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EAN : SIE279535_644
Éditeur : Centre international de créations théâtrales (01/01/1974)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Le nom de Timon était devenu proverbial dans l'Antiquité pour exprimer un misanthrope. L'histoire de sa misanthropie, et le bizarre caractère de ce personnage frappèrent sans doute Shakespeare pendant qu'il s'occupait d'Antoine et Cléopâtre...
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
colimasson
  19 juillet 2012
Timon d'Athènes fera bientôt une croix sur la deuxième partie de sa dénomination… Vivre dans la grande cité grecque ne lui convint qu'un temps, lorsqu'il croyait être entouré d'amis de confiance qu'il régalait de banquets prodigieux et à qui il n'hésitait pas à fournir crédits et autres avances sur dettes… Prodigue jusqu'à s'en compromettre, le brave Timon, qui ne se faisait jamais prier pour mettre la main à la poche afin d'aider son prochain, ne doutait pas qu'on puisse agir différemment avec lui.
La naïveté sera punie. Arrive ce que tout le monde avait prévu, et ce dont Timon avait été à maintes reprises prévenu : sa ruine. Timon hausse les épaules. Il se remémore le nombre de ceux qu'il a aidé et compte sur eux comme autant d'hypothétiques créanciers. Mais lorsqu'il envoie ses valets quémander auprès d'eux, il ne récolte rien de plus que des refus et des excuses embarrassées. Toute une vie de bonté, passée jusque-là pour totalement désintéressée (mais finalement pas tant que ça) prend fin. Timon le philanthrope devient Timon le misanthrope. Toutefois, personne ne s'en doute encore… Pour marquer les esprits de ce changement radical, le grand Timon organise un ultime banquet qui deviendra le symbole de l'aversion nouvelle qu'il éprouve pour ceux qu'il avait pris pour ses amis, et –par extension- pour tous les hommes. Puis, il se retirera loin d'Athènes, préférant bêcher la terre plutôt que de continuer à fréquenter ses semblables -mais aussi parce qu'il ne possède plus rien et qu'il ne veut pas se résoudre à finir mendiant.
Timon le Misanthrope ressemble à un Diogène, à la seule différence près qu'il ne supporte ni la solitude, ni le silence. Même dans son exil hors d'Athènes, il ne sera jamais seul très longtemps, toujours amène à sa manière lorsqu'il s'agit de vitupérer contre la nature humaine. A ce titre, Apémantus, qui abhorre les hommes depuis toujours, semble plus proche de Diogène que ne l'est Timon. La verve superbe qu'il déployait contre ses interlocuteurs, dans des dialogues dont chaque réplique est ponctuée par une pique percutante, se retrouve plus modérée lorsqu'il va à la rencontre du Timon misanthrope. Ultime assaut de son esprit contestataire ? il refuse alors d'admettre la pure misanthropie de Timon car toute haine des hommes ne peut se passer du plaisir de trouver un exutoire dans la parole –contradiction ultime. Surtout, Apémantus tourne au ridicule la soudaine conversion de Timon : comment l'homme prodigue a-t-il pu faire disparaître tous ses bons sentiments en un jour ? La question est de savoir qui, de Timon le misanthrope ou de Timon le philanthrope, est le plus honnête des deux… Entre comédie et tragédie, difficile de trancher, même si le déroulement de la pièce et la condition de Timon en eux-mêmes nous font clairement pencher du côté de la tragédie. Mais il y a dans le personnage des comportements absurdes et des contradictions flagrantes qui le rendent ridicules aux yeux avisés d'Apémantus, le véritable contempteur de l'humanité. Celui-ci n'épargne pas non plus les profiteurs, dont la convoitise rapace est exacerbée à travers les figures du peintre, du poète ou du marchand. Au-delà des portraits extrêmes de la philanthropie ou de la misanthropie, on devine l'esquisse d'une figure de véritable bonté à travers le personnage d'Alcibiade. La peinture est donc riche, qui ne se limite pas à la caricature de quelques personnalités grossières.
Timon d'Athènes mêle le plaisir de la forme à travers un style à la fois lyrique et épique, et le plaisir du fond, qui fait se côtoyer des figures extraites du panel des différents rapports à l'homme que l'on peut dénombrer entre les deux extrêmes de la misanthropie et de la philanthropie. Shakespeare, par la puissance de cette pièce, devient un argument à lui seul défendant la foi que requiert l'humanité !
Lien : http://colimasson.over-blog...
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NMTB
  23 avril 2016
Timon est un Athénien favorisé par la Fortune, riche, entouré, généreux et un peu inconscient, naïf. Tous ceux qui bénéficient de ses largesses, citoyens, serviteurs, artistes, marchands, l'encensent et assurent qu'ils lui seront à jamais reconnaissants et dévoués. Dans ce bonheur parfait et ce concert de louanges, Apémantus apporte une note disharmonique. Philosophe cynique, il insulte tout le monde et rappelle sans cesse que les hommes sont pires que des chiens. La Fortune tourne, Timon se retrouve ruiné et, comme l'avait prévu Apémantus, abandonné par ses anciens flatteurs. Devenu l'exact contraire du bienfaiteur qu'il était au début, plus que désabusé, en colère, il maudit Athènes et tous ses habitants, en adoptant un mode de vie cynique, méprisant l'or et ses adorateurs.
Une pièce répétitive et pas très imaginative, conçue comme un diptyque, la vie de Timon avant son infortune et après, bienheureux béat et misanthrope aigri ; pour une fin moraliste qui prône la modération et le discernement.
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Jaures95
  21 octobre 2018
J'ai assisté à une représentation de la pièce de Shakespeare en 2017 au Théâtre de la Tempête et j'ai eu envie de lire le texte.
Ce n'est certainement la pièce la plus connue de l'auteur et ce n'est sans doute pas non plus son texte le plus puissant.
Néanmoins ces textes classiques font toujours de l'effet par leur forme et leur style. S'appuyant sur un personnage de l'Antiquité grecque , W S se livre à une satyre de son temps : le pouvoir de l'argent, la duplicité , l'hypocrisie ... bref les pire penchants de la nature humaine toujours actuels.
A découvrir
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   09 novembre 2018
Le soleil est un voleur qui, par sa puissante attraction, vole le vaste océan ; la lune, voleur effronté, vole au soleil la pâle lumière dont elle brille. L’Océan est un autre voleur qui fond la lune en larmes salées et les mêle à ses flots. La terre est un voleur qui ne produit et ne nourrit que par un mélange soustrait au résidu de toutes les substances. Toute chose est un voleur ; les lois, votre frein et votre verge, sont elles-mêmes, par leur pouvoir tyrannique, les plus effrénés des brigands.

(Timon aux voleurs, Acte IV, scène 3)
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palamedepalamede   11 novembre 2018
Dans des circonstances toutes semblables, les hommes ne sont pas toujours les mêmes. C’est le temps et le chagrin qui ont produit en lui ce changement ; le temps, en lui offrant d’une main plus propice le bonheur de ses premiers jours, peut ressusciter en lui l’homme d’autrefois.

(Second sénateur à Flavius, Acte V, scène II)
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palamedepalamede   10 septembre 2017
... notre poésie est comme une gomme qui coule de l’arbre qui la nourrit. Le feu caché dans le caillou ne se montre que lorsqu’il est frappé ; mais notre noble flamme s’allume elle-même, et, comme le torrent, franchit chaque digue dont la résistance l’irrite.

(Acte I, scène I)
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palamedepalamede   22 juillet 2019
De quoi avez-vous besoin ? Voyez ! la terre a des racines, dans l'espace d'un mille jaillissent cent sources ; les chênes portent des châtaignes, les ronces, des fruits écarlates, la généreuse ménagère Nature, à chaque buisson, met le couvert devant vous. Besogneux ! De quoi avez-vous besoin ?

Acte IV, scène III
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palamedepalamede   08 septembre 2017
...les hommes apprennent à se dispenser d’être charitables : l’intérêt est au-dessus de la conscience.

(Acte III - scène II)
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Videos de William Shakespeare (341) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de William Shakespeare
William Shakespeare : Hamlet (1954 / France Culture). “Hamlet” de William Shakespeare dans une traduction de Marcel Pagnol et dans une mise en scène de Serge Reggiani. Cette mise en scène de “Hamlet” est signée par Serge Reggiani, qui joue également le rôle titre. Elle a été enregistrée au Festival d'art dramatique d'Angers, sous la direction de Jean Marchat (sociétaire de la Comédie-Française), dans l'enceinte du château du roi René, et elle a été diffusée pour la première fois le 8 juillet 1954 sur la Chaîne Nationale. Musique originale de Louis Bessières. Charles Oulmont présentait ainsi la pièce : « Qu'aurait pensé Shakespeare du prodigieux décor dans lequel on a joué Hamlet au Festival d'Angers avec un succès si triomphal que malgré les 2000 places proposées au public, on n'aurait pas pu placer une épingle entre les spectateurs ? Serge Reggiani, parfait metteur en scène, a su utiliser au mieux les trois plans que lui offrait la gigantesque muraille, sans doute il s'est servi des escaliers avec une extrême variété. […] Il a accordé son soin le plus attentif au portrait même d'Hamlet, qu'il a incarné dans toute sa complexité avec ses angoisses, sa rage, sa tendresse et sa folie. »
Avec : Serge Reggiani, Louis Arbessier, Charles Nissar, Roger Pigaut, Jean Vinci, Dominique Blanchar et Lucienne Le Marchand.
Source : France Culture
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