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ISBN : 2253143065
Éditeur : Le Livre de Poche (09/06/2004)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 28 notes)
Résumé :

C'est une maladie qui s'attaque aux bateaux, dans toutes les mers du globe, et dont les causes appartiennent au grand domaine inconnu qu'on appelle le Hasard. Si ses débuts sont parfois bénins, ils ne peuvent échapper à 1'œil d'un marin. Tout à coup, sans raison, un hauban éclate comme une corde de violon et arrache le bras d'un gabier. Ou bien le mousse s'ouvre le pouce en épluchant les pommes de terre et, le lende... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Woland
  16 avril 2015
Nous avons déjà eu l'occasion, en lisant la série des "Maigret", de souligner combien les intrigues qui se déroulent sur ou près de l'eau, qu'il s'agisse d'eau douce ou d'eau salée, paraissent éveiller chez son auteur un élan particulier. A la lecture du "Passager du "Polarlys", on est une fois encore troublé de constater combien ce décor liquide et mouvant, ici la Mer du Nord et les approches de l'Arctique, parvient à inspirer Simenon. Nous le savons aussi très doué pour établir dès le départ une ambiance qui signe tout son texte mais ici, vraiment, le "Polarlys" est encore à quai que, déjà, le lecteur se glisse sans problèmes dans le petit cercle de passagers qui vont être les protagonistes du roman. Au nombre des passagers, nous comptons bien évidemment les membres de l'équipage, parmi lesquels le capitaine Petersen, les deux officiers en second, le tout nouveau venu qu'est Vriens, le troisième officier, tout juste sorti de son école maritime néerlandaise, le steward plus qu'efficace et, tel un scout un peu vieilli, "toujours prêt", ainsi que quelques silhouettes, stewardess et matelots, jouant les indispensables utilités.
Avant même d'avoir levé l'ancre, le "Polarlys" voit s'abattre sur lui ce que les marins, du plus jeune mousse au vétéran le plus alcoolisé, surnomment "la poisse", en un choeur superstitieux peut-être mais qui ne manque jamais de faire son petit effet. Or, cette "poisse", le capitaine Petersen la renifle dans l'air avant même que les dockers aient achevé de remplir les soutes de son bateau et, forcément, il est soucieux. Déjà, vers les cinq heures du matin, il a vu son troisième officier débarquer d'un taxi plus raide qu'un parapluie et passablement fatigué par une nuit d'alcool et de veille. "Pacha" exemplaire et responsable, qui plus est luthérien de confession, Petersen ne se réjouit absolument pas de pareil spectacle. Il constate toutefois que Vriens est suffisamment clair pour s'installer à sa place et contrôler les passeports des passagers. C'est d'ailleurs vite fait : il n'y en a que quatre. Seulement, à peine le "Polarlys" s'est-t-il élancé, majestueux, sur la mer qui lui ouvre toutes grandes ses eaux glacées, qu'on s'aperçoit que ce quatrième passager, dont Petersen n'a entrevu qu'un imperméable beige ou gris et un chapeau ou une valise de couleur verte, s'est évanoui dans le décor. Est-il toujours sur le bateau ? L'a-t-il quitté et, si oui, pourquoi s'être fait inscrire ? ...
Car il s'est bien fait inscrire. le registre tenu à jour par Vriens le prouve. Et s'il venait au capitaine d'émettre des doutes quant à une erreur possible de la part d'un homme pas encore tout à fait désimbibé, il n'en resterait pas moins vrai que, lui, Petersen, a vu le passager-fantôme. Mieux : la jeune, belle et élégante Katia Storm, qui voyage sous passeport allemand, le confirme : elle aussi a vu le passager disparu.
Dans la foulée, l'assassinat du conseiller de police allemand von Stern, qui rejoint le "Polarlys" sur un petit bateau, peu après le départ du navire, incite Petersen à envisager l'apparition et l'inscription du passager mystérieux sous un jour nouveau mais encore plus désagréable : peut-être est-il monté à bord tout simplement pour tuer. M. von Stern, en dépit de la qualité purement honorifique de son titre et de ses allégations personnelles, était préoccupé par quelque chose. Il avait même demandé à ce qu'on l'appelât M. Wolf. Moins de douze heures après, on le retrouvait mort dans sa cabine, frappé de plusieurs coups de couteau.
Quand elle s'abat sur un bateau, la poisse, on le sait bien, ne le quitte pas de sitôt. Mais là, vraiment ... Il y a, dans la silhouette bougonne et résolue du capitaine Petersen, dans sa façon d'observer les choses et les êtres et aussi, avouons-le, dans sa manière de tirer sur sa pipe, quelque chose qui n'est pas sans rappeler Maigret. Mais un Maigret bien sûr beaucoup plus prudent quoique tout aussi soupçonneux. Si, selon le mot bien connu du commissaire, il "ne sait rien", Petersen perçoit en tous cas toutes les bizarreries qui peuplent désormais son "Polarlys" et la présence d'un inspecteur allemand, embarqué dans le port où l'on a descendu la dépouille mortelle du conseiller von Stern, ne le rassure pas plus que ça.
Sur le "Polarlys", si la machine elle-même fonctionne plutôt bien (encore heureux, compte tenu des tempêtes, des vents et des brouillards glaciaux qu'elle doit affronter), les passagers se comportent plutôt mal ou alors sans aucun sérieux. Katia Storm couche avec Vriens. Les autres passagers mâles - y compris le capitaine - sont fascinés. Et il y a aussi ce soutier rouquin embauché à la dernière minute et qui traîne toujours là où il ne faut pas en ayant l'air de savoir bien des choses.
Pour le mystérieux passager qui, après s'être inscrit et avoir fait contrôler son billet, s'est escamoté en deux temps trois mouvements, rien de nouveau. Tantôt, on croit, non, on est sûr qu'il est toujours présent. Tantôt, la soute se vidant au fur et à mesure des escales le long des côtes norvégiennes, on se dit, résigné, qu'il a filé depuis longtemps. Mais où et surtout comment, l'énigme reste entière.
Pour ajouter un peu plus de piment à toutes ces sources d'angoisses et d'inquiétudes diverses, le capitaine réalise que von Stern s'intéressait à la mort par overdose d'une jeune fille de la bonne société, retrouvée plus froide que la tombe à Paris, sur un lit froissé, dans l'appartement prêté à ses très nombreux amis par un artiste-peintre d'un certain renom et qui, depuis qu'il est parti en vacances, est difficilement joignable. Alors Petersen relit les journaux retrouvés chez le conseiller, allemands, anglais et même français. Mais comment lier cette mort, accidentelle ou pas, au "Polarlys" qui, une chose est sûre, ne transporte aucune drogue homologuée - sauf peut-être la morphine prévue pour les blessures graves dans le carré médical ?
Je vous dois un aveu : bien que bretonne, la vie a fait que je n'ai, de ma vie, mis le pied sur un seul bateau. Il de ces injustices ... Mais, grâce à Simenon (et à quelques autres écrivains dont Patrick Quentin par exemple pour le policier ou le grand William Hope Hodgson ou le non moins grand Jean Ray pour le fantastique), il m'est arrivé d'embarquer sans aucun problème - et sans aucun besoin de paperasses administratives - sur des bateaux où je me sentais tout de suite chez moi. Un brouillard aussi épais que mystérieux m'enveloppait et je devenais une sorte de fantôme qui, d'une façon ou d'une autre, cherchait à savoir ...
Ma visite sur le "Polarlys" m'a enchantée, et ce littéralement de la première à la dernière phrase. C'est comme ça que je conçois un bateau, en tous cas en littérature : roulant sous la houle, craquant aux entournures, hanté par des passagers excentriques et des membres d'équipage inquiétants (ou le contraire, ou les deux à la fois ) et fleurant bon l'énigme, la peur, l'assassinat, le sang ... Que, sous les plumes spécialisées, se joignent à la traversée un ou plusieurs fantômes, en général mal intentionnés, n'est pas mal non plus mais, vous vous en doutez, le "Polarlys", en dépit de sa traversée mouvementée, n'abrite et n'abritera jamais aucun spectre. La résolution de l'énigme est simenonienne et donc, très rationnelle, avec un petit arrière-plan de mélodrame (Katia Storm et l'incroyable Vriens sont des personnages de mélo mais revus et corrigés à la manière de l'auteur belge), ce qui n'enlève d'ailleurs rien au plaisir pris par le lecteur.
Un roman à connaître et à faire connaître, donc. Surtout si vous aimez la mer, les bateaux et les mystères. Surtout si vous savez d'expérience que Simenon se débrouille très bien dans tous ces éléments-là. Bonne lecture à toutes et à tous ! ;o)
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bina
  18 septembre 2013
Le Polarlys est un bateau qui fait la navette entre Hambourg et le nord des côtes norvégiennes. A bord, du fret et quelques passagers. Et cette fois, la traversée va réserver bien des surprises au capitaine, qui va devoir jouer le rôle d'enquêteur.
Un passager embarque, puis reste introuvable. Un homme se faisant passer pour un conseiller de police monte a bord pour le reste du trajet, mais est très vite assassiné dans sa cabine. de l'argent disparait, un lapon est blessé, de la morphine se volatilise..."C'est une maladie qui s'attaque aux bateaux sur toutes les mers du globe, et dont les causes appartiennent au grand domaine inconnu qu'on appelle le Hasard". le mauvais oeil...
Ce roman n'est pas un Maigret, mais l'atmosphère " à la Simenon" est bien là, lourde à souhait entre les passagers, dans un huis clos représenté par le bateau en mer. Un roman sur le caractère et la psychologie des hommes, quand ils sont poussés à bout.
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JRB
  01 décembre 2019
Comme dans tous les romans de Simenon, l'atmosphère, la composition des personnages, qu'ils soient de premier plan ou fugitifs, sont plus importants que l'intrigue. Simenon n'est jamais aussi inspiré et à l'aise que dans la description d'une rue sous la pluie, d'une scène de café, d'une chambre ou d'un paysage. Cette facilité apparente se retrouve aussi dans la description psychologique de ses personnages : leur tourment, leur lâcheté, leur joie et leur souffrance. Ces hommes et ces femmes sont rarement sereins, franchement innocents ou coupables. Ils sont troubles. Simenon l'était lui-même.
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TomMartinetti
  07 mai 2019
Un meurtre commis à bord d'un express côtier norvégien, oblige un policier à embarquer pour le reste de sa croisière. Nous sommes en 1932, et les côtes norvégiennes ne doivent leur ravitaillement qu'à ces liaisons maritimes. Simenon s'amuse, joue avec l'atmosphère polaire et sa galerie de personnages typiques de l'entre deux guerres. On regrette juste que l'ensemble soit un peu succinct.
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Luuina
  27 octobre 2018
C'est dans une ambiance brumeuse, à l'approche de l'Arctique, que nous emmène Simenon.
Un passager monte à bord et disparaît. ."C'est une maladie qui s'attaque aux bateaux sur toutes les mers du globe, et dont les causes appartiennent au grand domaine inconnu qu'on appelle le Hasard". ou le mauvais oeil...
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
WolandWoland   18 avril 2015
[...] ... Le capitaine retrouva Jennings à la même place, sur le pont, et le policier prépara un aimable sourire dès qu'il l'aperçut.

- "Bonjour, capitaine !... Quel beau pays ! ... Les gens du sud ne se doutent pas que ...

- Venez avec moi ..."

Il l'entraîna dans sa cabine, dont il referma violemment la porte.

- "Deux vols viennent d'être commis à bord, l'un dans la cabine 14, voisine de celle-ci, où l'on a enlevé cinquante-mille couronnes, l'autre au 22, où deux-mille marks environ ont disparu ...

- Ce n'est pas possible !" s'écria l'inspecteur, qui n'en revenait pas. "Ici, à bord ! ...

- Hier soir ou ce matin, oui ! Il y a trois démarches que je voudrais que vous accomplissiez sans perdre de temps : visiter à fond la cabine de Katia Storm, d'abord ...

- Vous croyez ? ...

- ... et, s'il le faut, la faire fouiller par la stewardess ... Ensuite, visiter la cabine de mon troisième officier ... Enfin, si cela n'a rien donné, jeter un coup d'oeil du côté d'un certain Peter Krull, qui travaille dans la soute ...

- Je croirais plutôt, en effet, que c'est dans ce sens que ...

- Je préfère, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, que vous commencez par l'Allemande ... Elle est chez elle ...

- Je dois lui dire ? ...

- Que quelque chose a disparu et que votre devoir est de fouiller tout le navire ...

- Vous m'accompagnez ?"

Petersen hésita, décida soudain, avec une véhémence mal contenue :

- "Je vous accompagne, oui !" ... [...]
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WolandWoland   18 avril 2015
[...] ... Katia Storm se tourna vivement vers le capitaine. Evjen, qui disait quelque chose à sa compagne, s'interrompit au milieu d'un mot. Schuttringer, lui, reposa la serviette qu'il venait de saisir, demanda :

- "Que se passe-t-il ?"

Petersen fit quelques pas dans la direction de la porte, distingua la veste blanche du steward, qui se tenait debout contre la cloison, dans le couloir, en face de la porte ouverte du conseiller de police.

Le steward se couvrait la figure de son bras replié, se tassait sur lui-même, semblait faire un effort pour repousser le mur. C'était lui qui avait crié. Mais il n'était plus capable de le faire. Ses jambes mollissaient.

Le capitaine franchit le reste du chemin en courant. Arrivé à la porte, il s'arrêta net, les poings serrés, les mâchoires dures.

Est-ce qu'il ne s'était pas attendu à quelque chose de semblable ?

La couverture avait glissé du lit sur le sol. Le matelas était de travers, les draps roulés en boule, tachés de sang. Il y en avait un sur le visage de Sternberg, comme si on eût voulu le faire taire.

Et au milieu de la poitrine, découverte par le pyjama déboutonné, deux ou trois entailles, des taches rouges, des traces de doigts sanglants.

Un pied nu dépassait du lit, livide, que Petersen n'eut besoin que de frôler pour avoir la certitude de la mort. ... [...]
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