AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Philippe Garnier (Traducteur)
EAN : 9782757811016
257 pages
Éditeur : Points (09/10/2008)

Note moyenne : 3.15/5 (sur 84 notes)
Résumé :
«Pâle fin de journée et la gare est déserte. Dans les cafés les lumières ne sont pas encore allumées. Dean est assis dehors à une des tables en fer. Dans la rue en pente bordée d'arbres qui débouche sur la place, minuscule, presque seule, Anne-Marie descend.»
Elle n'est pourtant pas si jolie. Mais Dean est fou d'elle, de son corps, de sa peau. Le temps d'une virée à travers la France, ils vivent un amour radieux, incandescent et fatalement éphémère...
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Corboland78
  27 février 2015
James Salter, né en 1925 à New York sous le véritable nom de James A. Horowitz, est écrivain et scénariste. En 1945, il termine ses études d'ingénieur, sort cinquième de sa classe de la prestigieuse académie militaire de West Point et entre dans l'US Air Force comme pilote. James Salter participe à la guerre de Corée, puis il prend la décision d'entrer au Pentagone. Il est affecté en France et commence à écrire avant de démissionner de l'armée après la parution de son premier livre basé sur son expérience de pilote de chasse durant la guerre de Corée, The Hunters paru en 1956, et adapté au cinéma avec Robert Mitchum en 1958. Un sport et un passe-temps, qui date de 1967 est sorti chez nous en 1996.
En France dans la période de l'après-guerre. Un narrateur inconnu, relate la liaison de quelques mois entre son ami Philip Dean, étudiant américain, avec une jeune fille française, Anne-Marie Costallat. Dean et Anne-Marie sillonnent la France profonde, d'Autun aux bords de Loire, dans la belle bagnole de l'américain, logent dans des hôtels où ils bouffent et « baisent comme des haltérophiles », de ville en ville.
Quand le bouquin est sorti, à l'époque, il a fait son effet et on le comprend aisément quand on a vécu cette période, car il est fait de scènes de sexe – sans sensualité - clairement exposées où bite et couilles ne se cachent pas derrière des périphrases. On peut, certes, trouver un intérêt relatif à ce roman – ce que laisse entendre mon résumé volontairement provocant – mais ce serait pourtant aller un peu vite en besogne.
Si je ne trouve pas le roman franchement remarquable, je ne me sens pas en dire du mal pour autant. D'abord, il y a une écriture qui transcende tout, paraissant très simple de prime abord mais s'avérant très coulée et mélodieuse, terriblement addictive. Les dialogues très courts mais très nombreux, sonnent justes. le récit, lui, paraît un peu éthéré, au gré des souvenirs réels ou reconstruits par le narrateur, voire délibérément inventés. On suit vaguement les tourtereaux dans leur périple provincial alternant route, table (l'auteur semble apprécier la cuisine française) et plumard : « Et on a mangé, je ne te dis pas. A table comme un vieux couple français, tu sais, assis rien qu'à manger. Et on a fait l'amour tous les soirs. » Dans une sorte de raccourci qui fera hurler certains, je dirais que ce roman m'a fait penser à du Henry Miller écrit par Françoise Sagan ! le sexe et l'américanisme de l'un, la légèreté vagabonde trempée dans le modernisme de son époque, de l'autre.
Mais derrière la provocation sexuelle pour ce temps (mots crus et Anne-Marie, la femme, particulièrement active à la manoeuvre) il y a une passion fougueuse dont on sait par avance, Dean le premier, qu'elle ne durera pas toujours. A l'insouciance apparente d'Anne-Marie, s'oppose les inquiétudes de Dean, l'argent qui manque et son avenir. Des scènes d'amour torride, émergent des instants de lucidité cruels générant une mélancolie touchante à laquelle se mêle un certain désenchantement de l'écrivain « Plus clairement on voit ce monde, plus on est obligé de faire comme s'il n'existait pas. » J'ajouterai que la fin du roman est très belle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
LeonSobriers
  13 juillet 2014
Bonjour,
je tombe par hasard sur les "critiques" concernant ce livre que j'ai beaucoup aimé lire il y a un an ou deux. J'ai un peu oublié le détail de l'histoire, mais il n'y eut pour moi pas l'ombre d'un ennui. On revisite avec ce jeune américain et son amie une province profonde d'après-guerre. Les images qu'en donne l'auteur m'ont paru somptueuses, écrites dans un style limpide, dans une prose parfois poétique. L'argument n'est pas mince, le niveau social des deux personnages est bien différent et cela donne de l'acuité au propos. Et la fin tombe comme la foudre. Bref, pour votre plus grand bonheur, découvrez par vous même J. Salter, pilote de guerre et écrivain.
Commenter  J’apprécie          140
topocl
  15 septembre 2017
Un jeune (et sans doute riche) Américain aime tant la France qu'il veut en jouir jusque dans ses moindres recoins : il s'installe en solitaire à Autun, dans la maison d'un couple d'amis.
Il est bientôt rejoint par Philipp Dean, jeune homme pleine de charme, celui-ci rehaussé par sa vieille Delage décapotable.
Ce fascinant ami s'éprend bien vite d'Anne-Marie, une jeune femme vive et bien roulée, avec laquelle ils partagent une liaison torride : ils se baladent, à pied ou dans la belle voiture, arpentant sans fin de nombreuses petites villes françaises, ils fréquentent bars et restaurants, vont d'hôtel en hôtel, ils n'ont pas grand chose à se dire mais sont heureux, et ils font l'amour - à peu près au même rythme que je lis des livres.
Très vite l'histoire du narrateur s'engourdit dans son propre immobilisme et ses amours ratées. Elle s'estompe devant cet amour un peu fou, d'une intensité rare, au sein duquel se glisse peu à peu une sensation de vide, de désespoir immatériel.
On ne sait trop d'ailleurs si cette histoire est réelle, fantasmée ou rêvée, ou même si c'est une pure création littéraire du narrateur. Tout cela à la fois, sans doute.
Cela commence un peu comme un film de la Nouvelle Vague avec ce que cela implique de jeunesse décidée à vivre à 100 à l'heure, quitte à toucher le fond, et de langage propre, personnel, intime, d'une poésie tout à la fois douloureuse et joyeuse.
Rien, aucun détail ne nous est épargné de cette "sidérante sexualité" . Mais il y a dans cette crudité-même une espèce de lumière détachée et insouciante, de bonheur englouti qui empêche la saturation (enfin presque). L'écriture de James Salter ( alliée à l'habileté du traducteur Philippe Garnier) est une présence de tous les instants, gouttes d'eau de sensations, intuitions fulgurantes, s'unissant pour créer cette ambiance légère, pleine d'instants, de désirs et d'aspirations.
Roman d'une jeunesse passée avec ce que cela a de futile, d'obsédant et de fragile, Un sport et un passe-temps laisse une impression tout à la fois douce et piquante : la vie l'emporte sur le chagrin, et là où le lecteur croyait entrer dans une chronique à la fois légère et douce-amère, il ressort ému d'une touchante mélancolie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          31
coincescheznous
  28 septembre 2015
Kindle HS et stock de nouveaux livres épuisés, je n'avais plus rien à lire. Heureusement nous avons une bibliothèque à la maison. James Salter était mort quelques jours plus tôt et, même s'il me semblait avoir lu cet ouvrage il y a longtemps, je n'en gardai qu'un très vague souvenir, sauf le magnifique titre, issu d'une phrase non moins merveilleuse du Coran : N'oublie pas que la vie en ce monde n'est qu'un sport et un passe-temps.
Alors pourquoi pas ? Me suis-je dis, lisons ou plutôt relisons cet ouvrage culte du grand écrivain américain, dont les journaux chantent les louanges depuis qu'il s'est éteint.
L'histoire se résume en une phrase : un jeune américain et une jeune française s'aiment dans la France des années 60, qu'ils parcourent au gré de leurs envies.
Dès les premières pages, j'ai compris pourquoi je ne gardais qu'un souvenir lointain de ce livre. Un sport et un passe-temps est un livre flou, impressionniste. Je m'explique : Il ne raconte pas vraiment d'histoire, ou plutôt le coeur du roman n'est pas tant dans l'histoire que dans la façon de la raconter. Il s'attache ainsi plus à décrire les sensations que les actions des protagonistes ou le décor dans lequel ils évoluent. Rien n'est clairement posé, tout est esquissé par petites touches sensibles. L'écriture n'est pourtant pas complexe. Au contraire, des phrases courtes, des mots simples pour être, sans artifice, au plus près de la vérité et de l'émotion des personnages ou de l'atmosphère d'un lieu.
On peut se délecter de cette quête de l'émotion juste, de cette simplicité poétique, comme de la crudité des nombreuses scènes érotiques. On peut être aussi vite lassé par cette tentative très personnelle de rendre compte du réel, se fatiguer des galipettes et de l'errance des deux héros, et surtout du prisme opaque par lequel nous les regardons.
A être trop flou, à ne travailler que l'allusif, on peut perdre son lecteur. C'est un peu ce qui m'est arrivé. Même si la poésie et l'originalité du monsieur m'ont touché, il me manquait un peu de corps, un peu de concret pour véritablement vivre cette histoire.
Ce roman raconté (ou non) par un ami du héros, qui invente (ou non) une partie de leur histoire d'amour (ou juste de fesses) laisse ainsi continuellement planer le doute et le non-dit sur le récit, c'est un parti pris intéressant et original, mais je ne suis convaincu que cela fonctionne totalement.
On dit souvent que les écrivains américains sont des conteurs avant d'être des stylistes. James Salter prouve tout le contraire dans ce livre. Manque de bol, je préfère les conteurs…
Mais si vous aimez les atmosphères éthérées, les récits poétiques et les ambiances coquines, ce livre est pour vous.
CONCLUSION : Un sport et un passe-temps a sa petite musique propre à laquelle on adhère ou non.
Lien : http://coincescheznous.unblo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Blandine2
  06 juin 2018
Une histoire dont l'intrigue n'a pas beaucoup d'intérêt en tant que telle.
Mais une belle écriture, une ambiance à la Sagan, avec un peu de Gatsby mêlé et où les dialogues évoquent incontestablement ceux de Godard dans le Mépris…
Une douce insouciance, une bonne dose de cul ( et oui, après lecture du livre on peut être cru et dire cul) beaucoup de solitude et de voyeurisme…
Je ne suis pas sûre de garder un souvenir éternel de cette lecture, néanmoins plaisante.
Commenter  J’apprécie          60

Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Corboland78Corboland78   27 février 2015
Rien de ceci n’est vrai. J’ai dit Autun, mais ce pourrait tout aussi bien être Auxerre. Je suis sûr que vous vous en rendez compte. Je ne fais que consigner les détails qui m’ont pénétré, les fragments qui ont pu ouvrir ma chair. C’est l’histoire de choses qui n’ont jamais existé bien que le moindre doute à ce sujet, la plus petite possibilité, plonge tout dans le noir. Je veux seulement que toute personne à la lecture de ceci soit aussi résignée que je le suis. Il y a déjà suffisamment de passion dans le monde comme ça. Tout en frémit. Non que je pense que ça n’a pas de raison d’être, non, non, mais ce n’est jamais qu’une mince écharde réfléchissante qui trouve toujours le moyen de capturer la lumière.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
calisson73calisson73   12 octobre 2014
Que s'était il passé ? Ils étaient partis et avaient fait l'amour. Ce n'est pas si rare. On doit s'attendre à rencontrer pareils événements. Ce n'est rien qu'un doux accident, peut être juste la fin de l'illusion. En un sens on peut dire qu'il n'y a pas de mal à ça, mais alors pourquoi, au fond de soi, se sent-on si à part ? Si isolé. Meurtrier même.
Commenter  J’apprécie          50
calisson73calisson73   12 octobre 2014
Quand je suis près d'elle je peux presque sentir sa peau, la goûter, comme un
homme qui meurt de faim, comme un marin qui sent la végétation avant de voir terre.
Commenter  J’apprécie          50
calisson73calisson73   11 octobre 2014
Maisons de médecin, à coup sûr. Ils sont tous docteurs. Vétérinaires. Yeux, nez, gorge, oreilles. Ils se sont retranchés dans les plus solides maisons de la ville, les plus grandes, dominant toutes les rues. Tout ce qui peut reluire brille. Les plaques sont toujours astiquées.
Commenter  J’apprécie          20
calisson73calisson73   11 octobre 2014
Ses yeux sont bleu pâle. Ils peuvent vous traverser sans vous voir. Le nez est long mais féminin. Je suis curieux de voir des dents.
Commenter  J’apprécie          20

Videos de James Salter (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Salter
James Salter: Writing His Way Through Literary Jungles
autres livres classés : road tripVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
3924 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre

.. ..