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Monique Baccelli (Traducteur)
EAN : 9782912042378
128 pages
Éditeur : La Fosse aux Ours (28/08/2001)

Note moyenne : 4/5 (sur 18 notes)
Résumé :
C'est là une journée particulière dans la vie du narrateur, prisonnier dans un camp de travail autrichien, pendant l'hiver 1943 : la fête de la saint-Hubert, illustrée par une chasse au cerf. Faute d'hommes valides, les chasseurs de la vallée font appel aux détenus. Cette journée de chasse sera celle d'une éphémère liberté, enivrante. Ailleurs, un peu plus tard, le récit d'un prêtre, don Marco, entré dans les ordres mais fin chasseur de lièvres ; ailleurs encore, le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
fbalestas
  20 novembre 2017
Quatre saisons en quatre pages. Nous sommes en décembre 1943, dans les montagnes italiennes, et le narrateur se souvient. Malgré l’horreur des camps, la nature est très présente.
« Un tiède soleil montait dans le ciel verdâtre pour me réchauffer, et des cheminées du lointain village s’élevait une fumée odorante et légère. Une cigogne arriva sur l’étang à peine dégelé et à ce moment-là je m’aperçus que les bouleaux du bois, là, sous mes yeux, ouvraient, sans ordre de personne, leurs branches printanières en un vert tendre. »
Dans les journées dans le Nord-Est, l’un des cinq chapitres qui composent ce recueil, Mario Rigoni Stern rassemble ses souvenirs de garnison. Enfermé dans un camp de prisonniers tenu par des soldats prussiens, il est installé non loin du campement russe. Malgré les conditions épouvantables, la solidarité entre les soldats russes et l’auteur rend la vie un peu moins sévère et il leur arrive même de se souhaiter un « Buno Natale » le jour de Noël.
Dans la partie III de ces journées, il raconte une scène improbable : pour la fête de la St Hubert, les rares chasseurs restés au village du fond de la vallée ne veulent pas que la tradition séculaire de chasse se perde. Et comme il n’y a plus d’hommes valides, ils ont l’idée de venir demander 3 ou 4 soldats disposés à les aider. Le narrateur fait partie des heureux élus. Commence alors une fantastique chasse au cerf dans le froid transalpin. Avec une surprise finale dont bénéficiera tout le camp quelques jours plus tard :
« Un dimanche de novembre, nous eûmes une surprise, une incroyable surprise, si l’on pense à ce qu’était cette époque : après l’habituelle louche de raves et de patates à l’eau, nous eûmes tous un morceau de viande nappé d’une sauce épaisse, succulente, et un bout de pain noir. C’était le cerf, tout le cerf, que les vieux chasseurs avaient voulu donner aux prisonniers : eux, le trophée leur avait suffi. »
Témoin privilégié de la vie du XXème siècle dans les montagnes de l’Altopiano, Marie Rigoni Stern a été profondément marqué par le passage des deux guerres sur ces territoires.
Les autres récits s’intitulent « Avec le ciel et les forêts », « Saisons de vie en compagnie des abeilles », « Travaux de montagne » ou encore « Le dernier voyage de l’émigrant ». L’auteur y décrit la vie rude des montagnards de l’époque : on y apprend ce qu’est une tourbière, une carrière de marbre rouge, ou encore un four à chaux. On y apprend comment se déroule la vie dans les pâturages, la vie des bergers ou des bûcherons.
Une vie rude, mais toujours en harmonie avec la nature qui l’environne.
Et même si on y pratique la chasse, c’est toujours avec un profond respect pour les animaux. Avec un hommage particulier à tous les chiens qui ont accompagné l’auteur.
Un respect qui est à l’image de ce récit d’une chasse au renard :
« Pour chasser au fusil, en revanche, il fallait beaucoup de patience, et encore plus de résistance au froid, car tout le monde n’était pas capable de rester immobile dans la neige pendant des heures. »
De très beaux récits, qui rappellent le magnifique Vent largue de Francesco Biamonti, par un auteur amoureux de sa région d'origine, le plateau d'Asiago dans la province de Vicence en Vénétie. La nature est au cœur de ses thèmes favoris, à laquelle il rend hommage dans de nombreux ouvrages avec une grande simplicité et sincérité. Hommes, bois, abeilles en est un exemple accompli.


Lien : https://www.biblioblog.fr/po..
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Coryne1966
  29 mars 2019
Mario Rigoni Stern est un des plus grands écrivains italiens du XXème siècle. "Hommes, bois, abeilles" ("uomini, boschi e api"), sa septième oeuvre, a été écrite en 1980, et traduite en français en 2001.
On trouve dans ce livre des nouvelles, des récits... une ode à sa région : la Vénétie.
Cela commence par quatre pages présentant les quatre saisons.
J'ai beaucoup aimé l'évocation de ses souvenirs de garnison en Prusse, la solidarité avec les soldats russes et le récit de la chasse de la Saint Hubert où les chasseurs manquant d'hommes valides viennent chercher les prisonniers pour les emmener avec eux.
Mon beau-père s'étant lancé dans l'apiculture à la retraite, j'ai apprécié les deux nouvelles sur les abeilles.
Et les récits sur les métiers disparus sont à découvrir et à savourer.
Un livre simple, récit d'une vie simple.
Livre reposant.
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Elouan00
  01 octobre 2017
On sent bien que Mario Rigoni Stern est l'amoureux d'Asiago, de la terre et de ses montagnes qu'on a décrit. L'auteur s'était trouvé séparé de cette région, avec laquelle il entretenait un rapport privilégié, du fait de la guerre et de son emprisonnement. Par l'entremise de plusieurs récits sur des métiers disparus, le livre devient une sorte d'ode au pays retrouvé, automnal puis hivernal. Une nostalgie trop sentimentaliste enserre une écriture ― traduite d'une façon admirable ― qui d'un autre côté donne l'impression d'une cascade aux images prégnantes et saisissantes.
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MrDimitriG
  02 janvier 2020
Magnifique déclaration d'amour aux montagnes Italiennes et aux traditions perdues du XIXème siècle. Ça donne même envie de se mettre à la chasse !
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nathalie_MarketMarcel
  22 mars 2017
C'est très calme, plein de lenteur et de dignité, de petites bêtes, de silences, de neiges et d'habitudes en voie de disparition. Il est question de la coexistence avec les bêtes, sauvages ou non, de la vie avec le bétail, avec les abeilles, et du soin et de l'attention qu'on leur apporte.
Un curé qui a toujours pratiqué la chasse, avec une très drôle histoire de lièvre et de confession, un vieil homme qui se souvient de tous ses chiens de chasse, un ouvrier qui chasse la bécasse, les traces laissées dans la neige par un renard et un écureuil.
La vie simple qui palpite jour après jour.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   19 septembre 2011
Le berger
De bon matin, quand la plupart des gens dorment encore, et tard dans l'après-midi, par n'importe quel temps, il monte au parc de Valgiardini pour donner de la nourriture et de l'eau à ses animaux : c'est l'exercice qu'il fait pour rester "en vie" avec le monde.
A un petit garçon de la ville qui lui demanda un jour à quelle distance était sa maison, il répondit :
-- Autrefois elle était à un quart d'heure de marche, maintenant elle est à trente minutes.
Et il expliqua au gamin qui le regardait sans comprendre :
-- Quand j'étais jeune je marchais vite et la maison était plus près, maintenant je marche plus lentement et la maison s'est éloignée. Si j'arrive à cent ans, elle sera à un heure de marche. p 114
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nadejdanadejda   19 septembre 2011
En avril 1945, j'étais dans un Lager et j'avais entendu le coucou chanter dans les bois de Gratz ; ensuite, dans les décombres d'un bombardement, un vieux habillé en chasseur m'avait murmuré :
--- N'attends personne, mon ami. Rentre chez toi ! File !
C'est aussi pour cela que chaque année j'attends impatiemment le chant du coucou qui, ce jour lointain, aura sans doute également réjoui mes camarades de jeu et d'école devenus partisans, attendant le signal dans le Bois-Noir. Bref, à chaque printemps, les hirondelles pour mon enfance heureuse et le coucou pour le jour de l'espoir sont pour moi des signes de toujours. En effet, si nous n'avons pas d'espérance, à quoi bon vivre ? p 77 78
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nadejdanadejda   19 septembre 2011
L'humidité du bois, l'odeur de la terre humifère, les couleurs des feuilles de hêtre, du sorbier, du saule des chèvres, de l'aulne blanc tranchant sur le vert sombre des sapins et la splendeur flamboyante d'un merisier ; lui avec son chien ; et le silence amplifié par les brefs appels des oiseaux de passage, par le battement d'ailes d'une grive, par le tintement argentin du grelot attaché au collier de son chien. Marcher comme ça pendant toute la vie. Toujours. p62
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nadejdanadejda   19 septembre 2011
Certaines fois, quand il entendait dans ce profond silence les bruits du village, tout en bas, il était surpris par le souvenir d'une ville de la lointaine plaine, là-bas, où il y avait des vitrines, des lumières, des cinémas, beaucoup de monde et ses camarades qui sortaient de l'usine, la circulation, les immeubles. Mais qu'est-ce qu'il y avait de vrai là-dedans ?
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Alice_Alice_   03 mai 2020
Nous marchâmes encore, mais il n'y avait plus de sentiers, on ne voyait plus de maisons, on aurait que dans tout ce monde en guerre il n'y avait plus personne : seulement nous quatre, les neufs chasseurs en bas à leurs postes et les cerfs dans l'épaisseur du bois. (Les journées dans le Nord-est)
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Video de Mario Rigoni Stern (3) Voir plusAjouter une vidéo

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