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ISBN : 2070368785
Éditeur : Gallimard (07/04/1972)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 638 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture
- Comment s'appellent-ils, ces trois-là ?
- Steinbock, Ibbieta et Mirbal, dit le gardien.
Le commandant mit ses lorgnons et regarda sa liste :
- Steinbock... Steinbock... Voilà. Vous êtes condamné à mort.
Vous serez fusillé demain matin.
Il regarda encore :
- Les deux autres aussi, dit-il.
- C'est pas possible, dit Juan. Pas moi.
Le commandant le regarda d'un air étonné..... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
peloignon
  09 juin 2013
Le Mur, c'est un recueil de cinq nouvelles captivantes, mais en même temps repoussantes, voir répugnantes.
Le Mur est à mon avis la meilleure nouvelle du lot. L'angoissante vanité de la vie et de la mort d'une absurde existence dénuée de sens y est montrée dans tout ce qu'elle peut comporter de visqueux, de poisseux, de désagréablement odorant et de laid. L'ironie de la transposition du sort qui semble peser de manière imminente sur un personnage à un autre par un tour de force arbitraire du destin a quelque chose de vraiment tragique et sublime.
La chambre et Érostate nous entraînent ensuite dans les tourbillons monstrueux de la déraison de l'extérieur et de l'intérieur. On y sent bien le gouffre mystérieux et angoissant que constitue la possibilité de la mort de l'esprit.
L'intimité m'a moins interpellé quelque peu. Les tourments d'une femme dont les besoins sont comblés d'une manière condamnée par une personnalité marquante de son entourage sont toutefois très bien montrés par Sartre. Si on compare avec les nouvelles qui l'entourent, le malaise y est situé dans un horizon franchement superficiel.
Enfin, étant donné le contexte de sa sortie en 1939, la dernière nouvelle, L'enfance d'un chef, où l'adolescent sort de son mal être en grande partie en embrassant l'antisémitisme, me laisse un goût particulièrement acre.
Chacun sait que Sartre contribuera activement à l'hebdomadaire collaborationniste Comoedia et qu'il s'arrangera pour coopérer avec les nazis pour faire jouer Les Mouches en 1943 et Huis Clos en 1944. Si il a tout de même montré subtilement son opposition au régime nazi, ça ne sera pas de manière à risquer de nuire à sa carrière, mais probablement plutôt pour s'assurer de ne pas trop se mouiller afin, justement, de préserver l'impunité au cas où la situation changerait. « Jamais nous n'avons été aussi libres que sous l'occupation allemande » dira Jean-Paul Sartre dans La République du silence. Cet amoralisme narcissique, cette mollesse devant l'horreur, qui ont sans doute contribué à ce qu'il soit nobelisé en 1964, m'ont toujours empêché d'estimer la personne de Sartre malgré ses indéniables qualités de dramaturge.
Bien que les sujets varient, ces variations tournent autour d'une même tonalité de l'existence : le malaise. le malaise devant la mort, puis devant la folie sous deux formes différentes, dans la vie de couple et enfin au cours de l'adolescence.
Autre élément remarquable, la variation de la sexualité du personnage principal alterne d'une nouvelle à l'autre.
Sur le plan littéraire, j'ai vraiment beaucoup apprécié ce recueil que j'ai dévoré très rapidement. C'est vraiment du très bon Sartre.
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Meps
  18 août 2018
En découvrant à la lecture que le Mur n'était pas un roman mais un recueil de nouvelles, j'ai d'abord ressenti une pointe de déception. J'ai toujours l'impression de moins aimer ce genre de la nouvelle que celui du roman (alors que d'autres expériences positives devraient m'enlever cet a priori). Et le sujet comme le ton de la première nouvelle m'ayant vraiment intéressé, je regrettais que l'histoire ne continue pas.
Mais toutes les nouvelles de ce recueil sont intéressantes, dans le traitement du sujet de l'enfermement que suggère le titre. Enfermement réel des prisonniers dans la première; enfermement d'un couple dans la folie dans la deuxième; enfermement d'un homme face à une société qu'il rejette et qui le pousse à un acte inconsidéré dans la troisième; enfermement d'une femme dans le quotidien de son couple dont elle cherche faussement à s'échapper dans la quatrième; et enfin enfermement progressif dans le rôle assigné par la famille et par les attentes des autres dans la dernière.
Sartre nous présente ici une galerie de personnages pour la plupart peu recommandables, totalement englués dans leurs existences et ne nous donne que peu d'espoir sur une issue favorable. Mais ces récits noirs sont éclairés par un humour caustique, l'évocation de l'actualité mais aussi presque du futur (son analyse du tueur de masse (à petite échelle ici) résonne avec certains faits divers américains et le questionnement sur le genre et l'identité sexuelle du dernier protagoniste m'a semblé d'une actualité particulière). Son style est très agréable, plongeant souvent dans les méandres de la pensée de ses personnages par des accumulations de phrases à la ponctuation variable qui m'ont parfois rappelé un Faulkner (je sais je parle toujours de lui !).
Bref, pour un amateur de Camus comme je le suis, il est appréciable de découvrir que son meilleur ennemi Sartre est également très intéressant à découvrir, moi qui n'avait lu de lui que son autobiographie Les Mots.
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julien33
  02 février 2014
Le Mur est un recueil de cinq nouvelles.
La première (sans doute la meilleure) donne son titre au recueil. « le Mur » est un impeccable et saisissant texte d'une trentaine de pages, qui rend compte des réactions humaines face à une situation extrême de l'existence.
L'intrigue a pour cadre la Guerre d'Espagne de 1936, entre les républicains et les nationalistes. Trois républicains ont été faits prisonniers par les troupes franquistes. Après un interrogatoire bâclé, on les enferme dans la cave d'un hôpital. Un commandant vient leur communiquer la sentence : ils seront fusillés le lendemain à l'aube. Un médecin belge est introduit auprès des prisonniers pour noter leurs réactions face à l'idée de la mort...
A partir de là, tout en imprégnant son texte d'une ambiance nauséeuse, Sartre parvient à extraire le minerai pur de l'angoisse. Les condamnés ne peuvent fuir leur situation, ils perçoivent leur mort de manière quasi matérielle. Ils sont confinés et englués dans une attitude figée, qui ne relève plus de l'existence mais de l'essence, car la mort, toute proche, va les justifier...
Sartre exploite génialement cette extraordinaire métaphore du mur. le symbole accède alors à une grande puissance philosophique... Au sens propre, il s'agit du pan de mur contre lequel on place le condamné pour l'ajuster et l'abattre. le mur empêche de fuir les canons des fusils braqués... Mais au sens figuré, le mur est infini, impénétrable ; il est ce qui empêche de fuir notre existence, la situation présente, à laquelle nous devons faire face.
La mort n'est qu'un cas parmi tant d'autres. Il est impossible de fuir son existence, sa liberté, et sa responsabilité, car un mur opaque, invisible, omniprésent, arrête toute tentative d'évasion. L'impasse de l'existence ne nous permettra jamais la fuite. L'on ne pourra jamais se fuir soi-même.
Un grand texte.

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lecassin
  12 octobre 2012
« le mur », unique recueil de nouvelles de Jean-Paul Sartre qui rencontra un vif succès – si l'on excepte la droite maurrassienne - à sa sortie en 1939, peu après « La nausée ».
Au delà du titre commun au recueil et à la première nouvelle, le mur est le symbole commun à ces cinq textes ; symbole d'enfermement, qu'il soit physique ou mental : un condamné à mort, « le mur », une femme qui assiste à l'enfermement de son mari dans la folie, « La chambre », un homme qui cherche à sortir de sa condition par un acte gratuit, « Erostrate », une femme prisonnière de sa relation avec son mari, « Intimité », un adolescent qui s'enferme lui même dans une idéologie monstrueuse, « L'enfance d'un chef ».
Des écrits qui divergent néanmoins par leurs préoccupations, d'ordre général pour « La chambre », « Erostate » et « Intimité », écrits en 1936 et liée à l'actualité pour« le mur » et « L'enfance d'un chef », écrits en 1938.
Plus facile que « La nausée », cinq textes qui constituent une excellente introduction à la pensée de Sartre
Néanmoins, je me permets ici, modestement, de recommander à tous ceux qui ont apprécié la nouvelle « le mur », de poursuivre le thème de la guerre d'Espagne et l'emprisonnement par la lecture de l'excellent « Un testament espagnol », d'Arthur Koestler
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DocIdoine
  21 avril 2019
Dans ce recueil de nouvelles de Jean-Paul Sartre, Erostrate est celle qui m'a frappé le plus. Un homme inférieur, mais fou d'orgueil, donc plein de ressentiment, se demande comment il peut devenir célèbre. Etant incapable d'égaler les autres dans ce qu'ils ont de meilleur, il choisit de les surpasser dans ce qu'ils ont de pire. C'est l'illustration par l'action de l'homme du ressentiment de Nietzsche et Scheler. L'allusion à l'Antiquité est claire: Erostrate, inférieur, impuissant, jaloux, décide d'incendier une des sept merveilles du monde, le temple d'Artémis à Ephèse: c'est l'unique moyen qu'il puisse trouver de se rendre célèbre. Erostrate sera torturé, condamné à mort et on interdira de jamais prononcer son nom. Evidemment, s'il avait été un poil plus malin, Erostrate aurait joué les pompiers pyromanes et aurait proposé de reconstruire en plus beau le temple d'Artémis...
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Citations et extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
AnalireAnalire   11 octobre 2012
On se demande où on trouve le courage de se lever le lendemain matin et de retourner au travail, et d'être séduisante et gaie, et de donner du courage à tout le monde alors qu'on voudrait plutôt mourir que de continuer cette vie-là.
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peloignonpeloignon   03 juin 2013
"C'est ta vie contre la sienne. On te laisse la vie sauve si tu nous dis où il est."
Ces deux types chamarrés avec leurs cravaches et leurs bottes, c'étaient tout de même des hommes qui allaient mourir. Un peu plus tard que moi, mais pas beaucoup plus. Et ils s'occupaient à chercher des noms sur leurs paperasses, ils couraient après d'autres hommes pour les emprisonner ou les supprimer; ils avaient des opinions sur l'avenir de l'Espagne et sur d'autres sujets. Leurs petites activités me paraissaient choquantes et burlesques: je n'arrivais plus à me mettre à leur place, il me semblait qu'ils étaient fou.
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MepsMeps   18 août 2018
Il était très séduit par le tour scientifique qu'avaient pris leurs confidences et, le jeudi suivant, il lut un ouvrage de Freud sur le rêve à la bibliothèque Sainte-Geneviève. Ce fut une révélation. "C'est donc ça, se répétait Lucien en marchant au hasard par les rues, c'est donc ça ! " Il acheta par la suite l'Introduction à la Psychanalyse et la Psychopathologie de la vie quotidienne, tout devint clair pour lui. Cette impression étrange de ne pas exister, ce vide qu'il y avait eu longtemps dans sa conscience, ses somnolences, ses perplexités, ses efforts vains pour se connaître, qui ne rencontraient jamais qu'un rideau de brouillard... "Parbleu, pensa-t-il, j'ai un complexe."
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MahaDeeMahaDee   17 janvier 2019
On nous poussa dans une grande salle blanche, et mes yeux se mirent à cligner parce que la lumière leur faisait mal. Ensuite, je vis une table et quatre types derrière la table, des civils, qui regardaient des papiers. On avait massé les autres prisonniers dans le fond et il nous fallut traverser toute la pièce pour les rejoindre. Il y en avait plusieurs que je connaissais et d’autres qui devaient être étrangers.
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BillDOEBillDOE   21 mars 2018
Ce qu’il y a c’est qu’en réalité on ne peut jamais prendre ça dans ses mains, si seulement ça pouvait rester tranquille, mais ça se met à bouger comme une bête, ça durcit, ça me fait peur, quand c’est dur et tout droit en l’air, c’est brutal ; ce que c’est sale l’amour.
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Amélie Nothomb, morte ? Elle ne se souvient de rien. Voici pourtant qu?une dénommée Plectrude lui annonce la sinistre nouvelle. Elle lui révèle également qu?une identité posthume est attribuée à chacun au terme d?une cérémonie. L?un ira au paradis des cinéastes et l?autre au paradis des boulangers, par exemple. L?éternité est moins longue lorsqu?on échange autour d?une passion commune... Amélie s?attend donc à retrouver Stendhal et Virginia Woolf au paradis des écrivains. Stupeur ! Elle se retrouve au paradis des philosophes, aux côtés de Platon et de Nietzsche ! S?agit-il d?une erreur ? En faisant appel de cette décision, Amélie va subir un drôle de Jugement dernier au cours duquel viendront témoigner les illustres gloires de la philosophie, depuis Spinoza jusqu?à Sartre.
Écrit « à la manière » d?Amélie Nothomb, ce conte philosophique de Marianne Chaillan est un voyage aussi drôle que méditatif qui invite le lecteur à découvrir autrement l??uvre de la romancière mondialement célèbre.
https://www.albin-michel.fr/ouvrages/ainsi-philosophait-amelie-nothomb-9782226397140
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