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Ana Maria Freitas (Préfacier, etc.)Michelle Giudicelli (Traducteur)
EAN : 9782267020946
540 pages
Christian Bourgois Editeur (06/05/2010)
3.4/5   10 notes
Résumé :
"Quaresma, déchiffreur", de Fernando Pessoa : Fernando Pessoa donne des nouvelles
LE MONDE DES LIVRES | 17.06.10 | 12h02 • Mis à jour le 17.06.10 | 12h02

Les écrivains ont le privilège de pouvoir encore donner de leurs nouvelles plusieurs décennies après leur mort. Pour le meilleur ou pour le pire. Les inédits sont parfois des fonds de tiroirs, exhumés pour des raisons douteuses, et qui n'ont souvent rien à voir avec la littérature : rebuts,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
bilodoh
  01 novembre 2018
Un grand auteur portugais qui écrit : « L'un des seuls divertissements intellectuels qui restent encore à ce qui demeure d'intellectuel dans l'humanité est la lecture de romans policiers. (p.11)
Tout une introduction, pour une série de nouvelles policières!
J'attendais la suite… et la déception fut d'autant plus grande que mes attentes étaient élevées.
Il s'agit de l'histoire d'un homme dont les passe-temps est de déchiffre, de se servir uniquement de la raison pour résoudre les énigmes. Pour trouver l'auteur d'un crime, il s'agit de s'asseoir et de réfléchir.
De longues, longues explications sur les raisonnements logiques du déchiffreur, avec des théories complexes comme le classement des types psychologiques : l'hystérie, l'épilepsie, etc. !
Évidemment, c'est du début du vingtième siècle et ces discours sur le fonctionnement mental semblent parfois un peu étranges. Bizarre aussi, de voir un commissaire qui enquête sur une lettre disparue, doit-on croire que les policiers de l'époque avaient des tâches bien légères…
Pour rendre justice à l'auteur, ajoutons que cette série de nouvelles n'a pas été publiée de son vivant, et que plusieurs nouvelles ont été reconstituées à partir de plusieurs versions de notes, de textes partiels. Ce n'est pas toujours complet, on a même recours à des […] pour le signaler. Cela n'aide pas à la fluidité de la lecture.
Ajoutons aussi que pour qui a la patience de déchiffrer les longs monologues, de jolies réflexions se cachent parfois dans la prose.
Pour qui a la patience…, j'avoue ne pas en avoir suffisamment pour aller jusqu'au bout. Un rendez-vous manqué…
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Apoapo
  12 février 2016
Les péripéties de l'édition (et parfois de la traduction) octroient une fortune inégale à certains grands auteurs dans différents pays ; en France, Pessoa n'a pas été très gâté et, de plus, son nom est principalement associé à l'épithète de poète.
Une découverte posthume nous a dévoilé, ces dernières années, son activité très durable de nouvelliste policier, que l'auteur lui-même devait tenir pour réservée, destinée à une publication - sous ce même titre - toujours reportée. Il existe une première série de nouvelles de ce genre que l'auteur écrivit en anglais, sous pseudonyme, esquissant le personnage de son détective, William Byng au raisonnement infaillible qui résolvait les intrigues "sans bouger de son fauteuil".
Dans cet ouvrage, le personnage a quelque peu gagné en complexité, il s'appelle Docteur Abilio Quaresma, déchiffreur de charades, médecin non pratiquant, au physique frêle et ingrat, d'aspect négligé, souvent malade, fumeur de cigares et enclin à la boisson, toujours apte à résoudre des énigmes d'apparence insoluble grâce à la seule puissance de sa logique déductive. Dix nouvelles sont incluses dans cet ouvrage, sur les douze (ou peut-être treize) que l'auteur prévoyait, comportant des degrés d'aboutissement très variables, mais toutes montrant le développement, souvent long et détaillé (verbeux...?) de la démonstration du héros.
On peut ainsi se faire une idée très précise des caractéristiques que l'auteur avait attribuées à son personnage et également deviner assez clairement quel était son procédé d'écriture des nouvelles, où la trame, les circonstances factuelles, les noms des protagonistes sont des facteurs sans doute secondaires, certainement postérieurs à la mise en scène du raisonnement. J'ignore si tous les auteurs de polars opèrent de la même manière, mais cette chronologie de mise en chantier de l'histoire m'a beaucoup intéressé.
Les préfacière et postfacière-traductrice ont insisté sur les influences et les goûts de Pessoa par rapport au polar : les noms de Poe et de Conan Doyle reviennent avec insistance, Agatha Christie (Hercule Poirot) aussi ; puis, inévitablement, l'hypothèse autobiographique que l'on évoque si ostensiblement au sujet du Bernardo Soares du Livre de l'intranquillité. Pour ma part, j'ai trouvé une citation presque textuelle d'une célèbre formule de Sherlock Holmes, mais en conclusion je suis plutôt sceptique sur ce thème des influences. En effet Quaresma m'a semblé pour de nombreuses raisons l'anti-Sherlock Holmes et en général un personnage que l'auteur n'incite pas à admirer de façon inconditionnelle - tout comme Bernardo Soares, d'ailleurs - ce qui constituerait une assez grande avancée sur les polars de l'époque en question, et appellerait à la prudence quant aux projections autobiographiques...
Quaresma est infaillible, certes ; il est le contrepoint d'un policier bruyant, obtus et dévoué, assurément ; mais c'est d'abord un grand bavard, un monomaniaque d'une certaine taxinomie pseudo-psychologique. Contrairement à Holmes, il ne déduit pas d'après des faits observés et incontestables, mais il procède par élimination sur la base de types caractériels des personnes impliquées qui me semblent si baroques que je ne peut m'empêcher d'y supposer plutôt une caricature de la psychologie-psychiatrie et en fin de compte du positivisme médical (ex. tempéraments criminels, etc.) fin XIXe.
Est-ce un second degré de mon cru ? J'ai peut-être trop d'estime pour Pessoa pour penser qu'il aimait excessivement son Quaresma... quant à s'y reconnaître...
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ignatus-reilly
  13 juin 2011
Voilà un recueil de nouvelles policières fort singulier.
Tout d'abord ces écrits ont été retrouvés après la mort de Pessoa. de son vivant, Fernando Pessoa n'avait jamais publié de romans policiers. de plus, la plupart de ses écrits sont inachevés.
Quaresma, le héros de ces nouvelles est un personnage hors du commun. Dans la vie de tous les jours, le docteur Abilio Quaresma, qui n'exerce plus, est un homme terne, qui ne distingue par aucun signe particulier - au contraire, c'est un homme terriblement banal.
il vit dans une petite chambre, il passe son temps à fumer, boire et lire et à réfléchir. Son activité favorite : les charades mais rien ne vaut les problèmes de la vie réelle.
Mais dès qu'on lui soumet la moindre énigme ; son génie apparait et le transfigure. le raisonnement de Quaresma lui,permet de résoudre tous mystères.
Ce n'est pas l'action qui est privilégiée dans ce recueil mais la façon d'aboutir à la vérité et l'on suit les étapes de la pensée de Quaresma pas à pas et l'on est toujours surpris par la richesse de son esprit de déduction.
Malgré le fait que la plupart de ces récits soient incomplets, on suit avec plaisir les méandres de la réflexion de notre héros. Et l'on reste admiratif devant tant de talent.
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Cialanma
  08 février 2020
Les charades, rébus et autres jeux de mots sont un passe-temps très couru au Portugal. Au point qu'il existe en portugais le mot charadista qu'on pourrait littéralement traduire par charadiste en français. Comme en français nous avons cruciverbiste. Fernando Pessoa en portugais qu'il était n'a pas échappé à ce passe-temps répandu. Il créé le Docteur Abilio Quaresma qui trouve les solutions d'énigmes par le biais des charades. Les histoires policières sont un jeu pour lui. A travers ce livre on découvre ou on touche l'engouement remontant à l'enfance de Fernando Pessoa pour le genre policier. Avec la touche charadista en prime ! Il n'y a qu'une seule nouvelle dont on pourrait dire qu'elle est achevée - la disparition du Docteur Reil Gomes- les autres sont fragmentaires tellement fragmentaires que dans la traduction française quelques unes n'ont pas été traduites.
On retrouve l'âme de Pessoa et ce passe-temps très portugais dans Quaresma déchiffreur. Néanmoins, on peut être un peu interloqué voire gêné par un recueil inabouti, fondé sur des notes, des entames d'histoires, des fragments. Par ailleurs, on part de la méthode de charadista en portugais. Aussi, la traduction en français qui est très bonne ne rend peut-être pas l'ensemble de l'esprit, des tournures idiomatiques, des jeux d'esprit et de mots etc...Du coup, on peut passer à côté de cet ouvrage très original et ne pas parvenir à en suivre le fil conducteur policier.
Cependant à essayer pour voir et connaître une autre facette du talent de Fernando Pessoa.
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jmb33320
  21 mai 2018
Grosse déception. A priori, l'idée de lire des nouvelles policières (à énigme) signées Pessoa m'avait intéressé. Au final, malheureusement, le plaisir n'est pas (ou très peu) au rendez-vous. Il s'agit davantage d'esquisses que de nouvelles achevées ; le côté "manques à combler" aurait pu être jouissif, mais en réalité il est plus frustrant qu'autre chose. Et son personnage Quaresma extrêmement verbeux...
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   01 novembre 2018
La folie se caractérise essentiellement par la perte de l’adaptation à ce que nous appelons la réalité, c’est-à-dire par l’incapacité à distinguer entre phénomènes subjectifs et objectifs. La folie c’est rêver éveillé sans s’en rendre compte.

(p.331)
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bilodohbilodoh   28 octobre 2018
Il est facile, il est commun que l’on induise chez l’homme normal l’état de folie : il suffit de l’enivrer. Il est facile, il est commun que l’on induise chez l’homme normal l’état homicide : il suffit l’envoyer à la guerre.

(p. 119)
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ignatus-reillyignatus-reilly   13 juin 2011
Il n'existe pas de catégorie entre l'anormalité et la folie parce qu'il n'y a pas de point fixe entre les deux. L'espace entre les deux est dynamique et non statique. Être entre l'anormalité et la folie ne veut pas dire demeurer entre l'anormalité et la folie ; cela veut dire passer de l'anormalité à la folie. Cet acte, mon cher Guedes, a été le dernier acte rationnel de cette pauvre femme.
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ignatus-reillyignatus-reilly   13 juin 2011
Arrive un individu vêtu d'un costume et dégoulinant d'eau. Il est naturel que je me dise : "Cet homme a été sous la pluie et c'est comme ça qu'il s'est mouillé." Mais il est bien possible qu'il n'ait pas été sous le pluie, qu'on ait renversé de l'eau sur lui ici dans la maison. La plupart des gens considéreraient que le fait que cet homme a été sous la pluie est un fait. Finalement, c'est une conclusion - une conclusion tout à fait naturelle, mais c'est une conclusion, ou une déduction.
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ignatus-reillyignatus-reilly   13 juin 2011
Or, tous ceux qui ont eu besoin d'argent savent quelle fébrilité s'empare de nous quand on nous a promis de l'argent et qu'il n'arrive pas. On se fait toutes sortes d'idées. On s'imagine n'importe quoi. On est comme une mère quand son fils ne rentre pas à la maison à l'heure habituelle : il est tombé sous un tramway, il lui est arrivé quelque chose, tout ce qui est grave lui passe par la tête.
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Videos de Fernando Pessoa (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fernando Pessoa
Avec Rainer J. Hanshe, Mary Shaw, Kari Hukkila, Carole Viers-Andronico, Pierre Senges, Martin Rueff & Claude Mouchard
À l'occasion du dixième anniversaire de la maison d'édition new-yorkaise Contra Mundum Press, la revue Po&sie accueille Rainer Hanshe, directeur de Contra Mundum, Mary Shaw, Kari Hukkila, Carole Viers-Andronico & Pierre Senges. Rainer Hanshe et son équipe publient la revue Hyperion : on the Future of Aesthetics et, avec une imagination et une précision éditoriales exceptionnelles, des volumes écrits en anglais ou traduits en anglais (souvent en édition bilingue) de diverses langues, dont le français.
Parmi les auteurs publiés : Ghérasim Luca, Miklos Szentkuthy, Fernando Pessoa, L. A. Blanqui, Robert Kelly, Pier Paolo Pasolini, Federico Fellini, Robert Musil, Lorand Gaspar, Jean-Jacques Rousseau, Ahmad Shamlu, Jean-Luc Godard, Otto Dix, Pierre Senges, Charles Baudelaire, Joseph Kessel, Adonis et Pierre Joris, Le Marquis de Sade, Paul Celan, Marguerite Duras, Hans Henny Jahnn.
Sera en particulier abordée – par lectures et interrogations – l'oeuvre extraordinaire (et multilingue) de l'italien (poète, artiste visuel, critique, traducteur, « bibliste ») Emilio Villa (1914 – 2003).
À lire – La revue Hyperion : on the Future of Aesthetics, Contra Mundum Press. La revue Po&sie, éditions Belin.
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