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ISBN : 2211230075
Éditeur : L'Ecole des loisirs (24/08/2016)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Quand on est le fils d'un montreur d'ours, d'un Ursari comme on dit chez les Roms, on sait qu'on ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Harcelés par la police, chassés par des habitants, Ciprian et sa famille ont fini par relâcher leur ours et sont partis se réfugier à Paris où, paraît-il, il y a du travail et plein d'argent à gagner. À peine arrivés dans le bidonville, chacun se découvre un nouveau métier. Daddu, le montreur d'ours, devient ferrailleur, M'... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  16 novembre 2016
Deux romans qui se suivent dans mes lectures et évoquent les enfants surdoués, E = MC² mon amour et le fils de l'Ursari. Ce dernier est également un très beau roman jeunesse. J'avoue, je ne connaissais pas la profession d'ursari. Peut-être plus un art qu'une profession, une passion à l'évidence. L'ursari et sa famille vivent au rythme de la nature et respectent l'ours. Ils partagent avec lui la dure vie des gens du spectacle, une vie de bohème sur les routes, accueillis parfois (souvent) par des villageois hostiles.
Ce joli livre raconte le déracinement des roms, chassés de leur pays (je ne dirai pas le nom car ils sont originaires du pays du vent et des nuages) et envoyés en France par une bande mafieuse qui profite de la misère humaine pour faire de gros bénéfices, la traite des êtres humains vue de l'intérieur. Arrivés en France ils sont parqués dans une zone sans nom, sans eau et sans toit, à la merci de ces voyous qui continuent à les exploiter pour rembourser le prix du voyage. Une somme qui ne cessera d'augmenter malgré les paiements et l'énergie que cette famille déploiera. Dans ces conditions de vie difficiles et violentes, une petite étincelle s'enflamme le jour où Ciprian, le petit garçon de la famille, découvre le jeu d'échecs. Une illumination, un déclic dans ce cerveau brillant. Une nouvelle vie ? Pas si facile.
J'ai beaucoup apprécié cette lecture qui nous transporte dans des contrées lointaines (ou pas), où l'on côtoie un ours puis une baleine au grand coeur et qui donne une autre vision des gens que l'on peut rencontrer dans le RER, un bébé dans les bras, sollicitant un zorro.
Un grand merci aux éditions de l'École des Loisirs et à Babélio pour cette intéressante découverte.
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RosenDero
  13 octobre 2017
Ciprian est le fils d'un Ursari. de génération en génération les traditions se perpétuent, ils sont des montreurs d'ours nomades parmi le peuple rom. Mais les nationalistes n'aiment pas les nomades, ici, comme ailleurs. Alors, Ciprian et sa famille vont devoir laisser leur mode de vie derrière eux et fuir jusqu'en France, là où l'on devient riche facilement... à ce qu'on leur a dit...
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Gros coup de coeur pour ce roman jeunesse, lauréat du Prix Sorcières roman ado 2017, et je comprends pourquoi.
C'est dense, c'est prenant, je n'ai pas réussi à le lâcher. L'histoire de Ciprian et de sa famille nous balade entre frissons, rires et larmes.
On s'attache tellement facilement à ces personnages qu'on vit pleinement avec eux les évènements qui vont bouleverser leur famille. On espère pour eux, on leur souhaite le meilleur, on désespère quand ils font les mauvaises rencontres, quand ils sont exploités, escroqués ou manipulés.
C'est peut-être un peu gentillet sur la fin, mais les 30 dernières pages permettent au lecteur de relâcher la pression et de souffler. On n'aurait pas pardonné à Xavier-Laurent Petit qu'il en fut autrement. C'est qu'entre passeurs véreux, trafiquants de tous bords et enquête de police, on ne s'ennuie pas. La chance de cette famille sera de compter un petit génie parmi ses membres. Et on pense à celles qui n'ont pas cette chance. Qui ne connaissent pas l'empereur Sigismond en personne...
Et en plus de tout, on en apprend un peu sur les Ursari, ces montreurs d'ours d'un autre temps, d'un autre monde. Et on regrette cette globalisation qui fout tout sous plastique, qui place le pognon en seul roi, et qui lisse toutes les cultures singulières. Rien ne lui échappe. Sauf peut-être Găman, un ours, le roi de la forêt, divinité de tant de cultures...
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LoupAlunettes
  27 avril 2017
"Le fils de l'ursari" a remporté le Prix Sorcière Catégorie Roman Ados 2017.
Qu'est ce qui fait la force du récit?
L'histoire sans contestes, avec un propos pas toujours séduisant pour tous les lecteurs et que l'auteur arrive à rendre attractif pour les adolescents et puis évidement, il y a le talent de l'auteur lui-même.
Peut-être les lecteurs auront en tête "Un monde sauvage".
Dans les premiers chapitres de ce dernier roman, si la quatrième de couverture nous révèle le prénom du héros principal, le fils de l'Ursari est juste pour les 20 premiers chapitres un passeur d'histoire, le narrateur, indéfini, un spectateur, une voix plaçant le contexte, laissant l'attention à la scène qui installe le décor.
Nous ne connaissons pas encore son âge, nous le devinons par quelques pistes laissées par l'auteur au fil de l'aventure. Nous le devinons jeune, encore naïf. Ciprian s'interroge de mots ressemblant à ceux de sa langue maternelle, d'un paysage et de bruits d'un impact assourdissant, captivant et sauvage pour lui qui a connu autre chose.
A Paris, il va tomber amoureux des espaces de liberté et de quiétude du parc du Luxembourg.
C'est ici que sa vie va prendre un formidable tournant.
Les descriptions qui nous font entrer dans son monde d'avant sont décalées pour nous, non pour lui qui le vit au quotidien.
Quand a t-il le temps de flâner? A aucun moment normalement.
Ciprian se laisse enivrer à l'exotisme de Paris et en oublie de faire sa part pour rembourser ceux qui les ont fait venir.
Une autre réalité qui sera clairement développée par la suite.
Gens du voyage.
Ce n'est pas dit car Xavier-Laurent Petit ne met pas d'étiquette à ses personnages.
Nous savons d'où ils partent pour arriver sur Paris, nous connaissons leurs traditions, Ciprian est fils de montreur d'ours, fils de Ursari, les conditions de vie sont abordées sans complaisance.
Vera, la grande soeur, devient "nourrice d'enfant", sollicite aimablement les passants avec un bébé emprunté à une amie et sa mère garde les distributeurs pour s'assurer de leur bon fonctionnement moyennant gracieuse rémunération. C'est l'interprétation du fils de l'Ursari qui de son innocence encore vivace nous préserve, se préserve, d'une réalité plus dure.
C'est la vie qu'il connaît.
Les mots voler, mendier, nous viennent comme des flashs sans être directement franchis tout de suite. Sa vraie rencontre avec les mots et leur sens se fera bien après avec un ouvrage qu'il appelle "Robert le Dictionnaire". Une autre porte sur le monde.
Pour l'heure, avant que le vent tourne favorablement, ils doivent avant tout se débrouiller dans la fiction.
L'histoire raconte qu'un triste personnage offre "un ticket d'or" à Lazar et sa famille pour une nouvelle vie à Paris.
Nous comprenons rapidement à la lecture que la famille de Lazar va se trouver exploitée sur un temps indéfini pour rembourser une dette qui ne cessera de grandir sur des échéances irréalisables.
Bon samaritain au départ, l'abominable Karoly va faire tomber le masque et multiplier les violences et les menaces pour faire filer droit les familles sous son joug.
Esclavage moderne.
Les mots ne sont pas dits mais cela ne fait aucun doute dans les faits de la fiction.
Xavier-Laurent Petit ouvre des petits moments de "paradis", Ciprian fera une école buissonnière salvatrice à son école des voleurs. Il découvre les échecs au Parc du Luxembourg et nous réalisons que l'enfant a une mémoire photographique qui lui permet de reproduire les parties qu'ils observe avec envie.
Son intérêt lui permettra d'attirer la sympathie de celle qu'il appelle "Madame Baleine" qui lui donnera régulièrement rendez-vous dans un café pour évaluer ses aptitudes, lui offrir une compagnie amicale et peut être aider à scolariser l'enfant si possible.
Malheureusement, ces temps d'enfance que s'accordera Ciprian seront chèrement payés et l'intrigue montera d'un bon cran avec la fureur de Karoly qui veille violemment sur son investissement.
Que deviendrons la famille de Lazar lorsque la police retrouvera le corps inerte de l'infâme Karoly?
L'aventure n'emprunte pas directement une dimension sociale, nous avons une vraie fiction d'aventure et une solide intrigue autour de cet enfant qui fera son premier grand voyage et trouvera finalement par sa candeur la solution à l'errance familiale. le roman passe par différents spectres d'émotions, ne laisse aucunement indifférent grâce au personnage de Ciprian qui sensibilisera plus facilement qu'un ado ou un adulte déja endurci.
Tout cela est empreint d'une forme de réalisme que nous connaissions déjà de l'auteur, où les liens humains y sont chaleureusement et honnêtement portés, sur une note de justesse qui ne tombe pas la mièvrerie. La connexion à un monde dont chacun se fera sa propre opinion ne nous détournera pas des caractères familiaux qui parlent à tout le monde et aideront à s'approprier le petit monde du fils de l'Ursari.
L'émotion damne le pion au rythme qui lui est plus progressif, maîtrisé.
Si le roman vous a séduit, c'est alors comme dirait le tuteur d'echecs de Ciprian: "Obcomréjouga"!
Observer, Comprendre, Réfléchir, Jouer, Gagner.
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choupinette91
  26 août 2016
La couverture après avoir lu le roman nous en dit beaucoup.
L'histoire de Ciprian est l'histoire de tous ces gens immigrants illégalement sur le territoire Français.
La famille de Ciprian a dû dépenser des sommes astronomiques pour payer des passeurs de leur pays en France et pour finalement se retrouver dans un bidonville comme on en voit beaucoup en France depuis quelques années.
Seulement, il faut rembourser leur passage et dans le bidonville, c'est un homme de paille qui avec son bras droit récupère l'argent que les personnes ont gagné en travaillant.
Travaillé c'est beaucoup dire, mendier, voler...
Cela va devenir le quotidien de la famille de Ciprian.
Mais Ciprian lui ne ramène pratiquement rien et passe son temps à regarder une madame baleine et un monsieur énorme jouaient aux échecs, au jardin du Luxembourg caché derrière des palissades de chantiers.
Un soir en rentrant, le chef du camp frappera Ciprian qui perdra pratiquement l'usage de son oreille droite et menacera sa soeur.
Ciprian en rentrant au cabanon en sang raconte se qu'il s'est passé. Mais ne dévoilera pas son secret en ce qui concerne les échecs et son passe temps.
Peu de temps, après sa soeur se fait agressée par le chef du camp mais s'échappera.
Mais le lendemain, tout va changer, le chef du camp sera retrouvé mort d'une drôle de manière et avec une arme des plus surprenante.
Le bidonville sera alors rasé et la famille "relogée" dans un autre bidonville, tenue par des hommes de leurs passeurs.
Mais Ciprian fera enfin la connaissance de madame baleine et de monsieur énorme et delà naîtra une vraie amitié.
C'est sans compter sur l'aide de monsieur énorme que la famille sera débarrassée des hommes de mains du camp.
Ciprian apprend à sa famille qu'il passait ses journées à regarder joué aux échecs ses amis.
Madame baleine insistera pour que Ciprian apprenne à lire et à écrire et qu'il aille à l'école ainsi que sa soeur.
Ciprian avide d'apprendre sera l'enfant le plus heureux et en même temps apprendra que son cerveau est doué.
Doué? pour les échecs.
Plusieurs évènements feront que la vie de Ciprian et de sa famille prendra un autre tournant. le début d'une nouvelle vie pour le fils d'Ursari et sa famille.
Un roman magnifique! Plein de joies et de douleurs mais avec plein de bonheurs.
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Soleney
  04 juin 2017
Mon tout premier Xavier-Laurent Petit ! Au bas mot, ça fait deux ans qu'on me parle de cet auteur dont tous les libraires jeunesse sont friands. Voilà deux ans que j'ai l'intention de le lire – dès que j'ai du temps, promis !
Une bonne chose de faite.
Enfin je crois.
Je dois dire que je suis un peu déçue de cette lecture. Compte tenu du bien que j'ai entendu, je m'attendais à mieux. Ce qui m'a dérangée ? le manichéisme prononcé de l'histoire.
Le narrateur est un jeune roumain qui vient d'arriver en France avec sa famille. Évidemment, ils ne sont pas en règle : ils sont venus dans l'espoir de refaire leur vie et de rembourser leurs dettes. Car le père de Ciprian est un Ursari – un dresseur d'ours. Autrement dit, ce sont des parias. Et voilà qu'on vient d'incendier leur voiture ! La mafia leur propose un marché : on vous paye le billet pour la France (où on peut devenir riche en un clin d'oeil, c'est bien connu), vous travaillez pour nous, et une fois que vous aurez tout remboursé, vous n'aurez plus jamais d'ennuis. Refusez et vous le regretterez.
Pas le choix : il faut déménager.
Vera, Cip et toute la famille « travaillent » avec ardeur – en vain à cause de la course aux intérêts. C'est alors que le jeune protagoniste assiste à une partie d'échec. Fasciné, il passe l'après-midi aux jardins du Luxembourg pour essayer d'en comprendre les règles – sans succès. Alors il revient le lendemain. Puis le lendemain. Puis le lendemain. Et les joueurs remarquent sa présence, et ce sont deux mondes qui s'entrechoquent.
J'aime beaucoup la littérature jeunesse. Au travers d'une histoire « pour enfants », les auteurs éduquent le lecteur, cherchent à faire évoluer sa pensée ou l'informent – cet enjeu pédagogique, presque absent de la littérature blanche, est à mes yeux une valeur ajoutée au genre.
Mais là c'est un peu trop. le maquillage est trop visible : j'ai profondément ressenti une volonté de Xavier-Laurent à montrer que les Roms sont de gentils êtres humains manipulés par de méchants mafieux et confrontés à de méchants Français racistes. Heureusement qu'il existe de riches et puissants Français altruistes et bien conscients des problèmes des pauvres immigrés…
Le problème n'est pas de dé-diaboliser les étrangers, au contraire ! J'ai simplement trouvé les ficelles grossières. Ai-je trop d'années sur mon compteur pour pouvoir apprécier pleinement ce livre ? Est-ce simplement que Xavier-Laurent Petit n'est pas un auteur pour moi ?
Toujours est-il que j'ai une dent contre des personnages aussi idéaux que Monsieur Énorme et Madame Baleine. Ces deux-là, appartenant clairement à la haute société, n'en sont pas moins profondément altruistes et salutaires. Parfaitement conscients de leur statut privilégié de riches, comme le prouve cette phrase de Madame Baleine : « Ils crèvent de faim quand nous on crève de fric » ; ils ne correspondent pas à l'image que je me fais de ces personnes. Riches, on ne l'est jamais assez. Qui a suffisamment de recul sur sa fortune pour admettre en avoir trop ? Qui a assez de recul sur les réalités sociales pour tendre la main à un immigré qui regarde en cachette des parties d'échecs dans les jardins du Luxembourg ? Puisqu'ils aident Cyprien, pourquoi pas tous ceux qui font la manche ? Pourquoi cet enfant-là et pas un autre ?
Non, décidément ce duo est trop parfaitement gentil pour être réaliste.
Et malheureusement, ça m'a gênée dans ma lecture. Les personnages sont simples, classiques, tout comme l'est la trame du récit – j'ai vu la fin venir bien en amont. Je me suis agacée de ces méchants mafieux qui veulent asservir des familles innocentes (avec un grand sourire et beaucoup d'hypocrisie), de ces pauvres victimes qui font ce qu'elles peuvent pour rembourser – course aux intérêts perdue d'avance ! – et de ces Roumains racistes qui n'accordent que leur mépris à la famille de Ciprian parce que ce sont des Ursaris.
Cependant, c'est étrange de voir des personnes habituellement soumises aux préjugés faire preuve à leur tour de racisme – et de manière encore plus prononcée. Les Français apparaissent peu. Ils se tiennent à l'écart de ces humains non désirés qui s'entassent dans la misère et préfèrent fermer les yeux sur leurs conditions de vie. La télévision aide bien : ils arrivent par centaines de milliers, débarquent en bateau, en voiture, à pieds, c'est BEAUCOUP TROP. Mais qu'est-ce qu'ils viennent chercher là, en France ??
Eh bien, peut-être une vie. Peut-être n'ont-ils pas le choix.
Toujours est-il que c'est agréablement surprenant de voir le racisme changer de sens.
On va pas se mentir : même si cette lecture fut loin d'être un coup de coeur, je trouve que c'est une bonne chose que d'aborder ces problématiques avec la jeunesse. Assez peu d'auteurs prennent le risque d'évoquer des sujets de société pour que les quelques audacieux méritent d'être salués.
Je regrette de n'avoir pas accroché.
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Les critiques presse (3)
Actualitte   09 mars 2017
Cette histoire, pourtant sombre à bien des égards, fortifie celui qui lit. Pleine d’éclats de vie.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Ricochet   24 octobre 2016
Un roman tout en nuances et sensibilité qui rend hommage aux petites gens, nos semblables, issus d'une autre culture si proche et si différente de la nôtre...
Lire la critique sur le site : Ricochet
LaLibreBelgique   08 septembre 2016
L’exil incarné par un récit singulier.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations & extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
nonohlnonohl   12 octobre 2017
Le bruit m'a réveillé. Tout autour de nous, invisible, un grouillement de gens, de voitures, de motos, de klaxons...Une ville ! Le camion roulait plus lentement, s'arrêtait, repartait...Grincement de freins. Le conducteur a coupé le moteur.
Juste derrière une bâche, des gens parlaient. On ne comprenait rien. Peut-être du français. Ou autre chose...Il pleuvait toujours.
-Terminus! a lâché un homme en soulevant la bâche.
Bienvenue au paradis.
Ça l'a fait rire. Malgré la fatigue, Vera a battu des mains.
-On est à Paris ! On est à Paris !
+ Lire la suite
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AmbagesAmbages   13 novembre 2016
- Je sais ! s'est écrié Daddu. Il nous demande si on a de quoi payer.
Et il a sorti de sa poche le billet de cinquante leiki. La Montagne a éclaté de rire. Il a encore dit des choses qu'on ne comprenait pas, en répétant sans arrêt le mot "zorro".
- Ben oui, a fait Dimetriu comme si c'était évident, la France, c'est l'Europe. On ne paie pas avec des leiki, mais avec des zorros. Si t'en as pas, t'as rien.
+ Lire la suite
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AmbagesAmbages   14 novembre 2016
Aux échecs, on pouvait perdre ou gagner. Mais quand on lisait, impossible de perdre. C'était magique. Avec les vingt-six lettres de l'alphabet, on pouvait fabriquer tous les livres de la terre.
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ebardinebardin   27 octobre 2016
"les gens ne nous aiment pas beaucoup, nous autres, les Ursaris, les montreurs d'ours.
Ils nous soupçonnent toujours du pire. Nous regardent comme des moins que rien. Nous traitent de vagabonds, de criminels, de voleurs d'enfants et de je ne sais quoi encore. Dès qu'on s'installe quelque part, les voisins nous jettent des coups d’œil assassins. S'ils pouvaient nous fusiller d'un seul regard, ils le feraient sans hésiter, mais, la plupart du temps, ils se contentent d'appeler le commissariat le plus proche." p. 8-9
"Dimitriu est le champion des emprunteurs. Il aurait pu piquer un éléphant dans un zoo sans que les gardiens s'en aperçoivent." p. 51
"Elle m'a collé entre les mains un billet de dix zorros, un pain au chocolat tout chaud, et a filé en ronchonnant .
- Non, mais si c'est pas la misère, ça! Nous autres, on crève de fric, eux, ils crèvent de faim, et tout le monde s'en fout!
Les gens évitaient son regard autant qu'ils évitaient le mien et faisaient un détour pour passer au large." p. 84
"Même mes parents ne savent pas où je suis né! Tout ce qui est sûr, c'est que mon père s'est battu la veille de ma naissance avec des gens qui voulaient nous chasser alors de m'man allait accoucher. Nous sommes les fils du vent et le monde est notre maison. Daddu passe son temps à le répéter." p. 259
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beamag87beamag87   12 août 2016
On a découvert notre royaume au deuxième étage.
Une pièce aux murs maronnasses, un sommier de ferraille désarticulé et deux matelas pisseux posés à même le sol. Dans un angle, un lavabo fendu. Une plaque électrique pour la cuisine et une ampoule nue pour l'éclairage. De l'autre côté de la cloison, la radio du voisin braillait du rap.

Nous, on regardait, émerveillés. Jamais on n'avait dormi sous un vrai toit, dans une vraie chambre, à l'intérieur d'une vraie maison. Et encore moins à l'hôtel.
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