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EAN : 9782757847961
552 pages
Points (02/10/2014)
3.83/5   223 notes
Résumé :
Le temps d'un tango, ils se sont consumés l'un pour l'autre. A bord du Cap Polonio, Max, le danseur gigolo, et Mecha, l'épouse d'un richissime compositeur, entament un pas de deux très risqué. Des bas-fonds de Buenos Aires aux grands hôtels de la Riviera, leurs chemins ne cessent de se croiser. Une danse en 1928, une mission d'espionnage en 1937, un tournoi d'échecs en 1966... Hasard ou destinée ?
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
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🎶 C'est le plus grand des voleurs 🎶
🎶 Oui mais c'est un gentleman 🎶

Au cours de sa vie, Max Costa, voyou au sourire d'ange, a tout tenté pour oublier son enfance miséreuse dans les faubourgs de Buenos Aires. Légionnaire, danseur mondain, gigolo, "voleur aux gants blancs", joueur de casino, homme d'affaires, chauffeur... cet aventurier a connu ses heures de gloire et des revers de fortune. Sa spécialité : les femmes, riches de préférence. Or parmi les conquêtes de sa jeunesse, une seule se distingue : la belle aristocrate Mecha Inzunza. Quand en 1968, devenu un vieil homme, Max la croise à Sorrente où elle accompagne son fils pour un tournoi d'échecs, il décide de jouer sa dernière carte...

Au coeur de cette intrigue sur fond de Guerre froide s'imbrique un autre récit qui remonte le temps pour reconstituer l'histoire de Max et Mecha depuis leur première rencontre sur le Cap Polonio, en route vers l'Argentine en 1928.

Mecha accompagne alors son premier mari, le célèbre compositeur espagnol Armando de Troeye. Celui-ci a parié avec Maurice Ravel qu'il allait supplanter son boléro avec un tango. Max, danseur mondain sur le transatlantique, va nourrir son inspiration en lui faisant découvrir l'authentique "tango de la Vieille Garde", celui que les caïds et les prostituées dansent dans les bouges de Buenos Aires au son d'un maigre orchestre. Une chorégraphie sexuelle sur une musique sans paroles, bien différente de la danse de salon dont s'entiche la haute société européenne des années 20.

Le tango, fil conducteur du roman, va ainsi rapprocher deux êtres que tout opposait à leur naissance. Entre Max et Mecha naît une passion violente et brève, qui les réunira de nouveau à Nice en 1937...

« du plaisir et du danger », voici la recette de cette aventure romanesque qui mêle tension psychologique, complots politiques et sensualité autour de deux figures complexes et attachantes. Arturo Pérez-Reverte, dont je découvre pour la première fois l'écriture, est un auteur à l'imagination fertile qui soigne la mise en scène et la psychologie de ses personnages, au prix d'une certaine lenteur dans la narration. Avec ses accents de nostalgie (de la jeunesse, du bonheur enfui, de l'élégance d'une autre époque...), "Le tango de la Vieille Garde" ferait un excellent film dans la catégorie drame romantique, agrémenté de somptueux décors et d'une musique inspirée des tangos argentins.

Monsieur Pérez-Reverte, si vos autres héros sont aussi séduisants que Max Costa, je vous accorderai volontiers une autre danse.

-- Livre lu dans le cadre du jury "Libraires en Seine" 2014 ; prix décerné à "Kinderzimmer" --
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Je ne voulais pas le terminer, ce roman ! Vraiment pas. C'était beau. Ils étaient beaux.

Mecha et Max, deux prénoms en M, deux êtres qui s’aiment, violemment. Elle le sait, immédiatement, il le comprendra, avec le temps. Il pense désir, elle sent amour.

Me-cha, deux syllabes qui frappent comme une claque. Max la recevra de plein fouet, face à elle. Toutes ses habitudes de gigolo, ses sourires calculés, ses habits ajustés à la perfection, tout volera en éclat devant le souffle de Mecha. Il résistera, fuira et pourtant...

Lui, danseur mondain, insensible et sans rancœur, charmeur dans son smoking impeccable, sait chavirer, d’un sourire, les cœurs des riches femmes lors de croisières, les détroussant au passage de quelques pierres. Il est si élégant et beau, racé dirait-on.

ELLE, majestueuse, un collier de perles au cou, se fiche qu’il soit une « canaille », un « sacré fils de pute », elle voit autre chose en lui. Une chose qu’il ne verra pas en lui, qu’il ne voudra pas imaginer possible. Un être aimé. Une blessure de jeunesse aura forgé le caractère de Max, par instinct de survie, il se protégera.

Alors ils dansent. Sans musique. Pour le plaisir, en communion totale. Flottant sur le pont d’un paquebot dans un clair de lune. Et le tourbillon des sens commence de Buenos Aires à Sorrente en passant par Nice. Le temps file entre leurs rencontres.

Il a appris à danser, elle danse d’instinct. Ils n’ont rien en commun, quoi que... Leurs corps à corps sont parfaits. Un a-corps majeur au rythme du tango.

Deux regards qui se suivent, s’écoutent, s’enlacent, se toisent, se rejettent, se rattrapent et s’unissent. Des peaux, des mains, qui se connaissent. Et se reconnaissent ! Ils forment un couple uni au son du tango qui les lance, les éloigne et les balance de mains en mains, de lieux en lieux, pour mieux les envoûter au travers des âges. Ils s’abandonneront l’un à l’autre dans des chambres dont seuls les draps froissés garderont trace de leur passage, une odeur douce et suave derrière eux.

Elle dominera, y compris dans l’abandon. Elle sera fauve aux iris couleur miel. Elle lui apprendra que le tango peut être magnifié par le regard de spectateurs et les pas d’autres danseurs. Le mélange des couples sur la piste enfumée comme révélateur d’une violente fièvre enivrante. Il saignera. Elle sera sienne. Souveraine, parce que c’était LUI.

Ce tango de la vieille garde. La passion à l’état brut, l’amour en fil conducteur.
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Etrange sentiment ! Je pose le livre, le voyage est terminé. Il a été magnifique, palpitant, enthousiasmant et le retour sur terre est douloureux.
Comme dit Max le héros « la vie est brève, un peu d'amour, un peu de rêve et puis bonjour ».
Arturo Perez-Reverte tresse l'histoire de Max l'ex-légionnaire devenu danseur mondain-cambrioleur et Mecha (« si belle que s'éloigner d'elle supposait une douleur presque physique…durant des milliers d'années des hommes avaient guerroyé, incendié des villes et tué pour obtenir des femmes comme [elle]) » se croisant brièvement à trois époques et dans trois lieux différents.
Entre 1928 à Buenos Aires où tout commence par un tango (« si tu peux faire un boléro lui ai-je dit [à Ravel], je peux bien faire un tango ») et 1966 sur la baie de Naples pour un tournoi d'échecs (« mais oui, les échecs c'est ça : l'art du mensonge, de l'assassinat et de la guerre ») en passant par Nice en 1937 pour une affaire d'espionnage («vous débarquez trop tard dans une fête condamnée à mourir…il y a un orage en train de se former…qui balaiera tout ») les deux héros ne se frôleront qu'à trois reprises.
Paquebot de croisière de luxe, cabarets louches des quartiers mal famés de Buenos Aires, palaces de la riviera française, de Naples et de Capri assurent les décors. Malfrats, musiciens célèbres, espions italiens, franquistes, républicains et soviétiques, grands maîtres des échecs et leurs assistants composent une très riche galerie de portraits ; on croise même, à l'occasion, Errol Flynn. (pour les plus jeunes, le premier Robin des bois de l'histoire du cinéma).
On parle de désir (« la seule tentation sérieuse est la Femme »), peut-être (ou pas) d'amour (« c'est agréable d'être heureux…et de le savoir quand on l'est »), de trahison (« combien sont fragiles les liens qui maintiennent…loin de la trahison et du mensonge »), du refus de choisir son camp (« ça doit être apaisant de prétendre être sincère avec tous, sans prendre parti, et ensuite de dormir à poings fermés » ) et de liberté (« l'unique liberté possible est l'indifférence »).
En écoutant les vieux tangos d'avant Carlos Gardel et les tubes des années soixante de Rita Pavone et Patty Pravo dont l'auteur émaille son récit, on s'immerge un peu plus et un peu mieux dans les pas de Mecha et Max; et quand celui-ci déclare « je ne suis pas Cary Grant…dans la vie réelle il n'y a pas de happy end » et qu'elle répond « Idiot. Tu étais mille fois plus séduisant » on comprend qu'on est dans une variation brillante sur « la Main au collet d'Hitchcock » et qu'elle pourrait être Grace Kelly.
Une très belle aventure signée par un très grand auteur !
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Emprunté à la médiathèque, ce livre m'a fait de l'oeil du haut de son étagère. Tout d'abord le titre "Le tango de la vieille garde", une danse peu connu de ma part. La photo de couverture, une belle femme bourgeoise en manteau de fourrure, son regard en arrière énigmatique, un soupçon de sourire se dessine sur son visage.
Le nom de l'auteur "Arturo Perez Reverte"...Hum, hum... J'ai vu des belles critiques de ses livres sur ma page d'accueil Babelio mais je me souviens pas si c'était ce livre ou un autre.
Le résumé très intéressant parle de tango, d'espionnage, roman d'aventures et d'amour.
Ce fut une belle surprise ce livre, j'ai aimé le personnage de Max Costa, danseur mondain, gigolo, qui a vécu une enfance pauvre à Buenos Aires. Il n'a qu'une seule envie , se sortir de sa condition précaire, devenir une personne importante.
Le personnage de Mecha est moins attachant, plus glaçant et lointain.
J'ai apprécié ce roman fait de passions, de douleurs et d'incertitudes.
Je suis ravie d'avoir découvert cet auteur, merci au hasard qui fait bien les choses parfois et je vais continuer à lire Arturo Perez Reverte dès que la médiathèque reouvrira ses portes.

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Qu'est-ce que le tango de la Vieille Garde ? C'est celui de l'origine, dansé dans les bouges des quartiers de Barrancas ou de la Boca, à Buenos Aires. Avant que sa version aseptisée et beaucoup moins canaille ne conquiert le monde. Dans le dernier roman d'Arturo Perez-Reverte, sans nul doute l'un de ses plus brillants, tout commence sur un paquebot en route vers l'Argentine, en 1928. le héros en est un danseur mondain, gigolo, escroc et voleur. Et éminemment amoral, cela va de soi. Il va trouver à qui parler avec la femme d'un compositeur célèbre, aussi séduisante que venimeuse. Un jeu pervers, celui du désir et du mensonge, va s'installer entre eux dès leur première rencontre, le temps d'un tango vertigineux. 1928, 1937, 1966 : le destin du ruffian gominé et de la femme fatale sophistiquée ne se croisera que trois fois, sur de courtes périodes. A Buenos Aires, A Nice, sur fond de guerre d'Espagne, dans la baie de Naples, au cours d'une partie d'échecs, symbole de la guerre froide. le tango de la Vieille Garde se lit comme un roman de Jules Verne, avec un appétit qui ne retombe jamais. Flamboyance et mélancolie se mêlent dans un récit d'aventures époustouflant, agencé de manière diabolique, les époques se répondant sans cesse. Au-delà de ses péripéties, le roman de Perez-Reverte se réapproprie les codes d'une passion sensuelle digne des plus grands mélodrames. Indécent, torride, romantique, sardonique, grave et léger, c'est un livre comme on n'ose plus en écrire, son côté désuet, cruel et hautement romanesque en faisant un petit chef d'oeuvre de littérature populaire, au meilleur sens du terme.
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critiques presse (3)
LeJournaldeQuebec
13 janvier 2014
A mi-chemin entre le roman historique, le roman d’amour et le roman d’espionnage, son tout nouveau livre est un vrai régal.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LesEchos
27 décembre 2013
Le nouveau et brillant roman d’Arthur Perez Reverte nous entraîne des bas-fonds de Buenos Aires aux hôtels de luxe de la Riviera française et de la côte Amalfitaine.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LaPresse
28 novembre 2013
La violence est avant tout amoureuse dans ce très beau roman où s'entremêlent des lignes narratrices qui se répondent les unes les autres.
****
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
— Une femme n'est jamais seulement une femme, mon cher Max. Elle est aussi, et surtout, les hommes qu'elle a eus, ceux qu'elle a et ceux qu'elle pourrait avoir. Rien ne s'explique sans eux... Et celui qui accède à cette connaissance possède la clef du coffre-fort. Le ressort de ses secrets.
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Je suppose que ça arrive à tous ceux qui ont atteint un certain degré de certitude... Tu as beaucoup de certitudes, Max?
- Peu. Je sais seulement que les hommes doutent, se souviennent et meurent.
- Ça doit être ça. C'est le doute qui maintient les gens jeunes. La certitude est comme un virus sournois. Elle est contagieuse et c'est elle qui rend vieux.
Elle a reposé la main sur la nappe. La peau tachetée par la vie et les ans.
- Tu as dit "souvenirs". Les hommes se souviennent et meurent.
-À mon âge, oui, confirme-t-il. Il n'y a plus que ça.
- Et les doutes?
- Je n'en ai guère. Seulement des incertitudes, ce qui n'est pas la même chose.
- Et moi, qu'est-ce que je te rappelle?
- Des femmes que j'ai oubliées.
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Soudain, au rythme de la musique, l'homme fit un écart suivi d'un arrêt brutal, solennel, accompagné d'un coup de talon particulièrement provoquant. Nullement déconcerté par cette figure qu'elle semblait avoir anticipée depuis longtemps, la femme tourna autour de lui, frôlant son corps d'un côté puis de l'autre en s'abandonnant, comme vaincue. Avec une soumission de femelle obéissante que Max trouva quasi pornographique.
(...)
Qu'était d'autre le tango dansé ainsi, sinon soumission de la femme ? se dit-il, effrayé de ce qu'il pensait ; surpris de ne pas être arrivé à cette conclusion, malgré tant de danses, tant de tangos et tant d'enlacements. Qu'était-il d'autre, dansé à la façon de jadis, loin des salons et de l'étiquette, sinon abandon absolu et complice ? Un retour de vieux instincts, de désirs rituels brûlants, de promesses charnelles durant quelques instants fugaces de musique et de séduction. Le tango de la Vieille Garde.
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Elle dansait de façon surprenante...

Le tango ne demandait pas de la spontanéité, mais des mouvements à peine suggérés et aussitôt accomplis dans un silence tacite, presque hostile.

Et, ils se déplaçaient ainsi, se rencontrant et se séparant tour à tour, avec des ruptures bien calculées, des intuitions communes qui leur permettaient de glisser avec naturel sur la piste, entre les couples...

...il était impossible d'exécuter un tango sans une partenaire expérimentée, capable de s'adapter à une danse où la marche s'arrêtait d'un coup, l'homme cassant le rythme dans un simulacre de lutte, où enlacée à lui, la femme tentait de fuir et revenait chaque fois, vaincue mais toujours fière et provocante.

Et, cette femme-là appartenait à la classe des cavalières.
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Mais ce n'est pas seulement cela. Il y a aussi, dans la mémoire de l'homme qui regarde le gant et le collier, des palmiers aux cimes ployant sous la pluie et un chien mouillé sur une plage brumeuse et grise, devant une chambre d'hôtel oû la femme la plus belle du monde attend, sur des draps défaits qui sentent la tendre intimité et le repos indifférent au temps et à la vie, que le jeune homme qui est à la fenêtre revienne vers elle pour se plonger de nouveau dans sa chair accueillante et parfaite, seul lieu de l'Univers où il est possible d'oublier ses étranges lois.
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Vidéo de Arturo Pérez-Reverte
Il n'avait ni patrie ni roi, mais une poignée d'hommes fidèles. Ils ne cherchaient pas la gloire, seulement à apaiser leur faim. Ainsi naquit le mythe. Ainsi se raconte une légende.
Après avoir été banni du royaume de Castille par le roi Alphonse VI, Ruy Díaz vend, au mieux offrant, les services de sa troupe de soldats dévoués. Dans cette lutte pour la survie en territoire hostile, sa force de caractère et ses faits d'armes lui vaudront rapidement le surnom de Sidi Qambitur, maître triomphateur.
Avec son talent habituel, Arturo Pérez-Reverte nous plonge dans l'Espagne du XIe siècle, celle des rois rivaux, des batailles sanglantes et des jeux d'alliances entre chrétiens et Maures. Loin du mythe manichéen du Cid patriote, Sidi est le portrait d'un chef de guerre hors pair, d'un formidable meneur d'hommes et d'un stratège au sens de l'honneur inébranlable. Un roman haletant, épique et magistral, une immersion au coeur de l'Histoire.
Traduit de l'espagnol par Gabriel Iaculli
« Un récit magnifique, du pur Pérez-Reverte. » El Mundo
Arturo Pérez-Reverte, né à Carthagène, Espagne, en 1951, a été grand reporter et correspondant de guerre pendant vingt et un ans. Avec plus de vingt millions de lecteurs, il est l'auteur espagnol le plus lu au monde, et plusieurs de ses romans ont été portés à l'écran. Il partage aujourd'hui sa vie entre l'écriture et sa passion pour la navigation. Il est membre de l'Académie royale d'Espagne.
En savoir plus : https://bit.ly/3ViUsSE
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