle rencontre Louise, persuadée qu'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  27 juillet 2016
J'avais déjà adoré la plume de l'auteure dans La belle chocolatière. Cette lecture confirme mon coup de coeur. Précision, fluidité, clairvoyance, limpidité, finesse, acuité, sensibilité... Bref, je pourrai énumérer à l'envi ! Bernadette Pécassou a ce talent de rendre son récit crédible et universel, en écrivant une fiction basée sur des faits passés réels.
Un épisode effroyablement sombre de l'histoire, qui reflète la sempiternelle violence des hommes. La France, patrie de la liberté et de la fraternité, n'a pas hésité à exterminer sciemment une partie indésirable de la population, en créant une machine de mort certaine : le bagne. Mais forte de sa lâcheté, elle l'a soigneusement dissimulé à l'autre bout du monde, loin de la civilisation et des lois, dans l'enfer de la jungle. de 1854 à 1946 (fermeture effective), des convois entiers d'hommes et de femmes ont débarqué en Guyane, un aller simple vers la mort, vers l'enfer sur Terre. Sur les bagnards, les témoignages historiques ne manquent pas, mais rien sur le sort des "reléguées", ces femmes envoyées officiellement pour repeupler la colonie pénitentiaire : de jeunes délinquantes récidivistes ou de simples orphelines illettrées. Des victimes d'un système innommable. C'est l'histoire de Marie, vingt ans en 1888, qui nous est contée, embarquée sur l'un de ces bateaux sans retour...
Un vibrant hommage posthume à nos compatriotes, nos soeurs et frères humains, injustement oubliés ou trop tardivement réhabilités, pour taire le plus longtemps possible nos crimes honteux et nos actes monstrueux, ceux-là mêmes qui se répètent à l'infini, qui révèlent le pire de l'homme.
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Herve-Lionel
  18 novembre 2016
La Feuille Volante n° 1089
La dernière BagnardeBernadette Pecassou-Camebrac – Flammarion.
On n'en finit pas de nous vanter les mérites de la République qui garantit notre modèle social, respecte les droits de l'Homme et la liberté des citoyens … Rien n'est parfait mais la Troisième du nom a fait largement fi de tous ces dogmes si généreusement proclamés. Tout était organisé pour protéger la société, mais n'importe laquelle, et l'administration pénitentiaire possédait des bagnes où on entassait ceux dont la République entendait se débarrasser. Il fallait en effet purger la Métropole de ses mauvais éléments et on condamnait aux travaux forcés, c'est à dire bien souvent à la mort, tous ceux qui avaient contrevenu à la loi et à l'ordre public. Ceux des bagnards qui survivaient après leur peine étaient maintenus sur place en relégation pendant un temps égal à celui de leur condamnation dans un souci de colonisation. Pour favoriser le peuplement de ces colonies déshéritées, il fallait faire venir des femmes pauvres, sans logis, condamnées elles-aussi, mais à des peines mineures, en leur faisant miroiter la possibilité d'une vie nouvelle. Pour cela il fallait qu'elles épousent un relégué et on donnait au couple un lopin de terre pour vivre et fonder une famille. Cela c'était la réponse officielle, bien loin cependant de la réalité.
Nous sommes en 1888 et Marie Bartête, alors âgée de 20 ans part de l'île de Ré. Elle a été condamnée et emprisonnée pour des délits mineurs et on l'embarque pour la Guyane. A elle aussi, comme à d'autres condamnées, on a parlé de la luxuriance de l'outre-mer, de la beauté les paysages, de la vie facile… Elle ne sait pas ce qui l'attend, se fait beaucoup d'illusions mais ne tarde pas à changer d'avis une fois sur place et se retrouve à Saint-Laurent-du-Maroni, dans un enfer où elle est complètement oubliée, exploitée, abandonnée aux miasmes et aux dangers, malgré la bienveillance des religieuses qui les encadrent et d'un jeune médecin venu de France. Elle survivra, malgré les viols, les maladies et les mauvais traitements mais ne reverra plus jamais son pays.
Dans cette atmosphère délétère, la nature humaine se révèle dans ce qu'elle a de plus abject. Ici le pire côtoie les bonnes volontés les plus affirmées mais la vie dans cette contrée, l'hypocrisie, l'irresponsabilité, l'intransigeance ont vite raison des enthousiasmes les plus fougueux et des illusions les plus tenaces. Dans ce microcosme, Marie, bien qu'entourée par la mort et assaillie par la souffrance, le danger, la peur, les trahisons et la solitude, fait preuve de détermination et d'une farouche volonté de vivre, rencontre des moment de solidarité, de compréhension, autant de miracles qui adoucissent ses épreuves.
Telle est l'histoire de Marie Bartête (1863-1938), orpheline béarnaise, qui avait ému Albert Londres. Il s'en était fait l'écho dans « Le Petit Parisien » en 1923. Pourtant, dès 1888, des informations étaient parvenues en France mais aucun homme politique n'eut assez de courage pour dénoncer ces faits. Pour autant, si la vie des bagnards a fait l'objet de nombreux récits, celle des bagnardes fut complètement oubliée et ce ne fut qu'en 1904 que les convois féminins cessèrent définitivement en Guyane. Pour autant celles qui survécurent n'avaient pas les moyens de s'offrir un billet de retour et moururent sur place, comme Marie Bartête.
Le style est à la mesure de la révolte de l'auteure qui parvient sans peine à la faire partager à son lecteur. Personnellement, j'apprécie qu'on consacre ainsi des ouvrages à ceux que l'histoire a oubliés ou que la vie et le destin ont injustement malmenés.
© Hervé GAUTIER – Novembre 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com ]
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ATOS
  28 août 2013
« L'autre loi fondamentale pour l'histoire des bagnes de Guyane est celle dite de la « relégation » du 27 mai 1885.
Une des lois les plus scélérates de la Troisième République, elle décidait l'envoi à Cayenne des récidivistes, des coupables de petits délits «  qui, dans quelque ordre que ce soit et dans un intervalle de dix ans, auront encouru deux condamnations à l'emprisonnement... »
C'était se débarrasser, pour la Métropole, des gens sans-aveux, sans-logis, des petits voleurs, des « paumés » sans domicile fixe. » Odile Krakovitch ( Revue d'histoire du XIXe siècle, 1985.).
« Au total près de 2 000 femmes furent envoyées au bagne. Il fallut attendre 1907 pour que soit voté l'arrêt définitif de l'envoi des convois féminins en Guyane, le dernier eut lieu le an 1904. »
Leur histoire est peu connue. Les dossiers d'archives les concernant sont extrêmement minces.
Deux ans d'investigation furent nécessaires à l'auteure pour reconstituer leur enfer.
Elle furent embarquées par des gendarmes, surveillées par des religieuses, et reléguées au Bagne.
La République espérait faire coup double : « épuration sociale » et «  repeuplement colonial ».
Ces reléguées étaient « destinées » par mariage aux bagnards qui, ayant purgés leur peine, se retrouvaient sous le système du « doublage », à savoir l'obligation de résidence après avoir purgé leur peine.
Aucune d'entre elles n'a jamais pu faire le voyage de retour.
Marie Barbête fut la dernière bagnarde. Albert Londres l'a rencontré en 1923.
Astrid Shriqui Garain
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yv1
  10 mai 2011
Bernadette Pécassou-Camebrac raconte donc l'histoire de la dernière bagnarde, celle qui a rencontré Albert Londres, en 1923, le fameux journaliste qui dans ses articles mettra la lumière sur le scandale du bagne et concourra à le faire fermer officiellement en 1938, mais plus réellement en 1946 !
Marie, Louise, Jeanne, Anne, toutes embarquent contraintes et forcées. Certaines pensent avoir une vraie chance en Guyanne : on leur a dit qu'elles se marieraient et qu'elles auraient un lopin de terre. Elles déchanteront très vite. L'auteure décrit les conditions de vie lamentables, honteuses et scandaleuses, quand bien même elles auraient été des meurtrières, mais encore plus difficilement soutenables lorsqu'on sait que ce ne sont que de pauvres filles perdues.
Un jeune médecin, idéaliste, plein d'espoir arrive à Saint Laurent du Maroni et le compare très vite à l'enfer, souvenir de ses lectures de Dante. L'image est inévitable, présente dès l'arrivée des femmes.
Il y a beaucoup de littérature sur le bagne des hommes, très peu sur celui des femmes. Bernadette Pécassou-Camebrac lève le voile sur ce qu'elles ont vécu. Néanmoins, j'ai une petite réserve : je ne m'attendais pas à ce genre de littérature, je pensais que l'auteure irait beaucoup plus loin dans les descriptions de la vie quotidienne, dans les relations qu'ont ou que n'ont pas tous les intervenants entre eux : les bagnards, les médecins, les bagnardes, les soeurs, ... Mais, après une discussion fort intéressante avec l'auteure, je me rends compte que son travail de recherche a été colossal : il n'existe quasiment rien sur les femmes du bagne, juste des informations factuelles (sur les raisons de leur envoi au bagne, les dates, ...), rien réellement sur leur vie à Saint Laurent du Maroni.
Je me dois également de vous faire part de deux autres réserves : d'abord sur le côté romanesque du livre, sur les différents personnages parfois un peu caricaturaux, mais là-bas, dans ces conditions extrêmes, les caractères sont forcément exacerbés et ce que je peux prendre pour des stéréotypes est probablement un aspect de la personnalité de chaque personnage qu'il développe pour survivre.
Ensuite, je pense que B. Pécassou-Camebrac aurait pu aller plus loin dans certains thèmes qu'elle aborde trop légèrement à mon goût, comme la prostitution et l'homosexualité mais lors de notre discussion, nous sommes tombés d'accord pour dire que j'avais probablement des attentes plus journalistiques que romancées, et qu'elle-même ne voulait pas tomber dans un misérabilisme de mauvais aloi.
Voyez donc, à chacune de mes réserves, je trouve -grâce aux arguments de l'auteure, comme quoi la discussion a du bon- un contre-argument pour dire du bien de ce livre. Il faut lire ce livre comme un témoignage. Un témoignage en faveur de ces femmes sacrifiées par la France et sa troisième République et très largement oubliées. En ce sens, Bernadette Pécassou-Camebrac leur rend un bel hommage. Un beau travail de documentation et d'écriture qui réhabilite des femmes qui n'avait rien fait pour mériter un tel sort. Marie Bartête avait juste voler pour manger !
Lien : http://lyvres.over-blog.com/#
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kiki23
  21 novembre 2014
Une loi de 1885 décida d'envoyer au bagne de Cayenne des récidivistes de petits délits, qui dans un intervalle de dix ans avaient encouru deux condamnation à l'emprisonnement : les relégués. Il s'agissait de débarrasser la France métropolitaine et d'une façon radicale des petits voleurs, des sans domiciles, des moins que rien. Dans le lot des femmes qui étaient destinées à être mariées aux bagnards pour peuples la colonie des Cayenne.
Marie Bartête est l'une d'entre elles. L'auteur lui rend hommage en narrant sa descente en enfer et réhabilite aussi toutes ces femmes parties (et jamais revenues…) au bagne
Ce récit sur cet épisode méconnu de l'histoire ne m'a pas passionné. Pourquoi ? Je n'ai pas réussi à me plonger dans l'histoire, ni à avoir véritablement de la compassion pour l'héroïne. Peut-être est-ce dû à un accès de romance dans le récit. Dommage !
La France prendra la décision de fermer le bagne de Cayenne en 1938 et ses portes ne s'ouvriront plus qu'en 1946.
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critiques presse (1)
LeFigaro   14 juin 2011
Du voyage à fond de cale d'une cinquantaine de prisonnières totalement perdues à la vie incroyablement dure de ces proscrites encadrées par quelques religieuses courageuses, l'auteur nous plonge dans un univers où l'espoir agonise.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
irwingeltimeirwingeltime   09 décembre 2017
La relève était là, amis pour combien de temps encore ? A l'âge où l'on regarde les jeunes filles plus que jamais, quel autre jeune homme serait assez inconscient pour venir dans cet enfer soigner les bagnards, et risquer d'y laisser sa peau ?
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rabannerabanne   25 juillet 2016
- (...) Quand la pénitentiaire envoie volontairement les hommes dans la jungle, on sait tous ici qu'ils ne reviendront pas.
- Mais comment ça ? Alors on les envoie à la mort ? Sciemment ? Mais ils ne sont pas condamnés à mort ! Comment pouvez-vous...
- On ne s'y fait jamais. Mais on reste parce qu'on sauve ceux qu'on peut sauver. On est l'espoir, le seul avec l'évasion dont ils rêvent tous. C'est toujours ça. Et puis parfois on y arrive, on les sauve. Il y a toujours des choses à faire.
Le médecin essuya ses larmes d'un revers de manche.
- Je me demande bien quoi....
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rabannerabanne   25 juillet 2016
Pour avoir étudié l'histoire des prisons, Romain savait qu'il y avait très peu de femmes criminelles. Et celles-ci n'étaient pas obligatoirement de la campagne, jeunes et en bonne santé. Alors, s'il lisait bien entre les lignes de la circulaire, on allait donc chercher des voleuses de poules. Celles qui n'ont pas de famille et vont sur les chemins louer leurs bras d'une ferme à l'autre. Ou celles qui pour ne pas crever de faim et de solitude se font engager comme domestiques dans les grandes villes.
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twinckeltwinckel   05 août 2013
Une lettre de son ministère de tutelle lui apprit sa mutation plus tôt qu'il ne l'avait prévue. Mais sa joie à l'annonce de cette mutation qu'il souhaitait fut de courte durée. Le courrier de la mère supérieur avait atteint son but. On lui avait donné un blâme pour ne pas avoir protégé la vie des détenues, un autre pour les avoir gardées enfermées alors qu'une épidémie courait et enfin un dernier pour avoir ainsi provoqué le décès de plus d'une vingtaine d'entre elles, fait obstacle à la politique de mariage décidée par le gouvernement et surtout gaspillé l'argent du contribuable.
On lui annonça donc qu'au retour en France, il serait affecté à un poste inférieur. On l'envoyait croupir en province dans une petite ville isolée au coeur du pays. Il s'effondra, tempêta, jura de se défendre et clama que ça ne se passerait pas comme ça. Mais les interlocuteurs concernés ne l'entendirent pas. Ils étaient si loin. Alors il mesura à son tour l'ingratitude de l'administration qu'il avait largement couverte pour ses multiples manquements et il s'en alla en les maudissant et en maudissant Dieu...
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rabannerabanne   25 juillet 2016
Mise au ban des nations, la République envoyait sciemment mourir les siens dans d'atroces conditions. Des hommes et, pire, ces pauvres filles déjà condamnées par le destin à vivre dans la misère et coupables de peu de choses.
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Videos de Bernadette Pécassou-Camebrac (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bernadette Pécassou-Camebrac
Va chercher bonheur plus bas :D - La vidéo en HD c'est encore mieux.
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Formulaire pour voter pour un livre de ma PAL d'hiver (fin des votes, le 31/03/16)
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Les livres cités : Les 5 romans adultes : ? Les tribulations de Tiffany Trott d'Isabel Wolff ? L'impératrice des roses de Bernadette Pecassou-Camebrac ? Une enquête de Stéphanie Plum, tome 1 : La prime de Janet Evanovitch ? Les fantômes de Maiden Lane, tome 2 : Troubles plaisirs d'Elizabeth Hoyt ? Highland Pleasures, tome 3 : Les péchés de Lord Cameron de Jennifer Ashley
Les 5 romans YA : ? Blood Magic, tome 1 de Tessa Gratton ? Les voleurs d'âmes, tome 1 : de toute mon âme de Rachel Vincent ? Rebelle, tome 2 : Rumeurs d'Anna Godbersen ? Blood Ninja, tome 1 : le destin de Taro de Nick Lake ? Immortels, tome 2 de Cate Tiernan
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Musique d'introduction : Reflection (Mulan)
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