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EAN : 9782890528741
238 pages
Éditeur : Boréal (30/09/1998)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Monique Proulx a publié plusieurs romans - dont Le Sexe des étoiles (1987) et Homme invisible à la fenêtre (1993) - et écrit de nombreux scénarios qui tous ont été reçus avec chaleur par le public et la critique. Ici, en vingt-sept nouvelles décrivant implacablement une réalité " nordique " que la banalité rend encore plus tragique, elle raconte Montréal, les différents destins de jeunes, d'immigrés, de femmes et hommes de milieux et d'origines diverses que la ville... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
LN
  16 novembre 2015
27 histoires assez courtes s'enchaînent dans ce recueil de nouvelles mettant en vedette Montréal et ses habitants. Ces derniers sont scrutés par l'oeil acéré de Monique Proulx à qui rien n'échappe. de fait, une psychologie très fine des rapports humains s'ébauche sous nos yeux, avec la question du rapport à l'autre au centre des réflexions, que ce soit dans un rapport familial, amoureux, professionnel. Les êtres se frôlent et s'épaulent, mais ils se quittent également victimes des difficultés de communication ou de compréhension inhérentes aux rapports humains... le couple est le catalyseur de ces tensions, les hommes et les femmes étant bien souvent aux antipodes les uns des autres :
"Il serait agréable de vivre avec les femmes, elle sont la douceur, la beauté totale du monde, mais voilà, elles aiment l'inquiétude, elles la chérissent tant qu'elles lui inventent sans cesse des raisons d'exister. L'inquiétude attire les reproches qui éloignent l'amour, l'inquiétude fronce de rides les passions les plus jeunes. M'aimes-tu encore, à quoi tu penses, pourquoi tu ne téléphones pas, les pauvres questions de l'inquiétude créent, à partir de rien, des monstres qui deviennent réels.
Entre toutes les voltiges possibles, toutes les voies aériennes, les femmes choisissent fatidiquement la pesanteur." ("Jouer avec un chat")
Dans "Léa et Paul par exemple" deux époques sont mises en parallèle : celle des temps heureux, de l'amour fou puis celle de l'après, avec la rupture et la douleur qu'elle engendre :
"Ils sont là, au milieu de tout ça, le feu qui danse sur la grève, la lune, le lac engourdi par la nuit, le chant du huard, leurs doigts se trouvent sans se chercher, ils ont envie de crier tellement cet amour est un état de grâce qui ne peut pas ne pas durer toujours."
"Tout cela ne tient donc qu'à un fil, la beauté, l'ordonnance harmonieuse de nos visages et de nos corps que nous offrons aux autres comme des bouquets d'éternité, tant de soins et de maquillages pour un masque si précaire. (...) Oui, la légèreté est votre meilleure monture, la plus susceptible de vous emporter sans heurt où il faut aller, c'est la légèreté qui nous manque le plus dans cette vie de plomb où nous n'apprenons qu'à peupler de nos anxiétés l'univers merveilleux, merveilleusement vide." ("Blanc")
Monique Proulx s'interroge également sur la place des individus dans la société, elle mentionne les immigrants, les sans-abris, des êtres déracinés qui peinent à se mouvoir dans leur nouvelle vie. Dans ce contexte, il est difficile de rester soi-même, de "demeurer un être humain." comme le dit un jeune indien sans abri dans "Rouge et blanc". La double ou triple appartenance ethnique de ces montréalais provoque des difficultés prégnantes d'adaptation.
L'altérité est vécue à la fois comme une chance et une difficulté, si bien qu'une tristesse latente s'échappe de ces nouvelles portées par un style lyrique précis.
Lien : http://www.lecturissime.com/..
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Peteplume
  31 mars 2016
Encore une déception d'une auteure pourtant bien reconnue au Québec. Et pourtant sa facilité d'écriture de l'auteure est d'emblée assez séduisante ... mais finalement agaçante. On se demande en effet pourquoi elle utilise si mal son talent. Chaque début de nouvelle m'est apparu assez prometteur et a créé chez moi des attentes mais finalement, je retiens peu de cette écriture imagée, des personnages un peu creux et de leur vécu. Dans l'ensemble, elles m'ont paru présenter peu d'intérêt ; à peine sortir du lot de ces nouvelles qu'on trouve parfois dans ces revues qu'on lit distraitement dans le salon d'attente du cabinet du dentiste... J'ai dû entrecouper ma lecture par d'autres auteurs pour tromper l'ennui qui me gagnait et ainsi finir par finir ce livre... en me demandant si ce n'était pas le genre de la nouvelle qui ne m'attirait pas. Cependant, d'autres lectures récentes de ce genre que j'ai grandement appréciées m'ont plutôt indiqué que c'était l'auteure avec laquelle je ne faisais pas bon ménage... J'attribue donc une note moyenne: trois étoiles, ce qui signifie dans ma propre échelle toute subjective des valeurs: ni bon, ni mauvais.
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hove
  12 juillet 2011
Recueil de nouvelles sur cette ville que je visite en ce mois de juin 2011. Les textes sont à l'image de la ville, à moins que ce ne soit la ville qui soit à l'image des textes…On y trouve cette mixité culturelle caractéristique de Montréal et certaines des nouvelles ont comme narrateur un immigré fraîchement débarqué qui raconte son adaptation à sa nouvelle vie, les surprenantes découvertes qui en découlent mais aussi les regrets d'avoir quitté les siens. C'est sans doute le cas de beaucoup de ces Nouveaux Montréalais venus pour mieux vivre, essentiellement. En outre, il se dégage des Aurores Montréales un certain nombre de particularités propres à la ville merveilleusement retranscrites à travers ces différents textes qui même s'ils sont autant d'anecdotes à raconter, à conserver, forgent l'identité de cette intéressante ville du monde.
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eireannyvon
  05 juin 2008
Bienvenues!
Monique Proulx est un écrivain québécoise dont j'ai déjà parlé pour "Un homme invisible à sa fenêtre". Ce livre "Les Aurores Montréales" est un recueil de nouvelles qui est pour moi une relecture qui m'a redonné le même plaisir.
J'admire les écrivains qui en quelques pages disent tout, et c'est le cas ici. Pas un mot superflu, c'est net et précis, mais cela prend aux tripes. Les fins de ces courtes histoires sont toujours surprenantes et déroutantes.
Lire la suite ici :http://eireann561.canalblog.com/
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andras
  12 février 2016
J'ai adoré ces nouvelles qui se déroulent toutes à Montréal et qui mettent en jeu des gens comme vous et moi aux prises avec la vie et ses aléas. Monique Proulx a, je trouve, énormément de talent et de charme pour mettre en scène ses personnages et arrive à faire passer beaucoup de "choses" (le mot est plat je m'en excuse) à travers les gestes, les mots ou les pensées qu'elle leur prête. J'ai découvert là un vrai écrivain (ou une vraie écrivaine, je ne sais ce qu'elle préférerait) et ce n'est pas si fréquent.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   10 mai 2018
RUE SAINTE-CATHERINE

Le meilleur endroit pour quêter, rue Sainte-Catherine, c'est sous la grosse sculpture à côté du complexe Desjardins, qui ressemble à un cheval volant ou à une chauve-souris à deux têtes selon la quantité de gin blanc avalée. Là, il y a de l'espace, de l'intimité et de la visibilité en même temps, et surtout un toit pour se protéger de la pluie ou du soleil, même si le soleil est rarement un problème à Montréal. De belles phrases sont gravées sur les parois (""La société de demain appartiendra tout entière à ceux qui savent s'unir","L'union pour la vie plutôt que la lutte pour la vie", "S'unir pour servir"), ronronnantes comme des sentences de mononcles dans des partys de familles qui tu n'as jamais eues. C'est une vraie bonne sculpture aussi confortable qu'un début de maison, et si je rencontrais l'artiste qui l'a faite, ça ne me gênerait pas du tout de lui serrer la main.

C'est mon abri à moi, tout le monde le sait, même le sournois de Pou qui vient de me le piquer.

Ce Pou-là a tout de la méchante vermine, la petite face fouineuse, la façon de se trémousser comme s'il avait le ver solitaire, l'hypocrisie, surtout. Ce n'est même pas un vrai itinérant, je le vois presque sous les jours sortir de l'UQUAM et se braquer au coin de la rue, arrogant comme un fils de riche. Il tire une flûte de son sac d'école, il se trémousse pour faire oublier qu'il joue comme un pied, et fouille-moi pourquoi, les clients se ruent dans sa direction. Il doit apprendre ça à l'université, comment manipuler le monde et détourner les vingt-cinq cents, maintenant qu'il n'y a pas plus de jobs ils donnent peut-être des cours sur la manière la plus ratoureuse de quêter.

Quand j'ai vu le Pou insolemment installé à ma place, il y a quelqu'un en dedans de moi qui s'est mis à rugir. Quelqu'un en dedans de moi l'a accroché par le collet, l'a secoué jusqu'à ce que tous les plombages lui tombent des dents et l'a propulsé au nord de Bleury en vol plané sur les fausses notes de sa flûte. Je le connais bien, ce quelqu'un-là, c'est le même qui marque autant de buts à l'université que sur une patinoire de hockey, c'est celui qui arrache de la musique non pas à une flûte d'enfant d'école, mais à un sax de grand dieu nègre, et il joue si bien quand il joue du sax, il joue jusqu'à ce que les passants s'arrêtent et lui versent en guise d'argent l'or de leurs larmes. Je le connais bien, ce quelqu'un-là. Il est mou comme un fantôme, il s'évanouit juste au moment où tu crois l'apercevoir, et même le meilleur des gins blancs ne parvient pas à le faire sortir d'en dedans.
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ieo9ieo9   13 juillet 2012
Son livre s'appellera Les Aurores montréales, parce que, s'entend-il commenter, une cigarette aux lèvres, lui qui ne fume pas mais qui devra fumer un jour s'Il veut dégager une image de force et de nonchalance, parce que Montréal est une ville qui n'arrête pas de changer - les journalistes notent frénétiquement tout ce qu'il dit pendant qu'il tire avec virilité sur sa cigarette -, est une ville qui additionne tellement les nouveaux visages que l'on perd toujours celui que l'on croyait enfin connaître [...].
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andrasandras   12 février 2016
C'est l'histoire d'une femme qui rencontre un homme sans le rencontrer vraiment. Il y a beaucoup d'histoires de femmes qui rencontrent des hommes sans les rencontrer vraiment, beaucoup trop je sais bien. Encore une autre, allons, une dernière pour la route.
C'est l'histoire aussi d'un petit pays confus encastré dans un grand pays mou. Le petit pays n'a pas de papiers officiels attestant qu'il est bien un pays. Il a toutes les autres choses qui font un pays, mais les papiers, ça il n'a pas. Parfois il s'assoupit paisiblement dans le lit du grand pays mou en rêvant qu'il est chez lui. Parfois il rêve que le grand pays mou l'enserre et l'engloutit dans ses draps marécageux, et il se réveille avant de disparaître.
La femme de l'histoire habite ce petit pays. Elle s'appelle Eliane.
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Virg27Virg27   31 mai 2019
Pourquoi ne lui avait-on jamais parlé de ce fabuleux délire des sens, du plaisir majuscule que prodigue le corps, belle bête de course, enfin abandonné à lui-même? Au nom de quelle hyprocrite vertu taisait-on cette chose prodigieuse?
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PeteplumePeteplume   01 avril 2016
... j'ai toujours été attirée par les collectionneurs de femmes comme par un trou noir anéantissant et j'attends toujours d'eux qu'ils interrompent pour moi ce qui m'a attiré en eux.
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Videos de Monique Proulx (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Monique Proulx
Événement passé - 19 septembre 2015 / 14h00
La Librairie Monet, en collaboration avec les Éditions du Boréal, vous invite à une rencontre avec la romancière Monique Proulx, à l'occasion de la parution récente de son roman Ce qu'il reste de moi.
Marie-Andrée Lamontagne animera cette causerie.
L'auteure:
Née à Québec, Monique Proulx a obtenu un baccalauréat en littérature et en théâtre de l'Université Laval. D'abord animatrice de théâtre, puis professeur de français et agente d'information au siège social de l'Université du Québec à Montréal, elle est aujourd'hui connue comme romancière, nouvelliste et scénariste.
Le roman:
Qu'ont en commun l'hassid de la rue Durocher se pressant vers la synagogue, l'artiste qui donne une performance dans son atelier du quartier des spectacles et la foule au centre Bell galvanisée par un but des Canadiens ? Ils ont Montréal. Ils ont la ferveur, l'appel au dépassement, la quête de transcendance enfouie dans le sol montréalais. Selon Monique Proulx, un gisement mystique se cache sous les pieds des Montréalais, les contaminant et les embrasant, et c'est là leur plus grande richesse - bien davantage que le gaz de schiste.
Vingt ans après son recueil de nouvelles Les Aurores montréales, Monique Proulx donne ici le grand roman de la métropole. Remontant aux origines mêmes de la ville, elle décrit le rêve insensé qui lui a donné naissance. Elle montre comment la vision incroyablement audacieuse des fondateurs perdure dans le concentré d'humanité que Montréal est devenue aujourd'hui.
Marie-Andrée Lamontagne est écrivaine, éditrice et journaliste. Parmi ses dernières publications, on trouve: L'homme au traîneau (Leméac, 2012) et Montréal, la créative (Autrement, coll. «Mook»/ Héliotrope, 2011). Elle publie régulièrement des textes de fiction et de critique dans diverses revues littéraires et anime l'émission littéraire Parking nomade, à l'antenne de Radio VM (91,3 FM Montréal). Elle prépare actuellement une biographie de la romancière et poète Anne Hébert (à paraître aux éditions du Boréal).
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