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ISBN : 2253142964
Éditeur : Le Livre de Poche (19/02/2003)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Le 7 juillet, à Saint-Cloud, une riche veuve américaine, Mme Henderson, et sa femme de chambre, Élise Chatrier, sont assassinées dans leur villa. Très rapidement, Joseph Heurtin, un livreur de vingt-sept ans dont la présence sur les lieux du crime est attestée, est arrêté puis condamné à la peine de mort. Mais Maigret ne croit pas à la culpabiblité de Heurtin, et il organise en secret son évasion, persuadé que celui-ci va le mener sur la piste du véritable assassin.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  23 septembre 2014
ISBN : 978-2258073401

Parce que Maigret est apparu dans les années vingt, parce que Georges Simenon aussi a écrit de manière si prolifique que certains ont fini par douter de ses dons d'écrivain, on oublie trop souvent qu'il innova dans le domaine du policier à peu près autant qu'Agatha Christie à la même époque et de l'autre côté du Channel. "La Tête d'Un Homme" est là pour nous rappeler ce désir novateur puisque toute l'intrigue repose sur l'analyse d'un crime "gratuit", inspiré à un psychopathe en puissance par le seul désir de tuer "pour le plaisir."
L'homme est supérieurement intelligent, la chance le sert sans doute beaucoup et il ne voit aucun inconvénient à accabler de preuves un malheureux innocent - Joseph Heurtin - qu'il a lui-même placé sur les lieux de l'assassinat pour que la Police en tire les conclusions qui s'imposent mais qui sont hélas ! complètement erronées. le grain de sable, que notre psychopathe n'avait pas prévu, réside en lui-même : en définitive, il veut que son "oeuvre" soit reconnue et, partant, signe ainsi son propre arrêt de mort.
A l'époque en effet, rappelons-le, la Veuve travaille encore très régulièrement pour la Justice et Joseph Heurtin n'est pas loin de passer sous son couperet lorsqu'il reçoit un billet lui indiquant toutes les directives pour une évasion, le tant, à telle heure. Heurtin est un être simple, voire simplet - ceci même si deux experts-psychiatres ont formellement déclaré à la barre qu'il jouissait de toutes ses facultés mentales - et la vision d'un voisin de cellule, lui aussi condamné à mort, qu'on emmène un beau matin, les cris et les pleurs de l'homme surtout, le terrorisent à tel point qu'il décide de suivre les indications fournies par le billet mystérieux. Et tout fonctionne : il se retrouve bientôt hors de la Santé.
Pendant qu'il prend ses jambes à son cou, de l'autre côté des murs, l'élégant et mondain juge Coméliau, qui veillait au bon déroulement de l'affaire en compagnie de Maigret, n'a qu'une seule peur : que cet incorrigible commissaire, avec sa massivité et son entêtement d'armoire normande, se soit trompé, que Heurtin soit réellement coupable - après tout, la justice ne s'est-elle pas exprimée sur ce point ? - et que, après l'avoir aidé à s'évader sans qu'il s'en doute, les représentants de l'ordre ne le voient s'évanouir à tout jamais dans la nature. Après tout, ainsi que le rappelle aimablement Coméliau à Maigret plus bourru que jamais, si Heurtin risque sa tête, lui, Maigret, risque toute sa carrière sur une simple intuition.
En effet, pour l'homme du 36, Quai des Orfèvres, qui a tourné et retourné dans tous les sens une affaire dont la conclusion, trop facile, ne le satisfaisait pas, et bien qu'il ait, au vu des preuves matérielles, procédé lui-même à l'arrestation de Joseph Heurtin, de deux choses l'une : ou bien le condamné est fou (du coup, on devrait l'envoyer en psychiatrie et non pas à la rencontre de l'honorable Veuve), ou bien il est innocent et victime d'une machination. Têtu comme toujours, serrant de plus en plus fort les dents sur sa célèbre pipe, notre commissaire n'en démord pas et est même parvenu à ébranlé le Parquet. D'où cette "expérience" inattendue d'une évasion facilitée par les gardiens de celui qui se fait la belle, et qui va, c'est l'espoir avoué de Maigret, révéler dans l'intrigue des fils jusqu'ici demeurés trop ténus pour qu'on les voie.
La traque de Heurtin commence. Et comme l'avait soupçonné le commissaire, d'étranges réactions se font jour. Passe encore pour le neveu de la riche Américaine assassinée : après tout, l'affaire le touche de près puisqu'il hérite de Mrs Henderson. de là, maintenant, à se suicider, c'est tout de même intrigant ... Mais surgit très vite de l'ombre un personnage hors-norme, rouquin et sarcastique, qui, manifestement et même si cela n'était pas apparu à l'instruction, sait quelque chose sur l'assassinat.
... Mais quoi, exactement ? Et pourquoi aurait-il tué Mrs Henderson et sa dame de compagnie ? le mobile fait défaut. Mais Maigret s'acharne : une fois de plus, il veut comprendre.
A lire, non seulement pour l'intérêt du récit mais aussi parce que "La Tête d'Un Homme" constitue l'une des toutes premières études de "crime gratuit" de la littérature policière francophone du XXème siècle. ;o)
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chris0675
  21 juin 2014
Un des meilleur maigret du point de vu de l'intrigue.
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isa120268
  17 février 2015
Grande lectrice de Georges Simenon, j'apprécie plus particulièrement les aventures du Commissaire Maigret.
Ce n'est certes pas de la grande littérature mais j'aime beaucoup le ton de l'écrivain, la facilité de la lecture, les intrigues qui nous tiennent souvent en haleine jusqu'au dernier moment.
Jules Maigret est un personnage très sympathique, très attachant, avec lequel j'ai passé une bonne partie de mon adolescence, fascinée que j'étais pas la lecture de ses enquêtes. Je me suis souvent prise au jeu et j'ai mené l'enquête avec lui...
La tête d'un homme est un roman que j'ai beaucoup aimé
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Biblioroz
  14 février 2018
A quoi joue Maigret en faisant évader de la prison de la Santé un condamné à mort ? Un homme immense, au teint blafard, que le commissaire lui-même avait arrêté quelques temps auparavant. Un prisonnier accusé d'un double meurtre spécialement abject.
En orchestrant son évasion, car il n'est pas convaincu de sa culpabilité, Maigret s'attire les foudres du juge d'instruction qui accède pourtant à cette requête saugrenue.
D'une petite auberge au bord de Seine où les péniches sont amarrées, jusqu'au bar de la Coupole en passant par Saint Cloud où les deux victimes ont été sauvagement assassinées, Maigret et ses hommes suivent les traces du condamné.
Notre commissaire Maigret est encore plus taciturne que jamais dans cette affaire car il risque sa place mais d'un autre côté, c'est la tête d'un homme qu'il doit sauver.
Une belle retranscription de l'état d'esprit du commissaire et un beau portrait glaçant et cynique du meurtrier. Une affaire spécialement crapuleuse qui heurte Maigret et qui le pousse à devoir analyser les pensées de cet assassin hors du commun.
Et toujours, une plongée dans une période révolue où la guillotine existait encore…
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dido600
  07 mars 2013
A'Saint-Cloud, Mme Henderson, riche veuve américaine, et sa femme de chambre ont été sauvagement assassinées. La police arrête Joseph Heurtin, livreur, qui a laissé ses empreintes sur le lieu du crime. Reconnu sain d'esprit, Heurtin est condamné à mort. Or, pour Maigret, Heurtin est fou ou innocent. Pour le sauver, le commissaire obtient des autorités judiciaires de le faire évader. Et mettant simultanément sa carrière professionnelle en jeu
Comme toujours grâce a son persévérance et placidité il dévoile le véritable assassin un certain RAdek , un garçon aigri amer expirant et orgueilleux qui croit avoir réussi un crime parfait. .
C'est un excellent roman plein de rebondissement au cours de la lecture il nous laisse le désir de connaître de savoir la suite des épisodes
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   23 septembre 2014
[...] ... Dans sa fuite de La Citanguette, sans doute, Joseph Heurtin avait perdu sa casquette, si bien qu'il était nu-tête. Ses cheveux, en prison, avaient été coupés presque ras et cela soulignait encore l'énormité de ses oreilles. Ses souliers n'avaient plus de couleur, ni de forme.

Et où avait-il dormi pour avoir son costume aussi fripé, aussi couvert de poussière et de boue ?

S'il eût tendu la main aux passants, on se fût expliqué sa présence, car il avait bien l'air de la plus pitoyable des épaves. Mais il ne mendiait pas. Il ne vendait ni lacets de soulier, ni crayons.

Il allait et venait selon les remous de la foule, s'éloignait parfois de quelques mètres, revenait avec l'air de remonter un dur courant.

Ses joues étaient couvertes de poils bruns. Il paraissait plus maigre.

Mais surtout ses yeux le rendaient inquiétant, ses yeux qui ne quittaient pas le bar et qui essayaient toujours de voir à travers les vitres embuées.

Une seconde fois il parvint jusqu'au seuil et Maigret put croire qu'il allait pousser la porte.

Le commissaire fumait nerveusement, les tempes moites, les nerfs tellement tendus qu'il lui semblait que sa sensibilité était décuplée.

Une minute exceptionnelle. Un peu plus tôt, il faisait figure de vaincu. Il avait perdu pied. Le drame s'était écarté de lui et rien ne lui permettait de croire qu'il en ressaisirait les éléments.

Il but son whisky, lentement, cependant que Crosby [= neveu de Mrs Henderson et son héritier, descendu avec sa femme dans ce grand hôtel parisien], par politesse, se tournait à demi vers lui tout en intervenant dans la conversation de sa femme et d'Edna.

Chose étrange, sans même le vouloir, sans même s'en rendre compte, Maigret ne perdait rien d'un spectacle aussi complexe.

Des tas de gens s'agitaient autour de lui. Les bruits étaient si multiples qu'ils devenaient une rumeur aussi confuse que celle de la mer. Il y avait des voix, des gestes, des attitudes ...

Or il voyait tout : l'homme attablé devant son pot de yoghourt, le vagabond qui revenait irrésistiblement vers la porte, le sourire de Crosby, la moue de sa femme qui se mettait du rouge aux lèvres, l'agitation du barman préparant un flip à grands coups de shaker ... ... [...]
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WolandWoland   23 septembre 2014
[...] ... Le groupe était à moins de cinquante mètres du prisonnier invisible, dans un renfoncement, près d'une porte où il était écrit Economat.

Le commissaire Maigret dédaignait de s'adosser au mur de brique sombre. Les mains dans les poches de son pardessus, il était si bien planté sur ses fortes jambes, si rigoureusement immobile qu'il donnait l'impression d'une masse inanimée.

Mais on entendait à intervalles réguliers le grésillement de sa pipe. On devinait son regard, dont il ne parvenait pas à éteindre l'anxiété.

Dix fois, il avait dû toucher du doigt l'épaule du juge d'instruction Coméliau, qui ne tenait pas en place.

Le magistrat était arrivé à une heure, d'une soirée mondaine, en habit, sa fine moustache redressée avec soin, le teint plus animé que d'habitude.

Près d'eux, la mine renfrognée, le col du veston relevé, se tenait M. Gassier, le directeur de la Santé, qui feignait de se désintéresser de ce qui se passait.

Il faisait plus que frais. Le gardien, près de la poterne, frappait le sol du pied et les respirations mettaient dans l'air de fines colonnes de vapeur.

On ne pouvait distinguer le prisonnier, qui évitait les endroits éclairés. Mais, quelque soin qu'il prît de ne pas faire de bruit, on l'entendait aller et venir, on le suivait en quelque sorte dans ses moindres démarches.

Après dix minutes, le juge se rapprocha de Maigret, ouvrit la bouche pour parler. Mais le commissaire lui serra l'épaule avec une telle force que le magistrat se tut, soupira, tira machinalement de sa poche une cigarette qui lui fut prise des mains.

Tous trois avaient compris. Le 11 ne trouvait pas sa route, risquait d'un moment à l'autre de tomber sur une ronde.

Et il n'y avait rien à faire ! On ne pouvait pas le conduire jusqu'à l'endroit où, au pied du mur, l'attendait un paquet de vêtements et où pendait une corde à noeuds. ... [...]
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BibliorozBiblioroz   13 février 2018
Paris avait son aspect morne des vilains jours d'octobre : une lumière crue tombait du ciel pareil à un plafond sale. Sur les trottoirs subsistaient des traces des pluies de la nuit. Et les passants eux-mêmes avaient l'air renfrogné des gens qui ne se sont pas encore adaptés à l'hiver.
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genougenou   13 août 2015
Après dix minutes, le juge se rapprocha de Maigret, ouvrit la bouche pour parler. Mais le commissaire lui serra l'épaule avec une telle force que le magistrat se tut, soupira, tira machinalement de sa poche une cigarette qui lui fut prise des mains.

Tous trois avaient compris. Le 11 ne trouvait pas sa route, risquait d'un moment à l'autre de tomber sur une ronde.
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ThaddeusThaddeus   06 avril 2015
- [...] en tant que fonctionnaire de la police, je suis tenu de tirer les conclusions logiques des preuves matérielles...
- Et en tant qu'homme?
- J'attends les preuves morales...
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Vidéo de Georges Simenon
Le polar et le livre-audio : quand le suspense s'écoute Avec 5% du marché, le livre audio est aujourd'hui en pleine progression et le polar n'échappe pas au phénomène ! Cela parle à Michel Bussi, l'un des écrivains les plus vendus en France, dont tous les romans sont adaptés en audio depuis ses ""Nymphéas noirs"". Il reviendra sur la mise en son de ses romans à succès dont il reconnaît à la fois la difficulté et la force. Comment vit-il ses mots dans la voix de quelqu'un d'autre ? Est-ce que cela modifie son rapport à l'écriture ? Face à lui, le comédien Antoine Duléry, qui livrait une performance inoubliable dans la série ""Les Petits Meurtres d'Agatha Christie"". Celui qui prête sa voix à la première aventure du commissaire Maigret à l'occasion des trente ans de la mort de Simenon établira le lien entre son expérience d'acteur et celle de lecteur professionnel lors de cette table ronde au festival Quais du Polar 2019. Retrouvez toutes les interviews de Quais du Polar : https://bit.ly/2UAHsed
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