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EAN : 9782226443458
272 pages
Éditeur : Albin Michel (02/10/2019)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Lassé de la vie urbaine, Lucas, trente ans, rend régulièrement visite à Emilien, son arrière-grand-père, qui s'est retiré dans un petit appartement proche du hameau où il a grandi. Lucas est très attaché à la maison de famille qui le rappelle à ses origines car il sait que c'est là que s'est joué le destin des siens. Un jour, il décide de restaurer les vieux murs qui résonnent encore de l'histoire familiale et, pour mieux s'en imprégner, demande à son arrière-grand-... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
lulu8723
  25 décembre 2019
Emilien a dépassé les 90 ans. il est né en 1915.. C'était un paysan d'un haut plateau du massif central de la Corrèze. Malheureusement il a perdu son père dès le début de la guerre. Sa mère, Marie, a été contrainte de l'abandonner, alors qu'il n'avait que six ans. Elle ne pouvait faire valoir le bien confié par un riche propriétaire et Emilien deviendra garçon de ferme pour apurer la dette due par sa mère. Elle rejoindra Egletons et sera pour sa part, employée de maison, chez un notaire...Ce dernier lui trouvera un époux, Félicien, un de ses cousins et Marie reprendra son fils. Suivra une époque heureuse pour ces trois êtres vivant sous le même toit, car Félicien possède un petit bien , une ferme d'une dizaine d'hectares. Mais à quinze ans, Emilien doit renoncer à des brillantes études, son beau-père étant décédé. Il reprendra le flambeau et fera valoir ce bien, sa mère ayant hérité de son époux.
C'est à la demande de son arrière petit-fils qu'Emilien retrace sa vie .
Personnellement je trouve ce roman très émouvant et je l'avoue humblement , j'ai versé quelques larmes. Christian Signol nous replonge avec beaucoup de vérités dans la vraie vie de nos campagnes, au cours du 20 ème siècle. La désertification de nos campagnes est bien expliquée avec la mécanisation , la politique du marché Commun, la PAC, les nombreux progrès , tant au point de vue du travail, que du confort avec l'électrification, les adductions d'eau potable, le confort domestique avec l'introduction du chauffage central... Mais cet exode rural a vidé nos campagnes : fin des veillées, de l'entraide, de la solidarité. Apparition de la jalousie et de l'envie. La mécanisation était certes nécessaire pour le bien-être de nos paysans mais la course au profit a entraînée l'agriculture à sa perte. le paysage de la France a beaucoup changé. Toutes ces jachères me font mal au coeur et ses villages déserts, à l'abandon en sont la preuve . mais nous vivons une autre époque ... l'avenir nous dira si nous avons suivi la bonne voie.
C'est un très bon roman dans la veine des précédents et je remercie vivement Christian Signol de mettre nos ancêtres ruraux en avant. Ils le méritent et nous leur devons beaucoup.
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patricelucquiaud
  23 octobre 2019
A la suite de « Oublier Klara » de Isabelle Autissier, « Arcadie » de Emmanuelle Bayamack-Tam, « My absolute Darling » de Gabriel Tallent, « Orléans » de Yann Moix, lire du Signol est reposant même si dans son dernier roman qui nous fait traverser le XXe siècle, en compagnie d'Émilien, valeureux paysan en terre limousine, la vie fut aussi âpre que paisible, parsemée de ses lots de malheurs attenant à la misère et à la mort, et de bonheurs simples du vivre en harmonie familiale, génération après génération...
S'agissant du titre, j'y vois comme un clin d'oeil à l'oeuvre de Peter Wohlleben: « le long silence des arbres » en raison de l'immuabilité sublime de ces existences végétales croissant pendant des lustres, débordant les siècles et parfois le millénaire... mémoires du temps, mémoire du Tant...
Le rapprochement avec les arbres séculaires se fait sans doute aussi en raison de cette « lenteur du vivre » du monde paysan, manifeste encore, au cours des cinq premières décennies du siècle dernier. On travaille au rythme des saisons n'accomplissant les tâches liées aux cultures et au bétail, qu'au moment voulu, ni en avance, ni en retard. le temps s'impose à l'homme de la terre, au sens de l'instant-durée et au sens météorologique. Il y a un moment précis pour faire chaque chose et, dans une exploitation, fut-elle petite, il y a du travail à accomplir chaque jour, à chaque heure, mais rien ne doit se faire dans la précipitation ; chaque pas du paysan sur son sol, est d'une lenteur solennelle. Aux travaux de la ferme, on ne perd pas son temps, mais on ne le précipite pas non plus. Christian Signol en fait une description grandiose qui apaise bien plus qu'elle bouleverse le lecteur.
L'intrigue, c'est le temps lui-même, ce temps qui change les êtres, les paysages, à son battement paisible, à sa lente progression. Il opère des métamorphoses admirables quand on le laisse agir à son rythme, par contre, il peut aussi ruiner les entreprises de qui veut le devancer... « Mettre la charrue devant les bœufs » quelle puissante image pour illustrer cela !...
Comment évoquer le temps sans le rapporter à l'espace, son éternel vis-à-vis... espace entre générations, nous l'entrevoyons dès que l'on entame la lecture de ce roman. Espace intergénérationnel qui tient du grand écart entre Émilien et Lucas son arrière petit fils. Ces deux là sont fait pour s'entendre... bien que séparés par les modes d'existences tellement différents, c'est sur la  philosophie du vivre chaque instant alloué par la vie, qu'ils se rejoignent.
Faire que le passé ne soit pas chose vaine, pour que le présent soit souverain et que le futur demeure enthousiasmant...
C'est sans doute pour cette impérieuse notion que Lucas va demander à son arrière-grand père né en 1915, d'écrire son histoire depuis son enfance douloureuse mais remplie d'amour jusqu'à ce début du XXIe siècle lors des quelques bienfaisants retours en compagnie de son arrière-petit fils au hameau de Loubatié, dans la maison familiale.
C'est aussi toute la transformation de la société paysanne qui est décrite là, on vit étape par étape, la métamorphose inexorable du monde rural jusqu'à la désertification de nos campagnes où la nature délaissée par les hommes, livrée à elle-même a repris ses droits, elle toujours pleine de vie.
On aimerait bien que toujours plus de « Lucas » oublient, un temps, leurs écrans chéris pour se plonger dans cette lecture, revitalisante et instructive.

Lien : http://www.mirebalais.net/20..
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LesLecturesDeRudy
  08 décembre 2019
"La terre nous aimait, elle nous a tout donné, permis de vivre sans dépendre de qui que ce soit et nous l'avons abandonnée. " Toute l'oeuvre de Signol tient en ces quelques mots. le regret, la nostalgie même des temps anciens où l'on prenait le temps de vivre même si la vie était dure et ne faisait pas de cadeau. Dans ce roman un vieil homme se raconte et surtout la lente agonie de son coin de campagne qui n'a pas pu résister à la modernisation et au consumérisme actuel. Un récit tendre et émouvant qui souvent me rappelle mes grand-parents et la vie au village de mon enfance. Un grand Signol que se lit les tripes nouées et parfois la larme l'oeil ...
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tomsoyer
  07 octobre 2019
Et oui un Signol de plus dans mes lectures
J'ai beaucoup aimé.
Ce livre est facile à lire pas trop court , pas trop long. Les pages se tournent toutes seules
C'est une chronique de la vie agricole en Corrèze.
A la demande de son arrière petit-fils un arrière grand -père de 90 ans se raconte. Même si on connait un peu l'histoire par avance , ce livre parle du progrès de l'environnement, la désertion des campagnes etc.
La boucle se referme t elle ?
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Ludotflg
  09 septembre 2020
Lucas fait la promesse à son arrière grand-père de restaurer sa maison de famille en contre-partie de... l'histoire de sa vie.
Émilien, l'arrière grand-père, accepte face à l'insistance de Lucas qui souhaite comprendre ses racines, connaître la famille d'où il vient.
Christian SIGNOL balaye le XXeme siècle de 1915, naissance d'Emilien, orphelin de père, tombé à la première guerre mondiale, à nos jours, où le début de sa dépendance se fait sentir.
Sans force de travail, dans les Hautes Terres de Corrèze, les dettes naissant, sa mère est obligée de confier Émilien dans une famille de propriétaires pour aller travailler dans une étude notariale. Première séparation. Chaque semaine, cet abandon.
À la rencontre d'un nouveau mari, Félicien, elle acquiert une propriété, Émilien est récupéré par sa mère qui se sacrifie pour qu'il poursuive ses études où il relève de bonnes dispositions.
Seulement, la mort de Félicien vient contrarier ces projets et l'immobiliser dans les travaux de la ferme. S'ensuit un mariage au village, la fondation d'une famille au moment de l'occupation allemande avec ses difficultés.
L'industrialisation des campagnes, le départ de son premier fils à la guerre d'Algérie, le décès de ce dernier rythment la suite de ce récit plein de sensibilité.
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez   20 octobre 2019
Pourquoi faut-il que le temps semble courir plus vite au fur et à mesure que nous prenons de l’âge ? Parce que nous avons accompli l’essentiel de notre tâche, et que rien de très important ne saurait justifier un prolongement de nos vies ?
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alainmartinezalainmartinez   18 octobre 2019
Certes, la vie n’est qu’une perte – perte de ceux que nous avons aimés, que nous avons croisés, perte des moments heureux, d’une jeunesse, d’un âge mûr, d’une force que l’on croit inébranlable –, mais je sais qu’au terme de tous ces jours, de tous ces mois, de toutes ces années, subsiste l’essentiel : quelques mots, quelques regards, quelques gestes, qui nous tiennent le cœur éveillé pour toujours.
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rkhettaouirkhettaoui   15 octobre 2019
Après la mort, la vie ! Les
plus vieux doivent disparaître pour laisser la place aux jeunes qui grandiront et
s’en iront eux aussi, un jour. C’est ce que je vais devoir faire, à plus de quatre-vingt-dix ans. Je n’en conçois pas une grande tristesse : ce que je ne veux pas, c’est devenir
dépendant de mes enfants, le reste m’importe peu. J’ai fait mon temps, comme on dit,
mais cela ne m’empêche pas de revivre avec bonheur les années heureuses comme l’a
été cette année 1936 où mon fils Paul est né en plein cœur des moissons, le 8 août
exactement, et dans notre maison de Loubatié, comme c’était la coutume. Les femmes,
alors, n’accouchaient pas dans les hôpitaux ou les maternités. Elles accouchaient
à domicile avec l’aide d’une sage-femme, le plus souvent formée à l’expérience et
non par de longues études dans les facultés de médecine. Mais quel danger elles couraient
alors, loin des centres de soins qui auraient pu les sauver en cas de difficulté !


Je me souviens de ce jour d’été caniculaire comme si c’était hier : j’avais laissé
Sylvie aux soins de la sage-femme et de deux voisines pour aller moissonner, mais
je revenais toutes les heures à la maison voir si l’enfant était né – on ne savait
alors dire à l’avance si ce serait un garçon ou une fille.
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Christie71Christie71   27 février 2020
Mes petits bras ne pouvaient pas grand-chose pour elle, mais notre maigre troupeau était bien gardé. Je partais au début de la matinée, une crêpe de blé noir qu’on appelait « tourtou » dans la poche, et les froides matinées d’hiver me trouvaient grelottant dans les clairières, blotti sous ma cape de grosse laine devant un feu de genêts pour me réchauffer. Je n’ai pas vraiment souffert de ce temps-là. Ma mère me protégeait, me rasurait, même ce jour où pour la première et la dernière fois de ma vie, j’ai cru voir un loup – le dernier, sans doute, de ces collines presque désertes où ils n’hésitaient pas à s’approcher des troupeaux.
Non, je n’ai pas souffert de cette existence à laquelle nous contraignaient ces mauvaises terres et notre dénuement, parce que, même enfant, je me suis toujours refusé au malheur. Et pourtant, cette existence était rude, plus rude que je ne saurais l’expliquer aujourd’hui, surtout à des enfants et des petits-enfants qui ne peuvent imaginer combien une seule crêpe de blé noir pouvait être source de bonheur. Et je me sentais si bien dans la sombre cuisine éclairée au « chaleil », près du feu que les hivers rendaient plus précieux, face à cette femme dont les yeux brillaient de tendresse et qui ne savait que faire pour me contenter. Une orange ou une papillote à Noël, des châtaignes blanchies les jours de fête, une sucrerie au retour du marché, mais surtout des mots rassurants, d’une voix calme et douce, même quand la fatigue pesait sur ses épaules et qu’elle s’affaissait un peu, fermant les yeux en soupirant.
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Christie71Christie71   27 février 2020
Je nous revois glisser entre les fougères gelées au bord du sentier, portant chacun une musette qui contenait un livre, un cahier, et notre repas du midi : du pain, du fromage et une pomme. Nous nous installions près du poêle de la classe unique où officiait un instituteur qui était revenu de la guerre avec une jambe de bois. Il s’appelait M. Pagnoux, était vêtu d’une blouse grise, paraissait sévère d’aspect et l’était vraiment. Sa blessure l’avait rendu acariâtre, et il menait sans pitié son combat contre l’analphabétisme et le patois.
Car il est vrai que nous ne parlions que ce patois limousin dont usaient nos parents, la langue française n’ayant pas encore imprégné les régions reculées comme l’était la nôtre, en dehors des grandes voies de communication, où les gens vivaient entre eux, sans véritable contact avec le monde extérieur, sinon, pour les hommes, un départ au service militaire qui les arrachait à leur terre et à leur famille.
Interdit, donc, le patois, dans la classe unique qui regroupait les plus petits, les moyens et les candidats au certificat. Les coups de règle sur les doigts décourageaient ceux qui se laissaient aller à la langue occitane telle qu’elle était pratiquée, sur ces hautes terres, depuis des siècles. J’ai eu ma part, au début, mais je n’en ai jamais voulu à cet homme qui pensait agir pour notre bien : parler le français, le lire, l’écrire, et acquérir l’instruction qui nous permettrait de vivre mieux et d’élever plus tard une une famille dans des conditions meilleures que celles que nous connaissions.
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