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ISBN : 2253142387
Éditeur : Le Livre de Poche (15/10/2002)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 69 notes)
Résumé :
L'un après l'autre, les morceaux d'un cadavre, découverts par des mariniers, sortent des eaux du canal SaintMartin, au-dessus de l'écluse des Récollets.
Seule la tête demeure introuvable. C'est dans un bistro voisin, sur le quai de Valmy, que Maigret va entreprendre de humer les mystères du quartier. Le patron du café, Omer Callas, est absent : au dire de sa femme Aline, il s'approvisionne en vins dans la région de Poitiers. Le policier a tôt fait de repérer ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
adtraviata
  08 avril 2019
C'est un peu le hasard qui conduit Maigret dans ce bistro du quai de Valmy, près du canal Saint-Martin. Une relation particulière se noue entre le commissaire et la tenancière du bar, « la femme Calas », une femme étrange, comme absente à elle-même et à ce qui l'entoure, qui boit en cachette, collectionne les amants et dont le mari est censé être en voyage dans le Poitou pour commander son vin blanc. A force de réponses monosyllabiques aux questions du policier, celui-ci finit par faire le lien avec le corps sans tête : c'est bien Omer Calas. Poussé par un juge tatillon, Maigret va s'employer à trouver le coupable et le mobile, à son rythme., au rythme d'Aline Calas.
Aaaah c'était au temps où l'on pouvait fumer n'importe où sans se gêner, même à l'hôpital, où les policiers en service se rinçaient régulièrement le gosier à coup de vin blanc sans devoir souffler dans le ballon en rentrant au quai des Orfèvres, un temps où le quartier du canal Saint-Martin était encore très populaire, mêlant des Parisiens pur jus et des gens venus de la campagne chercher une vie meilleure dans la capitale : on les reconnaît à leur teint encore coloré, pas encore pâli par le mode de vie parisien. Ce sont tous ces détails pittoresques qui m'ont amusée dans ce court roman, l'évocation d'un Paris disparu,. J'ai bien sûr apprécié le flair, la psychologie tranquille de Maigret :
« Ce n'était pas de l'inquiétude que ressentait le commissaire, mais un intérêt comme il n'avait pas eu depuis longtemps l'occasion d'en porter à un être humain.
Lorsqu'il était jeune et qu'il rêvait de l'avenir, n'avait-il pas imaginé une profession idéale qui, malheureusement, n'existe pas dans la vie réelle? Il ne l'avait dit à personne, n'avait jamais prononcé les deux mots à voix haute, fût-ce pour lui-même : il aurait voulu être un « raccommodeur de destinées ».
Curieusement, d'ailleurs, dans sa carrière de policier, il lui était arrivé assez souvent de remettre à leur vraie place des gens que les hasards de la vie avaient aiguillés dans une mauvaise direction. Plus curieusement, au cours des dernières années, une profession était née, qui ressemblait quelque peu à celle qu'il avait imaginée: le psychanalyste, qui s'efforce de révéler à un homme sa vraie personnalité. » (p. 52-53)
Dans ce bistro hors du temps, j'ai observé avec attention l'évolution de cette « rencontre » entre le commissaire et Aline Calas :
« Elle était là, devant lui, en chair et en os, maigre et fanée dans sa robe foncée qui lui pendait sur le corps comme un vieux rideau pend à une fenêtre ; elle était bien réelle, avec, dans ses prunelles sombres, le reflet d'une vie intérieure intense ; et pourtant il y avait en elle quelque chose d'immatériel, d'insaisissable.
Savait-elle qu'elle produisait cette impression-là ? On aurait pu le croire à la façon calme, peut-être ironique, dont, de son côté, elle regardait le commissaire.
De là venait le malaise ressenti tout à l'heure par Lapointe. Il s'agissait moins d'une enquête de la police pour découvrir un coupable que d'une affaire personnelle entre Maigret et cette femme. » (p. 107-108)
Malgré la noirceur des âmes, j'ai passé un bon moment de lecture, une récréation en compagnie du commissaire Maigret, inventé (dans une nouvelle) il y a 90 ans par Georges Simenon. J'en lirai d'autres à l'occasion, peut-être dans la belle collection rééditée par Omnibus en dix tomes, avec des couvertures superbement illustrées par Loustal.
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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Woland
  28 février 2015
Cela faisait longtemps que nous n'avions longé la Seine avec le commissaire Maigret. Avec ce nouveau roman, on va y passer un bon bout de temps, non cette fois dans l'univers des péniches mais sur la terre ferme et dans un bistrot très particulier, dont je ne crois vraiment pas me rappeler qu'il porte un autre nom que celui de "Chez Calas." Dès le départ - ou presque - le lecteur devine qu'il va assister à un rapport de force entre deux personnalités aussi dissemblables l'une que l'autre en apparence mais qui, pourtant, bénéficient toutes deux d'une même prodigieuse capacité d'entêtement même si, pour atteindre à ce résultat, toutes deux aient emprunté des voies opposées.
Mais avant, honneur au cadavre, que les frères Naud, en train de remonter la Seine sur leur péniche "Les Deux Frères", vont, bien malgré eux, ramener à la surface. Enfin, quand j'écris cadavre ... Au début, il ne s'agit que d'un bras. Un bras d'homme en plus, ce qui étonne tout le monde car, pour des raisons précisées sans fard par l'auteur, ce sont en général les femmes, surtout celles qui travaillent dans la rue, qu'on découvre ainsi débitées en morceaux, au fond du canal Saint-Martin. Mais là, c'est sûr, vu les poils sur les phalanges du bras, c'est bien d'un homme qu'il s'agit. On appelle donc Victor, le scaphandrier assermenté et on lui fait rechercher les morceaux manquants. Tout finit par réapparaître, à l'exception de la tête, ce qui, par contre, n'étonne absolument personne car c'est ce qui coule le plus facilement et ce qui reste, dit-on, le plus profondément enterré dans la vase. Sans compter les assassins qui, doués d'un peu d'imagination, qui vont se débarrasser ailleurs de cet ultime trace de leur forfait ...
Nous le savons tous : le Hasard, ou ce que l'on dénomme tel, tient toujours une place importante dans nos vies. Pour le commissaire et ses enquêtes, c'est la même chose. Ainsi, comme le téléphone placé "Chez Popaul", le bar le plus proche du quai, se situe en plein dans la salle et permet à tout le monde d'entendre la moindre de vos paroles, Maigret s'en va à la recherche d'un autre, plus pratique parce que isolé dans une cabine. Or, cet appareil, il se fait qu'il le déniche "Chez Calas", un bar dans lequel il faut descendre deux marches avant de pouvoir commander quelque chose, un bar sombre, glauque mais déserté par la pègre, un petit bar d'habitués "où l'on peut apporter son manger", tenu par un certain Calas, pour l'instant en déplacement parce qu'il lui faut refaire ses provisions d'un délicieux petit vin blanc de pays qui fait miracle parmi ses clients, et par son épouse, Aline, la quarantaine, maigre mais racée, silencieuse si ce n'est quasi mutique et qui, de surcroît, semble indifférente à tout sauf au flacon de cognac dont elle va régulièrement prendre des gorgées dans sa cuisine. Tout de suite, cette femme, qui sort de l'ordinaire autant par son allure que par son comportement, attire et retient l'attention de Maigret. Et elle la retiendra jusqu'à la fin du récit ...
Si la salle du bar "Chez Calas" cultive les ténèbres et la somnolence, avec, tous les après-midis, le cliquetis sec des dominos sur la table de deux vieux habitués, c'est parce qu'elle recèle toute une histoire qui vient d'un passé bien lointain mais hautement explicite, dont Maigret entreprend, d'abord par curiosité, ensuite par nécessité, de remonter la piste. Je ne puis évidemment pas vous dévoiler l'intégralité du drame sur lequel il tombe mais sachez qu'il est bien noir, comme les aimait Simenon, et que, comme d'habitude, les actions du passé, que l'on a cru si longtemps sans conséquences, influent ici sur le présent - et sur l'enquête.
Plus qu'à la découverte du ou des coupables, c'est une fois de plus aux personnalités en présence que le lecteur s'attache : Maigret et Aline Calas s'affrontant en une lente danse qui a quelque chose d'une cérémonie rituelle, voire d'un exorcisme, c'est un spectacle qu'on n'oublie pas de sitôt. D'ailleurs, le mot "s'affronter" est-il adéquat ? Nulle haine entre eux, bien au contraire. Chacun est à sa place, la place qu'il s'est choisie et, comme dans une pièce de théâtre, chacun dit sa réplique en sachant parfaitement que, de toutes façons, ils devaient tous deux en arriver là un jour où l'autre. le Destin - ou le Hasard, comme vous préférez. Ni Maigret, ni Aline Calas n'ont de préférence précise : ils savent que la chose existe, c'est tout et, chacun à sa manière, l'un non sans regrets et l'autre avec cette passivité impressionnante de ceux qui se haïssent eux-mêmes au point de se suicider à petit feu, ils se soumettent.
Peut-être tout cela eût-il été légèrement différent si le juge d'instruction chargé de l'affaire n'eût pas été le grand ennemi de Maigret, le mondain juge Coméliau. Peut-être ...
Mais avec les "peut-être", on ferait comme avec les "mais" et les "si" : on mettrait Paris (et tous les cadavres que draine la Seine) en bouteille. Alors, contentons-nous de nous absorber dans "Maigret & le Corps Sans Tête" et de le savourer sans trop nous poser de questions tout en en déplorant la déprimante cruauté, celle qui marque certaines existences sans qu'on sache très bien pourquoi elle le fait avec la rage tranquille du fer rouge du bourreau. ;o)
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Polars_urbains
  10 janvier 2019
Dernier roman « américain » de Simenon, Maigret et le corps sans tête raconte l'enquête toute en finesse d'un policier qui ne dispose d'aucun début de preuves après qu'un corps démembré ait été repêché dans le canal Saint-Martin et qui va donc devoir se contenter de son intime conviction. Une enquête qui va conduire Maigret à avoir de longues conversations (ou plutôt des bribes de conversation) avec la patronne d'un bistrot quai de Valmy, une femme distante, souvent agressive, qui s'adonne à la boisson et se donne à tout un chacun, avec le désir de choquer et de rejeter les avantages matériels que lui a donnés sa naissance.
« A cause de la boisson, elle vivait dans un monde à part et n'avait que des contacts indifférents avec la réalité. »
Aline Calas est un des personnages féminins les plus achevés de l'oeuvre de Simenon. La personnalité énigmatique de cette femme secrète et taiseuse, dont le mari pourrait bien être l'inconnu dont le corps a été repêché dans le canal, suscite immédiatement l'intérêt de Maigret et va le conduire à avoir une relation particulière avec elle ; peut-on aller jusqu'à parler d'emprise - « Ce qui ne se rapportait pas directement à elle n'intéressait que médiocrement le commissaire. » - comme même Madame Maigret finira par le penser ?
Dans le bistrot qu'elle tient quai de Valmy avec son mari disparu, Maigret va quasiment s'installer (« Il restait seul dans le petit café comme s'il en était le propriétaire, et l'idée l'amusa tellement qu'il se glissa derrière le comptoir ») et procéder par petites touches pour arracher à Aline les éléments qui l'éclaireront sur sa vie et amènera Simenon à rappeler que Maigret, à défaut de raccommoder les corps (jeune homme, il a dû abandonner ses études de médecine), se voit comme « un raccommodeur de destinées ». Cette complicité – « Elle aussi comprenait le commissaire. C'était comme s'ils avaient été tous les deux de la même force, plus exactement comme s'ils possédaient l'un et l'autre la même expérience de la vie. » – va l'amener à cerner la véritable personnalité d'Aline, bien avant que maître Canonge, le notaire du village dont elle est originaire, vienne apporter, Deus ex machina, les éléments manquants.
Grand roman, Maigret et le corps sans tête est l'histoire du déclassement volontaire et systématique d'une femme qui refuse sa condition première et se révolte contre son milieu familial pour vivre ce qu'elle pense être sa vraie vie ; une vie qui va se résumer pendant plus de vingt ans à une existence sombre et solitaire qui, finalement, la satisfait. Et quand un événement imprévu vient mettre en péril cette existence, le pire se produit.
« Il savait exactement à quel point elle était descendue. Ce qu'il ignorait encore, c'est d'où elle tait partie pour en arriver là. Répondrait-elle avec la même sincérité aux questions sur son passé ? »
Cela étant, on trouvera dans le roman des thèmes ou des lieux chers à Maigret comme le monde des mariniers avec la péniche Les deux frères (on retrouve le même nom en flamand dans Maigret et les témoins récalcitrants) qui découvrent une partie du corps, et bien sûr le Canal Saint-Martin, quartier encore populaire à l'époque de l'enquête, fréquenté par les artisans, les mariniers attendant l'écluse, les infirmiers de l'hôpital Saint-Louis tout proche et quelques filles (la nuit).
Les gares parisiennes, très présentes dans l'oeuvre de Simenon, jouent aussi leur rôle : la gare de l'Est d'abord puisque que c'est à sa consigne qu'a été déposée la valise d'Omer Calas. Mais aussi la gare d'Orsay près de laquelle maître Canonge a son hôtel), la gare Montparnasse (point de départ des trains pour Poitiers où Omar Callas est censé se rendre) et la gare d'Austerlitz (où arrive le train de maître Canonge).

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NOIRdePOLARS
  07 mars 2012
Une femme d'une espèce à sang mort
L'écluse des Récollets, canal Saint-Martin, là même ou Louis Jouvet voulut changer d'atmosphère au grand dam d'Arletty, juste à côté de l'écluse dite des morts, lieu magique de la grande faux parisienne, scène fameuse du boulevard du crime qui n'est pas si loin à l'époque où le roman est publié en 1955.
Non loin de là, un café, un pauvre troquet tenu par un couple. Bien assorti ce couple ? Comment le savoir, puisque l'homme y manque, et que les restes humains en voie de putréfaction retrouvés dans l'eau du canal pourraient bien lui appartenir ?
Bizarre, la bistrotière, cette Aline Calas. Comme absente… Alcolo-dépendante, ça ne fait aucun doute, mais pour le reste, pas facile à deviner. Est-elle belle ? Plus vraiment. L'a-t-elle été plus jeune ? Sans doute. le commissaire subit-il en quelque sorte son charme revêche ? Oui, on peut le croire..
Et c'est de là que tout part, que tout s'enchaine. Cette femme-là ne peut être ce personnage-ci. Son apparence trompe son monde. Maigret, en psychologue averti, la cerne, pénètre le secret de son âme.
Grand duel à la Simenon entre Maigret le placide, le finaud, le ruminant, et une femme qui a choisi de ne pas suivre le chemin qui lui était tracé, qui a opté pour le pire, qui s'est tricoté sa vie à elle. Cherchez la femme ! Adage policier fameux que Maigret applique presque toujours, et souvent avec succès.
Et Simenon, ce qui chagrinera nos pétroleuses et on les comprend, peint souvent la femme en noir. Quelques exceptions cependant : madame Maigret, serviable et très comme il faut ; la jeune semi-pute de l'Ombre chinoise pour laquelle il a de la tendresse ; la Grande perche, autre professionnelle qu'il apprécie. Mais, il faut bien l'avouer, les femmes pour Simenon ce sont souvent des monstres.
Pas Aline Calas. Ce n'est pas un monstre, c'est une espèce à sang mort à part dans un monde mi-construit., mi-subi. Encore une fois, le charme de l'ambiance « Canal Saint-Martin » opère à plein, et si Maigret apparait passif dans cette enquête, c'est sans doute la puissance de sa réflexion qui force les évènements.

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Vermeer
  13 janvier 2016
Un corps démembré est repêché dans le canal Saint Martin mais la tête n'est pas retrouvée. Qui est ce cadavre ? Cela Maigret le trouve assez rapidement. Qui l'a tué ? Pourquoi ? Dans quelles circonstances ? Maigret analyse les êtres, les sonde, enquête sur leur vie, leur passé, leur psychologie pour le deviner. Toujours une atmosphère presque oppressante chère à Simenon et un retour dans la France d'antan (années 1950).
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
adtraviataadtraviata   08 avril 2019
Elle était là, devant lui, en chair et en os, maigre et fanée dans sa robe foncée qui lui pendait sur le corps comme un vieux rideau pend à une fenêtre ; elle était bien réelle, avec, dans ses prunelles sombres, le reflet d’une vie intérieure intense ; et pourtant il y avait en elle quelque chose d’immatériel, d’insaisissable.

Savait-elle qu’elle produisait cette impression-là ? On aurait pu le croire à la façon calme, peut-être ironique, dont, de son côté, elle regardait le commissaire.

De là venait le malaise ressenti tout à l’heure par Lapointe. Il s’agissait moins d’une enquête de la police pour découvrir un coupable que d’une affaire personnelle entre Maigret et cette femme. (p. 107-108)
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WolandWoland   01 mars 2015
[...] ... Le plafond était bas, enfumé, la pièce plongée dans une demi-obscurité que seuls quelques rayons de soleil traversaient comme les vitraux d'une église. Mal écrits sur un carton appliqué au mur, on lisait les mots :

Casse-croûte à toute heure

Et, sur une autre pancarte :

On peut apporter son manger

A cette heure-ci, cela ne semblait tenter personne et Maigret et Lapointe devaient être les premiers clients de la journée. Une cabine téléphonique se trouvait dans un coin. Maigret attendait, pour s'y rendre, que la patronne paraisse.

Quand on la vit, elle finissait de planter des épingles dans ses cheveux d'un brun sombre, presque noir. Elle était maigre, sans âge, quarante ans ou quarante-cinq peut-être, et elle s'avançait avec un visage maussade, traînant ses pantoufles sur les carreaux.

- "Qu'est-ce que vous voulez ?"

Maigret regarda Lapointe.

- "Le vin blanc est bon ?"

Elle haussa les épaules.

- "Deux vins blancs. Vous avez un jeton de téléphone ?" ... [...]
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Polars_urbainsPolars_urbains   10 janvier 2019
Ce n'était pas de l'inquiétude que ressentait le commissaire, mais un intérêt comme il n'avait pas eu depuis longtemps l'occasion d'en porter à un être humain.

Lorsqu'il était jeune et qu'il rêvait de l'avenir, n'avait-il pas imaginé une profession idéale qui, malheureusement, n'existe pas dans la vie réelle? Il ne l'avait dit à personne, n'avait jamais prononcé les deux mots à voix haute, fût-ce pour lui-même : il aurait voulu être un « raccommodeur de destinées ».

Curieusement, d'ailleurs, dans sa carrière de policier, il lui était arrivé assez souvent de remettre à leur vraie place des gens que les hasards de la vie avaient aiguillés dans une mauvaise direction. Plus curieusement, au cours des dernières années, une profession était née, qui ressemblait quelque peu à celle qu'il avait imaginée: le psychanalyste, qui s'efforce de révéler à un homme sa vraie personnalité.
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WolandWoland   01 mars 2015
[...] ... Depoil, le brigadier du troisième quartier, tout au bout du quai de Jemmapes, achevait son service de nuit quand la longue silhouette de l'aîné des Naud parut dans l'encadrement de la porte.

- "Je suis au-dessus de l'écluse des Récollets avec le bateau Les Deux Frères. L'hélice a calé quand on a mis en route et nous avons dégagé un bras d'homme."

Depoil, qui appartenait depuis quinze ans au Xème arrondissement, eut la réaction que tous les policiers mis au courant de l'affaire allaient avoir.

- "D'homme ?" répéta-t-il, incrédule.

- "D'homme, oui. La main est couverte de poils bruns et ..."

Périodiquement, on retirait un cadavre du canal Saint-Martin, presque toujours à cause du mouvement d'une hélice de bateau. Le plus souvent, le cadavre était entier, et alors il arrivait que ce fût un homme, un vieux clochard par exemple, qui, ayant bu un coup de trop, avait glissé dans le canal, ou un mauvais garçon qui s'était fait refroidir d'un coup de couteau par une bande rivale.

Les corps coupés en morceaux n'étaient pas rares, deux ou trois par an en moyenne, mais invariablement, aussi loin que la mémoire du brigadier Depoil pouvait remonter, il s'agissait de femmes. On savait tout de suite où chercher. Neuf fois sur dix, sinon davantage, c'était une prostituée de bas étage, une de celles qu'on voit rôder la nuit autour des terrains vagues.

- "Crime de sadique," concluait le rapport.

La police connaissait la faune du quartier, possédait des listes à jour des mauvais sujets et individus douteux. Quelques jours suffisaient généralement à l'arrestation de l'auteur d'un délit quelconque, qu'il s'agît d'un vol à l'étalage ou d'une attaque à main armée. Or, il était rare qu'on mette la main sur un de ces meurtriers-là.

- "Vous l'avez apporté ?" questionnait Depoil.

- "Le bras ?

- Où l'avez-vous laissé ?

- Sur le quai. Est-ce que nous pouvons repartir ? Il faut que nous descendions au quai de l'Arsenal, où on nous attend pour décharger." ... [...]
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aaahhhaaahhh   31 juillet 2012
La tête avait-elle été jetée dans la Seine ou dans un égout? Maigret le saurait peut-être dans quelques jours. Il était persuadé qu'il saurait tout et cela ne provoquait plus chez lui qu'une curiosité technique. Ce qui importait c'était le drame qui s'était joué entre les trois personnages et au sujet duquel il avait la conviction de ne pas se tromper.
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