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ISBN : 2092574647
Éditeur : Nathan (17/01/2017)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 188 notes)
Résumé :
Une galaxie où certains êtres possèdent un "don", un pouvoir unique. Akos et Cyra sont de ceux-là. Ils appartiennent à deux nations ennemies, mais ils ont chacun besoin du don de l'autre. Vont-ils s'allier ou se détruire ?
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Critiques, Analyses et Avis (101) Voir plus Ajouter une critique
Souri7
  20 février 2017
Dans un univers lointain, une fédération de neuf planètes nommée Assemblée vit en osmose et paix les unes avec les autres. Enfin, non pas tout à fait… Sur l'une d'elles, deux peuples ne cessent de tenter de prendre le pouvoir. D'un côté, les Shotets, un peuple d'ancien pirate de l'espace arrivé sur cette planète en suivant le flux aux manières assez barbares ; de l'autre, le thuvhésit, un peu plus civilisé, plus cérébral. Certains habitants de cette fédération sont spéciaux puisqu'ils possèdent un « destin ». Seuls les oracles connaissent ce destin normalement ; seulement, l'Assemblée décide à titre de transparence de faire part dans un communiqué audiovisuel des destins et des identités de ces personnes… Les shotets en découvrant certains des destins énoncés décident d'agirent sans attendre. Des guerriers sont envoyés dans la maison de l'oracle de Thuvhésit afin d'enlever deux enfants : Akos dont le destin serait de mourir pour eux et Eijeh, désigné comme futur oracle. le père des enfants est tué.
Akos et Eijeh sont conduits sur Shotet où ils y sont torturés par Rydek, héritier du trône. Bien décidé à empêcher SON destin de survenir : la fin de son règne. Pour cela, il mise tout sur Eijeh : avoir enlevé un oracle pourrait lui permettre d'anticiper les choses en les voyants venir…
Après quelques années, les deux enfants ont bien grandit et sont devenu adulte : Eijeh est devenu une machine contrôlée par Rydek et Akos, envoyé dans un camp militaire se voit attribuer la mission de servir la soeur de Rydek : Cyra dont le don, une capacité à faire souffrir les gens via des ombres qui se promène sur son corps la rend malade. le don d'Akos lui permet d'atténuer ses souffrances.
Petit à petit, Cyra et Rydek à force de se côtoyer se rendent compte qu'ils ne sont pas si différents.

Un livre d'un ennui MORTEL sous la forme d'un récit relaté à deux voix. C'est simple, j'aurai apprécié que les deux civilisations s'entre-tuent pour rendre la lecture plus supportable et plus courte ! 👿 La couverture est superbe et je comprends maintenant pourquoi : c'est bien le MINIMUM pour cacher le niveau affligeant de ce livre.

L'intrigue est soporifique, insignifiante et sans intérêt. Deux peuples, une haine entre les deux, des destins programmés : c'est bon, circulez y'a plus rien à voir. le récit est d'une lourdeur telle que le lecteur semble ramer pour entre dans l'histoire voire pour s'y maintenir. Les faits relatés sont pour beaucoup attendus car déjà lus dans plusieurs autres sagas :on se demande quelle est la nouveauté ? C'est simple, le récit met tellement de temps à se mettre en place que le lecteur est capable d'anticiper les faits.
Un livre mal écrit, dans un style lourd et sans attrait. le récit à double voix qui permet d'avoir le point de vue de chacun des deux héros joue justement là-dessus. Énormément de répétition, énormément d'interrogation psychologique du style : « et si…». Cela crée un récit compact où le sentiment dominant est le pessimisme, le négativisme vu que les deux personnages sont des êtres blessés psychologiquement.
Et pour ne pas arranger les choses, le lecteur se voit plonger dans un univers différent avec un minimum d'information. le flux dont il est question vient d'où ? Comment les destins sont choisis ? Pourquoi certains et pas d'autres ? (surtout que le terme « destin » se mélange parfois avec « don »).
Soyons candide… peut-être que cette lourdeur vient du fait que l'auteur ayant prévu une sorte de saga en plusieurs livres est sciemment voulu donner un maximum d'informations dès le premier livre afin de poser le contexte historique, géographique, galactique et pouvoir se centrer réellement sur l'action par la suite. Si c'est le cas, mauvaise idée…

Côté personnages… une horreur !! Comment le lecteur peut-il s'attacher à de tels personnages. Entre Akos, le guerrier enlevé qui passe son temps à rougir et à tenter de sauver son frère de manière idiote et ; Cyra, la méchante qui d'un coup change de camp… Je ne parle pas des autres personnages que cela soit Rydek, le méchant se droguant pour tuer, Vas l'homme qui ne ressent rien, Sifa la mère d'Akos qui possède une drôle définition du mot mère. Bref, on n'en aime aucun, on en déteste aucun parce qu'ils sont sans saveur ! Ils sont à la limite interchangeable voire des guignols.
Après lecture, je pense que tous les personnages auraient besoin d'une bonne psychothérapie.

Enfin, que de clichés dans ce livre et de stéréotypes dignes d'une cour d'école.
Que cela soit la description que fait l'auteur des deux peuples : les shotets, des sortes de barbares à la peau sombre vivotant en ramassant les détritus des autres planètes, versus, les thuvhesit, des êtres civilisés à la peau claire. Les premiers sont décrits tout le long du récit comme des êtres sauvages avec de nombreuses scènes dans le livre où ils se délectent dans une arène de combat à mort. de l'autre, nous avons les thuvhesit, plus réfléchis, spécialisés dans les sciences mais sérieusement plus idiots puisque c'est eux qui ont dévoilé les destins, c'est eux qui ont donc lancé les hostilités.
Le final qui est juste un moyen affligeant pour retenir le lecteur : Ah oui… le livre se termine – enfin façon de parler – sur des révélations laissant entendre une suite… le lecteur qui a tenu pendant près de 500 pages se retrouve comme un idiot sans réponse et on lui annonce qu'il est bon pour un second round.

Si vous avez du temps à perdre, si vous mourez d'envie de vous ennuyer, ce livre est fait pour cela.
Une suite semble prévue étant donné la manière dont s'achève ce livre. 😵 Je me suis fait avoir une fois mais je ne compte pas réitérer cette erreur. Avoir lu ce livre m'a amplement suffi. J'adore sortir de mes univers littéraires préférés pour tenter de nouvelle chose, mais là cela a été pour moi un voyage sans retour.
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Mikasabouquine
  30 juin 2017
J'étais très impatiente de découvrir « Marquer les ombres ». Je n'ai pas lu la saga « Divergente » mais j'ai vu les films. Beaucoup de gens autour de moi ont lu et apprécié cette série mais beaucoup d'autres ont aussi abandonné au tome 2. J'étais très intriguée de la sortie du nouveau Veronica Roth ! Gros plan marketing (sortie mondiale), très belle couverture, mais aussi avis très mitigés sur les réseaux sociaux… j'avais hâte de me faire mon propre avis… et, personnellement, j'ai été conquise !
J'ai beaucoup aimé l'univers riche et novateur. Avec ce système solaire de neuf planètes reliées par le ruban-flux on est vraiment dans de la science-fiction (ce qui est plutôt rare en ado/young adult). J'ai vraiment apprécié m'évader dans de la SF car cela fait un petit moment que je n'en avais pas lu, et j'affectionne pourtant beaucoup ce genre. Veronica Roth a créé un univers complexe qui se démarque, que ce soit au niveau de la société, des particularités de chaque monde, des pouvoirs, du vocabulaire ou encore des personnages.
Dans son histoire, le flux est une caractéristique omniprésente. C'est une sorte d'énergie qui plane dans tout le cosmos et qui est présente en chacun et chaque chose. J'ai trouvé que c'était une création très originale. Chez les humains, ce flux provoque des dons/pouvoirs, et là aussi j'ai retrouvé une vraie originalité car l'auteure ne s'est pas contenté des pouvoirs basiques que l'on connaît tous (ex : télékinésie, lévitation, télépathie). Il y a des gens qui peuvent échanger leurs souvenirs contre les vôtres, d'autres qui ne ressentent aucune douleur, certains peuvent vous apaiser, d'autres annuler la manifestation de votre don ou encore vous faire souffrir ou vous tuer d'un seul contact. Sur ce dernier pouvoir évoqué, on peut faire sans aucun souci un lien de ressemblance avec la sérié « Insaisissable » de Tahereh Mafi ou bien avec « L'héritière » de Melinda Salisbury. Bien sûr, les pouvoirs des protagonistes de ce livre ne sont pas tous méconnus. Certains personnages contrôlent l'électricité et d'autres voient l'avenir. Mais je trouve tout de même que l'autre n'est pas tombé dans la facilité. Avec les oracles par exemple, leurs visions ne sont pas simples à décrypter. Ils voient plusieurs futurs et ne savent pas lequel va se réaliser, cela dépend de plein de paramètres différents.
Au niveau des personnages, même si la romance est un peu cliché et qu'elle est évidente comme une météorite de 3km, elle m'a plu. L'histoire de Cyra et Akos m'a fait songé à Kestrel et Arin dans « The curse » de Marie Rutkoski (ce qui n'est pas pour me déplaire).
Ils m'ont beaucoup touché tous les deux et j'ai apprécié ne pas avoir de triangle amoureux.
J'ai aimé leurs failles et leurs interrogations respectives. Cyra souffre en permanence, son don est en réalité une malédiction. C'est un point que j'ai également apprécié dans « Marquer les ombres », même si tous les personnages ont des pouvoirs, on n'a pas affaire à une bande de super-héros ultra balèzes. Leurs pouvoirs sont loin d'être tous une bénédiction, ils sont parfois/souvent un fléau. Akos, quant à lui, m'a ému également. J'ai beaucoup apprécié sa sensibilité, il est rare de voir intervenir un protagoniste masculin qui n'est pas bourré de testostérone mais d'émotions.
Là encore, malgré la romance sans surprise, j'ai trouvé que Veronica Roth ne tombait pas dans la facilité au niveau des personnalités de ses personnages. Pas manichéens, ils ont tous leurs faiblesses et il n'est pas aisé de cerner la psychologie de chacun, surtout celle de Ryzek… ! Barge sadique ? Émotif en grande souffrance ? Schizophrène ? Sûrement un peu tout à la fois…
Même si je ressors conquise de ma lecture, « Marquer les ombres » n'est malheureusement pas sans défaut. J'ai rencontré quelques coquilles, problèmes de nom et problèmes de temps.
Certaines descriptions de l'auteure sont précises alors que pour d'autres j'ai eu l'impression qu'elle utilisait un raccourci comme si elle-même n'avait pas les réponses. Notamment dans la description du ruban-flux, par moment cela reste un peu flou je trouve… j'aurai aimé que ce soit davantage développé. Ou encore pour l'évasion de je-ne-dirai-pas-qui, cela reste un peu brouillon et énigmatique. Ou pour l'écorchage de je-ne-dirai-pas-qui-non-plus, ce n'était pas totalement explicite dans un premier temps. Tout ces points ne sont pas très clairs, et c'est dommage. C'est ce qui m'a fait enlever une étoile.
Même si je relève quelques défauts, j'ai tout de même passé un très bon moment en compagnie de « Marquer les ombres ». Je salue grandement l'imagination de l'univers et sa complexité. J'espère une suite prometteuse et haletante et tout aussi captivante. En ce qui me concerne, je serai au rendez-vous pour le tome 2.
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Lunartic
  13 juillet 2019
Tout d'abord, je tiens à remercier du fond du coeur les éditions Nathan pour ce premier service de presse. Ils me font un immense honneur dont je leur suis extrêmement reconnaissante et j'espère que cette première lecture marquera le début d'un long partenariat, si cela m'est permis. Lorsque j'ai reçu mon colis, je l'ai ouvert avec des mains fébriles d'excitation, comme toujours avec mes services de presse, car il m'est donné la magnifique opportunité à chaque fois de lire des romans que j'ai pu choisir moi-même parmi le merveilleux catalogue des ces maisons d'édition que j'adore depuis que mon goût pour la lecture est apparu ou que j'ai pris le plaisir à découvrir en même temps que le partenariat est né. Ici, l'objet de ma convoitise s'intitule Marquer les ombres, de l'auteur internationalement connue Veronica Roth, qui est à l'origine de la trilogie Divergente.
Cette dernière m'a fait vivre une très belle aventure livresque avec des personnages forts et que je n'oublierai pas, un univers dystopique reconnaissable entre mille, de l'action et de fortes émotions. J'étais donc plus qu'impatiente de me plonger dans cette nouvelle saga littéraire qui s'annonçait plus que prometteuse au vu du calibre de cette jeune autrice bourrée de talent. Et du potentiel, c'est le moins qu'on puisse dire, elle en a.
Si vous avez peur que Marquer les ombres ne soit qu'une pâle copie de Divergente, je vous prie de tout de suite effacer cette appréhension de votre esprit. Certes, les deux sont des dystopies se passant dans un futur post-apocalyptique (du moins, je le suppose pour Marquer les ombres) et défendent les mêmes valeurs et la même force de caractère au niveau des personnages, mais ça s'arrête là. Voilà, comme ça, on commence sur de bonnes bases. Je ne me suis pas inquiétée en commençant à lire fébrilement ce livre, car mon sang bouillait d'envie de découvrir cette nouvelle histoire, ce nouvel univers crée par Veronica, et celle-ci a de l'imagination et de l'ingéniosité à revendre. J'ai en premier lieu aimé que cette histoire ne s'inscrive pas dans une borne chronologique connue, qu'elle se détache de notre monde à nous, de sorte que j'ai hésité tout du long à me dire si c'était véritablement un monde post-apocalyptique qui se serait fondé après notre ère.
J'en suis venue à la conclusion que c'était le cas, car, s'il n'est fait mention à aucun moment de notre espèce, de ce passé qui a été le nôtre (comme c'est le cas avec les "Rouillés" de Scott Westerfeld dans Uglies par exemple, ou même dans Divergente avec Chicago comme lieu central de l'histoire), on apprend au fur et à mesure des pages que cette galaxie de planètes-nations est un calque de notre système solaire, et qu'il est qui plus est nommé comme tel. On a ainsi neuf planètes comme dans notre système solaire bien connu, représentées aux mêmes endroits que les planètes qui nous sont familières, grâce à une très agréable et précise carte au tout début de l'ouvrage, qui mêle ainsi minutie et fantasmagorie, magie d'un univers imaginé, mais qui portent des noms différents et qui sont toutes peuplées d'êtres humains comme nous. Ce qui permet à la fois de nous détacher de notre Terre qu'on ne connait que trop bien, de nous évader et de prendre du recul, tout en restant proche de nos coutumes et modes de vie en pénétrant dans un univers à la fois fascinant, exaltant et crédible.
J'ajouterais que chacune de ces planètes, ou du moins les deux-trois planètes que l'on découvre sur les neuf dans ce premier tome, le temps de nous acclimater à la planète principale qui est Thuvhé/Urek, nous fait passer un message fort en sens et écologique. En effet, chacune de ces planètes-nations ont su accueillir l'Homme en leur sein, et en retour les populations ont su faire preuve de respect et de décence envers leur installation fortuite en exploitant les ressources de chaque planète à bon escient et en les mettant même en valeur, en les sublimant. Cependant, les hommes avides de pouvoir écument la Nature, ici sous la forme centrale de Ryzek, j'ai nommé le tyran des Shotet (ce qualificatif lui va comme un gant, qui plus est), qui n'hésite pas à s'allier à des planètes comme Pitha, dont l'eau regorge de prouesses technologiques auxquelles les humains donnent forme, afin de les manipuler.
Et donc de puiser sans scrupules dans leurs ressources afin de les utiliser à de mauvais desseins. Très, très mauvais même. Genre la guerre et la souffrance. Cela ne vous rappelle pas une certaine planète bleue toute cette histoire ? A moi, si. Fortement même.
Ce qui prouve que, même si Veronica Roth s'est mise à l'écart de sa ville natale Chicago afin d'aller explorer des confins inconnus, laissant la place large à son imagination, qui se doit cependant d'être contrôlée par des limites, afin de ne pas partir dans tous les sens, une dystopie reste une dystopie, même sous d'autres formes et, dans ce tome liminaire d'une nouvelle saga, soit d'une aventure inédite, les anomalies de notre société contemporaine sont abordées à différents niveaux bien ciblés. Tout d'abord, comme je l'ai mentionné ci-dessus, sur le plan environnemental. Ce n'est pas le point central de l'histoire, mais ça a cependant son importance. Les différents peuples ont la coutume de respecter ce que la Nature leur offre, de se montrer reconnaissants lors de cérémonies et de grandes fêtes et ne font même qu'un avec l'élément ambiant de leur territoire.
Les Thuvésit avec le froid et la glace, les habitants de Pitha avec l'eau et les Shotet avec la terre. Veronica Roth remanie même le concept du recyclage à sa manière ! A un moment donné de l'intrigue, Akos, notre Thuvésit, découvre ce que les Shotet appellent un "Séjour" : ils font le tour du système solaire en vaisseau afin de rendre visite à leurs alliés et en profitent pour récupérer tous les matériaux et objets inusités afin de leur redonner une seconde vie. En effet, selon les Shotet, chaque chose mérite une seconde vie et de rendre service à son plein potentiel. Un principe que j'approuve totalement, et j'ai beaucoup aimé le fait que Veronica Roth ait défendu notre environnement et le mariage avec la Nature que les Hommes devraient avoir, et qu'on voit subtilement dans cette dystopie, malgré des mauvaises dérives qui apparaissent. Il ne faut pas oublier que c'est une dystopie, donc un monde défectueux. Cependant, contrairement à beaucoup de dystopies où les dysfonctionnements de notre société sont exacerbés afin que cela nous saute bien aux yeux, celle-ci aborde les dits travers de manière très stratégique et du coup, cela en devient encore plus effarant.
J'en viens à parler de la pierre angulaire de ce roman : la guerre sous-jacente entre les Shotet et les Thuvésit, qui menace d'éclater depuis... depuis l'arrivée des deux peuples sur leur planète commune. Vous l'aurez compris, c'est pas la joie. Les deux moitiés d'habitants de la planète Thuvhé sont même en désaccord concernant le début des hostilités et sur qui a fait embraser l'étincelle de la haine entre les deux peuples. D'après les Shotet, les Thuvésit "à la peau tendre" ne seraient que des lâches qui n'assument pas leurs méfaits et auraient kidnappé leurs enfants lors de leur arrivée sur cette planète, qu'ils refusent de reconnaître comme Thuvhé.
Ils l'appellent obstinément Urek ("vide" en shotet, l'état de la planète avant qu'elle ne soit habitée par les Shotet. Signe également que les Thuvésit ont été les intrus, je suppose). Si ce que les Shotet soutiennent mordicus se trouve être vrai, cela m'éclairerait sur les véritables origines d'Akos, car j'avoue être toujours dans le brouillard. Veronica Roth nous laisse d'ailleurs beaucoup de questions sans réponses à la fin de ce premier tome, et cela me ronge toujours les entrailles, mais on en parlera plus tard. de leur côté, les Thuvésit voient les Shotet comme des monstres, qui ne comprennent que la violence et la brutalité et qui sont sans état d'âme. le peuple d'à côté nourrit des préjugés enracinés depuis la nuit des temps envers l'autre et inversement. de quoi faire peur, nous glacer le sang même. Et un énième écho à des affrontements et querelles que notre propre Histoire a dû affronter.
Ce qui m'a vraiment surprise, et j'ai trouvé que l'autrice a agi comme un chef sur ce point-là, c'est qu'en tant que lecteur, on nous introduit d'abord à l'univers dit pacifique des Thuvésit, fait de blanc, de fleurs de silences (tout un glossaire nous est proposé à la fin du livre, il est super pratique), de froid et d'harmonie. Un monde pur comme la neige en somme. L'ambiance familiale chez les Kereseth, famille d'Akos, est chaleureuse, belle à voir, et on se sent presque appartenir à cette famille soudée par un amour et une tendresse puissants. Or, au bout de deux-trois petits chapitres seulement, on est arrachés très brutalement à ce cocon familial.
Ce déchirement est fait avec une telle cruauté que mes yeux s'en sont écarquillés d'épouvante et que j'en ai eu le souffle coupé d'horreur. Cette transition abrupte, sans aucune douceur, nous immerge sans ménagement dans le monde shotet. On se croit alors conforté dans notre idée que les Thuvésit sont des êtes accueillants et pacifiques, tandis que le peuple jugé illégitime et illégal, à cause de leur opposition virulente, des Shotet serait bien de ceux qui font couler le sang et qui ont le coeur de pierre. Mais que nenni les amis.
Ce qui est judicieux de la part de Veronica Roth, c'est qu'au départ, nous les lecteurs, on se familiarise d'emblée avec les Thuvésit. Mais elle n'en a pas décidé ainsi. Oh, non. Veronica nous "force" en quelque sorte à découvrir les Shotet, alors qu'on serait d'instinct repoussé par ceux qu'on nous présente comme des meurtriers dans leur scène d'introduction.
Pas vraiment flatteur et attirant, loin de là. Cependant, l'autrice ne va pas nous laisser d'autre choix que de copiner avec ce peuple indésiré par l'Assemblée des neufs planètes-nations. On va devoir s'acclimater à eux et s'ouvrir à leur mode de vie, leurs coutumes, qu'on le veuille ou non. Et on découvre qu'en fait... Ils sont des êtres humains, qui ont des sentiments, qui ressentent la peine, la douleur, et qui ont un sens de l'honneur, comme nous. Alléluia, quel miracle ! Ou l'art de briser nos préjugés qui, malheureusement, nous collent à la peau. Merci Veronica de m'avoir ouvert les yeux !
Certainement pas de la manière la plus agréable, mais j'ai eu la sensation d'être secouée comme un prunier et ce n'est pas plus mal. Résultat, on ne sait pas grand chose du peuple des Thuvésit, à part ce que daigne nous en raconter Akos, encore amer de rancoeur après son kidnapping (et ça se comprend) mais ce qui est clair comme de l'eau de roche, c'est que les différences entre Shotet et Thuvésit sont minimes. le fossé entre eux ne tient au fond qu'à une chose (en dehors des préjugés dans lesquels ils sont moulés) : leurs dirigeants.
D'un côté, un tyran sans aucune pitié, mais qui montre une certaine peur face à l'idée d'infliger de la douleur. Un jeune homme qui était autrefois un frère aimant et bienveillant et dont le père l'a modelé pour devenir un souverain tyrannique. de l'autre, une jeune femme qui porte des cicatrices qui ne se sont pas encore refermées sur son visage, qui la brûlent encore de souffrance et d'indignation, mais au contraire elle en reste une chancelière respectée, courageuse et qui n'a pas la langue dans sa poche. le choix est vite fait quant à savoir qui est fait pour régner comme il se doit. Ryzek fait plier son peuple sous la terreur, en éliminant ceux qui s'opposent à lui et en le faisant savoir haut et fort. Et son arme fatale, son "fléau", est en réalité une personne : sa soeur Cyra.
Au début, je ne comprenais pas comment Cyra pouvait se servir de son don-flux pour rendre service à son frère de façon aussi ignoble. Ah oui, les personnes faisant partie des "élus" dans cet univers ont un don particulier, qui correspond à leur personnalité, et qui peut donc changer si un changement profond s'opère en eux. J'avais oublié de vous prévenir. Vous vous souvenez de quand je vous parlais du respect de la Nature ? Eh bien, il y a aussi un certain respect religieux au sein de cette galaxie. Ce qu'on appelle le Flux serait en quelque sorte la divinité des habitants de ce système solaire. Il est particulièrement vénéré par les Shotet car le Flux nous apporte notre force intérieur, celle qui nous maintient en vie. le Flux nous traverserait donc tous sans qu'on ait forcément besoin d'un Don.
Quant aux "élus", il s'agit de ceux dont les oracles ont vu leur destinée. Peu de personnes ont le privilège, ou plutôt la malchance, d'avoir une destinée, qui est soit complètement contraire à ce qu'on espérait, soit impossible à déchiffrer. Bien évidemment. Et on a beau essayer de l'annuler, les oracles sont formels : les destins sont scellés, peu importe quelle vision du futur se réalisera. Ce n'est pas nouveau, mais ça a le mérite d'être clair. Je reprends donc avec Cyra, qui, Dieu soit loué, est bien plus humaine que son frère. Son don-flux est celui de la douleur. Il m'a tout spécialement fascinée. En même temps, je le trouvais être un fardeau terriblement lourd à porter. Cyra estime qu'elle mérite cette souffrance en elle à cause de l'inhumanité de sa famille et des répercussions sur son peuple et elle pense également au fond d'elle que les autres méritent que cette souffrance leur soit infligée.
J'ai trouvé ce don extrêmement intéressant et réaliste. Cyra est une analogie vivante de la souffrance que les Hommes s'infligent entre eux, que ce soit de manière inconsciente, involontaire ou pire : de manière calculée, voir sadique. Je n'arrivais pas à comprendre Cyra, pourquoi elle se forçait à obéir à son frère sans l'attaquer de manière frontale ? A ce moment-là, l'histoire n'aurait pas eu lieu et les peurs de Cyra d'être rejetée par son peuple, qui a fini par "accepter" la cruauté de son frère, au vu des traditions brutales des Shotet (il n'y a pas que du faux là-dedans), ont fini par éclairer ma lanterne.
Ce que je retiens de Cyra, c'est que sous ses apparences de guerrière redoutable, se cache une fragilité sans nom, une personne extrêmement humaine bouleversée par la douleur tant physique que morale qui l'environne chaque jour, et qui est curieuse de la vie, des cultures des autres, si lumineuses par rapport aux ombres de son don qui la rongent. Je me suis finalement très vite attachée à cette femme forte, déterminée mais qui doit porter à elle seule et dans son être la souffrance d'un peuple. J'avais envie, comme Akos, dont le don est d'annuler celui des autres au toucher, de prendre, ne serait-ce que temporairement, ce fardeau du corps et de l'âme de Cyra. Les deux forment parfaitement la paire, à tous les points de vue : ils sont les piliers l'un de l'autre, ils s'entraident et rendent le quotidien de l'autre plus supportable à vivre, et surtout, ils apprennent à être tolérants l'un envers l'autre, à cesser d'être divisés à cause d'une appartenance à un peuple, in fine pas si marquée que ça, la frontière entre les deux peuples de Thuvhé étant très floue au fond. J'aime ces personnages du fond de mon coeur, eux qui sont prêts à tout pour sauver leur peuple, leurs proches, quitte à y laisser la vie, à restaurer un semblant de dignité humaine. Ils ont une combativité et une noblesse qui les honorent.
J'allais oublier, un petit point que je voulais souligner en parlant de tolérance. J'ai tout bonnement adoré le fait que l'écrivain évoque sans faire de chichis aucuns, de façon toute naturelle un couple homosexuel et qu'elle en suggère clairement un autre, sans fioritures ou scandale inutile. de nos jours, il me semble intolérable que l'Amour, même sous une forme dite "inhabituelle", "anormale" ou que sais-je encore comme âneries, ne soit pas accepté tel qu'il est. Je referme ma parenthèse.
Comme je vous l'ai dit plus haut, ce premier tome me laisse avec des questions dont les réponses encore inconnues m'obsèdent. le tome deux ne sortira probablement pas avant 2018, et j'en souffre déjà le martyr, sérieusement. Comment fais-je faire si je me retrouve obligée de me triturer l'esprit de mes propres théories douteuses et vacillantes ? Je vais devenir certainement folle assez rapidement. Au cours de l'histoire, des portes s'ouvrent à nous, des portes du passé des personnages ouvertes sur le Néant, et qui ont pourtant bien des répercussions sur l'histoire qui se déroule au fil des pages (qui se dévorent comme une bouchée de pain, un vrai page-turner ce livre).
Ajoutez à cela que ce premier tome se termine au moment où je m'y attends le moins, moi qui suis assez perspicace, surtout au niveau des sagas, j'ai été totalement prise de court. Je ne pouvais pas croire qu'on puisse s'arrêter à cet instant T de l'intrigue. Il me fallait plus de pages, plus d'éléments, une plus grande avancée dans cet incroyable, et ce à tous les niveaux, récit... Mais, à mon grand malheur, il va me falloir attendre le tome deux pour être enfin rassasiée. Et le pire dans tout ça, c'est que Veronica Roth m'a assommée par un choc en ouvrant une nouvelle inconnue avec une révélation qui m'était passée au-dessus de la tête jusque là et qui va me frapper avec la force d'un coup de poing. Je suis KO, et encore abrutie après cette lecture fracassante et si riche en tout.
En intelligence, en ingéniosité, en émotions, en moments poignants et marquants, en sagesse et en vérité, en humanité. Je sens que je vais avoir du mal à prendre mon mal en patience, et je n'avais pas été depuis longtemps surprise par une lecture, qui m'ébranle à un niveau d'une autre stratosphère, ce n'est pas rien de le dire. Je m'attendais à du très bon, je ressors avec du prodigieux. Je vais le dire sans vergogne, cela en dépasserait presque Divergent à mes yeux. Oui, je peux dire que cela le dépasse aisément. Ce n'est pas une dystopie pour ados populaire, comme les autres. Celle-là, elle vient d'autres firmaments, plus brillants encore et qui nous aveuglent face à tout le reste. Merci Veronica Roth, et encore merci aux éditions Nathan pour cet envoi mémorable. Et puis, j'ai hâte de découvrir les autres planètes, le périple est loin d'être fini. L'aventure ne fait que commencer, je serai résolument là pour le prochain épisode. COUP DE FOUDRE ϟ
Lien : https://lunartic.skyrock.com..
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Saiwhisper
  16 février 2018
S'il y a des ombres et de la douleur qui coule dans les veines de Cyra, alors, dans les miennes, il y a de la déception ! Cet ouvrage m'avait fait de l'oeil à sa sortie, mais les avis partagés comme celui de L_Bookine m'avaient totalement refroidie. Cela dit, je suis quelqu'un qui aime se faire son propre opinion, quitte à le regretter. J'ai donc attendu que l'ouvrage fasse partie de mon réseau de bibliothèques pour me le procurer… Je dois avouer que je ne regrette pas d'avoir agi ainsi, car je n'ai pas adhéré à cette lecture. C'est vraiment dommage, car l'univers est aussi riche qu'intéressant. Même si on n'a pas encore tout découvert, j'ai apprécié ce monde où subsistent neuf planètes, toutes reliées par un ruban-flux. Sur chaque planète, on distingue plusieurs peuples qui se démarquent par leur propre culture ou langage. En plus de ce côté SF, on distingue de la magie : certaines personnes ont des dons qui se développent dès le plus jeune âge. Cette idée de talents magiques et les enjeux de pouvoir que l'on va voir fleurir tout au long de l'intrigue m'ont fortement rappelé la saga « Red Queen ». Par ailleurs, j'ai trouvé que Cyra avait un pouvoir magique intéressant : elle est capable de faire souffrir autrui grâce à un contact physique. Son frère Ryzek, véritable tyran, l'oblige à torturer autrui grâce au chantage. Malgré elle, la pauvre Cyra est donc une sorte d'arme, un instrument de torture obéissant, une marionnette entre les mains d'un monstre… Enfin, en apparence ! En effet, progressivement, la jeune femme va ouvrir les yeux et va décider de s'opposer à son frère, quitte à rejoindre les renégats qui complotent dans l'ombre… Sur le fond, la trame principale est assez classique et prévisible cependant, ce n'est pas cela qui m'a le plus dérangé…
Ce qui m'a surtout déplu, ce sont les nombreuses longueurs qui ont rendu ma lecture fastidieuse… Voire pénible au point que j'ai dû lire quelques pages en diagonale afin d'éviter d'abandonner ou mettre en pause ce roman ! La mise en place de l'intrigue est terriblement lente ! Il y a tellement d'informations à assimiler… de plus, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de personnages secondaires (qui auront, hélas, tous leur rôle à jouer ! Il est donc primordial de retenir chaque nom…), si bien que j'ai parfois été bloquée. « C'est qui encore, celui-là ? » me suis-je parfois demandée. le pire, c'est qu'une fois la première moitié lue, on commence à cerner tout le monde… Mais l'auteure a décidé de rajouter une dizaine de personnages supplémentaires avec l'arrivée des rebelles auxquels va s'allier Cyra. Honnêtement, j'ai été complètement perdue ! La narration m'a également parfois chiffonnée. Je rejoins L_Bookine qui avait soulevé le fait qu'elle ne comprenait pas pourquoi on passait d'une narration à la troisième personne avec Akos, puis à la première personne avec Cyra. Bien que l'on finisse par s'y faire, c'est assez troublant pendant un certain temps… Les descriptions sont également bancales : autant certaines choses vont être hyper développées, autant d'autres vont être vite expédiées… Par exemple, même après avoir lu ce roman de 470 pages, j'ai du mal à me représenter les deux protagonistes !
Une fois la moitié de l'ouvrage passée, l'action commence à devenir intéressante. C'est à partir de là que les manigances, les mensonges, les non-dits et les manipulations commencent réellement. Mon intérêt s'est donc vu accru. Il en va de même avec la romance qui, bien qu'elle soit facile, m'a plu. Elle met un certain temps avant d'arriver (250 pages) et va se tisser progressivement. Ainsi, à mes yeux, elle est légitime : ce sont le malheur, la mort et la douleur qui ont rapproché Cyra et Akos. Ce dernier est le seul à pouvoir la comprendre et à ne pas souffrir à cause de son don, car il annihile sa magie. Quant à elle, elle sera son seul appui dans ce nouveau monde brutal et sanguinaire. Ce n'est qu'après plusieurs épreuves douloureuses qu'ils vont réaliser leurs sentiments. Sans oublier que ces deux héros vont toujours être ensemble (une directive de Ryzek). C'est donc logique que le binôme se rapproche petit à petit… Leur relation m'a d'ailleurs fait songer à celle d'Arin et Kestrel dans « The curse », un tandem que j'apprécie énormément. D'ailleurs, j'ai eu du mal néanmoins, j'ai fini par m'attacher à l'évolution de ce duo et à comprendre leurs peines. Hélas, les longueurs et le sentiment d'être perdue à cause des nombreux personnages avaient eu raison de moi bien avant cela.
Sur le fond « Marquer les ombres » n'est pas un mauvais livre : il y a matière à creuser, l'univers est intéressant, les personnages finissent par être attachants, l'antagoniste principal sait taper là où ça fait mal et les rebondissements sont présents une fois que la rébellion a pris place. Hélas, certains éléments ont vraiment noirci le tableau, si bien que je suis ressortie très déçue par cette lecture. À mon sens, il s'agit d'une saga avec laquelle soit ça passe, soit ça casse ! En ce qui me concerne, je ne pense pas que je laisserai sa chance au second tome… Par contre, si le roman fait un jour le fruit d'une adaptation cinématographique, j'assouvirai ma curiosité en me rendant en salle !
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Soleney
  28 février 2017
Le jour où Akos est enlevé est aussi celui où son père est assassiné sous ses yeux. Pas le temps de se recueillir : ses ravisseurs l'entrainent, lui et son frère, au coeur de la nation Shotet, les ennemis de son peuple.
Mais pourquoi eux ?
Parce que dans cet univers futuriste, chaque être humain nait avec un don qui se manifeste à l'adolescence, et certaines personnes peuvent même avoir un destin : que quel que soit les possibilités entrevues par les oracles, un élément de leur avenir est immuable. Et les dons et destins des deux garçons intéressent de très très près les Shotet…
C'est dans ces conditions troubles qu'Akos fait la connaissance de Cyra, la soeur du roi.
J'étais intéressée par ce livre pour deux raisons : d'une part la construction de l'univers était suffisamment surprenante pour aiguiser mon appétit, et d'autre part les personnages m'intriguaient : le petit extrait gratuit du chapitre 7 est arrivé entre mes mains, et la relation entre Cyra et son frère, Ryzek, me paraissait complexe et intéressante.
Le premier point ne m'a pas déçue. C'est un monde à mi-chemin entre la science-fiction et la fantasy – et les croisements de genre sont bienvenus dans ma bibliothèque. L'histoire a beau prendre place dans une période futuriste, les humains ont des pouvoirs étranges dont l'origine n'est expliquée que par la présence du ruban-flux – mais qu'est-ce que c'est ?
C'est une sorte d'énergie qui traverse la galaxie et qui se rapprocherait visuellement de la Voie Lactée (avec plus de couleurs). Cette énergie serait à l'origine du vivant, ou peut s'en faut : elle traverse les êtres, apprécie tout particulièrement le réceptacle que sont les humains, et certaines manifestations naturelles sont dues à son intervention (comme la floraison des fleurs-de-silence). le ruban-flux est tout. Il est changeant, comme la vie, il est puissant, influent, immense et est l'objet d'une religion pour certains peuples.
Dans cette galaxie un peu particulière, neuf planètes habitées tournent autour d'un soleil. Y sont implantées diverses sociétés humaines, avec des caractéristiques qui leur sont propres. Les Thuvesit (la nation d'Akos) sont pacifiques et partagent leurs terres avec les Shotet, un peuple belliqueux, Ogra est une planète qui cultive leur secret comme d'autres les tulipes, Othyr est la nation marchande par excellence (et c'est elle qui domine les autres du fait de sa puissance économique)...
Bref, un bon point pour le monde.

Mais je n'ai pas du tout apprécié les personnages. Ils m'ont paru fades, stéréotypés. Les premiers chapitres étaient intéressants parce qu'on découvre l'univers et qu'on ne sait pas encore exactement en quoi consistent les dons-flux d'Akos et Cyra, ni les coutumes et usages de leurs peuples. On marche sur un chemin un peu nouveau et c'est rafraichissant.
Ce qui m'a le plus déçu, c'est la relation de Cyra et Ryzek. Au début de l'histoire, alors qu'ils sont petits, ils s'entendent plutôt bien – même si le grand frère vit très mal sa relation avec son père. Et puis d'un coup d'un seul il est devenu lui-même ce qu'il craignait tant : un tyran. Il utilise sa petite soeur comme un pantin et la traite comme un outil de torture – son surnom est particulièrement parlant : le Fléau de Ryzek – simplement pour maintenir le peuple dans la crainte. Comment a-t-il pu oublier si vite l'humanité de sa cadette ? Pour moi, Ryzek correspond au cliché du méchant sans aucune nuance de bonté. Il est là pour être haï et méprisé – parce qu'en plus d'être mauvais, c'est une lavette, un lâche qui se cache derrière son titre et sa cruauté pour éviter d'être blessé.
Cyra aussi m'a déçue parce qu'elle correspond très exactement au standard du personnage-victime. Son don-flux est une plaie, sa réputation est abominable, son frère la traite comme une moins-que-rien… Comment fait-elle pour si bien se battre alors qu'elle meurt de douleur presque tout le temps ? Évidemment, c'est une personne qui ne montre jamais sa souffrance, qui porte toujours un masque, mais qui au fond d'elle a envie d'aimer et d'être aimée.
Merci, mais des protagonistes comme ça, il y en a à la pelle. Suivant !
Akos est fade. Évidemment, il a le don idéal pour contrer celui de sa geôlière, et bientôt elle ne peut plus se passer de sa présence… Commence alors entre eux une relation de dépendance mutuelle un peu étrange. Bien entendu, l'amoûûr s'en mêle ! Je m'y attendais si peu…
Tout comme Cyra, Akos m'a agacée. Ses réactions sont prévisibles et il ne dégage absolument aucun charisme. Lors de ma lecture, j'ai songé assez ironiquement que les figurants sont plus profonds que les personnages principaux. Par exemple Cisi, la soeur d'Akos, a beaucoup de potentiel mais n'apparaît pas beaucoup, et leur mère est fascinante et mystérieuse. Pourquoi disparaît-elle ? A-t-elle oublié ses enfants ? Avait-elle prédit la destruction de la famille ? Pourquoi n'est-elle pas intervenue ? Quels sont ses objectifs ?
Voilà un personnage bien plus captivant que deux tourtereaux qui découvrent l'amour dans une société remplie de violence…
Non seulement les personnages étaient un mauvais point, mais en plus j'ai trouvé le style particulièrement plat, voire même indigeste. Ça ne peut pas pardonner. On nous répète les informations deux ou trois fois pour être sûr qu'on ne les oublie pas – des piqûres de rappel dont je me serais bien passée. C'était tellement redondant que j'ai dû me faire violence pour arriver jusqu'au bout de ma lecture – mais combien de fois j'ai failli laisser tomber ?
En résumé, le seul point positif est l'univers.
Ainsi que les dons-flux, qui sont toujours à double tranchant. L'un des personnages est incapable de ressentir la douleur. Outre le fait que ce soit très avantageux lors d'un combat, il est obligé de se mettre des alarmes quotidiennes pour manger et boire. Une autre a le don d'apaiser les autres par le simple son de sa voix. Mais ce pouvoir est tellement puissant qu'il la muselle : impossible de dire quoique ce soit qui puisse troubler ou mettre mal à l'aise. En réalité, Akos est bien souvent un soulagement pour les personnes qui l'entourent. J'ai apprécié la complexité de ces pouvoirs. Ils sont parfois des bénédictions, parfois des fardeaux. Voire les deux.
Mais ce n'est pas suffisant pour rattraper mon intérêt fuyant. Je sais d'ores et déjà que je ne lirai pas la suite.
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critiques presse (1)
LeFigaro   18 janvier 2017
Marquer les ombres peut paraître moins percutant et moins évident que Divergente mais l'écriture y est plus travaillée.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
nightsreadingsnightsreadings   11 février 2017
« Le lendemain, je me réveillai lorsque le calmant cessa d’agir, juste après le lever du soleil, alors que la lumière était encore pâle. Je sortis du lit comme je le faisais toujours, par à-coups, en m’arrêtant pour reprendre mon souffle telle une vieille femme. J’enfilai ma tenue d’entraînement, en tissu synthétique de Tepes, léger et flottant. Personne ne savait conserver la fraîcheur du corps comme les Tepesit, dont la planète était si brûlante que nul n’en avait jamais foulé le sol pieds nus. Je tressai mes cheveux le front appuyé contre un mur de ma chambre, les yeux fermés, en tâtonnant pour saisir chaque mèche. Je ne brossais plus mes épais cheveux bruns, du moins plus comme lorsque j’étais enfant, méticuleusement, dans l’espoir que la brosse les amadouerait pour former des boucles parfaites. La douleur m’avait volé ces petits plaisirs. Quand j’eus fini, je pris une petite lame-flux – éteinte, pour éviter que les vrilles noires du flux ne s’enroulent autour du métal affûté –, et me rendis dans le petit cabinet d’apothicaire au bout du couloir, là où Akos avait installé son lit. Je me penchai sur lui et appuyai la lame sur sa gorge.
Ses yeux s’ouvrirent, puis s’agrandirent. Il se débattit, avant de s’immobiliser lorsque j’augmentai la pression sur sa peau. Je lui décochai un sourire goguenard.
– Vous êtes folle ? me dit-il d’une voix encore enrouée par le sommeil.
– Bien sûr ! répondis-je gaiement. Tu as dû entendre les rumeurs ! Mais j’ai une autre question, plus importante : Toi, es-tu fou ? Tu es là, à dormir à poings fermés sans même avoir pris soin de te barricader, alors que l’un de tes ennemis loge au bout du couloir ? Si ce n’est pas de la folie, c’est de la bêtise. Je te laisse choisir. Il plia vivement la jambe pour me frapper le flanc. Je parai avec le coude et pointai la lame sur son ventre.
– Tu avais déjà perdu avant de te réveiller, signalai-je. Première leçon : le meilleur moyen de gagner un combat est de l’éviter. Si ton ennemi a le sommeil lourd, tranche-lui la gorge pendant qu’il dort. S’il a bon cœur, fais appel à sa compassion. S’il a soif, verse du poison dans son verre. Tu me suis ?
– En résumé, jette ton honneur par la fenêtre.
– Ah, l’honneur, ricanai-je. Celui qui veut survivre doit oublier l’honneur.
Cette citation, extraite d’un livre ogran – traduit en shotet, bien sûr ; personne ne lisait l’ogran –, parut chasser toute trace de sommeil de son regard plus efficacement que ne l’avait fait mon attaque.
– Maintenant, lève-toi. Je me redressai, glissai la lame dans ma ceinture et quittai la pièce pour le laisser se changer. »
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Souri7Souri7   12 février 2017
– Tu supposes que je suis brutale parce que c’est ce que tu as entendu dire, répliquai-je. Parlons un peu de ce que j’ai entendu sur toi. Es-tu un lâche et un idiot à la peau tendre ?
– Vous êtes une Noavek, persista-t-il d’un air buté. La brutalité coule dans vos veines.
– Je n’ai pas choisi le sang qui coule dans mes veines. Pas plus que tu n’as choisi ton destin. Toi et moi, nous sommes devenus ce qu’on nous a fait devenir.
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Souri7Souri7   20 février 2017
Le meilleur moyen de gagner un combat est de l’éviter. Si ton ennemi a le sommeil lourd, tranche-lui la gorge pendant qu’il dort. S’il a bon cœur, fais appel à sa compassion. S’il a soif, verse du poison dans son verre.
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MikasabouquineMikasabouquine   09 juin 2017
La respiration un peu saccadée, il pressa sa bouche contre la sienne. Il ne savait pas trop quel effet cela ferait de l'embrasser ainsi, en l'ayant décidé, pas comme la première fois quand c'était elle qui l'avait fait sans qu'il ait le réflexe de la repousser. Elle avait le goût du sédatif qu'elle venait de boire, un mélange de malt et d'épices, et se montrait un peu hésitante. Mais l'embrasser, c'était comme approcher une allumette d'un tas de brindilles. Il se consumait pour elle.
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LilianCLLilianCL   21 février 2017
- Où que se trouvent les cendres de ton père, la couche de crasse qui recouvre tes bottes doit les faire frémir, Aoseh.
- Je sais, répliqua-t-il avec un sourire. C'est justement pour cela que je me suis donné autant de mal pour les salir.
- Parfait, approuva-t-elle d'un voix flûtée. Je les aime bien ainsi.
- Tu aimes tout ce que n'aimait pas mon père.
- Parce qu'il n'aimait rien.
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