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EAN : 9782364680715
350 pages
Editions du sous-sol (27/08/2015)
2.96/5   12 notes
Résumé :
New York, dans un futur proche. Mitchell Zukor est engagé par FutureWorld. Son travail consiste à établir en détail les pires scénarios possibles pour les vendre aux sociétés clientes afin de les indemniser contre toute catastrophe. Mais Mitchell perd peu à peu contact avec la réalité. Quand l'un de ses scénarios catastrophes se produit à Manhattan, il est le seul à en profiter.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
En lisant le résumé, je pensais que j'allais entrer dans une aventure humaine et post-apocalyptique. Après avoir refermé ce livre, je me suis aperçue que j'étais incapable de le résumer, parce que je ne suis jamais entrée dans l'histoire. Je ne suis même pas sûre qu'il y en ait eu une tellement je me suis ennuyée. Je n'aime pas trop faire ce genre de critique, mais franchement, là, je n'y trouvé aucun intérêt. le style est froid, les personnages sont inexistants, dans le sens où il ne suscitent aucune vie dans le récit. Les relations entre eux sont floues et la succession des évènements n'a aucun sens. Et même si l'histoire parle de catastrophe, je n'ai ressenti aucune émotion. J'ai simplement tournée les pages en attendant la fin, et je suis passée à autre chose.
En bref, ce fut un livre qui ne me correspond pas.
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Mitchell Zukor est un jeune mathématicien surdoué. Alors qu'il travaille pour une grande firme à analyser des chiffres, il est approché par un représentant d'une entreprise futuriste et mystérieuse, qui lui demande de calculer les pires scénarios possibles, afin de les vendre à des sociétés clientes pour les indemniser contre toutes catastrophes futures. En parallèle, il correspond avec une jeune femme, Elsa Brunet, atteinte d' un syndrome qui peut la faire mourir subitement à tout moment. Rapidement, Zukor fait ses preuves au sein de sa nouvelle entreprise, jusqu'à imaginer dans le moindre détail, une catastrophe qui touchera Manhattan. Pendant qu'Elsa disparaît mystérieusement. Avec Jane, une collègue ambitieuse, Mitchell va vivre dans un Manhattan apocalyptique et survivre grâce à ses prédictions.
Avant de débuter ce livre, l'histoire me tentait assez. La quatrième de couverture me promettait un thriller et une histoire d'amour. Tout ce que j'aime.
Mais je dois le dire, j'ai été très déçue...
A aucun moment, je n'ai accroché à l'histoire. Beaucoup trop de longueur à mon goût. Les personnages, qui au premier abord, peuvent sembler intéressant, entre la névrose paranoïaque de Mitchell, le syndrome d'Elsa et la l'ambition de Jane, m'ont paru fades et sans profondeur. Pas moyen de m'attacher à l'un d'eux.
Je suis, sans doute, passée complètement, au dessus de cette histoire, sans vraiment y comprendre quelque chose. le sujet était pourtant intéressant. Dommage....
Je me suis ennuyée, tout en espérant jusqu'à la fin, un dénouement grandiose, qui aurait fait exploser toute l'histoire, mais en vain...
Grosse déception...
Le mot philosophique, après thriller, était sans doute de trop pour moi.
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Un magnifique et surprenant roman pré-apocalyptique autour du si probable business global de la catastrophe (et peut-être bien de l'après).

Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2024/03/09/note-de-lecture-paris-sur-lavenir-nathaniel-rich/

Étudiant, Mitchell Zukor était le geek absolu. Génie encore méconnu des mathématiques avancées et de l'analyse statistique la plus pointue, il était toutefois, à titre personnel, totalement obsédé par la possibilité – croissante et inexorable – de diverses catastrophes à venir. Employé obscur quoique extrêmement efficace de la puissante firme financière Fitzsimmons Sherman, son destin va pourtant drastiquement changer lorsque se croiseront autour de lui une nouvelle législation sur la couverture nécessaire, précisément, des risques catastrophiques par les entreprises elles-mêmes (après une série de procès liés à un monstrueux tremblement de terre à Seattle) d'une part, et l'inventivité commerciale d'un mi-entrepreneur-mi-charlatan, Alec Charnoble, créateur de la firme FutureWorld pour exploiter une faille intentionnelle glissée dans la nouvelle législation. En compagnie, à distance, de la mystérieuse amie de ses années étudiantes et inspiratrice paradoxale, Elsa Bruner, affligée du syndrome de Brugada qui l'expose à une mort subite par arrêt cardiaque imprévisible, et, à proximité, de la brillantissime Jane Eppler issue de Wharton (pour le MBA) et de Princeton (pour le doctorat de philosophie), totalement fascinée par le génial statisticien obsessionnel, Mitchell Zukor fait exploser son talent si particulier, et devient en quelques mois un très écouté conseiller en effondrement dans les hautes sphères financières new-yorkaises. Jusqu'à ce qu'un véritable raz-de-marée déferlant sur la ville qui ne dort jamais, partiellement évacuée, ne fasse de lui, en une rocambolesque odyssée, un formidable gourou quasiment malgré lui aux yeux du grand public.

Publié en 2013, le deuxième roman de Nathaniel Rich, sous ses dehors simultanément techniques et déjantés, constitue une sorte de petit miracle indispensable.

Il y démontre d'abord une redoutable facilité dans le maniement du commerce des promesses que constitue la haute finance contemporaine, maniement qui, loin de se contenter de la surface des choses comme chez les adroits best-sellers d'un Stephen Frey, en touche aussi bien la vertigineuse mécanique intime (on songera sûrement à l'excellent « Roman américain » d'Antoine Bello) que les échappées presque métaphysiques (et là, le Jérôme Baccelli de « Aujourd'hui l'Abîme » ou, davantage encore, le Viken Berberian de « Das Kapital » ne sont décidément pas loin).

Il y développe ensuite l'art de saisir les plus cyniques manoeuvres du lobbying de haut vol (dont il démontera plus tard certains des plus cruels mécanismes dans sa magnifique enquête de 2019, « Perdre la Terre », à propos de réchauffement climatique), et d' y introduire un humour cavalier de la plus belle facture, qui évoquera peut-être la bizarrerie assumée du Zoran Drvenkar de « Sorry » , par exemple dans les explications savoureuses autour de la création d'une loophole de limitation de responsabilité (« Donc nous achèterions le droit de rejeter la faute sur vous (…) – Il suffit de connaître le bon sénateur »). Humour qui demeure d'ailleurs omniprésent tout au long de l'ouvrage, oscillant joliment entre la tentation de la farce et celle d'une poésie ironique et parfois presque contemplative, que ce soit lorsqu'il convoque certains accents arrière-complotistes opportunément recyclés (« Il n'y a pas de volcan à New York – C'est ce que vous voulez croire de tout votre coeur ») ou des sessions de créativité débridées à la recherche du slogan d'une entreprise (« FutureWorld, dit Mitchell. C'est une question de mort ou de mort. » « FutureWorld, dit Jane. le verre est à moitié vide. »).

Davantage que la « Politique de la peur » si finement décryptée par Serge Quadruppani, c'est bien du côté de l'économie de la peur, celle qu'approche à sa manière terriblement poétique et diaphane le Hugues Jallon de « Zone de combat » et du « Début de quelque chose », que penche ici Nathaniel Rich. Comme le rappelle la puissante métaphore qui sert d'incipit au « En panne sèche » d'Andreas Eschbach (« Même la dernière goutte d'essence permet encore d'accélérer »), les symptômes d'effondrement, systémiques ou non, qu'ils impliquent la démultiplication de l'imaginaire du cyclone Katrina à La Nouvelle-Orléans ou d'autres sources-réflexes (pensons au si beau travail de Lydia Millet dans son « Nous vivions dans un pays d'été » de 2020), là où il y a catastrophe réelle ou potentielle, il y a business. le grand Kim Stanley Robinson ne s'y trompe pas lorsqu'il pousse encore plus loin la mise en spéculation romanesque de la finance prévisionniste dans son « New York 2140 » de 2017 (qui s'appuie d'ailleurs explicitement sur l'ouverture échiquéenne jouée par Nathaniel Rich). La catharsis d'un effondrement à venir, sous tous ses angles évidents ou subtils, se joue ici dans la tête de Mitchell Zukor, avant qu'elle n'explose aux dimensions du monde entier.
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Avec Paris sur l'avenir, Nathaniel Rich nous offre un roman d'aventures contemporain et sociologique (la sociologie est un sport de combat enseigné pour la première fois au monde en 1891 à l'université du Kansas) beau et cocasse, biblique et apocalyptique, joliment tenace et terriblement efficace, qui vous tance, vous retourne et vous envoie au tapis avant que vous n'ayez eu le temps de crier au fou. La suite sur le blog : http://ericdarsan.blogspot.fr/2015/09/paris-sur-lavenir-nathaniel-rich.html
Lien : http://ericdarsan.blogspot.f..
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critiques presse (1)
Liberation
16 octobre 2015
Rich décrit la crainte climatique du moment, cette impression que le ciel va nous tomber sur la tête. En anticipant le chaos, l’auteur nous rassurerait presque.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Les secrétaires de Sherman envoyèrent à Mitchell des registres qui listaient l’âge, le sexe, le salaire de ses collègues ainsi que le montant total de la marge qu’ils dégageaient pour Fitzsimmons. Les noms avaient été remplacés par des identifiants à quatorze chiffres mais il n’était pas difficile de retrouver à qui ils correspondaient. Après les avoir rangés par salaires, Mitchell retrouva son identifiant. Il était en avant-dernière position. Évidemment. C’était entièrement de sa faute. D’autres cabinets s’étaient intéressés à lui – dont Brumley Sansone, le géant du secteur – mais Fitzsimmons l’avait chassé avec plus d’agressivité et il n’avait rien voulu laisser au hasard. Pendant les vacances de Pâques de sa dernière année d’études, Fitzsimmons lui avait offert le vol Kansas-New York City en business, proposé du gibier avant l’entretien et des huîtres à la fin et, dans un paroxysme de gratitude, Mitchell avait accepté la première offre qu’on lui avait faite. Les autres, de toute évidence, avaient négocié.
La tâche confiée à Mitchell, il eut tôt fait de s’en apercevoir : on attendait de lui qu’il calcule le prix de la vie de chaque employé de Fitzsimmons, en dollars. Plus Sherman le pressait de livrer les résultats de son étude, plus les équations de Mitchell se faisaient complexes et tarabiscotées. Il créa des indices relatifs aux antécédents médicaux, au suivi des dépenses et aux jours de congés pris pour raisons personnelles, il conçut des graphes montrant les revenus futurs estimés, l’évaluation des primes, la valeur ajoutée par semestre. Les chiffres n’en finissaient pas de pousser, se propageant comme de la vigne vierge sortie de son ordinateur, s’enroulant autour de ses chevilles, le ligotant à sa chaise de bureau. Son boulot ne consistait pas à prédire l’espérance de vie des salariés – même si l’espérance de vie était un facteur à prendre en compte. Pour les besoins de cet exercice, la valeur d’une personne désignait la valeur de sa vie aux yeux de Fitzsimmons Sherman.
Dans le cadre de son travail, il se retrouvait fréquemment à devoir taper le mot « futur » dans son moteur de recherche – comme dans « futurs avoirs » ou « coûts futurs » ou « futures destructions massives » – et une publicité singulière commença à s’afficher. « DÉCOUVREZ CE QUE LE FUTUR VA VOUS COÛTER », proclamait-elle en petites majuscules austères. Lorsqu’on cliquait dessus, on était redirigé vers le site Web d’une entreprise, FutureWorld, qui proposait des prestations de conseil en « prédictions du futur ». Le site se résumait à une unique page où ne figurait pas le moindre lien. Elle indiquait seulement un numéro de téléphone et une adresse e-mail sous le logo de l’entreprise : un élégant dessin au crayon représentant une fenêtre ouverte. Mitchell se surprit à maintes reprises, en particulier quand la nuit était déjà bien avancée, à fixer cette page comme en transe. S’il sautait par cette fenêtre ouverte, où atterrirait-il ?
La publicité apparut suffisamment souvent pour qu’il commence à s’imaginer qu’on se moquait ouvertement de lui.
« Qu’est-ce que cela va me coûter ? »
Le son de sa propre voix le mit mal à l’aise – hystérique, éraillée, se propageant par échos dans le hall. Il s’interrompit pour voir si quelqu’un viendrait à sa porte. Pas un bruit. Ignorer les cris de détresse des âmes égarées faisait partie des règles tacites de la vie de bureau chez Fitzsimmons. Mitchell reprit dans un souffle : « Je travaille dans le gratte-ciel le plus haut de la plus grosse ville du pays le plus riche du monde. Donc que me réserve l’avenir ? L’annihilation ? »
Il ferma les yeux et essaya de se vider la tête. Mais ça ne servait à rien. Les cafards, ses vieux démons, avaient commencé à se repaître de lui, et cette sensation ne le lâchait pas. Dans des moments comme celui-ci, il en imaginait des milliers, de minuscules bestioles aux pattes velues qui escaladaient les parois de son estomac. Elles se nourrissaient de sa peur, et elles mangeaient goulûment, se léchant les babines. Non, il n’y avait rien à y faire, sinon continuer à travailler. Il touchait au but. Les chiffres commençaient à raconter une histoire.
Peu après trois heures du matin, Mitchell tapa « calculateur de valeurs futures intérêts composés » et le logo de FutureWorld apparut. Sans réfléchir, il envoya un e-mail à l’adresse indiquée. « Combien le futur va-t-il me coûter ? écrivait-il. Est-ce dans mes moyens ? Aurai-je à le payer de ma vie ? »
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Comme d’autres nourrissaient le fantasme d’un héritage inespéré, d’un coup de foudre ou d’horizons divins et vierges s’ouvrant à l’infini, Mitchell rêvait, lui, à une éruption volcanique massive sous trente centimètres de cendres chaudes. Il imaginait une confrontation nucléaire avec la Chine, une nouvelle peste noire, un astéroïde qui déchirerait la croûte terrestre, accélérant l’avènement d’un nouvel âge des ténèbres. De telles catastrophes ne lui faisaient pas peur, affirmait-il. Elles offraient la liberté. Elles creusaient des galeries secrètes vers un royaume sublime de chaos et de science-fiction. Pour lui, les scénarios catastrophe n’étaient, disait-il, que de simples jeux de logique. Jusqu’à quelles extrémités pouvait-il porter son imagination cauchemardesque et jusqu’à quel degré de précision ? Que pouvait-il arriver ? De quoi fallait-il avoir peur ?
Nous savions que la tirade de Mitchell sur les « jeux de logique » n’était qu’une posture. Les scénarios catastrophe l’emplissaient d’une terreur bien réelle. Tard dans la soirée, il quittait sa chambre en trombe, pris de panique, le feu aux joues, la peur au fond des yeux. Il s’énervait sur sa lampe de bureau, tapait des chiffres sur sa calculatrice et gribouillait des équations et des probabilités. C’était un rituel nocturne auquel il dérogeait rarement. Le lendemain matin, nous le trouvions là, endormi, la tête sur ses papiers, la joue tachée d’une décalcomanie de chiffres qui faisait penser au tatouage d’un détenu.
Aucun d’entre nous, soyons clair, n’a jamais perdu le sommeil à cause des prophéties de Mitchell. Nous pensions qu’il était un peu fou, un peu déprimé, même au regard des standards de la fac de C. Peut-être avait-il tout compris aux chiffres, la vie quotidienne demeurait pourtant trop complexe pour lui. Il nous faisait de la peine, vraiment – il avait eu la vie dure dès le début. Son prénom faisait à lui seul office de scénario catastrophe, une référence à une ère révolue de distinction anglo-saxonne provinciale typique du Midwest. Mitchell. Qui appelle son fils Mitchell ? Des parents dotés d’aspirations élevées et d’idéaux d’un autre âge. De sa mère, une femme du Missouri blonde et trapue, il avait hérité l’accent nasal des Ozark, des cheveux raides tirant sur le roux qui semblaient posés sur sa tête comme de la paille au fond d’un enclos à cochons et une haine pour Overland Park, son patelin d’origine. On décelait la part de son père, un réfugié hongrois qui gérait un parc immobilier dans l’est de Kansas City, à une certaine excentricité mâtinée d’angoisse et à un sens de l’humour déprimant. Au début, nous nous demandions comment Mitchell avait fait pour être admis, mais il apparut rapidement que c’était un fanatique de mathématiques. Pendant la période d’intégration, il arbora une série de T-shirts gris où s’affichaient les visages de « statisticiens de légende » (à en croire l’inscription pompeuse qui les ornait) C.R. Rao, Leonardo Fibonacci, Andrei Nikolaevitch Kolmogorov. Aucun de ces noms ne nous disait quoi que ce soit. Nous soupçonnions Mitchell d’avoir lui-même confectionné ses T-shirts. Et s’il n’était pas un génie des mathématiques, c’était qu’il avait un sérieux problème.
Effacez de votre esprit, si vous le pouvez, tous les posters, les photos de magazines et les T-shirts à l’effigie de Mitchell Zukor. Essayez d’imaginer le grand homme en étudiant. Vous ne l’auriez pas reconnu à l’époque. Rasé de près, le visage rond, des yeux sombres dissimulés sous sa capuche. Ses origines provinciales sautaient aux yeux. Il ressemblait à ces électeurs de la classe moyenne que républicains et démocrates se disputent. La coupe militaire à l’ancienne, le cou marqué par les irritations du rasoir et l’attitude réservée, voire timide, tout chez lui évoquait une dégringolade perverse et prématurée dans l’âge mûr. S’il n’avait pas atterri dans notre dortoir, il n’aurait été pour nous qu’un objet de curiosité, comme l’était le président des républicains de la fac qui dormait avec son nœud papillon ou la fille maigre et triste qui se promenait dans les allées du campus en berçant un ours en peluche dépenaillé.
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Les accords de Seattle déstabilisèrent la quasi-totalité des entreprises du pays, c’est certain. Mais il n’y avait aucune société qui ait davantage de motifs d’inquiétude que Fitzsimmons Sherman qui employait plus de trois cents salariés dans des bureaux nichés entre le soixante-quinzième et le soixante-seizième étage de l’Empire State Building. De tous les gratte-ciel d’Amérique, l’Empire State Building était le plus exposé aux catastrophes. Il devait être évacué presque chaque année – pour une infraction aux périmètres de vol autorisés, pour des alertes à la bombe, des tempêtes tropicales et des coupures générales d’électricité. Fitzsimmons en était le locataire le plus important et le plus riche. Après que la Cour suprême eut statué sur les dommages et intérêts records de Seattle, Sanford « Sandy » Sherman, l’ours écumant qui officiait comme PDG de Fitzsimmons convoqua son conseil d’administration pour une réunion de crise. Les cadres dirigeants et leurs conseillers juridiques se rejoignirent de bonne heure un matin de juin sur le domaine que Sherman possédait à Sagaponack. Les fenêtres de la salle de conférence étaient embuées du brouillard mêlé d’embruns qui montait de l’océan. Telles des mouettes, les membres du conseil se jetèrent sur un large choix de bagels, de saumon fumé et d’esturgeon. Le fumet du précieux poisson répandait des effluves salés et humides qui ressemblaient à s’y méprendre à ceux de billets de banque sales.
Une fois que tout le monde se fut assis, Sandy Sherman, qui se tenait debout à l’une des extrémités de la massive table ovale, posa une question qui le hantait depuis des années : « Si l’Empire State Building s’écroulait, combien est-ce que cela coûterait à Fitzsimmons ? Comment faire pour éviter de payer autant que nos amis de Seattle ? »
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Vidéo de Nathaniel Rich
1979. À peu près tout ce que nous comprenons à l'heure actuelle du réchauffement climatique était compris. Et même mieux compris, sans doute. Les principaux aspects du problème étaient tranchés, sans débat possible, et les spécialistes, loin de se disputer sur l'établissement des faits, travaillaient à en affiner les conséquences. Il y a trente ans, nous aurions pu sauver la Terre. Pourtant nous n'avons rien fait. Après des années d'enquête et plus de cent interviews réalisées avec le soutien de la Fondation Pulitzer, Nathaniel Rich retrace comment la planète a raté son rendez-vous avec le climat, comment malgré les efforts de plusieurs lanceurs d'alerte, d'intérêts parfois concordants, souvent contradictoires, y compris de l'industrie pétrolière, rien n'a été fait pour stopper le changement climatique.
Implacable et passionnant, "Perdre la Terre" est un document pour l'histoire. Notre histoire. Un récit fascinant dans lequel l'auteur semble placer le lecteur à la table des négociations pour lui faire entendre les cris d'alarme, les silences coupables, les atermoiements de conscience, la force de l'inertie et des renoncements, et peu à peu l'imminence de la catastrophe. "Perdre la Terre" n'est pas seulement le roman impitoyable d'occasions historiques manquées, c'est aussi l'évaluation claire et détaillée de la façon dont nous en sommes arrivés là — et de ce que nous pouvons et devons faire avant qu'il ne soit vraiment trop tard.
Nathaniel Rich est journaliste au long cours pour le "New York Times". Fasciné par l'attraction paradoxale qu'exercent les catastrophes sur la société contemporaine, il interroge dans ses articles la manière dont le monde et la littérature s'accommodent du désastre.
Traduction de David Fauquemberg
Pour en savoir plus : http://bit.ly/2PNIezs
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