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Jingyi Xiao (Traducteur)J.M.G Le Clézio (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070404667
706 pages
Gallimard (03/01/2000)
4.16/5   149 notes
Résumé :
Comme le titre l'indique, Quatre générations sous un même toit est d'abord une histoire de famille.
Le roman s'ouvre sur l'anniversaire du vieux Qi, le patriarche qui vit avec toute sa famille réunie, dans l'une des cours du Petit-Bercail à Pékin. Il est fier que sa longévité lui permette de connaître jusqu'à ses arrière-petits-enfants. Pour un homme qui a vu la fin de l'Empire et les boxers, c'est une bénédiction céleste. Sa seule crainte est que la célébrat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
4,16

sur 149 notes
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Christels
  08 juin 2020
Grand (et gros) classique de la littérature chinoise, un incontournable !
En 1937, le Japon envahit une partie de la Chine, dont la ville de Pékin où vit la famille Qi.
Du patriarche de 80 ans à son arrière petit-fils, tous habitent la même maison, située dans un hutong, une ruelle comprenant plusieurs habitations ayant des espaces communs. Lao She nous fait partager, pendant les 8 ans que dura l'occupation japonaise, le quotidien de cette petite collectivité, échantillon représentatif du tissu social de Pékin.
La guerre, comme toujours, est flanquée de son cortège de privations et de cruautés : la faim, le froid, l'injustice, la torture, la trahison, la barbarie, la peur...
Mais malgré les drames engendrés par le conflit, la vie s'écoule.
Entre résistance et collaboration, respect des traditions et modernité, les habitants du hutong se divisent. Certains se révèlent délateurs, opportunistes, avides de pouvoir ou d'honneurs dérisoires, dans un pays où les relations sociales sont primordiales.
L'importance des coutumes, qui se traduit par des codes sociaux et des rituels rigides, freine largement la résistance de la population à l'oppression japonaise.
Bien que les sentiments nationalistes se renforcent face à l'envahisseur, la résistance chinoise est le plus souvent passive, non exprimée, et tend essentiellement à assurer la survie.
Pourtant, les jeunes générations, plus individualistes, s'affranchissent du fatalisme de leurs aînés et s'engagent dans la lutte.
Ruixuan, le fils aîné du vieux Qi, fait le lien entre un passé figé et un avenir incertain.
Grâce à ses descriptions précises des modes de vie, des relations sociales, et des mentalités chinoises, Lao She nous introduit dans la vie de ses personnages. Son style est fluide, limpide et surtout très vivant, car empreint d'humour et de dérision.
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Zebra
  24 août 2014
« Quatre générations sous un même toit » est un roman de l'écrivain chinois Lao She. Écrit entre 1940 et 1942, édité au Mercure de France en 1996 dans une traduction française réalisée par Jing-Yi Xiao, ce livre de 551 pages est le premier des trois tomes d'un roman-fleuve (100 chapitres pour près de 1000 pages) qui décrit la vie de trois familles vivant à Pékin dans l'étroite ruelle du Petit-Bercail (un des multiples hutong de Pékin) sous l'occupation japonaise de 1937-1945.
Dans ce premier tome (34 chapitres), le lecteur découvrira la vie quotidienne de ces familles et de leurs voisins (au total, plus de 30 personnes) avec des détails d'un réalisme saisissant. Incroyablement vivante, cette fresque -centrée sur Pékin et ayant en toile de fond la patrie et la conduite à tenir face à l'occupant japonais- dépeint avec un humour mordant (« lire le journal, voilà le passe-temps favori des Pékinois. Non seulement ils y apprennent beaucoup de choses mais ils peuvent l'utiliser pour se couvrir le visage quand ils sont de mauvaise humeur ») et dans un style simple et émouvant la famine, ses souffrances et ses conséquences sur ces familles, à savoir la résignation, la résistance (passive ou active) ou la collaboration avec l'ennemi. Devant les « misères » de l'occupation, les Chinois s'organisent, avec leurs coutumes, leur politesse, et l'éternel respect de l'étiquette (« essuyer sa sueur sur son pantalon ! Quel geste vulgaire »), dont on sait la part qu'elle tient dans leur société. Dans ce hutong de Pékin (qui est un personnage à part entière, avec ses détritus, son odeur, ses cerisiers en fleurs, ses sophoras et les mouvements de celles et ceux qui s'y attardent), la famille Qi rassemble sous un même taudis quatre générations : bien vite, à la faveur des évènements, ce microcosme est partagé devant la conduite à tenir : héros, victimes impuissantes, crapules, tous trouveront leur place au prix de compromissions, de confrontations ou d'adhérences plus ou moins durables.
Lao She oppose le bien et le mal. Loin de dénoncer, l'écrivain laisse le lecteur se faire une opinion ; il l'aide en parsemant les dialogues et les descriptions de réflexions politiques, morales, historiques et philosophiques, fidèle en cela à la tradition du roman chinois classique. Quelle est la part de fiction et la part de l'Histoire dans cette longue narration? Difficile à dire. Mais, en tous cas, Lao She dissèque, analyse et nous montre ce que furent les motivations, les atermoiements et les engagements de chacun, sans jamais dénoncer ou blâmer les uns ou les autres. En grattant sous cette couche protectrice (Lao She craignait, à juste titre, pour sa survie dans une Chine gagnée par la Révolution Culturelle et par le fanatisme naissant de ses premiers Gardes Rouges), le lecteur sentira le mépris sincère de l'écrivain pour les travers de comportement de ses semblables : égoïsme, peur et choix délibéré de préserver un petit confort personnel. Émouvant, sincère, réaliste, détaillé jusqu'à l'excès, délicat et profondément humain, empreint par endroits d'une certaine poésie (Peiping -ancien nom de Pékin- c'est la « ville pacifique par excellence, avec ses lacs et ses collines, son palais impérial, ses terrasses et ses autels, ses temples et ses monastères, ses résidences et ses parcs, son mur-écran aux 9 dragons multicolores, ses vieux thuyas, ses saules vert émeraude, ses ponts de marbre blanc ... »), « Quatre générations sous un même toit » aurait pu être une perle.
Mais l'ouvrage m'a paru trop long (tout pouvait être dit en 200 pages), sans réel temps forts (à l'exception de l'emprisonnement et du retour d'un des protagonistes) et trop caricatural (que ce soit vis-à-vis des Japonais dont il dénonce la cupidité et l'imbécilité, des Mandchous qu'il fait passer pour des gens raffinés ou des Chinois dont il glorifie la patriotisme et l'envie de prendre en main leur destin). le roman est par ailleurs truffé d'invraisemblances (un exemple, les Japonais sont invisibles ; ils ouvrent ou ferment les portes de la ville quand bon leur semble, et ils organisent quelques défilés, un point c'est tout) et il est d'un idéalisme naïf, pour ne pas dire béat, l'auteur ne dénonçant les choses et les faits qu'à fleuret moucheté, à de rares exceptions près (page 435 « la Chine avait une culture très ancienne, mais malheureusement, elle commençait à être moisie et un peu pourrie par endroits »). Dommage : je mets donc 3 étoiles.
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Bruidelo
  07 octobre 2019
«Lorsqu'on devient le sujet d'un pays qui a perdu son indépendance, on ne sait plus comment se comporter, on ne sait plus que penser.»
Au début du roman, c'est avec satisfaction que le vieux Qi regarde sa vie: sa famille n'a fait que croître, préservée des deuils, et les voilà quatre générations sous un même toit. Il se sent un peu semblable à l'un des vieux arbres de la cour, dont toutes les branches ont déjà donné nombre de fleurs et de feuilles, et il aspire à jouir d'une existence paisible débarrassée des soucis matériels.
Mais nous sommes en 1937, Pékin tombe entre les mains des Japonais et l'occupation de la ville par une puissance étrangère va bouleverser la vie quotidienne du vieil homme et de ceux qui l'entourent.
L'occupation vient sinistrement perturber le jeu social; la risible comédie de moeurs que Lao She prend visiblement plaisir à représenter, avec notamment sa peinture du ridicule des arrivistes sans scrupules, peut virer à la tragédie quand ils se transforment en collabos, délateurs. Elle divise la société chinoise, la ruelle où vit le vieux monsieur Qi, sa famille, entre ceux qui partent se battre, ceux qui subissent, avec plus ou moins de petites résistances quand ils le peuvent, et ceux qui collaborent. Elle place son petit fils, Ruixan, devant des dilemmes douloureux: il voudrait quitter Pékin, aller se battre contre ceux qui envahissent son pays, mais il doit assurer la subsistance, voir le bien-être de quatre générations sous le même toit, et il ne veut pas se compromettre avec l'envahisseur... Elle nous rend cet univers pékinois beaucoup plus proche que ce à quoi on s'attend lorsqu'on ouvre un roman asiatique tant les préoccupations des Chinois sous occupation japonaise peuvent parfois nous faire penser à ce qu'on a pu lire sur les Français pendant l'occupation allemande.
Un roman qui m'a bien intéressé, très instructif sur une réalité historique que je connais mal, sur la vie à Pékin en 1937, dans une ruelle offrant une diversité sociale que Lao She évoque avec talent.
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pdemweb1
  18 novembre 2014
Le tome 1 des quatre générations sous le même toit est facile à lire intéressant, pour connaitre l'état d'esprit de pékinois différent pendant l'occupation japonaise durant la dernière guerre mondiale.
Le genre des comportements de Pékinois ressemble aux comportements des français pendant l'occupation allemande. Lao She utilise des formules lapidaires et efficaces pour caractériser ses personnages.
Après la lecture du Tome1, le titre m'étonne ; il y a quatre générations sous le même toit, mais il n'y a pratiquement aucune relation ou complicité intergénérationnelle dans cette famille. Lao She montre le cheminement de très individualiste de ses personnages, car à part entre les frères, il n'y a jamais de discussion entre les membres de la famille Qi. Les tomes suivants montreront certainement le contraire...
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ASAI
  11 mai 2021
Premier volume de l'oeuvre de Lao She.
J'ai envie de commencer cette chronique par la raison, les raisons qui m'ont amené à acheter pour les lire, les trois volumes de ce classique, grand classique (édition Poche Folio).
Première raison, c'est du hasard.
Deuxième raison, je cherche de l'exotisme, et me tourne vers les auteurs de l'Asie que je connais un peu, pas beaucoup, mais quand même.
Troisième raison, je cherche un roman long, avec une belle histoire, voire, de belles histoires, oui, quelque chose qui traine en longueur (ce qui ne veut pas dire l'ennui) et donc sur une période longue aussi.
Quatrième raison, je ne veux ni du suspense, ni du, comment disent les Occidentaux ces temps-ci … ah oui du « feel good », ni du « fast food », ca se ressemble un peu, non ?...Je veux du réalisme, de l'authentique, quelque chose d'ancré dans un contexte socio-historico-politique, bref un truc qui dérange, qui décoiffe, qui t'apprend sur une vraie histoire, qui te remet dans des contextes politiques, et qui te rappelle que des gens se sont battus pour des choses limites nommables aujourd'hui comme la liberté, la fraternité, l'égalité.
Quatre raisons pour lire quatre générations.
Un peu compliqué pour les premières pages, il m'a été plusieurs fois nécessaire de reprendre les deux pages où les personnages et leur filiation sont décrits précisément (merci à l'éditeur), les noms et prénoms, ce n'est pas simple au départ, mais on s'y fait, et alors là, j'ai eu l'impression d'avoir été embarquée au sens littéral, de naviguer gentiment.
Un premier tome empli d'humanité. Même s'il faut lire une centaine de pages, même deux centaines, les personnages deviennent de plus en plus profonds, alors soit dans l'ignominie, soit dans la main tendue, le coeur ouvert. Cette lecture est formidable car les comportements décrits dans un contexte très précis et que Lao She met en scène très pudiquement, soit, l'invasion japonaise de la Chine à partir de juillet 1937, et très pudiquement évoque les arrestations, les exécutions, les tortures, les souffrances, les délations, les trahisons, ces comportements sont universels, aussi bien dans le temps que dans l'espace. Mais, j'aime dans cette lecture, le rapport à la géographie de Peiping (Pékin), les vieilles ruelles, l'architecture des maisons traditionnelles, le rapport à la nature, les arbres, les fleurs, leurs parfums, tout ce qui a disparu avec la modernisation contemporaine de la ville.
Car si chaque personnage de ce livre peut trouver ici et maintenant son correspondant (le courageux, le lâche, le pur, le corrompu, le raté, etc…) ce livre est un hymne à une ville disparue, un mode de vie éteint, un amour de l'autre volatile.
L'écriture est directe, comme l'objectif de son auteur, mais riche dans sa volonté de précision, variée, entre les descriptions et les dialogues, elle donne à la lecture une fluidité très agréable.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra   03 août 2014
page 258 [...] Le jour des funérailles fut bien sûr, pour tous, le jour le plus triste. Sous les grands sophoras, seize gaillards, qui ne portaient pas la longue robe des bonzes, soulevèrent très lentement, très précautionneusement, sous le commandement de M. Li, le grand cercueil blanc. Il n'y avait pas de cloche funèbre; la jeune madame Qian, les cheveux sur les épaules, vêtue d'une très longue tunique de deuil en toile grossière, marchait en tête du cortège, devant le cercueil; on aurait dit un fantôme. M. Jin, triste, l'air éteint, la tenait par la main; ses larmes coulaient sur son nez rouge. Au moment où le cercueil fut soulevé de terre, il frappa le sol de ses grands pieds. Un petit groupe de musiciens se mit à jouer une musique simple à l'aide d'instruments à vent et à percussion. M. Li cria la formule d'usage pour le pourboire, mais s'interrompit en plein milieu.
Il devait être très vigilant, car il rythmait le pas des porteurs avec ses règles sonores. Cette fois-ci cependant, il n'avait pas le cœur à les frapper trop fort. Mme Qian était assise sur une charrette, attelée à une mule efflanquée, qui avançait lentement, juste derrière le cercueil. Les yeux secs de la vieille jetaient toujours la même lueur étrange et fixaient obstinément l'arrière du cercueil; sa tête remuait au rythme de la charrette.
Le vieux Qi, qui n'était pas encore rétabli et qui ne pouvait rester trop longtemps debout, suivit la scène, soutenu par Petit Shunr, depuis le seuil de sa porte. Il n'osait pas sortir. La petite Niuzi voulait elle aussi voir ce qui se passait, mais sa mère la fit rentrer à la maison. A peine venait-elle de ramener Niuzi dans la cour, qu'elle entendit sa belle-mère demander : "C'est aujourd'hui les funérailles de la famille Qian ?" Elle répondit par un simple "oui"; elle fila ensuite vers sa cuisine et se mit à couper les légumes pour le repas; à ce moment-là, elle éclata en sanglots.[...] Quand un pays a perdu son indépendance, la mort devient une compagne. Ce qui arrivait à la famille Qian était affligeant pour tout le monde et resterait à jamais inscrit dans les cœurs. Qu'il était loin le bon vieux temps où chacun vivait en paix ! [...]
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pdemweb1pdemweb1   18 novembre 2014
page538
M. Guan avait une méthode bien à lui pour se faire des amis, consciente ou inconsciente. Il était toujours très cordiale avec les plus récents, certainement parce qu'il s'agissait là d'amitiés tout à fait intéressées, mais une fois le premier enthousiasme passé, cette cordialité disparaissait petit à petit, comme un petit pain cuit à la vapeur refroidit aprés être exposé au vent
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ASAIASAI   14 mai 2021
Si vous vous trouvez face à un tigre, il est inutile de raisonner trop longtemps, il faut seulement vite choisir entre le combat et la fuite. Connaître les raisons qui poussent le tigre à vous attaquer ne vous avancera à rien, et si vous choisissez l'affrontement, alors il faut rendre coup pour coup pour parvenir à vos fins !
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FLAORIFLAORI   03 novembre 2015
On ne peut connaître tous les aspects de sa propre culture ; ainsi le poisson vit dans l'eau, mais il ne peut bondir hors de celle-ci pour voir à quoi elle ressemble. Si l'on ne peut connaître avec une entière objectivité sa propre culture, d'autres sont susceptibles de l'observer avec impartialité, du fait même qu'ils vivent en dehors d'elle, mais ils ne peuvent que très difficilement en savourer le goût.
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SachenkaSachenka   20 février 2020
Or, seule l'amitié entre les nations peut servir de base à la découverte d'une culture, la paix ne peut régner dans le monde que si les nations cherchent à se comprendre et se respectent.
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