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ISBN : 207040370X
Éditeur : Gallimard (03/10/1997)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 2665 notes)
Résumé :
Qui donc à Paris égorge les vieilles dames de Belleville et transforme les papys en junkies ?

Tous les soupçons convergent vers Benjamin Malaussène, bouc émissaire de son état, dont la sympathique famille s'est enrichie de quelques membres.

Les héros du précédent épisode, "Au bonheur des ogres," sont là, avec quelques nouveaux venus: le doux inspecteur Pastor, la petite Verdun, l'inquiétant commissaire Coudrier, etc. Plus on est de fou... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (101) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
27 mars 2013
C'est mon premier Pennac, et franchement, si tous les autres sont comme ça, ça fait quelques heures de bonheur en perspective ! Pour faire simple, j'ai adoré ce livre.
L'intrigue : plusieurs enquêtes policières qui vont se rejoindre et s'entremêler : la nuit à Belleville, on égorge des vieilles dames, une vieille dame dézingue un flic à la carabine, un autre flic s'infiltre dans le quartier pendant qu'une jeune femme est balancée par-dessus un pont et que la drogue circule dans les veines des petits vieux grâce à une infirmière… le suspense et les rebondissements sont omniprésents.
Les personnages : tous plus dingues les uns que les autres : la famille Malaussène avec Benjamin comme chef de clan. Bouc émissaire de profession (si, si, demandez à la Reine Zabo…), c'est naturellement vers lui que convergent tous (mais alors tous) les soupçons. Les grands-pères et la veuve Hô (un brin schizophrène…), Stojil et son autobus de mamies en goguette, l'infaillible inspecteur Pastor (je l'aime, celui-là) et le bienveillant divisionnaire Coudrier, et même le chien Julius, épileptique… Tous tellement attachants, drôles, émouvants.
Le style et le décor : Belleville, quartier populaire et multiculturel (comme on dit aujourd'hui), est un personnage à part entière, merveilleusement décrit, dans un style familier, avec gouaille et argot parisiens en prime, qui rendent vraiment bien l'atmosphère, entre sentiment d'insécurité quand tombe la nuit, et solidarité et amitié entre gens de peu.
Cette histoire est facile à lire, drôle, légère malgré les drames qui s'y déroulent, pleine de suspense et de morceaux de bravoure. Bref, un bonbon, une friandise, un régal, un vrai coup de coeur !
Un bout de phrase pour illustrer le style : « On se les gèle à moins douze, et pourtant Belleville bouillonne comme le chaudron du diable. A croire que toute la flicaille de Paris monte à l'assaut. Il en grimpe de la place Voltaire, il en tombe de la place Gambetta, ils rappliquent de la Nation et de la Goutte d'Or. Ca sirène, ça gyrophare et ça stridule à tout va. La nuit a des éblouissements. Belleville palpite. Mais Julius le Chien s'en fout. Dans la demi-obscurité propice aux régals canins, Julius le Chien lèche une plaque de verglas en forme d'Afrique. Sa langue pendante y a trouvé du délicieux. La ville est l'aliment préféré des chiens ».
Le mot de la fin à l'inspecteur van Thian, qui nous cite un proverbe taoïste : « Si demain, après ta victoire de cette nuit, te contemplant nu dans ton miroir, tu te découvrais une seconde paire de testicules, que ton coeur ne se gonfle pas d'orgueil, ô mon fils, c'est tout simplement que tu es en train de te faire enculer ».
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carre
13 mai 2012
Benjamin et toute la fatrie Malaussène sont de retour. Et alors que la mère attend son septième enfant d'un père qui une nouvelle fois répond aux abonnés absents, Benjamin chapeaute tout ce petit monde avec tendresse. il sert toujours de souffre-douleur pour les Editions le Talion, son job consistant à prendre les engueulades à la place de la directrice. Et voilà qu'à Belleville, on dessoude à tour de bras, vieillards, flics et journalistes. Et devinez qui récolte les emmerdes ?
Pennac est un génie, savoir donner autant de plaisir et de bonheur à ces lecteurs, il faut toute son écriture incroyablement imagée et riche pour réussir un tel pari. La fée carabine est celui de la série qui remporte la palme, drôlissime, inventif, poétique, des rebondissements en veux-tu, en voilà tout est parfaitement proportionné, Pennac est un orfèvre, un magicien, un bienfaiteur. Vous ne regarderez plus les grand-mères de la même manière, c'est certain.
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Epictete
14 juin 2015
Pour ceux qui ont déjà lu "Au bonheur des ogres", premier opus de la trilogie de Daniel Pennac, revoilà la tribu Malaussène. C'est le retour !
Pour les autres, voici un style à découvrir impérativement.
Ce n'est pas du Céline, cela frôle parfois Frédéric Dard. En tout cas, il y a une langue. Une langue au service d'histoires incroyables, et pourtant passionnantes.
On retrouve les personnages de la fraterie, emmélés comme toujours dans des énigmes multiples qui concernent des "petits vieux" camés à leur insu par une prétendue assistante sociale de la mairie, et de "petites vieilles" qui soit sont la cible de tueurs, soit dézinguent à tout va ce qui semble les menacer.
Bien sûr c'est l'occasion de multiples rebondissements avec des personnages à fort caractère qui vivent un quotidien compliqué contrebalancé par une petite part d'onirisme bienvenu.
Daniel Pennac est la preuve que l'on peut encore inventer en termes de littérature. Qu'il en soit remercié.
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ibon
07 août 2013
Ça dézingue à tout va. La fée carabine n'est pas vraiment un conte de fées. C'est même un polar ...de Daniel Pennac, auteur connu que je ne connaissais pas.
Le quartier de Belleville dans les années quatre-vingts est le lieu d'intrigues tarabiscotées: une vieille femme assassine un flic qui l'aidait à traverser la route, la famille Malaussène accueille de vieux retraités drogués et Benjamin Malaussène doit reprendre son travail de bouc émissaire dans une maison d'édition suite à la perte du manuscrit d'une personnalité.
Ces trois histoires n'en feront qu'une grâce au talent de l'inspecteur Pastor
qui, au contraire de l'ignoble commissaire Cercaire aux méthodes douteuses, mène les interrogatoires avec brio mais de façon bien mystérieuse.
Et si Pastor, bien que du côté des gentils, a des zones d'ombres que dire de l'inspecteur van Thian, obligé de se travestir en Vietnamienne âgée pour coincer l'assassin. Un stratagème dont l'issue m'a bien fait rire.
Même si je n'ai pas tout capté aux histoires de la famille Malaussène (adressées aux initiés?), les deux personnages cités plus haut et le ton gouailleur de l'auteur me plaisent tout à fait.
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Apikrus
30 décembre 2012
Ce roman fait suite à l'excellent 'Au bonheur des ogres', que j'ai redécouvert récemment. Je l'avais déjà lu, et adoré, en 1992.
A Paris, depuis quelques semaines, des vieillards sont égorgés. L'hypothèse d'un tueur en série semble d'abord la plus probable. La population et la police s'organisent chacune de son côté pour assurer la défense de potentielles victimes et tenter de mettre fin au massacre. Mais le(s) coupable(s) n'est/ne sont pas celui/ceux au(x)quel(s) on pourrait s'attendre ! Pour la police, Benjamin Malaussène devient en tout cas le suspect idéal, ce qui semble plutôt naturel pour le "bouc émissaire" professionnel qu'il est resté...
Résumé ainsi, ce roman semble n'être qu'un roman policier banal, ce qui n'est pas le cas. En effet, l'originalité et la complexité de l'intrigue imaginée par Daniel Pennac, ainsi que son sens de l'humour, sont en permanence la source de surprises pour le lecteur (même après avoir déjà lu le livre - il y a 20 ans déjà, il est vrai).
Ce roman peut se lire soit comme un excellent roman policier, soit comme une grande parodie du genre ! Peu importe ce qu'il est, dès lors que le plaisir est au rendez-vous (malgré un style fait de phrases souvent concises, qui parfois suffit a priori à me faire reposer un livre).
La suite : relire "La petite marchande de prose", qui m'a aussi laissé un excellent souvenir (même si j'en ai oublié l'intrigue).
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Citations & extraits (96) Voir plus Ajouter une citation
SpilettSpilett18 janvier 2010
- C'est vrai, oncle Stojil, j'ai vu une fée, elle a transformé un mec en fleur.
- Ça vaut mieux que le contraire, répond Stojil sans quitter l'échiquier des yeux.
- Pourquoi ?
- Parce que le jour où les fées transformeront les fleurs en mecs, les campagnes ne seront plus fréquentables.
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Sophie_93077Sophie_9307728 octobre 2016
Mlle Verdun Malaussène : portrait d'un nourrisson. Trois jours déjà !
C'est gros comme un rôti de famille nombreuse, rouge viande tout comme, soigneusement saucissonné dans l'épaisse couenne de ses langes, c'est luisant, c'est replet de partout, c'est un bébé, c'est l'innocence. Mais gaffe : quand ça roupille, paupières et poings serrés, on sent que c'est dans le seul but de se réveiller, et de le faire savoir. Et, quand ça se réveille : c'est Verdun ! Toutes les batteries soudain en action, le hurlement des shrapnels , l'air n'est plus qu'un son, le monde tremble sur ses fondations, l'homme vacille dans l'homme, prêt à tous les héroïsmes comme à toutes les lâchetés pour que ça cesse, pour que ça retrouve le sommeil, même un quart d'heure, pour que ça redevienne cette énorme paupiette, menaçante comme une grenade, certes, mais silencieuse au moins. Ce n'est pas qu'on dorme soi-même si elle se rendort, on est bien trop occupé à la surveiller, à prévoir ses réveils, mais au moins les nerfs se détendent un peu. L'accalmie, le cessez-le-feu... la respiration de la guerre. On ne dort que d'un oeil et sur une oreille. Dans notre tranchée intime, le guetteur veille. Et, dès le premier sifflement de la première fusée éclairante, à l'assaut, bordel ! Tous à vos biberons ! Repoussez-moi cette offensive ! Des couches, les infirmières, des couches, nom de Dieu ! Ce qui est englouti d'un côté déborde presque aussitôt de l'autre, et les hurlements de la propreté bafouée sont encore plus terrifiants que ceux de la famine. Des biberons ! Des couches !
Ca y est, Verdun s'est rendormie. Elle nous laisse debout, hébétés, chancelants, l’œil vide fixé sur l’ample sourire de sa digestion. C'est le sablier de son visage, ce sourire. Il va se rétrécir peu à peu, imperceptiblement, les commissures vont se rapprocher, et, quand la bouche toute rose ne sera plus qu'un poing noué, le clairon sonnera le réveil des troupes fraîches. De nouveau, le long hurlement vorace jaillira des tranchées pour investir les cieux. Et les cieux répondront par le pilonnage de toutes les artilleries : voisins cognant au plafond, martelant à la porte, jurons explosant dans la cour de l'immeuble... Les guerres sont comme les feux de broussailles, si on n'y prend garde, elles se mondialisent. Trois fois rien d'abord, une petite explosion dans la tête d'un Duc, à Sarajevo, et cinq minutes après tout le monde se fout sur la gueule.
Et ça dure...
Verdun n'en finit pas.
Trois jours déjà.
Ce que Jérémy, les yeux au milieu de la figure, résume par cette question exténuée en se penchant sur le berceau de Verdun :
– Mais ça ne grandit donc jamais ?
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OrpheaOrphea31 janvier 2009
Et elle pressa sur la détente.
Toutes les idées du blondinet s'éparpillèrent. Cela fit une jolie fleur dans le ciel d'hiver. Avant que le premier pétale en fût retombé, la vieille avait remisé son arme dans son cabas et reprenait sa route.
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ClairocheClairoche26 décembre 2014
Il y a ceux que le malheur effondre. Il y a ceux qui en deviennent tout rêveurs. Il y a ceux qui parlent de tout et de rien au bord de la tombe, et ça continue dans la voiture, de tout et de rien, pas même du mort, de petits propos domestiques, il y a ceux qui se suicideront après et ça ne se voit pas sur leur visage, il y a ceux qui pleurent beaucoup et cicatrisent vite, ceux qui se noient dans les larmes qu'ils versent, il y a ceux qui sont contents, débarrassés de quelqu'un, il y a ceux qui ne peuvent plus voir le mort, ils essayent mais ils ne peuvent plus, le mort a emporté son image, il y a ceux qui voient le mort partout, ils voudraient l'effacer, ils vendent ses nippes, brûlent ses photos, déménagent, changent de continent, rebelotent avec un vivant, mais rien à faire, le mort est toujours là, dans le rétroviseur, il y a ceux qui pique-niquent au cimetière et ceux qui le contournent parce qu'ils ont une tombe creusée dans la tête, il y a ceux qui ne mangent plus, il y a ceux qui boivent, il y a ceux qui se demandent si leur chagrin est authentique ou fabriqué, il y a ceux qui se tuent au travail et ceux qui prennent enfin des vacances, il y a ceux qui trouvent la mort scandaleuse et ceux qui la trouvent naturelle avec un âge pour, des circonstances qui font que, c'est la guerre, c'est la maladie, c'est la moto, la bagnole, l'époque, la vie, il y a ceux qui trouvent que la mort c'est la vie.
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ClairocheClairoche26 décembre 2014
Je continue à courir et jaillis hors de l'immeuble sous une douche glacée parce que le ciel en a profité pour tout larguer d'un coup sur la ville, et c'est là-dessous que je cours, le long de la rue du Temple, comme un galet qui rebondit, je traverse en diagonale les 33 677 mètres carrés de la République, sautant par-dessus les capots des bagnoles, les haies des squares, les chiens qui pissent, et je remonte, toujours en courant, les 2 850 mètres en crue de l'Avenue du même nom. Le torrent est contre moi, mais rien ne peut arrêter l'homme qui court quand il n'a plus de but, car je cours en direction du Père-Lachaise et on ne peut pas appeler ça un but, mon but à moi c'était Julia, mon joli but secret, planqué bien profond sous la montagne des obligations, c'était Julia, mais je cours et ne pense pas, je cours et ne souffre pas, la pluie noire me donne les ailes chatoyantes du poisson qui vole, je cours des milles et des milles quand la seule perspective de me taper un cent mètres m'a toujours épuisé, je cours et ne m'arrêterai plus jamais de courir, je cours dans la double piscine de mes pompes où mes idées se noient, je cours, et dans cette nouvelle vie de coureur sous-marin qui est la mienne - c'est fou comme on s'habitue ! -, apparaissent les images, parce qu'on peut toujours courir plus vite que les idées, mais les images, elles, naissent du rythme même de la course, appartement saccagé, large visage de Julia, petit coussin poignardé, brusque grimace de Julia, téléphone décapité, cri soudain de Julia (C'est donc "ça" que tu as vu, Julius ?), hurlement de Julius aussi, long hurlement supplicié, plinthes arrachées au mur, Julia jetée au sol, je cours maintenant de flaques en baffes, d'éclaboussures en hurlements, mais pas seulement, large saut de caniveau et première apparition de Julia dans ma vie, le balancement de sa crinière et celui de ses hanches, livres écartelés mais seins lourds de Julie, coups, baffes et coups, mais sourire puissant de Julie au-dessus de moi : "En argot espagnol, aimer se dit comer", courir pour être mangé par Julie, frigidaire désossé, que voulaient-ils savoir ? et la pensée qui rattrape les images, la pensée si rapide malgré son fardeau de terreur, savoir ce que Julie savait, voilà ce qu'ils voulaient, "moins tu en sauras, Ben, mieux ça vaudra pour la sécurité de tout le monde". C'est vrai, Julie, qu'ils n'aillent pas remettre la main sur ces pauvres vieux, "ne me téléphone pas, Ben, ne viens pas me voir, d'ailleurs je vais disparaître pendant quelque temps", mais s'ils viennent, eux, chez moi, pendant que je cours comme un con et si c'était ça, justement, qu'ils voulaient savoir, la planque des grands-pères, et s'ils le savent, maintenant, et s'ils avaient fait le chemin inverse, eux, entrant en force dans la maison pendant que maman est seule avec les enfants et les grands-pères ? flaques, baffes, caniveaux, terreur, je traverse l'avenue au niveau du lycée Voltaire, ça klaxonne, gueule, patine, et froisse de la tôle, mais j'ai déjà plongé comme la mouette ivre dans la rue Plichon, traversé celle du Chemin-Vert et je viens de m'écraser contre la porte de la quincaillerie. Les champions sont terrorisés, il n'y a pas d'autre explication. Les champions cavalent sous l'effet de la terreur qui pulvérise les records.
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