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EAN : 9782918767275
169 pages
Éditeur : Asphalte (30/11/-1)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Dans une ville grise et jamais nommée, baignée par les pluies acides, vit une armée de travailleurs en col blanc, hommes et femmes, qui sortent tous les matins des bouches du métro pour regagner servilement leur bureau. Parmi eux, un employé, l’employé, est prêt comme les autres à toutes les humiliations pour conserver son travail… jusqu’au jour où il tombe amoureux et commence à rêver de devenir un autre.
Le récit glaçant d’une déchéance dans un univers où l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
JustAWord
  29 janvier 2020
Cette année, les éditions Asphalte ont choisi de mettre à l'honneur Guillermo Saccomanno, un auteur argentin à la fois versé dans le monde de la bande-dessinée et dans celui du roman. Outre la traduction de 1977, que d'aucuns considèrent d'ailleurs comme son chef d'oeuvre, l'année 2020 verra la réédition de l'employé, une dystopie glaçante datant de 2010 préfacée pour l'occasion par son compatriote Rodrigo Fresan.
Une occasion parfaite pour aborder l'oeuvre exigeante et engagée de l'écrivain argentin.
Vous n'êtes pas votre job !
Tout commence par la description nocturne d'une ville qui ne sera jamais nommé mais que l'on devine aisément en Amérique du Sud.
Dans cette ville, un homme appelé l'employé contemple un ciel envahi par les hélicoptères de surveillance et les chauve-souris. Alors qu'il végète dans son open-space type cadre ordinaire du XXIème siècle, l'employé s'épanche sur son chef, son collègue et la secrétaire. Autant de figures-fonction dans un monde du travail devenu robotique et paranoïaque.
Lucide, l'employé comprend et accepte sa propre médiocrité et son esclavage, dominé par un chef bedonnant qu'il envie autant qu'il hait.
Dans un cadre sinistre et dangereux, Guillermo Saccomanno va patiemment construire une dystopie qui glace le sang et où l'employé, travailleur capitaliste lambda, affronte les peurs de son existence asphyxiante.
Avant d'en reparler, attardons-nous déjà sur cet homme au physique quelconque. En pénétrant de plus en plus profondément dans son subconscient, le lecteur prend conscience des aspirations et de la violence refrénée par l'employé, petit bureaucrate insignifiant et lâche qui rêve de meurtres et divague sur les dangers qui l'entoure. Divaguer, vraiment ?
Pas tout à fait. Bien avant d'être une dystopie tétanisante, le récit pousse les curseurs de l'entreprise moderne à fond et retranscrit le mode de pensée compétitif avec un sourire carnassier qui fait froid dans le dos. le collègue devient tour à tout un allié et un traître, surement homosexuel ou au moins terroriste. le licenciement peut tomber sur n'importe qui, à n'importe quel moment. L'avancement peut se gagner en trahissant son prochain. Tout ici n'est qu'un immense piège à loup où la répétition n'assure même pas la stabilité. Ce côté réaliste, quelque part entre Chuck Palahniuk, J.G Ballard et Kafka, parvient à distiller un sentiment de malaise plus certainement que le reste…ou presque.
Un monde post-terrorisme
Car en dehors de son bureau, l'employé visite des rues parcourues par des chiens clonés, surveillées par les projecteurs des hélicoptères, patouillées par des sections militaires, envahies par les rats et les SDF… La ville devient une chose mortelle où une bombe peut vous cueillir par surprise et où la police peut vous embarquer pour suspicion d'accointances terroristes à n'importe quel coin de rue. À mi-chemin entre Orwell et Ballard, l'univers de l'argentin lorgne vers les dictatures sud-américaines à peu près autant que vers le capitalisme cannibale de Wall Street. Si vous réussissez par sortir vivant du métro, il faudra ensuite retrouver votre petite famille et la nourrir comme il faut, ne pas attiser le soupçon des voisins…et repartir au boulot le lendemain affronter un destin peut-être funeste. l'employé pourrait alors trouver le salut dans cette famille qu'il retrouve le soir…
Le mensonge d'aimer
Mais lorsqu'il rentre chez lui, l'employé doit contenir la nausée qui le saisit devant cette chose obèse et vindicative qu'il a jadis épousé. Dans un cauchemar tout droit sorti d'un film de Cronenberg, il doit gérer une ménagerie de gamins tout aussi obèses et violents qui le dégoûte…sauf Petit Vieux, le dernier de la portée, sorte de double du père médiocre et incapable qu'il est. Alors l'employé rêve. Il rêve de gazer tout ce petit monde et de tous les tuer comme un Patrick Bateman du pauvre. Dans l'univers de Saccomanno, la famille devient un traquenard, une impasse où l'homme, castré et prostré, doit gentiment subir encore et encore. L'homme moderne devient un insecte, une larve, tout juste bonne à ramener de l'argent et à baiser madame de temps à autre. Dès lors, l'amour apparaît à l'employé comme le dernier échappatoire possible, l'ultime refuge.
Avec la secrétaire qu'il imagine de mille façons, parfois hideuse parfois romantique en diable. Mais l'amour n'existe pas plus en réalité. Il s'agit tout au plus d'une illusion éphémère, une histoire de cul médiocre pour un homme médiocre. C'est au cours d'une scène de masturbation que l'employé comprend peut-être le mieux l'étendue de son malheur, allongé là à côté de la secrétaire, les deux se masturbant de concert et finissant par pleurer après l'orgasme, comme conscient de l'horreur absolue de cette chimère pour bureaucrate en plein naufrage. Par les yeux de l'employé, on constate que la femme n'a pas beaucoup plus de succès de son côté, condamnée à l'objetisation ou au rôle de mère-oie disgracieuse et répugnante après plusieurs accouchements successifs..
Destruction de l'équilibre mental
Dans cet univers, Guillermo Saccomanno brosse petit à petit la lente spirale qui amène notre employé de plus en plus loin dans la paranoïa. Dans un monde déjà lui-même paranoïaque où le paramètre humain ne semble plus qu'un lointain souvenir, où l'on préfère longer les murs et détourner le regard, où l'on préfère crever en silence plutôt qu'en se révoltant.
Mais la révolte, dans un monde aussi sécuritaire et autoritaire, est-elle encore possible ou finira-t-elle dans un bain de sang insensé ? Plus on avance dans ce court roman et plus les barrières mentales tombent, l'employé se dédoublant face à l'ambivalence de ses sentiments : face à face, l'esprit rebelle qui veut en finir et le cadre anesthésié qui n'ose plus rien.
L'autre devient l'ennemi…mais quand l'autre c'est soi, que faire ?
Dystopie d'autant plus terrifiante qu'elle dépeint avec une efficacité redoutable le monde du travail moderne, l'employé marque la fin de l'homme en tant qu'être humain pour le transformer en bombe à retardement dans un univers gris, tétanisant et dégradant.
Lien : https://justaword.fr/lemploy..
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petitsoleil
  21 février 2017
Un roman de science-fiction, d'anticipation ? un roman très sombre, très noir, dérangeant. Différent de "1984" mais aussi implacable, extrapolation des violences actuelles si médiatisées, des logiques guerrières, financières, d'un monde déshumanisé où personne ne porte de nom ! "l'employé" va penser changer, car il est tombé amoureux de "la secrétaire" ... mais celle-ci couche déjà avec "le chef", et puis il y a "le collègue" qui le surveille peut-être, lui qui écrit si souvent dans un journal intime ...
Glaçant, perturbant, révoltant. Peut-être pas une lecture pour les âmes les plus sensibles. Un livre terrible, terriblement noir.
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encoredunoir
  14 novembre 2012
Dans une ville argentine indéterminée, à une époque future mais sans doute assez proche, l'employé veille à garder son boulot. Car son travail, c'est sa vie. Parce qu'il lui permet à la fois de nourrir sa famille et de lui échapper au moins le temps des horaires de bureau. D'ailleurs, que faire à part travailler dans une société où la place que l'on a est éminemment fragile et où l'on peut, du jour au lendemain, finir aux côtés des milliers de sans-domiciles qui crèvent sur les trottoirs partagés avec les chiens clonés, sous la lumière des hélicoptères qui traversent des nuages de chauve-souris pendant que les rebelles commettent des attentats à chaque coin de rue ? Tomber amoureux. L'employé ne résiste pas aux charmes de la secrétaire. Pour elle, peut-être pourrait-il oser défier le chef, peut-être deviendrait-il autre chose qu'un être lâche et servile… peut-être…
D'un pessimisme consommé, le roman de Guillermo Saccomanno pourrait être du genre à plomber votre journée – ou votre semaine – n'était son aspect profondément émouvant et même, assez souvent, poétique.
Dans cette société totalitaire que l'on perçoit toute acquise aux règles du capitalisme le plus sauvage – autant dire que pour un auteur argentin lucide, il suffit de regarder le passé récent de son pays pour voir ce qu'il aurait pu devenir, et l'actualité économique mondiale pour imaginer ce qui pourrait se passer – les velléités de rébellion de l'employé et son histoire d'amour naissante apparaissent initialement comme une lueur d'espoir. Mais, bien vite, le naturel du personnage, aggravée par le formatage quotidien hérité du management par la terreur laissent entrevoir la triste réalité : jamais l'employé ne pourra réellement se lever contre le système. Tout au plus osera-t-il se soulever contre lui-même, la seule personne à laquelle il a réellement le courage de tenir tête. Plus encore, cette révolte fugace et bien mesurée le mènera à s'abaisser encore en profitant des règles iniques de son monde pour se débarrasser aussi lâchement que possible de ceux qui pourraient éventuellement lui faire obstacle.
Le constat est amer. Incapable de s'opposer à ses enfants ou à sa femme, se contentant d'imaginer ce qu'il pourrait faire pour s'en débarrasser où, mieux encore, ce qui pourrait l'en débarrasser (« Pourquoi un de ces gosses qui mitraillent leurs camarades sur un coup de tête n'a-t-il pas encore fait éruption dans l'école de ses enfants, se demande l'employé »), l'employé se trouve plus bas encore dans l'échelle morale que le premier enfant des rues venu : « Tuer ou mourir, a entendu l'employé de l'enfant que l'on vient d'abattre. Un être courageux. En revanche, son slogan à lui c'est : se soumettre et survivre ».
Histoire d'une larve qui voudrait devenir papillon mais s'est depuis trop longtemps résolu au fait que pour survivre il fallait se contenter de continuer à ramper, L'employé est un beau roman noir, une dystopie réussie car elle évite l'écueil d'une moralisation outrancière et allie avec finesse une froideur clinique et la force d'une écriture dont la simplicité sans doute très travaillée, confère au texte une certaine aura poétique.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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MarianneL
  21 juin 2014
Ce roman de 2010 de l'écrivain argentin Guillermo Saccomanno, traduit en 2012 aux excellentes éditions Asphalte par Michèle Guillemont, met en scène une société dystopique ultra-violente, dans une métropole où les hélicoptères quadrillent jour et nuit le ciel pour prévenir toute fusillade ou attaque terroriste, où les faits divers les plus abominables se succèdent sur des écrans omniprésents, où les rues sont envahies par des animaux clonés redevenus bêtes sauvages et des enfants zombis.
Passant entre les gouttes de ces dangers dans une infra-vie passée essentiellement au bureau, l'employé est un personnage couleur de muraille débordant d'amertume, un salarié docile habité de fantasmes de violente insoumission, restant tard le soir derrière son ordinateur pour éviter de retrouver un foyer sordide, une grosse épouse despotique et un troupeau d'enfants obèses et vindicatifs.
«Il s'apprête à partir. La lenteur de ses gestes n'est pas seulement due à la fatigue. A la tristesse aussi.
L'ordinateur tarde à s'éteindre. Enfin, soupire-t-il. L'écran s'obscurcit. L'employé dispose soigneusement ses instruments de travail pour le lendemain : les stylos, l'encre, les cachets, les tampons, la gomme, te taille-crayon et le coupe-papier. Il l'astique. le coupe-papier semble inoffensif. Sauf qu'il peut devenir une arme. L'employé aussi paraît inoffensif. Mais il ne faut jamais se fier aux apparences.»
On plaint en même temps qu'on déteste ce bon soldat pathétique, reflet d'une aliénation par trop familière, claudiquant, dissimulant son pardessus élimé, finalement lâche et traître mais se convaincant de sa supériorité pour rester debout.
«Il se demande jusqu'à quand il sera un personnage secondaire dans la vie de tous.»
Le rapprochement dans «L'employé» d'un monde d'entreprise froid et monstrueux mais extrêmement proche de nous, et d'un univers urbain extrêmement violent, forme un portrait glaçant de la sauvagerie et de la difficulté d'aimer dans la société moderne, et surtout de l'aliénation par la bureaucratie.
Dans cette société où les tentations de consommation, la peur du déclassement, l'exclusion et la violence ont atteint des degrés extrêmes et où l'empathie a disparu, - et ou, si d'aventure elle resurgit, elle sera rapidement éradiquée par les comportements dominants barbares et paranoïaques -, le portrait de cet homme soumis à la pression et au rythme infernal d'une entreprise déshumanisée, dont les seuls rêves sont des fantasmes de violence et de fuite, pourrait être totalement désespérant s'il n'était pas porteur d'un puissant message de révolte contre le conformisme.
«Ce matin, à son arrivée, il comprend qu'un licenciement va avoir lieu. Un garçon bien mis attend à la réception, près de l'accès principal aux bureaux. Une jeune fille ou un jeune homme à cette place signifie, chacun le sait, le remplacement d'un membre du personnel. Les nouveaux attendent, prêts à occuper un poste et à entrer immédiatement en fonction, tandis que les employés commencent leur journée dans la crainte, en se demandant qui va etre remplacé, qui sera licencié. le jeune aux cheveux gominés, au costume gris, à la chemise blanche et à la cravate bleue, est posté là tel un soldat en faction.
Dans un instant, dès qu'ils auront tous rejoint leur bureau, un haut-parleur annoncera le nom de celui ou celle qui est renvoyé. D'une formule neutre, comme dans un aéroport, on informera publiquement de qui il s'agit. L'équipe de sécurité empêchera alors toute opposition à cette mesure en encerclant immédiatement le bureau de celui ou celle qu'on expulse.»
Un roman dur, prévisible mais étonnamment attachant, précédé d'une très belle préface de Rodrigo Fresan, qui souligne les parentés avec Franz Kafka, George Orwell et Hermann Melville notamment, récit qui entre en aussi en résonance avec l'exceptionnel «Extrait des archives du district» de Kenneth Bernard.
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Beasaaa
  12 novembre 2012
L'Employé erre dans un monde hostile, la pluie acide accompagne son quotidien morose. L'insécurité, les attentats, l'armée omniprésente font parties rythme les jours qui s'écoulent lentement. La peur d'être le prochain viré survient tous les jours.
Se conformer, rester dans la norme est essentiel afin de conserver son emploi.
"L'employé" peut paraître au premier abord être un roman sombre où le lecteur est plongé dans une ville maussade. Mais, Saccomano Guillermo crée un rythme de lecture très poétique et unique. Les actions s'enchaînent dans un style d'écriture envoûtant telle un tango .Enrique Santos Discépolo pensait que le Tango était " une pensée triste qui se danse" Saccomano Guillermo a sût transmettre toute la magie de cette danse dans cet ouvrage.
L'Employé peut se cacher en chacun de nous, car nous nous sommes tous un jour où l'autre senti emprisonné dans un quotidien trop présent.
Troublant, bref "L'Employé" est un Ovni de la littérature !!
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
petitsoleilpetitsoleil   19 février 2017
Les anciens, ceux qui ont assisté au plus grand nombre de licenciements, semblent davantage résignés.
Même si aucun ne se fait à l'idée d'être le prochain.

Ils ont beau feindre une certaine indifférence, les anciens ne tolèrent pas l'idée d'être substituables, la possibilité d'être touchés un jour par cette tragédie tant de fois répétée.

Au bout du compte, après un licenciement, personne ne peut continuer à travailler sans angoisse. Une angoisse, qui, de surcroît, peut se révéler dangereuse. Elle peut mener à commettre une erreur qui constituera le motif du prochain renvoi.
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Charybde2Charybde2   04 juin 2020
La femme ne peut démarrer la journée sans le journal télévisé. A peine levée, avant de se rafraîchir le visage et de préparer le café, elle allume une cigarette et la télévision, avec le volume au maximum. Ce matin, un commando guérillero a revendiqué une explosion dans un quartier résidentiel sur les hauteurs de la ville. Il est encore trop tôt pour établir le nombre de victimes. Un gisement de pétrole a aussi été la cible d’un attentat. Les pertes sont inestimables. Lors d’affrontements, l’armée a abattu des dizaines de terroristes. Elle a procédé aux arrestations de leurs proches et de leur entourage. En attendant que l’enquête progresse sur leur organisation, le gouvernement déclare qu’il n’acceptera aucune trêve et ne cédera à aucune menace. Il avertit la population qu’il considèrera désormais toute manifestation pacifiste comme une forme de soutien au terrorisme. La répression s’abattra avec toute la force de la loi. Le métro circule aujourd’hui aux horaires habituels. Un présentateur annonce d’une voix neutre les statistiques mensuelles des morts dues aux attentats terroristes, celles déplorées à la suite d’effractions et de viols, les victimes de catastrophes aériennes, sans compter les accidentés de la route ou du travail. Au petit matin, une fusillade a opposé trafiquants de drogue péruviens et colombiens dans un bidonville. Et puis cette information de dernière minute : un attentat vient de se produire dans une clinique qui expérimente le clonage de bébés.
Le femme ne reste pas devant l’écran. Elle parcourt le domicile en hurlant après les gosses. Elle distribue des coups au passage et écoute la télé comme la radio, en bruit de fond. Les attentats et les massacres ne l’impressionnent pas. Seuls les crimes domestiques la passionnent. Au cours d’un scène de jalousie, une femme castre son mari. Un homme larde de coups de poignard les seins siliconés de sa concubine. Une mère saupoudre la purée de ses enfants de mort-aux-rats. Un garçon met ses grands-parents à griller au four. Si l’annonce est truculente, elle accourt et se plante devant le poste, fascinée. Cette sorte de faits divers la captive, des crimes maison comme des recettes de cuisine. Si la nouvelle provoque un débat, elle prend systématiquement le parti des accusés et discute avec le présentateur, les interviewés et les invités. Elle seule, en grande avocate, semble comprendre les mobiles des accusés. Quand son regard glisse de l’écran vers son mari, l’employé devine ce qu’elle a à l’esprit. Il se demande à quel moment elle passera du statut de spectateur à celui de protagoniste.
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SophieChalandreSophieChalandre   02 décembre 2016
Il s’apprête à partir. La lenteur de ses gestes n’est pas seulement due à la fatigue. A la tristesse aussi.
L’ordinateur tarde à s’éteindre. Enfin, soupire-t-il. L’écran s’obscurcit. L’employé dispose soigneusement ses instruments de travail pour le lendemain : les stylos, l’encre, les cachets, les tampons, la gomme, te taille-crayon et le coupe-papier. Il l’astique. Le coupe-papier semble inoffensif. Sauf qu’il peut devenir une arme. L’employé aussi paraît inoffensif. Mais il ne faut jamais se fier aux apparences.
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PhilippeSAINTMARTINPhilippeSAINTMARTIN   02 décembre 2016
Dans un instant, dès qu’ils auront tous rejoint leur bureau, un haut-parleur annoncera le nom de celui ou celle qui est renvoyé. D’une formule neutre, comme dans un aéroport, on informera publiquement de qui il s’agit. L’équipe de sécurité empêchera alors toute opposition à cette mesure en encerclant immédiatement le bureau de celui ou celle qu’on expulse.
Commenter  J’apprécie          90
MagentaMagenta   14 octobre 2012
Avant le travail, le personnel passe par la salle de sport. L'obsession pour la santé et la beauté est proportionnelle à la crainte de perdre son emploi.Un malade n'est pas rentable. Une personne négligée suggère l'apathie. L'efficacité, voilà ce qui compte.
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Video de Guillermo Saccomanno (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guillermo Saccomanno
Rentrée littéraire 2015 / éditions Asphalte .Claire Duvivier et Estelle Durand, éditrices des éditions Asphalte vous présentent l'ouvrage de Guillermo Saccomanno "Basse saison". Rentrée littéraire automne 2015. Retrouvez l'ouvrage : http://www.mollat.com/livres/saccomanno-guillermo-basse-saison-9782918767497.html Notes de Musique : ?The returning? (by Jelsonic). Free Musique archive. Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mo... Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/Librairi... Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Libra... Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemo... Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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