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EAN : 978B071VT34MC
171 pages
Éditeur : (16/05/2017)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Olivier se marie avec une riche héritière, Jacqueline. Très vite, leur union les laisse insatisfaits. Jacqueline abandonne son mari et son enfant pour fuir avec son amant. Quant à Jean-Christophe, il trouve son inspiration dans les textes anciens, expression franche et directe de l'amour pour l'humanité. Il retrouve Grazia, qui, devenue comtesse, s'emploie à le protéger. Se noue entre eux une amitié sublime.Romain Rolland, né à Clamecy (Nièvre) le 29 janvier 1866 et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Sachenka
  25 février 2018
Pendant les sept premiers tomes de la saga Jean-Christophe, le jeune protagoniste a connu des amourettes et des liaisons, il est tombé éperdument en amour mais aucune de ces relations n'a eu de suite. Avec un titre pareil, Les amies, on était en droit à s'y attendre. Mais les amours du jeune musicien sont difficiles. Il faut dire qu'il est occupé par sa célébrité soudaine. C'est plutôt son co-chambreur Olivier Jeannin qui connaît des succès amoureux. Il épouse Jacqueline et les deux ont un garçon. Mieux, un héritage leur apporte l'aisance. Une bonne partie du roman se concentre sur eux. Ce n'est pas mal, ils ont leur place dans la saga, mais c'est Jean-Christophe qui m'intéresse et ces digressions constantes de la part de Romain Rolland commencent à me lasser. Pour tout dire, malgré la beauté du verbe de l'auteur, je ne continue à lire cette série que parce que je m'y suis lancé et que je suis aussi curieux de savoir ce qui adviendra de Jean-Christophe. Alors, Olivier et tous les autres… Ces derniers tomes font évoluer le musicien à Paris mais ils se confondent dans ma tête. Les amitiés qui viennent et qui vont, l'amour de l'humanité, on commence à comprendre assez bien… Qu'est-ce qui distingue Les amies des autres ? Pour tout dire, si ce roman ne faisait pas partie d'un tout, je doute que je m'y serais attardé…
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Gwen21
  27 octobre 2017
Avec ce huitième tome, Romain Rolland situe son récit en 1909. Son héros, Christophe, est désormais un homme qui a mûri au soleil des expériences diverses, bonnes ou mauvaises. La grâce et la pureté sont entrées dans sa vie grâce à son amitié fraternelle pour Olivier, et le succès semble lui aussi devoir bientôt frapper à sa porte. Mais... cherchez la femme.
"Les amies", un titre qui annonce plusieurs présences féminines. Amies, amoureuses, épouses ou muses, elles sont en effet nombreuses tout au long de la narration, ces figures belles et marquantes. Hélas, elles semblent apporter plus de mal que de bien et vouées à détériorer ce bonheur pur enfin atteint.
Triste analyse de l'auteur de la psychologie féminine de son temps. Tour à tour misogyne ou "féministe", Romain Rolland est direct dans son propos : la femme, être le plus souvent neurasthénique, est incapable de s'occuper à des tâches intellectuelles et reste prisonnière comme aux premiers âges du besoin passionnel d'aimer et d'être aimée d'une part, et de la maternité d'autre part. L'auteur ne condamne pas la Femme mais dénonce son immobilisme et son oisiveté mal employée (il est bien sûr ici question des femmes issues des bourgeoisies, non des travailleuses). Ces trois citations me semblent plus parlantes que de longs discours :
"Elle était comme tant d'autres femmes, tant de ménages désoeuvrés, qui ont toutes les raisons d'être heureux, et qui ne cessent de se torturer. On en voit, qui sont riches, qui ont de beaux enfants, une bonne santé, qui sont intelligents et capables de sentir les belles choses, qui possèdent tous les moyens d'agir, de faire du bien, d'enrichir leur vie et celle des autres. Et ils passent leur temps à gémir qu'ils ne s'aiment pas, qu'ils en aiment d'autres, ou qu'ils n'en aiment pas d'autres, – perpétuellement occupés d'eux-mêmes, de leurs rapports sentimentaux ou sexuels, de leurs prétendus droits au bonheur, de leurs égoïsmes contradictoires, et discutant, discutant, discutant, jouant la comédie du grand amour, la comédie de la grande souffrance, et finissant par y croire… Qui leur dira :
- Vous n'êtes aucunement intéressants. Il est indécent de se plaindre, quand on a tant de moyens de bonheur !"
"Jamais vous n'imaginerez assez la cruauté de la lutte qu'ont à livrer les femmes indépendantes contre la société d'aujourd'hui, conservatrice et sans coeur, qui est moribonde, et qui dépense le peu d'énergie qui lui reste à empêcher les autres de vivre."
"C'était là une idée ancrée dans la tête de Christophe, que la richesse tue l'âme. Volontiers, il eût répété cette boutade d'un sage gueux à une riche oiselle, qui s'inquiétait de l'au-delà :
- Quoi, madame, vous avez des millions, et vous voudriez encore, par-dessus le marché, avoir une âme immortelle ?
- Méfie-toi de la femme, disait-il à Olivier, – mi-plaisant, mi-sérieux, – méfie-toi de la femme, mais vingt fois plus de la femme riche ! La femme aime l'art, peut-être, mais elle étouffe l'artiste. La femme riche empoisonne l'un et l'autre. La richesse est une maladie. Et la femme la supporte encore plus mal que l'homme. Tout riche est un être anormal… Tu ris ? Tu te moques de moi ? Quoi ! est-ce qu'un riche sait ce que c'est que la vie ? Est-ce qu'il reste en communion avec la rude réalité ? Est-ce qu'il sent sur sa face le souffle fauve de la misère, l'odeur du pain à gagner, de la terre à remuer ? Est-ce qu'il peut comprendre, est-ce qu'il voit seulement les êtres et les choses ?…"
Un tome au goût doux/amer pour le lecteur (et sans doute encore plus pour la lectrice) d'aujourd'hui mais dont le thème était osé en son temps.

Challenge Nobel
Challenge ATOUT PRIX 2017
Challenge PAVES 2017
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Allantvers
  15 juin 2019
Ce tome est celui des femmes, qui laissent presque à l'arrière plan Christophe et Olivier maintenant que leur amitié est solidement enracinée.
Peut-être est-ce ironie que ce titre "Les amies", celles-ci ne faisant au final que traverser la vie des deux artistes : un mariage malheureux pour Olivier, une femme puissante et douloureuse pour Christophe, qui toutes deux partiront, faisant place, après les brûlures de la passion, à la compagnie compassionnelle et plus effacée de deux amies, Céline et Mme Arnaud, autour de l'enfant d'Olivier.
J'avoue un peu moins d'ardeur pour cet épisode que pour les précédents, tout en reconnaissant à l'auteur une rare capacité à sonder le mystère féminin et à en exposer toute la diversité.
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Marti94
  14 décembre 2020
Ce 8ème volume de la série "Jean-Christophe" de Romain Rolland est particulièrement réussi. J'ai pris grand plaisir à le lire. Il y est question d'amour et de mariage mais surtout d'amitié et c'est d'ailleurs pour cela que le roman est sous-titré "Les amies".
Il s'agit aussi de la renommée du musicien et de l'influence des médias, non pas sur ses relations avec les femmes mais sur son art.
Nous sommes en 1909, Christophe et Olivier partagent toujours le même logement à Paris. C'est une période de vaches maigres. Pourtant, le Grand Journal va publier des articles sur Christophe et même si les journalistes ne connaissent pas sa musique, cela va lui permettre d'être connu (à défaut d'être reconnu) et d'étendre ses relations ainsi que celles d'Olivier. Ce dernier va tomber éperdument amoureux de Jacqueline qu'il va épouser. J'avoue que la description de leur passion, de leur mariage, puis de la dégradation de leur amour est remarquable, comme le détail de ces moments de silence quand il ne se passe plus rien.
Loin d'Olivier, c'est pourtant une période où Christophe va composer, inspiré par le théâtre. Il va y rencontrer une grande actrice, Françoise Oudon, avec qui il partage ses nuit mais ils sont trop indépendants pour se gêner et garderons une amitié profonde. D'autres amies très chères le combleront, il y a Cécile Fleury, premier prix de conservatoire au piano et très attachante, Grazia qui l'a tant aimé adolescente et qu'il retrouve mariée et bienveillante et la généreuse Madame Arnaud qui va lui faire prendre conscience de la lutte que les femmes ont à livrer pour leur indépendance dans la société conservatrice de ce début de 20ème siècle. Parce que de tout le cycle romanesque ce 8ème volume et sans aucun doute le plus féministe avec d'admirables portraits de femmes.
Lu en décembre 2020
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   25 octobre 2017
{1909}

La situation du jeune ménage ne s’était pas améliorée ; elle avait même empiré. Jacqueline mourait d’ennui… Combien la femme est seule ! Hors l’enfant, rien ne la tient ; et l’enfant ne suffit pas à la tenir toujours : car lorsqu’elle est vraiment femme, et non pas seulement femelle, lorsqu’elle a une âme riche et une vie exigeante, elle est faite pour tant de choses, qu’elle ne peut accomplir seule, si on ne lui vient en aide !… [...] Qui occupera la vie de la femme et son désir immense, ces myriades ardentes de forces qui depuis quarante siècles que dure l’humanité se brûlent inutiles, offertes en holocauste à deux seules idoles : l’amour éphémère, et la maternité, cette sublime duperie, qui est refusée à des milliers d’entre les femmes, et ne remplit jamais que quelques années de la vie des autres ?
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Gwen21Gwen21   27 octobre 2017
Derrière chacun de ces artistes et de ces gens d’esprit, qui avaient été grands ou qui auraient pu l’être, on pouvait être sûr qu’il y avait une femme qui les rongeait. Elles étaient toutes dangereuses, celles qui étaient sottes, et celles qui ne l’étaient point ; celles qui aimaient, et celles qui s’aimaient ; les meilleures étaient les pires : car elles étouffaient d’autant plus sûrement l’artiste sous l’éteignoir de leur affection malavisée, qui de bonne foi s’appliquait à domestiquer le génie, à la niveler, élaguer, ratisser, parfumer, jusqu’à ce qu’il fût à la mesure de leur sensibilité, de leur petite vanité, de leur médiocrité, et de celle de leur monde.
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Gwen21Gwen21   24 octobre 2017
Christophe avait écrit pour la mairie un morceau symphonique ; mais au dernier moment, il y renonça, après s’être rendu compte de ce qu’est un mariage civil : il trouvait cette cérémonie ridicule. Il faut, pour y croire, être bien dépourvu de foi et de liberté, tout ensemble. Quand un vrai catholique se donne la peine de devenir libre penseur, ce n’est pas pour se faire d’un fonctionnaire de l’état civil un prêtre. Entre Dieu et la libre conscience, il n’est aucune place pour une religion de l’État. L’État enregistre, il ne lui appartient pas d’unir.
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Gwen21Gwen21   23 octobre 2017
Quant à sa lettre de rectification, il savait, aussi bien qu’Olivier, à quoi s’en tenir là-dessus : répondre à un journaliste, c’est perdre son encre ; un journaliste à toujours le dernier mot.
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AllantversAllantvers   13 juin 2019
Christophe était frappé du nombre de morts et de mourants qu'il rencontrait chez les artistes: tel jeune musicien, plein de sève et de génie, que le succès avait annulé; il ne pensait plus qu'à renifler les flagorneries dont on l'asphyxiait, à jouir et à dormir. Ce qu'il deviendrait, vingt ans plus tard, on le voyait, à l'autre coin du salon, sous la forme de ce vieux maître pommadé, riche, célèbre, membre de touts les Académies, arrivé au faîte, n'ayant plus, semblait-il, rien à craindre et rien à ménager, qui s'aplatissait devant tous, peureux devant l'opinion, le pouvoir et la presse, n'osant dire ce qu'il pensait, et d'ailleurs ne pensant plus, n'existant plus, s'exhibant, âne chargé de ses propres reliques.
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Videos de Romain Rolland (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Romain Rolland
« Un soir, dans sa chambre, les larmes le prirent ; il se jeta désespérément à genoux devant son lit, il pria. Qui priait-il ? Qui pouvait-il prier ! Il ne croyait pas en Dieu, il croyait qu'il n'y avait point de Dieu. Mais il fallait prier, il fallait se prier. Il n'y a que les médiocres qui ne prient jamais. Ils ne savent pas la nécessité où sont les âmes fortes de faire retraite dans leur sanctuaire. Au sortir des humiliations de la journée, Christophe sentit, dans le silence bourdonnant de son c?ur, la présence de son Être éternel.» Romain Rolland, Jean-Christophe.
La prière consiste à tourner son esprit vers Dieu. Serait-elle donc réservée aux croyants ? Ou en existe-t-il une version non religieuse ? Sans doute, en tout cas, le besoin de prier existe même chez les non-croyants. Lorsqu?on est bouleversé par l?inquiétude ou par la gratitude, lorsqu?on est confronté à l?indicible et l?illimité ; à chaque fois que nous nous trouvons face à des phénomènes qui nous dépassent, nous essayons de partager leur mystère par la prière, qu?elle soit adressée à un Dieu que nous connaissons ; à un autre, plus incertain, que nous espérons ; ou encore à des équivalents laïques : destinée, providence, principes qui régissent l?univers?
Quels liens la prière a-t-elle avec la vie intérieure ? À première vue, elle est tournée non pas vers l?intérieur, mais vers le supérieur. Pourtant, toutes les traditions religieuses rappellent que Dieu réside dans le c?ur même de l?être humain?
Dans la prière, il y a un double mouvement : celui de la prise de conscience, de la réflexion, de la tension ; puis celui de l?abandon, du lâcher-prise. La prière, même laïque, est un acte de foi, une confiance sans certitude. Nous offrons nos espérances, nos craintes, nos remerciements, sans avoir la preuve que nous sommes entendus, et encore moins qu?une réponse viendra. C?est enfantin et magnifique. D?où la subtile observation de Claude Nougaro dans sa chanson Plume d?Ange : « La foi est plus belle que Dieu ».
Je n?ai évidemment aucune leçon à donner sur l?art de bien prier, ce n?est pas mon domaine ! Juste une expérience personnelle d?humain, de psychiatre et de méditant?
Chacun sait qu?on prie mieux dans un corps stable, en général immobile, agenouillé ou assis. Mais il y a une autre stabilité importante, celle de notre attention : on ne peut pas prier avec l?esprit dispersé. D?où l?importance de poser son attention, en se focalisant sur son souffle, ou sur la répétition d?un mot ou d?une phrase brève : les Orientaux parlent alors de mantra, les chrétiens de prière monologique (du grec monos-logos : une seule parole). C?est sans doute pour cela que la philosophe Simone Weil écrit : « L?attention absolument pure est prière ».
Pour ne pas être qu?un rituel, que l?on accomplirait l?esprit absent, la prière suppose aussi d?avoir établi un lien sincère et attentif à soi-même. D?où son importance pour la vie intérieure des humains, depuis toujours.
Car les moments de prière sont des espaces où l?on est à l?écoute de sa vie intérieure, mais sous une lumière particulière : celle de Dieu, ou celle des grandes forces qui régissent ce Monde. Ce sont des introspections tournées vers le Ciel ! Et donc baignées par les sentiments d?humilité et d?appartenance. de gratitude aussi : nous sommes dépositaires de qualités qui nous dépassent, que nous n?avons ni mérité ni demandé : la vie, la conscience, l?intelligence? Comment ne pas être bouleversé par cela ? Et comment ne pas avoir envie de prier pour remercier ? Même si l?on ne sait pas très bien à qui adresser tous ces mercis, on peut tout de même prendre le temps de les exprimer intérieurement. Maintenant, par exemple?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
Par Christophe André, en partenariat avec France Culture
Plus d'info : https://www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-vie-interieure/
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