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EAN : 9782374252414
192 pages
Rue de l'échiquier (03/09/2020)
3.45/5   30 notes
Résumé :
En 2027, dans une République Dominicaine ravagée par des désastres écologiques qui ont détruit toute forme de vie sous-marine et où règne une technologie ultra-développée, Acilde, adolescente de classe pauvre, est depuis peu la domestique d’Esther Escudero, une prêtresse de la Santería. Elle cherche à vendre illégalement l’anémone que possède sa patronne pour acquérir le Rainbow Bright, une drogue qui lui permettrait de changer de sexe sans intervention chirurgicale... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
3,45

sur 30 notes

Kirzy
  03 septembre 2020
°°° Rentrée littéraire 2020 #11 °°°
Le voilà l'objet littéraire non identifié de la rentrée, concocté par l'auteure caribéenne Rita Indiana. Son récit est inclassable mêlant science-fiction et réalisme magique à la Garcia Marquez pour offrir une dystopie complètement dingue à la fureur punk.
Le roman démarre en 2027, dans une République dominicaine ravagée par des désastres écologiques qui ont détruit toute vie marine, au sein d'une société rongée par l'hypercapitalisme, entre lutte des classes et dictature. Cadre classique que l'on retrouve souvent dans les récits d'anticipation post-apocalyptique, sauf que le récit prend une tournure vertigineuse en se déployant autour de plusieurs arcs narratifs temporels : les deux personnages principaux, Acilde et Argenis peuvent se propulser dans leur vie antérieure, l'un en 1991, l'autre au XVIIème siècle à l'époque des flibustiers !
Suivre ce récit volontairement très diffracté n'est pas chose aisée, cela demande concentration et même en étant concentré, nécessite de fréquents sauts d'imagination pour relier toutes les informations foisonnantes qui sont délivrées. Ça déborde tellement que l'intrigue peut devenir un poil foutraque. D'autant plus que sont évoquer énormément de thématiques fortes et passionnantes ( écologie – conséquences de la colonisation – violence de la lutte des classes – questionnement sur le genre et l'identité sexuelle ) et des éléments du récit faisant intervenir une prophétie ( celle de l'arrivée d'un sauveur ) une anémone de mer magique et paganisme de la Santeria ( religion populaire aux Caraïbes dont les dieux d'origine africaine, les orishas, ont été assimilés par syncrétisme aux saints catholiques ) au parfum de vaudou.
Je ne suis pas toujours parvenue à relier toutes les facettes de ce roman pour obtenir une lecture totalement cohérente, mais peu importe, son message politique et militant porte. On suit avec une certaine fascination la course dans le temps d'Acilde pour éviter les désastres écologiques, politiques et sociétaux du futur, pour sauver l'île de la folie des hommes. Avec un dilemme fort quasi existentialiste qui fait réfléchir aussi sur la place de l'individu dans le collectif et sa capacité à se sacrifier pour mener à bien ses idéaux lorsqu'il faut sauver la société. Derrière les mots souvent crus et provocateurs, le message est clair : il est encore temps, nous avons encore la capacité à impulser des changements profonds, individuellement et collectivement.
Une fable écologiste audacieuse, sans filtre pleine de pulpe, de vitamines et de rage. Une expérience littéraire surprenante et originale porté par une plume forte et évocatrice.
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JustAWord
  19 juillet 2020
Encore inconnue en France, la dominicaine Rita Indiana débarque chez l'éditeur Rue de l'échiquier fiction avec son roman science-fictif Les Tentacules (La mucama de Omicunlé).
Même si ce nom ne vous dit rien, sachez que Rita Indiana est loin d'être une inconnue sous le soleil des Caraïbes. Lauréate du Grand Prix de l'association des écrivains Caribéens, chanteuse et compositrice avec son groupe Los Misterios mais aussi icône de la communauté queer, cette artiste protéiforme possède plus d'une corde à son arc.
Voyons tout d'abord ce qu'elle vaut côté plume.
Santería, passé et futur
Les Tentacules s'ouvre sur une citation de William Shakespeare et Sa Tempête avant de nous projeter sans ménagement aucun en 2027 dans une République Dominicaine transfigurée où misère, technologie, catastrophe climatique et dictature se partage le pays.
Acilde est une pédale. du moins, c'est comme ça que les autres l'appellent depuis sa prime jeunesse. Acilde suce des bites pour survivre et mettre assez d'argent de côté pour acheter du Rainbow Bright, une substance illicite qui permet de changer de sexe. Dégoûtée par un corps qu'elle n'a pas choisi, elle utilise PriceSpy, un logiciel-espion qui montre le prix des choses, pour faire raquer ses clients. Jusqu'au jour où Acilde taille une pipe à Éric, un médecin, qui lui propose de devenir la domestique d'une vieille voyante et sorcière, Esther Escudero.
Bien des années plus tôt, Argenis, un artiste dominicain raté (ou du moins, qui a loupé le train de la modernité) est convié à intégrer un groupe d'artiste dans le cadre du Sosúa Project, une initiative culturelle, artistique et sociale qui a surtout pour but d'enrichir ses mécènes, Linda et Giorgio. Leur but avoué ? Construire un laboratoire pour préserver ce qu'il reste de la barrière de corail et de ses habitants.
Un beau jour, Argenis plonge avec trop d'avidité et se frotte à d'étranges anémones qui le laissent moribond. Durant sa convalescence, il réalise petit à petit qu'il habite simultanément deux mondes : celui de 1991 où il est Argenis, ce petit artiste-escroc méprisé et méprisable, et celui du XVIIème siècle où il fait de la contrebande avec des flibustiers pourchassés par les Espagnols. Hallucinations, sorcellerie ou voyage temporel ? Argenis ne comprend plus rien et l'on se demande bien ce qu'Acilde, de son futur désespérant, peut bien à avoir à faire avec tout ça…
Poupées russes narratives, les histoires d'Acilde, Girgio et Argenis s'emboîte progressivement pendant que Rita Indiana dresse un portrait impressionniste de la République Dominicaine passée, présente et à venir.
En guise de coup de pinceaux, l'écrivaine se sert de personnages multiples dont le passé lui sert de toile de fond. Mis bout à bout, ils constituent alors une peinture saisissante des Caraïbes et de ses travers sociaux, politiques et écologiques.
Les métamorphoses
Roman hybride, Les Tentacules manie la transformation avec une intelligence certaine. Rita Indiana ne se contente pas de transformer son récit science-fictif post-apocalyptique en un récit d'aventures flibustières du XVIIème siècle, mais elle y ajoute également un versant réflectif sur l'art et sa pérennité, un côté social sur la misère et ses racines, et un côté mystique puisant dans les mythes caribéens et, notamment, dans la Santería, religion-vaudou des Caraïbes, hybridant dieux africains et saints catholiques.
Le récit des Tentacules se tortille et glisse des doigts de son lecteur pour croquer de façon large toute la diversité des îles de la région, de Cuba à Haïti en passant, naturellement, par la République Dominicaine.
Outre ce côté narratif sans cesse changeant et surprenant, le roman offre une galerie de personnages loin des sentiers battus, notamment avec le fascinant personnages d'Acilde, transsexuel en perdition, traîné dans la boue et la misère et qui s'échappe de son corps (et de sa condition) par une mélange de science et de magie. de l'autre côté su spectre, Argenis est un artiste trop vieux pour son siècle mais particulièrement écoeurant et misogyne même pour le siècle présent. Reflet d'une contrée tout aussi machiste et difficile pour ceux qui ne rentrent pas dans les cases, il finit par devenir plus pathétique et désolant qu'autre chose.
Enfin, il y a cette sorcière et prêtresse lesbienne qui n'a d'autre but que de servir un dieu annonciateur de la tempête. Au sein de cette compagnie inattendue, Rita Indiana entrelace les fils temporels et joue à la fois sur le caractère prophétique de son intrigue et sur son côté engagé pour offrir au lecteur une intrigue qui sait être à la fois écologiste, progressiste et pessimiste...sans gâcher l'intrigue principale pour autant.
Les Tentacules renferme enfin une forte critique du milieu artistique, à la fois sur le plan musical, performance art ou pictural. Rita Indiana semble même s'incarner quelques instants en Elizabeth, cette artiste qui trouve son véritable génie sur le tard : la musique. Sous le patronage de Goya, Shakespeare et Dragon Ball Z (!), les personnages des Tentacules trouvent des saints et des icônes qui les guident et les poussent vers l'avant.
Tout le problème là-dedans réside dans la nature humaine et la capacité de sacrifice des uns et des autres. Si le futur de Rita Indiana vogue sur un océan mort et une dictature sanglante, c'est aussi, et surtout, parce que l'homme est incapable de sacrifier son présent pour changer le futur, une dernière transformation pourtant indispensable à sa survie…
Roman du changement et de l'art sous toutes ses formes, Les Tentacules utilise la science-fiction pour ce qu'elle a de meilleur : l'analyse de notre monde et ses travers. Finement tissée et radicalement engagée, l'histoire de Rita Indiana ravira tous ceux qui souhaitent un nouvel horizon et de nouvelles découvertes.
Lien : https://justaword.fr/les-ten..
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MaxSardane
  16 décembre 2020
Je ne sais pas quoi penser de ce livre étrange. Je vais donc essayer de me tenir à une fiche de lecture scolaire.
Parlons de l'auteur, tout d'abord. Rita Indiana est une musicienne et romancière queer de Saint-Domingue, dont l'oeuvre tourne autour des notions d'écologie, de genre, de problèmes sociaux et ethniques. Il y a de tout cela dans son bouquin : une énergie musicale, des personnages hybrides qui transcendent les frontières sociales, du pessimisme dystopique. le problème, c'est que c'est ramassé sur 166 pages !
Le rythme va à cent à l'heure, sans interruption, le tout émaillé de réflexions sur l'art contemporain et la culture pop distillées par des personnages drogués et désabusés qui m'ont un peu évoqué ceux de Bret Easton Ellis de l'époque Moins que Zéro. L'ambiance cyberpunk teintée de new-age, la débauche de termes techniques, de noms de groupes et de jargon SF très 90s dans les chapitres concernant Acilde contribuent à poser une ambiance qui m'a fait penser à celle du Babylon Babies de Maurice G. Dantec (un livre que j'ai adoré). Il y a quelques bonnes trouvailles, comme l'application PriceSpy, utilisées par les gens en 2027 pour scanner tout objet (animaux compris) et connaître son prix, ou les robots nettoyeurs chinois qui patrouillent dans les quartiers riches et passent au lance-flamme les pauvres contaminés par l'un des nombreux virus qui déciment la Terre (la proximité temporelle peut faire peur…).
La confusion du lecteur est renforcée par une construction particulière : on passe d'un personnage à un autre au gré de sauts dans le temps : Acilde en 2027, puis Argenis vingt-sept ans plus tôt, et enfin, le 17° siècle, le tout mélangé et déconstruit comme un film de Tarantino. Au début, ces ellipses audacieuses peuvent être confondues avec un énième délire opiacé des protagonistes. Un fil conducteur se dessine néanmoins : tous ces gens sont reliés par le fameux mollusque, avatar du dieu hermaphrodite de l'océan Olokun, qui possède le pouvoir de faire voyager dans le temps. La créature, en baladant Acilde et Argenis à travers les époques et les corps (Acilde change de sexe au milieu du roman), leur donnera la possibilité de changer le monde ou de tout oublier, un peu à la manière de la super-pieuvre alien dans Edge of Tomorrow, qui avant d'être un blockbuster avec Tom Cruise était un livre de SF japonais. Les chapitres concernant Acilde, à qui on s'attache plutôt facilement, m'ont paru plus intéressants que ceux mettant en scène Argenis, artiste raciste, misogyne et homophobe.
Malgré un départ excitant (le premier chapitre est très bon), des personnages intéressants, un pitch très accrocheur et novateur, j'ai perdu mon intérêt pour ce récit assez vite. L'effet train de la mine, mais aussi le manque de développement des personnages ont fini par me lasser. Les protagonistes vivent toutes sortes de péripéties (prostitution, meurtre, changement de sexe, balades dans le temps, épidémies mondiales, extinctions massives...), mais on a l'impression d'assister à tout ça de derrière une vitre, sans être vraiment touché par ce qui leur arrive. Cette impression de manque d'empathie avec les personnages est renforcé par leur apathie nihiliste, puisqu'ils regardent le monde s'effondrer autour d'eux sans voir plus loin que leur petit nombril (Acilde est prête à trahir sa bienfaitrice et à vendre la dernière anémone pour changer de sexe, Argenis à tuer pour devenir un artiste reconnu). C'est sans doute fait exprès, le livre étant une sorte de manifeste écolo-queer pour l'auteure. Malheureusement, cela dessert la narration et peine à faire accrocher à un univers qui aurait pu être passionnant.
Le point le plus fort du livre, à mes yeux, se trouve dans l'utilisation de la mythologie yoruba qui se dessine en arrière-plan du récit. Depuis toujours, j'ai une fascination pour la culture yoruba (Afrique de l'Ouest), dont la religion a essaimé avec la diaspora africaine dans les Amériques et a donné lieu à ces merveilles de syncrétisme que sont la santeria, le candomblé et le vaudou, avec leurs divinités foisonnantes et passionnantes. J'ai regretté qu'il ne s'agisse ici que d'un décor... et j'attends toujours le livre de SFFF sérieux avec des loa ou des orisha.
Un petit extrait pour finir (p. 17) :
« Avant de travailler chez Esther, Acilde taillait des pipes au Mirador sans enlever ses vêtements, sous lesquels son corps – seins minuscules et hanches étroites – passait pour celui d'un garçon de quinze ans. Elle avait une clientèle fixe, pour la plupart des hommes mariés, la soixantaine, dont la verge ne retrouvait quelque vigueur que dans la bouche d'un joli enfant. »
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FungiLumini
  20 septembre 2020
Je remercie les éditions rue de l'échiquier pour l'envoi de ce roman ! La quatrième de couverture annonçait un récit entre Blade Runner et Shakespeare, avec une énergie punk, ce qui m'a tout de suite intriguée. Je ne connaissais pas encore l'autrice, ni la maison d'édition, c'était l'occasion de les découvrir ! La couverture et la maquette intérieur du livre sont très travaillées et assez intrigantes.
On suit plusieurs fils narratifs dans ce roman : celui d'Alcide, jeune fille qui veut devenir un homme grâce à une nouvelle drogue et qui travaille chez la voyante Esther pour se payer ce luxe, Argenis, artiste raté qui va se voir offrir une opportunité en or mais qui va devoir faire face à une double réalité, ainsi que d'autres personnages plus secondaires. On a du mal au départ à voir comment tous ces chapitres ont un lien, mais on remonte petit à petit les tentacules d'une étrange anémone de mer pour arriver à la solution.
J'ai apprécié dans ce récit la multitude d'époques et d'ambiances qu'on explore. On débarque avec Alcide dans une République Dominicaine ravagée par les catastrophes écologiques, laissant le pays dans un état déplorable. J'ai presque cru à une apocalypse Z lors de ma lecture des premières pages. On revient à notre époque avec Argenis et ses collègues avec une vision plutôt clichée des résidences d'artistes. On explore aussi le passé des flibustiers à travers sa « double-vie ». D'autres passages plus courts nous emmènent encore en différents lieux, différents temps, ce qui donne un voyage haut en couleurs et en expériences !
Dans ce roman, diverses formes d'arts, de cultures et de croyances sont évoquées. Encore une fois, on observe les modes de vie et les traditions des différentes époques. La magie et la religion y ont une place importante. Un lexique des dieux de la Santeria est d'ailleurs proposé à la fin de l'ouvrage pour aider le lecteur à s'y retrouver. J'ai aimé cette part de mysticisme, d'obscures dévotions et de mystères étranges.
Si j'ai bien aimé suivre les différentes histoires, j'ai trouvé que différentes thématiques importantes étaient abordées – l'écologie/la survie des espèces menacées, l'identité sexuelle, la fable sociale…, mais peut-être un peu trop en surface. Cette multiplicité de thèmes forts a fait que je n'ai pas eu l'impression d'en développer un vraiment à fond, et j'ai trouvé ça un peu dommage.
J'ai aimé suivre les aventures des différents protagonistes, mais je ne me suis jamais vraiment attachée à eux à cause de leur nature atypique, presque toujours multiple sur le plan temporel. Ils sont animés de grands sentiments: passion, colère, dévotion, obstination… qui vont les pousser à accomplir leur destinée… ou à les faire échouer.
Une fresque historique et sociale teintée de magie et d'écologie, des personnages atypiques aux destins croisés nourris par de grandes passions. Un roman choral déroutant et original !
Lien : https://livraisonslitteraire..
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SChaptal
  22 janvier 2022
Comme son titre l'indique, Les Tentacules peut être pris par plusieurs bouts. C'est un entrelacs d'histoires, de vies croisées et de temporalités dont la vue d'ensemble et la saveur ne se révèlent finalement que dans les dernières pages. Au tout début, nous avons Alcide, jeune femme au passé de prostituée faisant le ménage chez une vieille prêtresse de la Santéria et attendant d'avoir assez d'argent pour prendre un médicament miracle qui lui permettra enfin d'avoir un corps d'homme. Nous avons aussi Argénis, artiste raté en plein divorce travaillant dans un call-center et confronté aux moqueries de ses collègues. Bien que vivant tous deux en République dominicaine, ils n'y sont pas en même temps. Alcide débute l'histoire en 2027 sur une île ravagée par la pollution et où règne une technologie ultra-développée. Argénis, lui, y vit dans les années 2000 et va se voir enfin proposer une résidence artistique à la hauteur de son talent. Et pourtant, leurs destins vont se croiser, s'entremêler d'un corps à l'autre, d'une époque à l'autre.
Ce qui pourrait paraître jusqu'à mi-parcours comme un roman d'anticipation s'oriente alors vers un roman fantastique où la santéria, adaptation caribéenne du vaudou africain, et les religions indigènes de l'île, s'entremêlent pour tenter de changer le destin sombre de la République dominicaine. À moins que l'amour ne bouscule tout… Inutile de chercher dans ce roman une quelconque linéarité. le mieux qu'on puisse faire ici est de se laisser porter par les mots, goûter l'envoutement de certaines scènes, l'écoeurement de certaines autres, et rester aussi fluide dans son esprit qu'Alcide l'est dans son corps. On découvrira alors chez ces personnage une énergie stupéfiante, un appétit de vie malgré les doutes, la pauvreté, l'identité sexuelle, l'environnement à bout de souffle. On aimera ou on détestera, mais nul ne restera indifférent.
Lien : https://www.outrelivres.fr/l..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
JustAWordJustAWord   19 juillet 2020
Le sale boulot, évidemment, c’était pour le négro. « Négro », s’entendit-il dire en crachant la fumée par la bouche. Un petit mot, grossi au fil du temps par d’autres significations, toutes odieuses. Chaque fois que quelqu’un le prononçait au sens de pauvre, sale, inférieur, criminel, le mot s’enflait, il devait être sur le point d’exploser, et quand finalement cela arriverait, sans doute ne signifierait-il plus rien qu’une simple couleur. Son corps était ce ballon de chair qui contenait le mot, mille fois gonflé par le regard malfaisant des autres, de ceux qui se croyaient blancs.
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FungiLuminiFungiLumini   20 septembre 2020
Ayant compris que les flibustiers lui accordaient quelque répit la nuit et que la journée il leur appartenait en rêve même s’il ne dormait pas, Argenis décida d’attendre le lever du soleil pour se mettre au lit. Psychiquement épuisé, il se moquait bien des théories d’Ivan sur Goya. Dès qu’il s’endormit, il se retrouva avec les hommes de Roque, en train de cheminer sur un terrain marécageux, couvert de ronciers et de raisiniers.
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AderuAderu   03 octobre 2020
Ce type de coïncidence devait porter un nom. Lorsqu'il entendait un mot pour la première fois, surgissait du néant un flot de références, d'informations et de mentions à son sujet, comme si l'univers matérialisant les outils nécessaires à l'apprentissage, ou comme s'il approuvait une voie spécifique d'accès à la connaissance. (77)
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UntitledMagUntitledMag   31 octobre 2020
« Là où d’autres voyaient un paysage, Linda Goldman ne trouvait que désolation. Où d’autres entendaient le silence apaisant des fonds marins, elle saisissait le cri d’un trésor saccagé. Où d’autres contemplaient le don de Dieu à la jouissance de l’homme, elle déplorait un écosystème victime d’assauts systématiques et criminels.«
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FungiLuminiFungiLumini   20 septembre 2020
Quand on le remonta à la maison, il avait l’air d’un poisson porc-épic, la tuméfaction allergique causée par le contact avec l’anémone était telle qu’on ne discernait plus ni ses yeux, ni ses dents. Heureusement, Linda, qui possédait un auto-injecteur d’adrénaline, lui fit une piqûre. Elle savait que l’anémone Condylactis gigantia, abondante à Playa Bo, n’avait pas assez de venin pour être fatale à l’être humain, sauf en cas d’allergie grave. Il demanda à Elizabeth de prendre son appareil photo numérique pour immortaliser cette curieuse monstruosité avant que son visage ne soit, quelques heures plus tard, revenu à la normale.
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