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EAN : 9782358876797
198 pages
Éditeur : La manufacture de livres (20/08/2020)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 732 notes)
Résumé :
C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent, et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l'importance à leurs yeux, ceux qu'ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.
Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (242) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  09 décembre 2020
Ce premier roman a la limpidité magnifique que peut conférer un dispositif romanesque placé sous le signe d'une histoire d'amour entre un père et ses fils qu'il élève seul depuis le décès de la mère, raconté par le père placé en narrateur avec comme enjeux quasi bibliques le bien et le mal, la transmission et le pardon.
Le récit s'installe progressivement, en toute fluidité, creusant un sillon sensible, fait de petits riens, pour raconter dix ans de plusieurs vies d'une même famille. le père est technicien à la SNCF, encartée à gauche. le fils aîné s'engage sous une autre bannière et se rapproche des milieux de l'ultra-droite fascisante. le père et le fils ne se comprennent plus mais continuent de s'aimer, jusqu'au crash qu'on sent arriver, de façon inéluctable.
Une des grandes force du roman est de ne jamais donner de leçon, de ne jamais montrer du doigt, juste en présentant cette déshérence politique qui fait glisser de la gauche vers l'extrême-droite. Ce sujet très délicat requérait une délicatesse folle. Laurent Petitmangin l'a et la qualité de son écriture, sobre et nette, maintient cet équilibre.
Peut-on pardonner à son enfant lorsqu'il s'éloigne des valeurs qu'on lui a transmises, lorsqu'il commet un acte terrible ? L'auteur n'apporte pas des réponses toutes faites, il ne surexplique pas pour mieux nous plonger dans la tête de ce père plein d'amour et de honte. On peut perdre le contrôle de sa vie en croyant jusqu'à présent s'être efforcé d'avoir tout fait au mieux. On peut tout perdre aussi lorsqu'on ne parvient pas à pardonner et que cette impossibilité se transforme en écharde dans votre vie. Tout est juste dans Ce qu'il faut de nuit, tout est nuancé et humblement dit.
Durant tout le roman, le lecteur est sur une crête, prêt à chavirer avec les personnages, plein d'espoir aussi, malgré tout. Les dernières pages sont bouleversantes. La lettre du fils aîné à son père vous remue les tripes au plus profond. Les émotions explosent sans pathos. le fils aîné est un des ses personnages riches et emplis de contradictions que je n'oublierai pas.
Une entrée en littérature remarquable avec ce roman ultra sensible et pur aux accents sociaux qui résonnent avec notre époque.
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Cancie
  14 mai 2021
Dans son premier roman Ce qu'il faut de nuit, Laurent Petitmangin, dans un style simple mais percutant, montre comment un jeune, dont le destin semblait tracé peut dévier de sa trajectoire et sa vie basculer sans que rien ne le laisse prévoir.
En Lorraine, un père élève seul ses deux garçons, la « moman » est morte après trois ans de maladie, de chimio et d'hospitalisation, à l'âge de 44 ans. Fus, appelé ainsi depuis ses trois ans, car passionné de fuβball est l'aîné, Gillou, lui n'a que dix ans. Quant au père, il travaille à la SNCF et se rend toujours à la section où il constate tout de même qu'il vient de moins en moins de monde.
Difficile d'élever seul ses deux enfants, mais il reste optimiste : « La vie ne m'avait pas fait trop de cadeaux, mais j'avais deux gaillards qui s'aimaient bien. Quoi qu'il arrive, l'un serait toujours là pour l'autre. »
Mais voilà que Fus en grandissant va se retrouver à soutenir des idées que son père ne peut admettre et la relation entre les trois hommes va s'en retrouver totalement modifiée.
Avec une très grande sensibilité beaucoup de finesse et de talent, Laurent Petitmangin décrit à merveille comment des destinées d'hommes se construisent et comment des accidents de la vie, des croisements, des rendez-vous manqués, des incompréhensions, des silences, des non-dits, le hasard aussi, souvent, façonnent les individus et les embarquent sur des chemins sur lesquels ils n'auraient jamais dû se retrouver.
Il brosse des portraits justes et émouvants, parfois durs, des trois protagonistes sans oublier de décrire le cadre qui les entoure et de fait, en partie responsable de leurs engagements. La relation entre ce père et ses deux fils et celle entre les deux frères relèvent d'une très grande psychologie.
J'ai beaucoup apprécié cette écriture simple, très juste et par là même très convaincante.
L'auteur aurait pu facilement être très caricatural. Au contraire, il nous appelle à plus d'écoute, plus de tolérance, sachant que nos vies, malgré leur incroyable linéarité de façade peuvent rapidement bifurquer.
Quant à la chute, même si elle pouvait s'avérer prévisible, elle m'a beaucoup touchée et émue aux larmes par sa forme.
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Kittiwake
  02 octobre 2020
Sur le ton de la confidence, comme on s'épancherait sur l'épaule d'un vieil ami, devant un verre ou à la lueur d'un feu de cheminée, le narrateur nous conte son histoire, qui commence par le drame vécu après des mois d'allers et retours à l'hôpital, lorsque la maman s'en est allée. le laissant seul avec deux bons petits gamins, Fus, le champion de foot et son petit frère. Il a fait ce qu'il a pu, organisant ses journées entre le boulot, l'école, la maison et le foot. Et pourtant il n'a rien vu venir, avant que Fus n'arbore à son cou un bandana orné d'un symbole funeste, un symbole inacceptable pour ce père qui croit de moins en moins mais encore quand même sur le fond, aux valeurs de la gauche. le fossé se creuse entre lui et le fils passé à l'ennemi, jusqu'au drame.

C'est un récit bouleversant. La détresse de ce père qui assiste peu à peu à ce qu'il n'imaginait même pas un instant pour son gamin. La drogue, l'alcool, pourquoi pas, mais ça, c'est ce qui pouvait arriver de plus abominable. Et pourtant, l'amour qu'il éprouve pour lui est au-delà de cet affront. Prêt à le soutenir jusqu'au bout.
L'écriture rend parfaitement le ressenti de ce père brisé, bafoué dans ses valeurs, écartelé entre son amour et ses convictions et malgré tout aimant.
Lu en quelques heures sans pause, ni répit. Coup de coeur de cette rentrée.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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marina53
  15 février 2021
Ils ne sont plus que trois désormais à affronter un quotidien pas toujours rose dans ce village de Lorraine un peu paumé. le papa a supporté et aidé, autant que faire se peut, la maladie de la moman, Fus, en aîné, toujours à ses côtés. Mais aujourd'hui, elle n'est plus là. Il doit seul assumer la maison, l'éducation, les loisirs, en plus de son travail à la SNCF qui l'épuise et, de loin en loin, sa présence à la session et les tracts qu'il dépose. Il a fait comme il a pu, avec ses moyens mais surtout avec tout l'amour qu'il porte à ses deux garçons, Fus et Gillou. Avec l'âge, l'aîné a changé, devient plus taciturne, s'éloigne de son frère et se fait de nouveaux amis dont la tête ne revient pas trop au papa. Ce dernier, d'ailleurs, commence à s'inquiéter lorsque ce soir-là, Fus porte un bandana et une croix celtique...
Que de sensibilité et que d'amour dans ce court (et premier !) roman de Laurent Petitmangin. Il décrit, tout en pudeur, la relation d'un père et de ses deux fils qu'il a élevés longtemps seul. Mais malgré toutes les attentions, les lits bordés, les bobos soignés, les matchs de foot, les valeurs d'égalité transmises, l'on ne peut pas empêcher un écart. Comment ne pas se sentir alors responsable, voire coupable ? Où a-t-il failli ce bon père pour que son aîné prenne un chemin de traverse ? L'auteur interroge non seulement sur la responsabilité des parents, sur la transmission des valeurs mais il dépeint, également, avec une finesse et une délicatesse incommensurables, la relation qui unit ce père ébranlé et ses deux fils.
Un roman bouleversant, délicat et cruellement beau...
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Cannetille
  24 février 2021
Depuis le décès de son épouse, le narrateur élève seul ses deux fils dans cette petite ville de Lorraine. Cheminot à la SNCF et encarté à gauche, il voit avec la plus grande incompréhension son aîné se rapprocher des milieux fascisants d'extrême-droite. le jeune homme est bientôt happé dans une spirale d'événements qui débouchent sur le drame, incommensurable et irréparable.

Comment en arrive-t-on à l'impensable et au désastre dans des vies a priori calmes et sans histoire ? Qu'est-ce qui dérape un jour pour nous faire perdre le contrôle de notre existence, la transformant en inextricable enfer ? Rien n'aurait pu laisser prévoir la catastrophe dans ce foyer tranquille et a priori harmonieux, même si fragilisé par la maladie puis la disparition maternelles. En tout cas, le père n'a rien vu venir et n'a su qu'assister, impuissant, aux choix de son fils devenu jeune adulte, échappant à sa logique, à ses valeurs, à sa compréhension. Insidieuses, les failles ont grandi, entraînant toute la famille dans une lente glissade vers le gouffre, montrant à quel point la frontière entre le bien et le mal peut s‘avérer fragile, chacun semblant susceptible, selon les circonstances, de basculer d'un côté ou de l'autre.

Sans jamais juger ni expliquer, le récit laisse entrevoir les mille petits riens qui peuvent insensiblement conduire un être au sentiment de déshérence et l'exposer à toutes les dérives, à la merci de convictions extrémistes ouvrant la porte à la violence et à la destruction. L'entourage reste impuissant, écartelé entre amour, honte et culpabilité. Quel plus terrible sentiment d'échec pour un père que celui, malgré tous ses efforts, de n'avoir su donner un équilibre à son fils et de le voir commettre l'acte effroyable que tout son être réprouve ? Quel plus grand déchirement que de continuer à aimer sans parvenir à pardonner ?

Juste, sensible et subtil, ce premier roman au style sobre réussit à suggérer sans jamais démontrer, dessinant des personnages d'une inoubliable et fragile humanité, dans tous leurs doutes et leurs contradictions. Tandis que, d'une crédibilité parfaite, il entre en complète résonance avec notre actualité politique et sociale, il achève de bouleverser le lecteur par son implacable dénouement. Ce livre, totalement réussi sur un sujet difficile, vous va droit au coeur et à l'âme.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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critiques presse (2)
Actualitte   26 avril 2021
C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Actualitte   01 février 2021
Ce qu'il faut de nuit de Laurent Petit Mangin fait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021. Multi-récompensé, ce premier roman trouve auprès des libraires un écho très particulier.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   15 mai 2021
La vie ne m’avait pas fait trop de cadeaux, mais j’avais deux gaillards qui s’aimaient bien. Quoi qu’il arrive, l’un serait toujours là pour l’autre.
Commenter  J’apprécie          200
michfredmichfred   03 mai 2021
Mais je crois qu’elle énervait les médecins, pas assez motivée, pas assez de gueule en tout cas. Ils attendaient qu’elle se rebiffe, qu’elle dise comme les autres, qu’elle allait lui pourrir la vie à ce cancer, le rentrer dans l’œuf. Mais elle ne le disait pas. Un truc de film, un truc pour les autres. Comme les dernières recommandations. Trop pour elle. C’était pas la vraie vie, pas comme ça que sa vie était faite en tout cas. Alors, personne à son enterrement ne m’avait parlé de son courage. 
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michfredmichfred   03 mai 2021
Toute cette rage m’était restée dans la tête, m’avait traversé la gorge, m’avait chauffé les poumons, mais elle n’était allée nulle part ailleurs. Au contraire, j’avais les jambes cotonneuses et les bras totalement inutiles et interdits. Alors, j’avais hurlé tant et plus, ça j’arrivais encore à le faire. Je lui avais hurlé de ne plus jamais mêler son petit frère à ses putains d’affaires, je lui avais hurlé qu’il ne méritait pas sa mère, je lui avais hurlé d’autres choses insensées, salopes au possible. Il m’avait regardé sans me craindre. Sans me braver non plus. Presque inquiet pour moi.
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michfredmichfred   03 mai 2021
C’était fini le temps où on bâclait la vaisselle en trois coups les gros, l’un sur l’autre, en n’arrêtant pas de se gêner, de se toucher, de se bousculer gentiment. Désormais nos mouvements étaient empesés, pleins de précautions : il fallait laisser une bonne marge, si possible laisser l’autre dégager les lieux avant d’y entrer. Comme si on portait un scaphandre d’une tonne et qu’on marchait dans une putain de zone radioactive. 
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michfredmichfred   03 mai 2021
Elle militait au FN depuis ses quatorze ans, « comme papa ». C’était toujours fascinant de voir comment des gens pouvaient se sentir aussi vite partie prenante d’une histoire, plus français que les Français, encore gorgés de bondieuseries et de traditions de leur coin d’origine, et, avec la même ardeur et la même obstination, comment ils refusaient un pareil droit à tous ceux qui arrivaient après eux.
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Videos de Laurent Petitmangin (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurent Petitmangin
Laurent Petitmangin s'est livré pour les Libraires en Seine et ses jurés à une petite interview auprès de son éditeur Pierre Fourniaud ! Il est finaliste du prix Libraires en Seine 2021 pour "Ce qu'il faut de nuit" publié à La manufacture de livres !!!
Écoutez ce qu'il vous dit, en attendant la rencontre en live que nous vous concoctons pour le 17 mai... car oui nous allons très prochainement vous proposer des rencontres avec les 6 finalistes, interrogés par les libraires de l'association!!! Et pour Laurent Petitmangin, ce sera Roxanne de la Librairie Les Cyclades qui l'interrogera ;)..."Presque" comme dans votre librairie.... en attendant de pouvoir faire des rencontres EN librairies à nouveau ... Tous les détails très vite !!!
Et pour tout savoir sur les prix Libraires en Seine 2021, suivez-nous sur notre page Facebook et sur notre compte Instagram, et courez vous renseigner auprès d'une des 13 librairies indépendantes de l'association !!
Librairie Nouvelle Asnières Librairie l'Amandier Librairie L'Ecriture Librairie Les Cyclades Au Pays des Livres Librairie le Livre et la Tortue Librairie L'instant Librairie café la Suite Librairie des Batignolles Nouvelle & Cie Librairie La Boîte à Lettres Librairie Dedicaces Librairie Les Beaux Titres ActuaLitté Babelio.com
Merci à Marie-Anne Lacoma et Pierre Fourniaud
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