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EAN : 9782070403707
306 pages
Éditeur : Gallimard (03/10/1997)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 3723 notes)
Résumé :
Qui donc à Paris égorge les vieilles dames de Belleville et transforme les papys en junkies ?

Tous les soupçons convergent vers Benjamin Malaussène, bouc émissaire de son état, dont la sympathique famille s'est enrichie de quelques membres.

Les héros du précédent épisode, "Au bonheur des ogres," sont là, avec quelques nouveaux venus : le doux inspecteur Pastor, la petite Verdun, l'inquiétant commissaire Coudrier, etc. Plus on est de fo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (149) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  27 mars 2013
C'est mon premier Pennac, et franchement, si tous les autres sont comme ça, ça fait quelques heures de bonheur en perspective ! Pour faire simple, j'ai adoré ce livre.
L'intrigue : plusieurs enquêtes policières qui vont se rejoindre et s'entremêler : la nuit à Belleville, on égorge des vieilles dames, une vieille dame dézingue un flic à la carabine, un autre flic s'infiltre dans le quartier pendant qu'une jeune femme est balancée par-dessus un pont et que la drogue circule dans les veines des petits vieux grâce à une infirmière… le suspense et les rebondissements sont omniprésents.
Les personnages : tous plus dingues les uns que les autres : la famille Malaussène avec Benjamin comme chef de clan. Bouc émissaire de profession (si, si, demandez à la Reine Zabo…), c'est naturellement vers lui que convergent tous (mais alors tous) les soupçons. Les grands-pères et la veuve Hô (un brin schizophrène…), Stojil et son autobus de mamies en goguette, l'infaillible inspecteur Pastor (je l'aime, celui-là) et le bienveillant divisionnaire Coudrier, et même le chien Julius, épileptique… Tous tellement attachants, drôles, émouvants.
Le style et le décor : Belleville, quartier populaire et multiculturel (comme on dit aujourd'hui), est un personnage à part entière, merveilleusement décrit, dans un style familier, avec gouaille et argot parisiens en prime, qui rendent vraiment bien l'atmosphère, entre sentiment d'insécurité quand tombe la nuit, et solidarité et amitié entre gens de peu.
Cette histoire est facile à lire, drôle, légère malgré les drames qui s'y déroulent, pleine de suspense et de morceaux de bravoure. Bref, un bonbon, une friandise, un régal, un vrai coup de coeur !
Un bout de phrase pour illustrer le style : « On se les gèle à moins douze, et pourtant Belleville bouillonne comme le chaudron du diable. A croire que toute la flicaille de Paris monte à l'assaut. Il en grimpe de la place Voltaire, il en tombe de la place Gambetta, ils rappliquent de la Nation et de la Goutte d'Or. Ca sirène, ça gyrophare et ça stridule à tout va. La nuit a des éblouissements. Belleville palpite. Mais Julius le Chien s'en fout. Dans la demi-obscurité propice aux régals canins, Julius le Chien lèche une plaque de verglas en forme d'Afrique. Sa langue pendante y a trouvé du délicieux. La ville est l'aliment préféré des chiens ».
Le mot de la fin à l'inspecteur van Thian, qui nous cite un proverbe taoïste : « Si demain, après ta victoire de cette nuit, te contemplant nu dans ton miroir, tu te découvrais une seconde paire de testicules, que ton coeur ne se gonfle pas d'orgueil, ô mon fils, c'est tout simplement que tu es en train de te faire enculer ».
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carre
  13 mai 2012
Benjamin et toute la fatrie Malaussène sont de retour. Et alors que la mère attend son septième enfant d'un père qui une nouvelle fois répond aux abonnés absents, Benjamin chapeaute tout ce petit monde avec tendresse. il sert toujours de souffre-douleur pour les Editions le Talion, son job consistant à prendre les engueulades à la place de la directrice. Et voilà qu'à Belleville, on dessoude à tour de bras, vieillards, flics et journalistes. Et devinez qui récolte les emmerdes ?
Pennac est un génie, savoir donner autant de plaisir et de bonheur à ces lecteurs, il faut toute son écriture incroyablement imagée et riche pour réussir un tel pari. La fée carabine est celui de la série qui remporte la palme, drôlissime, inventif, poétique, des rebondissements en veux-tu, en voilà tout est parfaitement proportionné, Pennac est un orfèvre, un magicien, un bienfaiteur. Vous ne regarderez plus les grand-mères de la même manière, c'est certain.
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Epictete
  14 juin 2015
Pour ceux qui ont déjà lu "Au bonheur des ogres", premier opus de la trilogie de Daniel Pennac, revoilà la tribu Malaussène. C'est le retour !
Pour les autres, voici un style à découvrir impérativement.
Ce n'est pas du Céline, cela frôle parfois Frédéric Dard. En tout cas, il y a une langue. Une langue au service d'histoires incroyables, et pourtant passionnantes.
On retrouve les personnages de la fraterie, emmélés comme toujours dans des énigmes multiples qui concernent des "petits vieux" camés à leur insu par une prétendue assistante sociale de la mairie, et de "petites vieilles" qui soit sont la cible de tueurs, soit dézinguent à tout va ce qui semble les menacer.
Bien sûr c'est l'occasion de multiples rebondissements avec des personnages à fort caractère qui vivent un quotidien compliqué contrebalancé par une petite part d'onirisme bienvenu.
Daniel Pennac est la preuve que l'on peut encore inventer en termes de littérature. Qu'il en soit remercié.
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Apikrus
  30 décembre 2012
Ce roman fait suite à l'excellent 'Au bonheur des ogres', que j'ai redécouvert récemment. Je l'avais déjà lu, et adoré, en 1992.
A Paris, depuis quelques semaines, des vieillards sont égorgés. L'hypothèse d'un tueur en série semble d'abord la plus probable. La population et la police s'organisent chacune de son côté pour assurer la défense de potentielles victimes et tenter de mettre fin au massacre. Mais le(s) coupable(s) n'est/ne sont pas celui/ceux au(x)quel(s) on pourrait s'attendre ! Pour la police, Benjamin Malaussène devient en tout cas le suspect idéal, ce qui semble plutôt naturel pour le "bouc émissaire" professionnel qu'il est resté...
Résumé ainsi, ce roman semble n'être qu'un roman policier banal, ce qui n'est pas le cas. En effet, l'originalité et la complexité de l'intrigue imaginée par Daniel Pennac, ainsi que son sens de l'humour, sont en permanence la source de surprises pour le lecteur (même après avoir déjà lu le livre - il y a 20 ans déjà, il est vrai).
Ce roman peut se lire soit comme un excellent roman policier, soit comme une grande parodie du genre ! Peu importe ce qu'il est, dès lors que le plaisir est au rendez-vous (malgré un style fait de phrases souvent concises, qui parfois suffit a priori à me faire reposer un livre).
La suite : relire "La petite marchande de prose", qui m'a aussi laissé un excellent souvenir (même si j'en ai oublié l'intrigue).
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ibon
  07 août 2013
Ça dézingue à tout va. La fée carabine n'est pas vraiment un conte de fées. C'est même un polar ...de Daniel Pennac, auteur connu que je ne connaissais pas.
Le quartier de Belleville dans les années quatre-vingts est le lieu d'intrigues tarabiscotées: une vieille femme assassine un flic qui l'aidait à traverser la route, la famille Malaussène accueille de vieux retraités drogués et Benjamin Malaussène doit reprendre son travail de bouc émissaire dans une maison d'édition suite à la perte du manuscrit d'une personnalité.
Ces trois histoires n'en feront qu'une grâce au talent de l'inspecteur Pastor
qui, au contraire de l'ignoble commissaire Cercaire aux méthodes douteuses, mène les interrogatoires avec brio mais de façon bien mystérieuse.
Et si Pastor, bien que du côté des gentils, a des zones d'ombres que dire de l'inspecteur van Thian, obligé de se travestir en Vietnamienne âgée pour coincer l'assassin. Un stratagème dont l'issue m'a bien fait rire.
Même si je n'ai pas tout capté aux histoires de la famille Malaussène (adressées aux initiés?), les deux personnages cités plus haut et le ton gouailleur de l'auteur me plaisent tout à fait.
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Citations et extraits (134) Voir plus Ajouter une citation
SpilettSpilett   18 janvier 2010
- C'est vrai, oncle Stojil, j'ai vu une fée, elle a transformé un mec en fleur.
- Ça vaut mieux que le contraire, répond Stojil sans quitter l'échiquier des yeux.
- Pourquoi ?
- Parce que le jour où les fées transformeront les fleurs en mecs, les campagnes ne seront plus fréquentables.
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Sophie_93077Sophie_93077   28 octobre 2016
Mlle Verdun Malaussène : portrait d'un nourrisson. Trois jours déjà !
C'est gros comme un rôti de famille nombreuse, rouge viande tout comme, soigneusement saucissonné dans l'épaisse couenne de ses langes, c'est luisant, c'est replet de partout, c'est un bébé, c'est l'innocence. Mais gaffe : quand ça roupille, paupières et poings serrés, on sent que c'est dans le seul but de se réveiller, et de le faire savoir. Et, quand ça se réveille : c'est Verdun ! Toutes les batteries soudain en action, le hurlement des shrapnels , l'air n'est plus qu'un son, le monde tremble sur ses fondations, l'homme vacille dans l'homme, prêt à tous les héroïsmes comme à toutes les lâchetés pour que ça cesse, pour que ça retrouve le sommeil, même un quart d'heure, pour que ça redevienne cette énorme paupiette, menaçante comme une grenade, certes, mais silencieuse au moins. Ce n'est pas qu'on dorme soi-même si elle se rendort, on est bien trop occupé à la surveiller, à prévoir ses réveils, mais au moins les nerfs se détendent un peu. L'accalmie, le cessez-le-feu... la respiration de la guerre. On ne dort que d'un oeil et sur une oreille. Dans notre tranchée intime, le guetteur veille. Et, dès le premier sifflement de la première fusée éclairante, à l'assaut, bordel ! Tous à vos biberons ! Repoussez-moi cette offensive ! Des couches, les infirmières, des couches, nom de Dieu ! Ce qui est englouti d'un côté déborde presque aussitôt de l'autre, et les hurlements de la propreté bafouée sont encore plus terrifiants que ceux de la famine. Des biberons ! Des couches !
Ca y est, Verdun s'est rendormie. Elle nous laisse debout, hébétés, chancelants, l’œil vide fixé sur l’ample sourire de sa digestion. C'est le sablier de son visage, ce sourire. Il va se rétrécir peu à peu, imperceptiblement, les commissures vont se rapprocher, et, quand la bouche toute rose ne sera plus qu'un poing noué, le clairon sonnera le réveil des troupes fraîches. De nouveau, le long hurlement vorace jaillira des tranchées pour investir les cieux. Et les cieux répondront par le pilonnage de toutes les artilleries : voisins cognant au plafond, martelant à la porte, jurons explosant dans la cour de l'immeuble... Les guerres sont comme les feux de broussailles, si on n'y prend garde, elles se mondialisent. Trois fois rien d'abord, une petite explosion dans la tête d'un Duc, à Sarajevo, et cinq minutes après tout le monde se fout sur la gueule.
Et ça dure...
Verdun n'en finit pas.
Trois jours déjà.
Ce que Jérémy, les yeux au milieu de la figure, résume par cette question exténuée en se penchant sur le berceau de Verdun :
– Mais ça ne grandit donc jamais ?
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ClairocheClairoche   26 décembre 2014
Il y a ceux que le malheur effondre. Il y a ceux qui en deviennent tout rêveurs. Il y a ceux qui parlent de tout et de rien au bord de la tombe, et ça continue dans la voiture, de tout et de rien, pas même du mort, de petits propos domestiques, il y a ceux qui se suicideront après et ça ne se voit pas sur leur visage, il y a ceux qui pleurent beaucoup et cicatrisent vite, ceux qui se noient dans les larmes qu'ils versent, il y a ceux qui sont contents, débarrassés de quelqu'un, il y a ceux qui ne peuvent plus voir le mort, ils essayent mais ils ne peuvent plus, le mort a emporté son image, il y a ceux qui voient le mort partout, ils voudraient l'effacer, ils vendent ses nippes, brûlent ses photos, déménagent, changent de continent, rebelotent avec un vivant, mais rien à faire, le mort est toujours là, dans le rétroviseur, il y a ceux qui pique-niquent au cimetière et ceux qui le contournent parce qu'ils ont une tombe creusée dans la tête, il y a ceux qui ne mangent plus, il y a ceux qui boivent, il y a ceux qui se demandent si leur chagrin est authentique ou fabriqué, il y a ceux qui se tuent au travail et ceux qui prennent enfin des vacances, il y a ceux qui trouvent la mort scandaleuse et ceux qui la trouvent naturelle avec un âge pour, des circonstances qui font que, c'est la guerre, c'est la maladie, c'est la moto, la bagnole, l'époque, la vie, il y a ceux qui trouvent que la mort c'est la vie.
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OrpheaOrphea   31 janvier 2009
Et elle pressa sur la détente.
Toutes les idées du blondinet s'éparpillèrent. Cela fit une jolie fleur dans le ciel d'hiver. Avant que le premier pétale en fût retombé, la vieille avait remisé son arme dans son cabas et reprenait sa route.
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OrpheaOrphea   24 décembre 2010
Incipit

C'était l'hiver sur Belleville et il y avait cinq personnages. Six, en comptant la plaque de verglas. Sept, même, avec le chien qui avait accompagné le Petit à la boulangerie. Un chien épileptique, sa langue pendait sur le côté.
La plaque de verglas ressemblait à une carte d'Afrique et recouvrait toute la surface du carrefour que la vieille dame avait entrepris de traverser. Oui, sur la plaque de verglas, il y avait une femme, très vieille, debout, chancelante. Elle glissait une charentaise devant l'autre avec une millimétrique prudence. Elle portait un cabas d'où dépassait un poireau de récupération, un vieux châle sur ses épaules et un appareil acoustique dans la saignée de son oreille. A force de progression reptante , ses charentaises l'avaient menée, disons, jusqu'au milieu du Sahara, sur la plaque à forme d'Afrique. Il lui fallait encore se farcir tout le sud, les pays de l'apartheid et tout ça. A moins qu'elle ne coupât par l'Érythrée ou la Somalie, mais la mer Rouge était affreusement gelée dans le caniveau. Ces supputations gambadaient sous la brosse du blondinet à loden vert qui observait la vieille depuis son trottoir.
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Vidéo de Daniel Pennac
Intégrale 6 à la maison - 28 avril 2021 Yves Duteil, Marion Montaigne, Jean-François Clervoy, Alain Ducasse, Daniel Pennac, Nicolas Briançon, Mélanie Page Artistes, humoristes, intellectuels, acteurs de l'actualité : chaque mercredi, nos invités se réunissent autour d'Anne-Elisabeth Lemoine et Patrick Cohen pour proposer aux téléspectateurs une émission à la fois sérieuse et légère autour de la culture et de l'actualité, dans une ambiance chaleureuse et moderne.
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