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Jean-Pierre Quijano (Traducteur)
ISBN : 2253076562
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 543 notes)
Résumé :
A-t-on réellement découvert un chapitre manuscrit des Trois Mousquetaires? Et quel rapport y-a-t-il entre le chef-d'œuvre de Dumas et ces Neuf Portes du royaume des ombres, livre diabolique dont l'auteur fut brûlé l'année même de la mort de D'Artagnan?
Telles sont les questions auxquelles Corso, chercheur de livres rares pour collectionneurs fortunés, tente de répondre en butant sur des cadavres, de Tolède à Sintra, puis chez les bouquinistes de Paris et au b... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
SMadJ
  27 septembre 2014
Roman à entrées multiples, partouze d'intrigues charnues, tourbillonnements de mots, ce bouquin ambitieux laisse néanmoins un goût d'inachevé dans la bouche.
Passionnant par la richesse d'informations qu'il prodigue sur les romans-feuilletons du XIXème siècle et les prodigieux écrivains qui y ont sévit, Alexandre Dumas en tête, ce livre est une petite mine de découvertes littéraires.
On y apprend beaucoup de détails instructifs. La petite porte qui ouvre sur la grande aventure romanesque.
Arturo Perez-Reverte s'interroge sur le roman, ses constructions, les appréhensions et compréhensions que nous nous faisons des personnages.
Leur emprise dans nos têtes, nos coeurs et nos vies. L'empreinte de leurs mythologies dans nos cultures d'occidentaux. L'identification des vices et des vertus que nous leur prêtons...
Petite porte après petite porte, c'est face à la neuvième que le roman sent le souffre. Pourtant, ce n'est pas l'option que l'auteur choisit et le choix de cette double intrigue nuit à la linéarité du roman. À la fois passionnant et ennuyeux. C'est troublant.
En effet, le roman oscille entre deux trames :
1) la course pour l'authentification et la vente d'un feuillet manuscrit d'un des chapitres écrits par Dumas pour "Les Trois Mousquetaires"
2) l'énigme cachée dans les 3 exemplaires connus d'un livre appelé "La Neuvième Porte".
Ambitieux mais on dirait que l'auteur se moque du dénouement de l'intrigue.
D'ailleurs, même si la majorité du livre est écrit à la 3ème personne pour raconter l'histoire de Corso, certains chapitres sont eux rédigés à la 1ère personne et positionne le point de vue de l'écrivain (via un autre personnage) plus vers le livre d'Histoire littéraire que le livre d'énigmes diaboliques auquel on se serait attendu.

Néanmoins, le bouquin est toujours meilleur que le film raté de Polanski qui occulte la partie Dumas, pourtant la plus passionnante. En revanche, le choix de Johnny Depp pour le film était très cohérent, Corso, le personnage principal, prêt à tout pour gagner de l'argent, étant décrit comme un petit lapin malin et malicieux, au sourire charmeur. L'identification est donc parfaite.
2,5/5
Un grand merci à XL pour m'avoir gentiment offert ce joli bout de littérature :-)
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Commenter  J’apprécie          3811
Tatooa
  14 mai 2014
Fini !
Et que puis-je dire... Voilà un roman étonnant !
Au début, j'ai été assaillie de renseignements de toutes sortes sur Alexandre Dumas, sur la bibliophilie, cet "art" d'aimer les livres, à tel point que ça m'a fait tourner la tête !
D'ailleurs je me suis demandé où j'allais avec ce roman, bien plus d'une fois.
Il y a donc deux conditions pour apprécier ce livre à sa juste valeur : avoir lu au moins "les trois mousquetaires" d'A. Dumas, et d'autre part s'intéresser à ces "fous de livres" que sont les collectionneurs d'éditions anciennes rares (et chères), prêts à toutes les folies pour assouvir leur passion... Et à leurs intermédiaires, mercenaires prêts à tout pour se faire une belle commission.
J'ai connu un de ces "mercenaires". Pas très bien, j'étais jeune, c'était de la famille par alliance, éloignée.
Mais je m'égare. du coup, vous comprendrez que ce livre m'a parlé direct ! Expérience vécue, même si d'assez loin, un faible pour A. Dumas, et une compréhension de cette folie (dont je n'ai pas les moyens, si je les avais, je pense que je l'aurais... Peut-être pas autant que les gens décrits dans ce livre, toutefois !)
Bref, je n'ai pu que plonger avec délice dans cet univers qui m'est fermé, comme à la plupart d'entre nous. Je donne un petit avertissement, toutefois :
Ce livre est formidablement bien écrit et bien traduit, MAIS déborde d'informations biographiques et techniques dont l'érudition, quoi qu'admirable, arrive à lasser un brin, tout de même, à part, je pense, les plus passionnés ! le petit truc qui m'a gêné, c'est que par moment, ça fait étalage de culture qui n'apporte pas grand chose à l'intrigue. Enfin disons que je comprends que certains n'accrochent pas du tout !
Bon je suis restée accrochée malgré tout, même si ça dure pendant tout le livre, qui est vraiment complexe et fouillé.
Cependant, au bout d'une centaine de pages, l'intérêt de l'enquête de Corso devient tel que tout cela se fond en un tout vraiment intéressant.
Le style, le style de la traduction est vraiment superbe. Les descriptions sont magnifiques, les dialogues également. Les personnages sont ambiguës, tous autant qu'ils sont, et l'on ne sait à qui se fier. Comme nous sommes dans un livre, nous avons les détails de la vie et du passé de Corso, petit plus !
Quand on connait le film (que je connais par coeur parce que je suis fan), il est difficile de s'en détacher. Il le faut, cependant, car en fait, une fois de plus, le bouquin n'a rien à voir, à quelque niveau que ce soit, avec lui !
Les défauts, maintenant, et oui, il y en a, malheureusement.
Voilà, un avis en demi-teinte, donc...
Il vaut quand même 4 bonnes étoiles, rien que pour le style magnifique, l'intrigue, et la passion qui s'en dégage.
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Krout
  07 août 2015
L- Chouette, il y a des images : comme dans les bibliothèques roses ou vertes ! Waouh, il y a les mêmes à 3 endroits différents : c'est con, non ? Ils auraient pu mettre des différentes !
E- Dis, tu lis pas ?
L- Arrête, je regarde d'abord les images moi, j'ai toujours fait comme cela, pour m'encourager. D'ailleurs regarde, c'est pas vraiment les mêmes. C'est le jeu des 7 erreurs ! Chic, on va jouer ! Eh, eh j'ai trouvé, mais pas sur toutes. Ce serait plus gai à deux.
E- Ben moi je compte pas alors, c'est pas parce que c'est toi qui lis et moi qui écris que je ne peux pas jouer aussi. Et d'ailleurs, toi derrière ton écran, tu peux jouer puisque tu lis aussi. Ah, c'est pas les mêmes qui sont différentes dans le 3ème jeu.
L- Y a un problème : on n'en trouve que 6 d'erreurs. Normalement c'est toujours 7.
E- Oui, bon, faudra lire pour comprendre. Maintenant, tu ferais mieux de regarder les schémas, les schémas c'est toujours ce qu'il y a de plus important.
L- Bien moi je peux te dire que si il y a des schémas alors c'est un livre de mécanique ou pour faire des câblages et des connections.
E- Euh, c'est pas marqué que c'est un livre sur les livres et sur Dumas ?
L- Non, avec des schémas c'est un livre de mécanique. Bon d'accord, ça peut aussi bien être un traité de mécanique de lecture !
E- Ou d'écriture !
L- C'est forcé puisque celui qui lit il écrit aussi dans sa tête, son histoire. Et celui qui écrit, il l'a écrite en pensant à ce que pourrait penser celui qui la lira. Bon laisse-moi lire.
Là cher lecteur il faut que j'interrompe ces enfantillages, même si les enfants sont les meilleurs lecteurs et acceptent les règles du jeu que leur propose l'auteur. Mais toi derrière ton écran qui est adulte, tu te demandes pourquoi je ne parle pas de Dumas, ni des neufs portes ? Je vais te surprendre : ce ne sont que deux exemples (d'après moi). Car quand c'est l'auteur qui est représenté par le narrateur qui parle ; c'est bien de l'art d'écrire, du travail de l'écrivain et de l'art de lire, du plaisir du lecteur dont il nous entretient. Mais aussi et bien sûr du plaisir de l'écrivain de jouer avec ses lecteurs. L'écrivain omniscient qui ne laisse rien au hasard, mais qui essaye d'empêcher son lecteur de deviner la fin avant l'heure. C'est un exercice bien étrange auquel s'est appliqué Arturo Pérez-Reverte avec ses jeux intertextuels : comme quand un magicien vous dit qu'il va vous expliquer un tour de magie, et lorsque vous croyez avoir compris, il recommence autrement quelque chose de plus difficile. Et vous, vous avez des étoiles plein les yeux comme quand vous étiez enfant. Ca c'est la magie d'un grand écrivain.
Alors il ne faut connaître ni Dumas, ni la cabale, ni Sherlock Homes, rien du tout car tout le monde peut jouer et éprouver un plaisir différent. Bon évidemment quand Arturo raconte quelque part que les Dupondts sont rusés, alors que comme policiers ils se font voler leur portefeuilles sur le marché, je me dis qu'il est grand temps de relire le secret de la licorne. « 3 frères unys, 3 licornes de conserve voguant au soleil de midi parleron. Car c'est de la lumière que viendra la lumière. »
Et toi, toujours derrière ton écran je l'espère, sache encore que tu apprendras plein de choses sur les parchemins, les incunables, les feuilletons, sur Dumas, sur l'ésotérisme et bien d'autres choses. Sur toi-même aussi, peut-être, si tu joues bien.
Bon, ce sont les vacances et si tu n'as pas le Club Dumas sous la main, je vais te dire un petit secret. Tu peux bien exercer toute ta sagacité en allant lire Certes, Terces reste secret qui a remporté le défi d'écriture de juillet. Tu le trouveras dans Forum – café littéraire – défi d'écriture de juillet ou avec le lien http://www.babelio.com/forum/viewtopic.php?t=10675&start=15. Cela aussi c'est malin et tu pourras bien t'amuser.
Bonnes vacances.
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vilvirt
  28 septembre 2012
Après une accroche un peu difficile, j'ai plongé avec bonheur dans cette histoire traitée de manière magistrale du début à la fin. le récit compile plusieurs genres - aventures, thriller, mystère - et fait la part belle aux livres anciens et aux romans de Dumas plus particulièrement.

C'est autour de Corso que se construit tout l'intérêt de cette histoire car c'est un homme peu banal qu'a imaginé Arturo Perez-Reverte : complexe, hanté par son passé et imbibé de gin Bols à toute heure du jour ou de la nuit, mais surtout possédé par l'amour des vieilles reliures et des éditions rares, il est incontestablement l'anti-héro par excellence. D'apparence paisible voire ordinaire mais recelant bien des réserves lorsqu'il est acculé, Corso est doté d'une intelligence et d'une culture stupéfiantes. Envoyé en mission à travers l'Europe pour authentifier un mystérieux ouvrage de démonologie pour le compte de Varo Borja, son puissant propriétaire, Corso doit comparer son édition aux deux seuls autres originaux existants au monde. Il est grassement payé pour cette mission et doit se rendre au Portugal ainsi qu'en France afin d'y rencontrer les propriétaires respectifs. Dans le même temps il assiste à la réapparition subite d'un chapitre manuscrit du récit des Trois Mousquetaires - pièce rare qui aurait été rédigée de la main même de Dumas et que le détective bibliophile va aussi s'atteler à authentifier. Mais Corso n'est pas seul dans cette galère : les ouvrages sont convoités par de mystérieuses figures qui ont toutes d'étranges ressemblances avec les personnages de Dumas, et qui gravitent autour de lui et le poursuivent où qu'il aille, déterminées - semble-t-il - à lui mettre des bâtons dans les roues.
Une fois familiarisé avec le style lyrique de l'auteur et avec le vocabulaire du milieu, les chapitres défilent à toute allure et on assiste à la progression de l'enquête par un Corso déstabilisé, dont le parcours est semé d'embûches et qui pense être devenu lui-même le personnage d'un de ces romans-feuilleton si populaires au XIXème ! En effet, les allusions au roman le plus connu de Dumas se succèdent - dans l'allure des protagonistes comme dans les différentes scènes qui opposent Corso à ses ennemis. Mais le plus intéressant, c'est la manière dont l'auteur a entremêlé le destin de ce chapitre original des Trois Mousquetaires et les Neuf Portes du Royaume des Ombres - ouvrage qui permettrait à celui qui le possède d'invoquer Lucifer en personne ! On dévore littéralement l'histoire pour entrevoir enfin la clé de l'énigme. La façon dont l'auteur crée des parallèles entre les deux oeuvres tout en opposant Corso à toutes sortes de situations plus ou moins inconfortables, les personnages secondaires subtilement imaginés - Irène Adler n'étant pas des moindres ! - les dialogues, les lieux évoqués et les références littéraires au Vicomte de Bragelonne, au Comte de Monte-Cristo, à Vingt ans Après et à toutes sortes de romans connus ou pas du lecteur, mais surtout le style coloré de l'auteur qui donne un formidable pouvoir d'évocation à son oeuvre, absolument tout s'associe au plaisir de cette lecture.
Il n'y a pas de temps mort, les fréquents déplacements et les nombreuses rencontres de Corso permettent de voyager à travers le temps et l'espace et accélèrent le rythme du récit. Et toutes les références littéraires ou historiques qui sont faites au fil des pages comme celles disséminées ici ou là à propos de Dumas, de son passé ou de ses oeuvres, sont autant de points important qui permettent de maintenir l'intérêt du lecteur tout en satisfaisant sa soif de connaissance.
Un conseil pour ceux qui, comme moi, n'avaient vu que l'adaptation ciné de 1999 : ne vous fiez pas au film et prenez plutôt le temps de lire le livre. L'intrigue est développée plus subtilement, le périple de Corso est bien plus passionnant, tout est mieux démontré, différent et l'atmosphère du livre ne se retrouve pas dans le film : ça n'a tout simplement rien à voir !
C'est un coup de coeur, forcément ! Comment ne pas adorer ce genre d'aventure qui met en scène des bibliophiles passionnés prêts à tout pour s'emparer de la pièce rare ??!! Ce Club Dumas est une excellente surprise et un must à conserver dans sa bibliothèque pour tous les amoureux des livres et de la littérature !
Lien : http://tranchesdelivres.blog..
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raton-liseur
  22 juillet 2015
Eblouissant ! Je n'ai pas d'autre mot pour qualifier ce roman dont je viens de tourner la dernière page, j'ai été éblouie, et je n'ai fait qu'apprécier de plus en plus ma lecture au fil des chapitres.
Pourtant, ce n'était pas gagné. J'ai lu ce livre en espagnol, je l'avais acheté avant de passer quelques jours à la plage, lecture facile et faussement intello m'étais-je dis. Effectivement, le livre a fait le déplacement avec moi à Hollbox, mais il en est revenu avant d'avoir été ouvert, c'était il y a trois ans. Soucieuse de ne pas le laisser prendre la poussière, je ne sais quelle intuition subite m'a fait le commencer au début du mois de juillet, encore loin des idées de plage. On est presque trois semaines plus tard, j'ai enfin fini les quelques 16 chapitres de ce livre, en me disant plusieurs fois que mon niveau d'espagnol (ben oui, je l'ai lu en espagnol, une lecture facile et faussement intello pensais-je, n'est-ce pas…) n'était pas à la hauteur, que je passais à côté de tout un pan du roman… Mais malgré cela, j'ai aimé cette lecture qui m'a demandé un tel niveau de concentration, et qui m'a surprise plus d'une fois.
Je ne m'attarderai pas sur le côté érudit de ce livre, sur tout ce que l'on apprend sur les livres anciens et sur les romans-feuilletons du XIXème. C'est intéressant ou amusant selon les moments, mais cela n'est que la surface de ce livre. Il recèle bien d'autres trésors bien plus beaux et plus précieux.
Il y a d'abord l'incroyable plume de Pérez-Reverte. Il est journaliste de formation, et il en garde un sens aigu de la formule et une capacité à décrire les personnages et les décors en quelques phrases qui font mouche et qui, au-delà de la description font passer une sensation, un sentiment, c'en est presque physique. Et cette plume que l'on sent facile et légère mais dont on peut presque palper le lent travail de polissage des phrases est capable de faire passer toutes les digressions inutiles à l'intrigue principale comme des scènes pleines de vie et palpitantes que le lecteur dévore sans même s'en rendre compte.
Il y a aussi l'immense tendresse de Pérez-Reverte pour ses personnages. Corso, le héros, bien sûr. Mais aussi cette fragile Irène Adler (sic), et même La Ponte. Même les méchants sont traités par Pérez-Reverte avec un immense respect et une vraie affection. En parlant d'attachant, je dois confesser que j'ai aimé chez Pérez-Reverte cette capacité à me faire accepter, et même à apprécier, des éléments qui souvent m'insupportent dans les autres livres, surtout les livres à suspens. Quel besoin que le personnage soit seul et abîmé par la vie, quel besoin de nous entretenir de ses amours passées et fracassées, quel besoin de nous coller une histoire d'amour et peut-être même de rédemption dans les pattes ?... Pérez-Reverte fait tout cela, et même plus, et ce qui me donne des allergies habituellement me fait ici aimer le personnage, je m'attache à lui et je pense avec affection à cette Nikon qu'il a laissée partir ou avec une tendresse pleine de commisération à ces batailles napoléoniennes qu'il se joue et se rejoue chaque soir. Non, je ne suis pas tombée amoureuse de Corso, mais j'ai aimé côtoyer ce personnage dans sa solitude et son intimité pendant les presque 500 pages de ce livre.
Et bien sûr, que dire de cette réflexion sur la relation entre le livre et le lecteur. Ce roman est un habile jeu de miroir avec des mises en abyme continuelles et toujours renouvelées. La plus évidente, celle de Corso qui se considère comme un personnage réel et qui se demande quel serait l'auteur qui pourrait inventer une telle histoire s'il était un personnage de fiction.
Mais au fur et à mesure que l'intrigue se précise, c'est toute la relation entre le livre, l'auteur et le lecteur qui se mire dans l'histoire. Il est question de ce que le lecteur projette dans le livre, la façon dont il interprète les intentions de l'auteur et dont il anticipe l'histoire. Dans un livre, il n'y a pas de coïncidence, rien n'est fortuit, à la différence de la réalité. Corso devient alors la métaphore du lecteur, celui qui interprète tout, qui cherche derrière chaque phrase, chaque élément, l'intention de l'auteur. Et Pérez-Reverte joue habillement de cela, sachant ce que le lecteur devinera, ou croira deviner, de ses intentions et s'amusant à le berner gentiment, le renvoyant à ses contradictions et à celle de la littérature. Et c'est pour cela que la fin m'a semblée on ne peut plus cohérente. et je sais que je suis donc une lectrice, de celles qui se font happer par une histoire et qui ne peuvent en ressortir avant que l'auteur ne l'ait décidé.
Corso est merveilleux dans sa quête qui se révèle aussi illusoire que celle du Graal, et Pérez-Reverte est décidemment un immense auteur. Je l'avais aimé dans le Cimetière des bateaux sans nom, adoré dans le Peintre des batailles, j'avais été moins enthousiasmée par les trop acclamées aventures du Capitaine Alatriste (dont je n'ai lu que le premier tome), je sais maintenant que c'est un écrivain hors pair, dont je risque à partir de maintenant d'acheter les livres sans même en livre le résumé, sûre d'être emportée par sa plume, sûre d'un merveilleux moment de lecture.
Eblouie, non il n'y a pas d'autre mot.
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Citations & extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   03 octobre 2012
Le pacte d'amitié conclu entre d' Artagnan et ses compagnons n'a jamais existé, notamment parce que certains d'entre eux n'eurent pas l'occasion de se connaître...De même il n'y a jamais eu de Comte de la Fère, ou bien il y en a eu beaucoup, mais aucun d'eux ne s'appela Athos. En revanche, Athos a bel et bien existé ; il s'appelait Armand de Sillègue, seigneur d' Athos, et il est mort d'une estocade lors d'un duel, avant que d'Artagnan n'entre chez les mousquetaires du roi....Aramis était Henri de Aramitz, écuyer, abbé laïque de la sénéchaussée d'Oloron, enrôlé en 1640 dans les mousquetaires que commandait son oncle. Il finit ses jours sur ses terres, entouré de sa femme et de ses quatre enfants. Quand à Porthos...
- Ne me dites pas qu'il y a eu aussi un Porthos.
- Mais si. Il s'appelait Isaac de Portau et il a dû connaître Aramis, ou Aramitz, puisqu'il est entré chez les mousquetaires trois ans après lui, en 1643. Selon la chronique, il est mort prématurément, d'une maladie, d'une blessure de guerre, ou lors d'un duel, comme Athos.
(extrait du premier chapitre "Le vin d'Anjou" de l'édition de poche parue en 1993)
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agenetagenet   15 février 2014
Les enfants sont des joueurs et des lecteurs parfaits : ils font tout avec le plus grand sérieux. Au fond, le jeu est l'unique activité universellement sérieuse ; le scepticisme n'y est pas de mise, vous ne croyez pas ?... Pour incrédule et mécréant que l'on soit, celui qui veut participer n'a d'autre choix que d'observer les règles. Seul celui qui respecte ces règles, ou du moins les connaît et les utilise, peut vaincre... C'est la même chose lorsqu'on lit un livre : il faut accepter comme faits acquis la trame et les personnages pour jouir de l'histoire.
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vilvirtvilvirt   28 septembre 2012
Plus tard, on mûrit, on devient flaubertien ou stendhalien. On penche pour Faulkner, Lampedusa, Garcia Marquez, Durrell ou Kafka... On devient différents les uns des autres; on devient même adversaires. Mais nous nous faisons tous un clin d'oeil complice quand nous parlons de certains auteurs, de certains livres magiques qui nous firent découvrir la littérature sans nous attacher à des dogmes ni nous donner des leçons équivoques. Telle est notre authentique partie commune : des récits fidèles non pas à ce que les hommes voient, mais à ce que les hommes rêvent.
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TatooaTatooa   13 mai 2014
- Vous êtes bien mystérieuse. Quel âge avez-vous donc ? Dix-huit, dix-neuf ans ?... Parfois, vous prenez une autre expression, comme si vous étiez beaucoup plus âgée. (Corso à la jeune fille aux yeux verts)
- C'est que je le suis peut-être. Chacun possède les gestes de ce qu'il a vécu et de ce qu'il a lu. Vous n'avez qu'à vous regarder.
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SMadJSMadJ   28 septembre 2014
Un grand lit, deux petits déjeuners sur un plateau. Liana Taillefer assise sur le lit, blonde et stupéfaite, une tartine de pain grillé entamée à la main, un sein volumineux et blanc à l'air libre, l'autre retenu par sa chemise de nuit de soir, largement échancrée. Mamelons de cinq centimètres de diamètre, observa Corso sans passion en refermant la porte derrière lui. Mieux vaut tard que jamais.
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Bande annonce de la série, Las aventuras del capitán Alatriste (titre francais : El capitan), adaptation des romans d'Arturo Pérez-Reverte
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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