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Noël Calef (Traducteur)
EAN : 9782264020802
190 pages
Éditeur : 10-18 (08/06/1995)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 76 notes)
Résumé :
Directement inspiré de sa propre expérience, ce premier roman raconte la retraite des Italiens sur le front russe.

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Résumé:
La retraite de Russie - celle de la grande armée " européenne " lancée par Hitler contre l'URSS.
Pas de grands récits de batailles ; pas de thèses politiques, mais quelques soldats italiens perdus dans cette aventure, qui marchent et qui souffrent, q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
krzysvanco
  23 juin 2019
Lu en V.O.
Épouvantable fut, début 1943, cette retraite de l'armée italienne en Russie.
J'en fis un jour un exposé lors de mon cours d'italien.
Le corps italien comptait 230.000 hommes dont seuls 20.000 revinrent au pays...
C'est mon second livre relatant cet épisode tragique après le Cheval Rouge d'Eugenio Corti dont je dois toujours faire la critique, suivant en cela les conseils de Nadejda, critique que je remets hélas toujours à plus tard car le livre compte plus de mille pages et a fait l'objet d'une excellente critique de Nadejda..
Le livre est autobiographique, comme dans le Cheval Rouge, il est relaté par un témoin direct, Mario Ringano Stern est en effet le principal protagoniste de ce récit.
L'armée italienne et ici plus particulièrement ses chasseurs alpins est installée dans des tranchées au bord du fleuve Don avec pour but d'empêcher l'armée rouge cantonnée sur l'autre rive de le franchir.
Les premiers moments sont calmes , avec peu d'escarmouches, les hommes effectuent leurs tours de garde et leurs patrouilles, nettoient leurs armes, ils vivent dans ces tranchées avec les rats, cherchent de la nourriture, parlent, pensent à leur femme ou fiancée ...
Mais la situation va se dégrader. Les Russes attaquent et font des ravages dans les rangs italiens. L'auteur, simple sergent major, se retrouve chef de bataillon suite à la mort de son officier.
Pour échapper à l'encerclement, la retraite commence.
Retraite pénible, avec sans cesse des embuscades des Soviétiques et surtout le terrible l'hiver russe... la température est de moins 40 degrés Celsius, ils sont mal équipés, les ordres du Q.G. Italien sont contradictoires, ils doivent marcher dans la neige et le gel.
Ringoni Stern se révèle un excellent chef, courageux, attentif à ses hommes et apprécié par eux.
Il voit cependant son bataillon se réduire de jour en jour, surtout après la bataille de Nikolaevka.
Les hommes marchent, marchent, portent un lourd sac à dos, tombent, gèlent, ont faim, sont épuisés, subissent les attaques des partisans.
Ils cherchent des abris chauffés, sont aidés par les paysannes russes qui leur offrent un quignon de pain.
Ils n'aspirent qu'à une chose, rentrer sains et saufs dans leur village et retrouver les leurs. le sergent est assailli régulièrement de la demande (formulée en dialecte) « Sergent-Major, arriverons-nous à la maison ? »
Il y a un très bel épisode dans ce livre : l'auteur entre dans une isba occupée par des soldats russes en arme, une femme lui apporte à manger, il mange, le temps n'existe plus, les Russes, la femme et les enfants le regardent manger; en sortant il remercie les Russes avec un « spasiba » et reçoit de la paysanne du miel.
Cet épisode est important car il nous montre qu'il reste toujours de l'humanité en l'homme.
Il n'y a aucune animosité contre les Russes chez les Italiens, et ce contrairement à l'armée allemande, ils comprennent que les Russes défendent
leur patrie contre l'envahisseur. ils n'ont pas demandé cette guerre.
Les quelques survivants arriveront finalement à un campement allemand d'où ils pourront rejoindre leur pays.
Le récit nous montre la cruauté de la guerre, qui entraîne malheur et désespoir mais aussi la profonde humanité de l'homme dans cette barbarie, et l'espoir qui les maintient en vie. Très présente également la nostalgie du pays, le désir de retrouver ses proches.
C'est un récit poignant, c'est un livre à lire.
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santorin
  16 février 2019
Très beau plaidoyer contre la guerre écrit, sans fioritures, par Mario Rigoni Stern un homme intègre.
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Eve-Yeshe
  26 juillet 2016
Dans ce livre, on suit, pas à pas l'auteur tout au long de la retraite des soldats italiens face aux Russes. Il nous raconte les faits comme il les a vécus, le froid, la faim, les stratégies des gradés et leurs lots de bêtises les ordres contradictoires et la fraternité existant entre lui et ses hommes et parfois même avec « l'ennemi ».
L'auteur nous donne des détails sur son ressenti par rapport à l'absurdité de la guerre et aussi la façon dont il se comporte avec ses hommes.
Il ne nous fait pas de révélations fracassantes, mais raconte sa vie et son ressenti au jour le jour. C'est son premier livre, écrit dans un style narratif simple, sans fioritures avec beaucoup de descriptions, mais de façon très émouvante car sincère. « Les doigts n'obéissaient plus au cerveau ; je les regardais comme s'ils ne m'appartenaient plus et j‘avais envie de pleurer sur mes propres mains qui ne voulaient plus être à moi. » P 78
Il parle avec son coeur de sa guerre et il sait nous toucher. « Nous avions l'impression que d'un moment à l'autre, nous allions nous abattre comme de jeunes sapins ployant sous le poids de la neige. » P 73. On marche avec lui dans la neige.
Donc une écriture simple mais belle, on n'est pas dans l'exercice de style car l'auteur est toujours au plus près de la réalité, du quotidien des soldats.
J'ai donc lu ce livre grâce à une amie que je remercie vivement car je ne connaissais absolument pas l'auteur et j'ai passé un bon moment.
Note : 7,3/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Lazlo23
  01 mai 2017
Freud voyait dans la guerre le triomphe universel de la pulsion de mort.
« Le sergent dans la neige », du romancier italien Mario Rigoni Stern (1921-2008), nous montre au contraire que même dans la pire des guerres, il est toujours possible de résister à ces instincts malsains et de rester humain, au sens noble du terme.
Mais de quoi s'agit-il ? D'une poignée de soldats perdus au beau milieu d'une steppe gelée. Rien n'est vraiment dit pour nous expliquer ce qu'ils font là, mais on finit par comprendre que ce sont des soldats italiens emportés par l'ouragan de la guerre jusque sur le Front de l'Est. Encerclés par les troupes soviétiques, il leur faut se replier. Commence alors pour eux, un exode dantesque au cours duquel beaucoup vont trouver la mort sous les balles de l'ennemi, mais aussi à cause du froid intense.
Comme l'indique son titre, l'intérêt de ce court roman est de montrer la guerre à hauteur d'homme, les brodequins dans la neige : jamais de mots ronflants ni de considérations abstraites, mais des êtres qui tentent de survivre au jour le jour en restant unis et en s'entraidant. Le narrateur (qui n'est autre que le fameux sergent), se comporte comme un père : il pourvoit au ravitaillement de ses troupes, panse les plaies, physiques et morales, et donne des consignes avisées au coeur du combat. Comme tous les autres, ce qui lui permet de tenir, c'est de savoir que chaque pas qu'il fait le rapproche un peu plus de son village et de ceux qu'il aime.
En lisant la belle prose, claire et concrète, de Mario Rigoni Stern, on est conquis par son empathie avec la nature, superbement racontée, et avec les êtres qu'il croise, fussent-ils des ennemis.
Hélas, la pulsion de mort n'est jamais très loin, comme en témoignent ces villages en flammes et ces civils massacrés en masse par les soldats de la Wermacht. Ces carnages, le narrateur les trouve d'autant plus incompréhensibles que ce sont des paysans comme lui qui en sont les victimes et que, sans l'aide de ces villageois, ses hommes et lui n'auraient aucune chance de survivre dans des conditions aussi extrêmes .
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Wendat69
  24 octobre 2018
Le sergent dans la neige est un très beau texte sur la guerre, qui dépasse le terrible cadre du conflit mené en Russie pendant la seconde guerre mondiale. Mario Rigoni Stern, sous-officier Alpini, nous fait vivre et ressentir le chaos des sentiments qui animent les hommes en proie à toutes les souffrances, physiques et morales, subies lors de cette terrible épreuve que fut, pour tous les combattants, le combat en terre russe. Il est dans ce livre question essentiellement d'unités italiennes, membres de l'Axe, qui furent malmenées, , balayées et parfois désintégrées dans le fracas des armes. On est conscient, au travers de cette lecture, que ces troupes italiennes paraissent déplacées et dépassées dans un théâtre militaire qui ne correspond tellement pas à l'idée qu'on se fait de l'âme italienne.
Ce livre dénote de beaucoup de romans de guerre, car s'il est question de luttes, de tirs et de morts, de la Bataille, il est surtout question de ce qui est particulièrement difficile à subir pour un soldat, à savoir: la Retraite, la Fuite.
L'auteur centre son histoire sur les hommes de son unité et ceux d'autres régiments italiens perdus dans l'hiver russe, ces soldats des alpes ou de Sicile, de Venise ou de Toscane, qui sont ballottés par les évènements, comme des fétus de paille, et que l'on voit certes se battre, mais surtout tenter de survivre, en se nourrissant de rien , si ce n'est, de leur amitié, de leurs souvenirs communs, de leur espoir de revoir un jour leur terre ensoleillée. Mario Rigoni Stern nous montre la guerre telle qu'elle est, et telle qu'il l'a vécue, relatant avec simplicité mais avec talent, des évènements tragiques, ou la beauté de l'âme humaine côtoie la laideur de la destruction.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
santorinsantorin   12 février 2019
L'endroit avait été rendu célèbre par les partisans. Même les Allemands n'osaient y aller. C'est nous qu'on y envoya. Le starosta du village nous prévint qu'il devait nous répartir entre les familles afin que la charge ne fût pas trop lourde pour la population.. L'isba où l'on m'accepta était vaste et propre. Des gens, jeunes et simples, y habitaient. Je préparai ma couche dans un coin, sous la fenêtre. Tout le temps que je restai dans cette cabane, je le passai étendu sur un peu de paille. Toujours là, allongé des heures et des heures, à regarder le plafond. Dans l'après-midi, il n'y avait dans l'isba qu'une fillette et un nouveau-né. La fillette s'asseyait près du berceau. Le berceau était suspendu au plafond par des cordes et se balançait comme une barque, chaque fois que le bébé bougeait. La fillette s'installait à côté avec son rouet à pédale et filait du chanvre. Toute l'après-midi, les yeux fixés au plafond ; le bruit du rouet me remplissait tout entier comme celui d'une cascade énorme.
Quelque fois, j'observais la fillette. Le soleil de mars se glissait entre les rideaux ; le chanvre devenait de l'or et la roue étincelait de mille lueurs. De temps en temps, le bébé pleurait. Alors, la petite poussait doucement le berceau et chantait. J'écoutais sans jamais dire un mot. Certaines après-midi, de petites amies venaient lui rendre visite. Elles apportaient leurs rouets et filaient, elles aussi, parlant entre elles d'une voix douce, tout bas, comme si elles avaient craint de me déranger. C'était un murmure harmonieux et le bruissement des rouets rendait leurs voix plus douces encore. C'est ce qui m'a guéri. Elles chantaient aussi. Leurs vieilles chansons de toujours : Stienka Rasin, Natalka Poltawka et les anciennes danses populaires.
Des heures et des heures, je regardais le plafond et écoutais…..
Le bébé dormant dans son berceau de bois qui se balançait légèrement, suspendu au plafond. Le soleil entrant par la fenêtre et le chanvre qui devenait de l'or. Le rouet qui renvoyait mille lueurs, faisant un bruit de cascade. Et la voix de la fillette, chaude et douce, au milieu de ce bruissement...
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santorinsantorin   12 février 2019
Apprenant que Rino est dans une isba tout près, je vais le retrouver. J'ai envie de l'avoir à mes côtés, cette nuit. Je fais rôtir un morceau de porc sur les braises et nous mangeons tous les deux. Enfin, nous nous étendons sous les couvertures et les capotes. Le chaleur d'un corps réchauffe l'autre. L'haleine de l'un réchauffe le visage de l'autre. Nous entrouvons les yeux par instant, pour nous regarder. Que de souvenirs se nouent dans la gorge. Je voudrais parler de notre maison, de nos proches, des filles que nous aimons, de nos montagnes, de nos amis. Tu te rappelles, Rino, la foi où le professeur de français a dit :"Une pomme pourrie peut pourrir une pomme saine, mais une pomme saine ne peut pas guérir une pomme pourrie" ? La pomme pourrie, c'était moi ; toi, tu étais la pomme saine. Tu t'en souviens, Rino ? Moi, j'avais toujours de mauvaises notes. J'ai tant de choses à te dire et je ne suis même pas capable de te souhaiter une bonne nuit.
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santorinsantorin   08 février 2019
Je ne restais pas longtemps dans la tanière à présent. J'étais tout le temps dans les tranchées, sur le talus descendant jusqu'au fleuve, avec des grenades et mon mousqueton. Un tas d'images me passaient par la tête, je revoyais des moments indéfinis du passé et le souvenir de ces heures-là m'est demeuré cher. Il y avait la guerre, cette guerre au milieu de laquelle je me trouvais, mais je ne vivais pas la guerre, je vivais intensément les choses à quoi je rêvais, dont je me souvenais, qui devenaient plus réelles que la guerre. Le fleuve était gelé, les étoiles glacées, la neige, du verre, la mort attendait sur le fleuve, mais j'avais en moi une chaleur qui faisait fondre tout ça.
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Lazlo23Lazlo23   01 mai 2017
Il y a là des soldats russes. Prisonniers ? Non. Ils sont armés. Et ils ont l'étoile rouge sur leurs bonnets ! Moi, je tiens mon fusils. Pétrifié, je les regarde. Assis autour d'une table, ils mangent. Ils se servent en puisant dans une soupière commune, avec une cuiller en bois. Et ils me regardent, la cuiller immobilisée à mi-chemin de la soupière. Je dis : « Mnié khocetsia iestj. » Il y a aussi des femmes. L'une d'elle prend une assiette, la remplit de lait et de millet à la soupière commune, avec une louche et me la tend. Je fais un pas en avant, j'accroche mon fusil à l'épaule et je mange. Et le temps n'existe plus. Les soldats russes me regardent. Les femmes me regardent. Personne ne souffle. Il n'y a que le bruit de ma cuiller dans l'assiette. Et de chacune de mes bouchées.
- Spaziba, je dis en finissant.
- La femme reprend l'assiette vide que je lui rends et répond simplement :
- Pasa usta.
Les soldats russes me regardent sortir sans bouger.
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santorinsantorin   08 février 2019
J'ai encore dans les narines l'odeur de la graisse qui fumait sur le fusil-mitrailleur brûlant. J'ai encore dans les oreilles et jusque dans le cerveau le crissement de la neige sous les brodequins ; les éternuements et les quintes de toux des sentinelles russes ; le froissement des herbes sèches battues par le vent sur les rives du Don. J'ai encore devant les yeux ce que je voyais au-dessus de ma tête : la nuit, le carré étoilé de Cassiopée, le jour, les poutres au plafond du bunker. Dés que j'y pense, j'éprouve la même terreur qu'en cette matinée de janvier où la Katiucha, pour la première fois, se mit à nous cracher dessus de ses soixante-deux canons.
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