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ISBN : 2070400557
Éditeur : Gallimard (13/09/1996)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 647 notes)
Résumé :
Déporté à Buchenwald, Jorge Semprun est libéré par les troupes de Patton, le 11 avril 1945. L'étudiant du lycée Henri lV, le lauréat du concours général de philosophie, le jeune poète qui connaît déjà tous les intellectuels parisiens découvre à Buchenwald ce qui n'est pas donné à ceux qui n'ont pas connu les camps : vivre sa mort. Un temps, il va croire qu'on peut exorciser la mort par l'écriture. Mais écrire renvoie à la mort. Pour s'arracher à ce cercle vicieux, i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  03 octobre 2015
"Raconter bien, ça veut dire : de façon à être entendus". Telle est la conclusion de Jorge Semprun et de quelques amis en cet après 11 avril 1945, jour où le crématoire n'a pas été rallumé, jour de libération de Buchenwald par les Américains.
Longtemps, Jorge Semprun républicain communiste espagnol, exilé en France, résistant et déporté à Buchenwald sur dénonciation, n'a pas été sûr d'être revenu, poursuivi par des cauchemars récurrents. Très vite après son retour à la vie "normale" il a tenté d'écrire mais avait du mal à y survivre après son expérience de la mort journalière, alors que Primo Levi avait trouvé dans l'écriture de quoi apaiser sa mémoire.
C'est précisément dans cette forêt de l'Ettersberg qu'au 18e s. Goethe se promenait et travaillait à l'ombre des hêtres qui devaient servir à la construction funeste du camp de concentration de Buchenwald-Weimar.
Long cheminement moral, philosophique et littéraire de cet homme qui a tenté d'exorciser les démons du Mal nazi à travers des livres, des scénarios de films et même, un temps, comme ministre espagnol de la culture.
Tant de rencontres, tant de lieux, tant d'événements ont suscité au long des années des émotions telles que souvent l'amnésie délibérée de Jorge Semprun en était douloureusement réveillée. Comment dire l'indicible, comment imaginer l'inimaginable quand il n'a pas été vécu ?
Mélange de détails bouleversants et de scènes futiles de la vie ordinaire, le livre de Jorge Semprun (édité en 1994) interroge de mille façons la vie et la mort dans une alternance de dialogues et de monologues saisissants
.



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patrick75
  04 novembre 2012
C'est un récit sur la difficulté de revenir à une vie " normale" après avoir connu les camps nazis. Comme l'écrit l'auteur c'est une résurrection, les survivants sont revenus de la mort. Semprun a mis beaucoup de temps à se décider à écrire sur sa déportation. A en parler même.
Tout témoignage qu'il soit oral ou écrit ne saura reproduire l'odeur de la fumée s'échappant du crématoire.
A la lecture de ce livre, on comprend la réflexion de certains déportés : " A quoi bon témoigner, ils ne nous croiront pas".
Un livre contre l'oubli.
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bilodoh
  28 mars 2017
Écrire, un processus douloureux…

Si j'écris, je me raconte, y aura-t-il quelqu'un pour m'écouter, me comprendre?

Est-ce que raconter le passé permet de l'exorciser, ou au contraire, de s'enfoncer davantage dans la douleur intolérable? Et la question se pose avec acuité lorsqu'il s'agit d'un rescapé des camps nazis.

Ce n'est pas la culpabilité qui ronge l'auteur, il sait que sa survie est d'abord une question de chance. Ce qui l'empêche de profiter de la vie ce sont ces images qui surgissent même aux moments de bonheur : la neige qui tombe sur Buchenwald, l'odeur de la fumée du four crématoire, un ami qui meurt en récitant un poème. Raviver la mémoire pour écrire l'histoire, cela oblige à se plonger dans ces émotions, à revivre ces moments. Certains n'ont jamais complètement survécu à l'épreuve comme en témoigne le suicide de l'auteur Primo Levi.

Mais Jorge Semprún n'est pas qu'une victime de la guerre. C'est un Européen, espagnol de naissance, mais qui à vingt ans savourait déjà les poètes français et commentait Heidegger qu'il lisait en allemand. C'est un philosophe, un virtuose qui joue les mots et les idées, mais aussi un homme d'action et d'engagement politique, un vrai résistant.

Ce récit n'est pas une lecture distrayante, quand on lit sur les camps, ce ne l'est jamais. Un sujet qui touche au coeur des questions du Mal et de l'essence de l'être humain. Mais, malgré la folie meurtrière de la torture, un espoir de conserver un peu de fraternité.

La trame narrative n'est pas non plus facile, car elle suit le cheminement de pensée de l'auteur, avec ses redondances, avec une discontinuité qui mêle les moments de différentes époques. Ce n'est pas un roman, ce ne sont plutôt que des bribes de vies et réflexions.
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Merik
  16 décembre 2016
L'écriture ou la vie, voilà un dilemme surprenant pour le commun des mortels. Mais fait-on vraiment partie du commun des mortels quand on a réchappé d'un camp tel que Buchenwald ?
Après une telle expérience, le témoignage de Jorge Semprun nous enseigne qu'on ne revient pas vraiment à la vie, on reviendrait plutôt de la mort. Une mort cotoyée de si prêt et pendant si longtemps qu'il ne considère pas l'avoir évitée ou frôlée, mais plutôt vécue.
Comme si le réel passage dans l'au-delà ne se vivait pas, puisqu'il annonce justement la fin d'une vie.
Comme si fréquenter la mort au quotidien la faisait vivre.
Quoi qu'il en soit, des relents morbides sont à jamais inscrits dans son inconscient, susceptibles de jaillir au détour d'une respiration, parfois même dans un instant fugace de bonheur. Les premiers temps de son retour, il mettra l'écriture entre parenthèses, au profit croyait-il d'un retour à la vie : vie réelle ou vie rêvée, vie en pointillé.
le récit est magnifique, il ondoie majestueusement dans la vie de l'auteur avant ou après Buchenwald. Pour revenir faire une incursion dans ce pour quoi il écrit.
Un témoignage érigé en oeuvre d'art, voie qu'a élue Jorge Semprun pour tutoyer la bonne façon de raconter l'indicible.
Il aura mis une vie à finir par écrire ce livre. Même si je m'y suis parfois un peu perdu, je suis content qu'il ait traversé ma vie de lecteur.
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colimasson
  07 juin 2013
Jorge Semprun pose un dilemme auquel nous n'avons pas souvent l'habitude d'être confronté. Depuis quand faut-il choisir entre l'écriture et la vie ? D'un point de vue personnel, la question se pose depuis que Jorge Semprun a vécu l'expérience de la déportation à Buchenwald mais aussi, et surtout, depuis qu'il en est sorti. Vivant ? Il paraît… D'un point de vue biologique, c'est une certitude. Et pourtant, Jorge Semprun rabat leurs certitudes à toutes les victimes des apparences. S'il a l'air aussi étrangement vivant, c'est parce qu'il a traversé la mort : il l'a parcourue de bout en bout.

« Une idée m'est venue, soudain –si l'on peut appeler idée cette bouffée de chaleur, tonique, cet afflux de sang, cet orgueil d'un savoir du corps, pertinent-, la sensation, en tout cas, soudaine, très forte, de ne pas avoir échappé à la mort, mais de l'avoir traversée. D'avoir été, plutôt, traversé par elle. de l'avoir vécue, en quelque sorte. D'en être revenu comme on revient d'un voyage qui vous a transformé : transfiguré, peut-être. »

Mieux aurait-il valu mourir ? D'une certaine façon, oui, cela aurait été plus simple. En sortant de Buchenwald, en retrouvant sa vie, ses relations et ses habitudes d'avant le camp, Jorge Semprun découvre qu'il fait l'objet d'une méprise énorme. Tout le monde le prend pour un rescapé qui aurait échappé à la mort –en réalité, il connaît la mort mieux que celui qui ne serait plus là pour en témoigner. Et lorsqu'on lui demande de raconter son expérience des camps, Jorge Semprun se heurte à l'indicible. L'aspect frivole du langage apparaît et révèle ce qui semble être ces seuls objectifs : se constituer comme source principale de divertissement, au mieux comme média formalisé servant davantage de moyen (se lier avec d'autres individus dans un certain type de rapport) que de fin (transmettre des informations en adéquation ou non avec des idées reçues). Jorge Semprun ne peut donc pas raconter Buchenwald ni ses morts. Non seulement ses interlocuteurs ne le comprennent pas –ou le comprennent mal- mais lui-même perçoit le ridicule d'une telle volonté.

« Car la mort n'est pas une chose que nous aurions frôlée, côtoyée, dont nous aurions réchappé, comme d'un accident dont on serait sorti indemne. Nous l'avons vécue… Nous ne sommes pas des rescapés, mais des revenants… Ceci, bien sûr, n'est dicible qu'abstraitement. Ou en passant, sans avoir l'air d'y toucher… Ou en riant avec d'autres revenants… Car ce n'est pas crédible, ce n'est pas partageable, à peine compréhensible, puisque la mort est, pour la pensée rationnelle, le seul évènement dont nous ne pourrons jamais faire l'expérience individuelle… »

Alors Jorge Semprun élude, tourne autour du pot, essaie de trouver une nouvelle façon de parler quand même de cette expérience obsédante. Comme il le dit lui-même, le problème n'est pas technique mais moral. Peut-être est-ce d'ailleurs ce qui manque le plus aux gens qui l'entourent comme lorsque, plus tard, en visite à Buchenwald, devant la cheminée du crématoire, quelqu'un lui demande d'un air enjoué : « C'est la cuisine, ça ? » Ce qui, chez Jorge Semprun, provoque cette réaction : « J'avais horreur de moi-même, soudain, d'être capable d'entendre cette question. D'être vivant, en somme ».

Ainsi, pour ne pas se dégoûter davantage de lui-même, pour ne pas reléguer Buchenwald à la forme d'une vague historiette contée en termes usés et falsifiables, Jorge Semprun essaie de nous faire comprendre cette traversée de la mort par l'ampleur de ses conséquences présentes. Jorge Semprun est devenu une victime invisible –reconnu uniquement par lui-même et par les autres victimes- qui souffre d'être en perpétuelle inadéquation avec la vie « normale » en dehors des camps, cette vie qui lui semble à présent réduite, peu ambitieuse, peu consistante.

« C'était que la vie fût un songe, après la réalité rayonnante du camp, qui était terrifiant. »

Bardé de références et de relations, Jorge Semprun essaiera de donner une forme dicible à son expérience en la confrontant à celle des autres et en apprenant une certaine forme d'oubli -qui ne serait pas un mensonge adressé à soi-même mais ce qu'on appellerait aujourd'hui « résilience ». Il s'agit d'ailleurs du projet à l'oeuvre dans L'écriture ou la vie. Nous entendrons peu parler de Buchenwald et des souvenirs qui lui sont liés. Jorge Semprun a trouvé peut-être la meilleure façon de toucher autrui dans le récit d'une expérience personnelle : il s'agit de lui faire perdre sa ponctualité pour n'en garder que l'essence universalisable. L'écriture ou la vie bouleversera tout lecteur qui a pu connaître –de près ou de loin- cette sensation de décalage irréversible provoquée par l'expérience de la solitude mortelle. Et puisque, finalement, je reste également sans mots pour décrire d'une meilleure façon les sentiments qu'a pu me procurer cette lecture, je me réfugierai dans la facilité et laisserai l'honneur à l'un de mes porte-paroles préféré – Emil Cioran : « Pour qui a respiré la Mort, quelle désolation que les odeurs du Verbe ! »
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Citations et extraits (169) Voir plus Ajouter une citation
CorinneCoCorinneCo   06 juillet 2014
Extrait du chapitre "Le jour de la mort de Primo Levi"

"... A la dernière page du récit de Primo Levi, "la trêve", tellement familier - mais son expérience avait été bien plus terrible que la mienne - tellement fraternel - comme le regard de Maurice Halbwachs, agonisant sur le châlit du bloc 56 à Buchenwald - j'ai fermé les yeux.
"E un sogno entro un altro sogno, vario nei particolari, unico nella sostanza...."
Un rêve à l'intérieur d'un autre rêve, sans doute. Le rêve de la mort à l'intérieur du rêve de la vie. Ou plutôt : le rêve de la mort, seule réalité d'une vie qui n'est elle-même qu'un rêve.
Primo Levi formulait cette angoisse qui nous était commune avec une concision inégalable. Rien n'était vrai que le camp, voilà. Le reste, la famille, la nature en fleurs, le foyer, n'était que brève vacance, illusion des sens. [....]
C'est Rossana Rossanda qui m'avait donné à lire le récit de Levi, ainsi que son premier livre, "Se questo è un uomo". Elle me proposa de faire sa connaissance, elle pouvait organiser cette rencontre.
Mais je n'éprouvais pas le besoin de rencontrer Primo Levi. Je veux dire : de le rencontrer "dehors", dans la réalité extérieure de ce rêve qu'était la vie, depuis notre retour. Il me semblait qu'entre nous tout était déjà dit. Ou impossible à dire, désormais. Je ne trouvais pas nécessaire, peut-être pas convenable, que nous eussions une conversation de rescapés, un dialogue de survivants.
D'ailleurs, avions-nous vraiment survécu ? [...]
C'est la première nouvelle que j'entendis à la radio, le lendemain dimanche.
Il était sept heures, une voix anonyme égrenait les nouvelles de la matinée. Il a été question de Primo Levi, soudain. La voix a annoncé son suicide, la veille, à Turin. [...] La voix a dit l'âge de Primo Levi.
Alors avec un tremblement dans toute mon âme, je me suis dit qu'il me restait encore cinq ans à vivre. Primo Levi était, en effet, de cinq ans mon aîné. Je savais que c'était absurde, bien sûr. Je savais que cette certitude qui me foudroyait était déraisonnable : il n'y avait aucune fatalité qi m'obligeât à mourir au même âge que Primo Levi. Je pouvais tout aussi bien mourir plus jeune que lui. Ou plus vieux. Ou à n'importe quel moment. Mais j'ai aussitôt déchiffré le sens de cette prémonition insensée, la signification de cette absurde certitude. [....]
Soudain l'annonce de la mort de Primo Levi, la nouvelle de son suicide, renversait radicalement la perspective. Je redevenais mortel. Je n'avais peut-être pas seulement cinq ans à vivre, ceux qui me manquaient pour atteindre l'âge de Primo Levi, mais la mort était de nouveau inscrite dans mon avenir. Je me suis demandé si j'allais encore avoir des souvenirs de mort. Ou bien que des pressentiments, désormais. [...]
Quoi qu'il en soit, le 11 avril 1987, la mort avait rattrapé Primo Levi.
Une ultime fois, sans recours ni remède, l'angoisse s'était imposée, tout simplement. Sans esquive ni espoir possibles. L'angoisse dont il décrivait les symptômes dans les dernières lignes de la trêve.
"Nulla era vero all'infuori del Lager. Il resto era breve vacanza o inganno dei sensi, sogno...."
Rien n'était vrai en dehors du camp, tout simplement. le reste n'aura été que brève vacance, illusion des sens, songe incertain : voilà.
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nadejdanadejda   29 juin 2011
Sur la place d'appel de Buchenwald, un jour de mois de mars 1992, je me suis récité à voix basse le poème d'Aragon (Chanson pour oublier Dachau)

Il y a dans ce monde nouveau tant de gens
Pour qui plus jamais ne sera naturelle la douceur
Il y a dans ce monde ancien tant et tant de gens
Pour qui toute douceur est désormais étrange
Il y a dans ce monde ancien et nouveau tant de gens
Que leur propre enfants ne pourront pas comprendre

Oh vous qui passez
Ne réveillez pas cette nuit les dormeurs
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AunryzAunryz   11 novembre 2015
Il doit avoir mon âge, quelques années de plus. Je pourrais sympathiser.
Il me regarde, effaré d'effroi.
Qu'y a-t-il dis-je irrité sans doute cassant. Le silence de la forêt vous étonne autant ?
Il tourne la tête vers les arbres alentour. Les autres aussi. Dressent l'oreille. Non, ce n'est pas le silence. Ils n'avaient rien remarqué, pas entendu le silence. C'est moi qui les épouvante, rien d'autre, visiblement.
Plus d'oiseaux, dis-je, poursuivant mon idée. La fumée du crématoire les a chassés, dit-on. Jamais d'oiseaux dans cette forêt...
Ils écoutent, appliqués, essayant de comprendre.
- L'odeur de chair brûlée, c'est ça !
Ils sursautent, se regardent entre eux. Dans un malaise quasiment palpable. Une sorte de hoquet, de haut-le-cœur.

(Slow²Reading & lecture de la page http://wp.me/p5DYAB-1Dw)
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colimassoncolimasson   06 juillet 2013
[…] il n’y a pas de mot en français pour saisir d’un seul trait la vie comme expérience d’elle-même. Il faut employer des périphrases. Ou alors utiliser le mot « vécu », qui est approximatif. Et contestable. C’est un mot fade et mou. D’abord et surtout, c’est passif, le vécu. Et puis c’est au passé. Mais l’expérience de la vie, que la vie fait d’elle-même, de soi-même en train de la vivre, c’est actif. Et c’est au présent, forcément. C’est-à-dire qu’elle se nourrit du passé pour se projeter dans l’avenir.
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patrick75patrick75   04 novembre 2012
Une sorte de malaise un peu dégoûté me saisit aujourd'hui à évoquer ce passé. Les voyages clandestins, l'illusion d'un avenir, l'engagement politique, la vraie fraternité des militants communistes, la fausse monnaie de notre discours idéologique : tout cela, qui fut ma vie, qui aura été aussi l'horizon tragique de ce siècle, tout cela semble aujourd'hui poussiéreux : vétuste et dérisoire.
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