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EAN : 9782070376124
512 pages
Éditeur : Gallimard (04/12/1984)
3.77/5   39 notes
Résumé :
Sous son activité de directeur adjoint d'une société espagnole de commerce, Ramón Mercader cache sa véritable identité et sa mission d'agent secret au service de l'U.R.S.S. Cible pour les uns, appât pour les autres, il est victime, à Amsterdam, d'un guet-apens et on le retrouve " suicidé " dans sa chambre tandis que les services de contre-espionnage soviétiques fabriquent un dossier destiné à le faire passer pour traître. A travers son héros - et son homonyme réel, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Nimauzza
  17 octobre 2018
J'ai choisi ce livre sur les rayons de la bibliothèque à cause de son titre. Je m'étais déjà intéressée à la biographie de Ramon Mercader del Rio, assassin de Trotski, à travers le livre passionnant de Leonardo Padura : « L'homme qui aimait les chiens ». Voilà donc l'occasion de découvrir Jorge Semprun écrivain.
L'action se déroule au printemps 1966, en pleine guerre froide, à Amsterdam.
Le roman commence par une déconcertante et longue analyse artistique du tableau de Vermeer, « une vue de Delft » au musée Mauritshuis de la Haye. Ce tableau constitue une sorte de fil rouge tout au long du récit. Déconcertant aussi le manque de rigueur chronologique dans la première partie, on se perd un peu à saisir le lien entre tous les protagonistes de cette histoire, ce qui contraint parfois à un retour en arrière. D'autant que l'auteur se plait à quelques digressions littéraires fort intéressantes par ailleurs, sur l'attitude d'un personnage, ou une expression qu'il aurait employée, avec humour souvent. Mais petit à petit, à notre grande surprise, les diverses pièces du puzzle s'imbriquent de façon cohérente, et il devient difficile de lâcher la lecture.
Car c'est un roman d'espionnage, et, sans doute pour nous plonger dans l'atmosphère complexe entre Russes et Américains à cette époque, où il est difficile de savoir qui agit pour qui, qui est un agent double, qui est un agent infiltré, l'auteur s'est plu à nous perdre dans l'histoire personnelle et politique de chacun de ses personnages, de la guerre d'Espagne à la révolution russe, en passant par la deuxième guerre mondiale et la RDA.
Mais c'est aussi un roman politique. A travers ce roman, l'auteur livre son regard désabusé sur la politique de l'Union Soviétique ; comment Staline, dans son délire paranoïaque, a dépouillé la Révolution de ses idéaux, en éliminant les uns après les autres ceux qui s'étaient battus pour un monde différent. Un deuxième Ramon Mercader, sacrifié lui aussi, au nom d'une idéologie dont on peut finalement douter de la légitimité et de la sincérité.
Un roman autobiographique aussi en quelque sorte, beaucoup d'éléments de sa vie personnelle se retrouvent dans le héros Ramon Mercader, et c'est un peu son rôle d'activiste communiste espagnol contre le régime de Franco qui sert de trame à ce roman.
« L'homme qui aimait les chiens », un livre passionnant entre guerre d'Espagne, révolution russe, et révolution cubaine, lu et relu.
« La deuxième mort de Roman Mercader », à relire certainement, pour une réflexion plus approfondie sur l'action politique.
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Ana_Kronik
  06 mai 2021
Un jeu de piste déroutant, voisin de l'hallucinatoire, dans les rues d'Amsterdam. On ne sait qui roule pour qui...
Semprun est un maître des descriptions. Qu'il s'agisse de décrire le célèbre tableau de Vermeer, la Vue de Delft, ou une prostituée dans sa vitrine, il nous fait découvrir des sensations que peu d'auteurs sont arrivés à égaler.
Et puis, il y a le contexte historique, le jeu d'espions de la guerre froide. Les fondements politiques, le dévoiement du communisme par la bureaucratie soviétique, évoqué dans quelques courtes séquences aussi impitoyables que désespérantes.
En prime, je ne peux m'empêcher de penser que si le communisme soviétique a connu la fin que l'on sait, le monde dans lequel nous vivons en possède aussi quelques traits peu enviables. En quelques phrases assassines, Semprun lâche deux ou trois vérités d'aujourd'hui: comme la vie est simple quand on l'accepte telle qu'elle, et surtout, quand on est tombé du bon côté de la vie; ou la classe ouvrière n'est plus que la productrice inerte d'une plus-value manipulée par la bureaucratie. Remplacez bureaucratie par élite dominante auto-proclamée, et le résultat est le même.
Je n'avais encore rien lu de cet auteur. Époustouflant. Par le style, la densité, la variété et la profondeur des thèmes abordés, je l'ai trouvé nettement supérieur à la série des gens de Smiley, qui m'avait pourtant séduite à ses débuts (le dernier de la série, Retour de service, étant à mon avis celui de trop).
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polarjazz
  20 janvier 2016
Ou comment écrire un roman de 342 pages racontant les 3 derniers jours de la vie de Ramon Mercader en avril 1966.
Comme tout bon roman d'espionnage se déroulant dans les années 60, il y a les américains ; il y a les russes. Nom de code Humpty-Dumpty. Une petite incursion de l'art avec La vue de Delf, un tableau de Vermeer et le Chardonneret de Carel Fabritius ; de la culture avec l'Encyclopaedia Britannica. de l'humour avec Jorge Semprun. Les nombreux personnages se croisent autour de ce Ramon Mercader, se rencontrent.
Il y a des procédés littéraires tels que les répétitions, flash-back, interventions du narrateur. le lecteur est actif.
A relire.
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crapette
  08 juin 2011
Pour mieux comprendre le dernier livre de Léonardo Padura : "L'Homme qui aimait les chiens"
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
polarjazzpolarjazz   18 janvier 2016
et la vielle demoiselle, dans l'allégresse de cette mémoire revenue (je pensais à la justesse, parfois paradoxale en apparence, des expressions toutes faites : mémoire revenue, bien sûr, car la mémoire ne se détruit jamais entièrement, elle s'effrite, elle se dégrade, mais surtout, dans la force de l'âge, elle s'absente, ses richesses se réfugient ailleurs, se replient sur elles-mêmes, s'objectivant dans le non-être pléthorique d'où elles peuvent, à chaque instant, au moindre hasard heureux, revenir, mémoire revenue, reconstruite dans ce cas précis autour de cette vieille photographie
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SiegebertSiegebert   03 janvier 2013
Il l'avait vécue, lui, [notre histoire], sous les espèces dramatiques de la révolution. Je la vivais, moi, sous les espèces dérisoires du renseignement.
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Ana_KronikAna_Kronik   06 mai 2021
Dans cette histoire, qui se répétait maintenant sous la forme dérisoire de la farce, ils avaient chacun joué leur rôle. Au cours des années vingt, Oujakov avait parcouru l'Europe en tous sens, sous de faux noms multipliés et changeants. Il était fonctionnaire du Komintern. À Berlin, dans le désordre touffu, dans la fumée des discours et des combats de rues, la révolution semblait prendre racine: mais elle ne mûrissait pas, elle pourrissait sur pied.
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CorinneCoCorinneCo   14 avril 2021
l l'avait vécue, lui, [notre histoire], sous les espèces dramatiques de la révolution. Je la vivais, moi, sous les espèces dérisoires du renseignement.
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SiegebertSiegebert   03 janvier 2013
Tous les morts reposent dans l'inquiétude d'une mort peut-être inutile.
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Videos de Jorge Semprun (67) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jorge Semprun
Le 3 juillet 1966, Jorge Semprún était l'invité de l'émission “Au cours de ces instants”, animée par José Pivin. Des extraits de son livre “Le Grand Voyage” étaient lus par Michel Bouquet ainsi que par l'auteur lui-même. Photographie : Jorge Semprún à Paris en 1970. Source : Archive familiale. Crédit photo : D.R.
Source : France Culture
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