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ISBN : 2234081262
Éditeur : Stock (31/01/2018)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 26 notes)
Résumé :
« À trente-deux ans, Yarmi comptait déjà quatre séjours à la prison de Pawiak pour vol – sa spécialité étant de forcer les serrures. Il avait aussi été arrêté plusieurs fois pour traite des blanches. À vingt-neuf ans, Keila la Rouge s’était successivement distinguée dans trois bordels, un rue Krochmalna, un rue Smocza et un rue Tomkes. »
Dans ce grand roman inédit, le conteur malicieux de la rue Krochmalna, le magicien des synagogues et des bordels, ressusci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
mollymon
  24 février 2018
Après s'être prostituée pendant plusieurs années, Keila, une jeune juive polonaise, aspire à une vie simple et honnête. Elle a épousé Yarmi, un petit voleur qui semble bien vouloir se tenir à carreau et le couple file le parfait amour. Mais l'arrivée de Max, un ex co-détenu de Yarmi bouleverse ce bel équilibre. Il leur tourne la tête avec des combines fumeuses censées rapporter beaucoup d'argent. Keila, alors, prend peur. Elle ne veut pas retomber dans la fange et part chercher conseil auprès d'un rabbin. C'est Bunem, le fils du rabbin, qui va lui apporter l'aide dont elle a besoin.
En peignant le portrait et les péripéties de ces quatre personnages, le roman nous transporte au début du XXe siècle à la rencontre de la communauté hassidique installée dans un quartier populaire de Varsovie où la vie est rythmée par les rites et les fêtes religieuses.
Au delà de cette savoureuse immersion au coeur des traditions judéo-polonaises, Singer met en scène les faiblesses humaines, le conflit entre les aspirations idéales, le désir de renouveau et l'incapacité de se libérer de son destin.
Ce texte est initialement apparu sous forme de feuilleton entre 1976 et 1977 dans un journal new-yorkais. Ecrit en yddish, il a été traduit en anglais par le neveu de Singer mais sans être publié. Ce n'est qu'en 2011 qu'il est paru en hébreu puis en italien en 2017. Le voici désormais en français !
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Brize
  19 février 2018
Varsovie 1911, « six ans après la révolution » :
« Les partis politiques s'affrontaient à la fois en Russie, où se déclenchaient des pogroms, et en Pologne où on appelait au boycott des marchandises juives. Par centaines de milliers, des jeunes filles et des jeunes garçons juifs passaient la frontière en fraude pour gagner la Prusse ou la Galicie et, de là, s'en aller chercher fortune en Amérique, au-delà des mers. »
Keila, surnommée la Rouge à cause de sa chevelure rousse, est une belle jeune femme, ancienne prostituée mariée à Yarmi, qui fait partie du menu fretin de la pègre locale. Juifs tous les deux, ils vivent dans un quartier qui nous est présenté comme grouillant de rabbins, il faut dire que toute cette première partie se décline sur le mode de la comédie de moeurs haute en couleurs. Yarmi et Keila tirent le diable par la queue et survivent pour le moment sans retomber dans leurs erreurs passées. Mais tout cela ne peut durer qu'un temps et, lorsque l'argent vient à manquer et que, comme par hasard, ressurgit un ancien comparse aux moeurs dissolues et à l'esprit retors, la roue va tourner (et mal tourner) : il leur promet l'Amérique, dans tous les sens du terme, mais dans l'immédiat, la réalité n'est pas à la hauteur du rêve.
Le tragico-burlesque initial vire ainsi au tragique tout court et Keila, au coeur du nouveau trio, est la première victime de ce changement. le jeune Bunem, cependant, dont elle fait connaissance à ce moment-là, fils de rabbin qui d'emblée la traite avec respect, va modifier la donne et lui permettre d'envisager un autre avenir…
Isaac Bashevis Singer est un auteur que je connaissais de nom, sans plus, aussi est-ce par curiosité que, pour le découvrir, je me suis dirigée vers cet inédit.
« Keila la Rouge » est un roman dépaysant et bien mené, dans lequel je n'ai pas eu de mal à me plonger, même s'il m'est apparu un peu déconcertant au début, le temps d'appréhender (en gros) le contexte et de me familiariser à l'environnement. Je l'ai trouvé intéressant par tout ce qu'il m'a appris sur la situation des Juifs en Pologne (ils sont sous la domination russe, confinés dans une « zone de résidence » ; « Les Russes ne permettent pas aux Juifs de faire des études. Les enfants juifs ne sont pas autorisés à aller au lycée et encore moins à l'université. ») et en Amérique au début du 20ème siècle, avec l'antisémitisme qui sévissait alors (en Europe et en Russie mais aussi aux États-Unis).
En revanche, le personnage de Keila, acharnée à « redevenir une bonne fille juive », ne m'a pas convaincue, c'est gênant puisqu'il s'agit de l'héroïne, tant je l'ai trouvée outrancière (voire grotesque) dans ses réactions hystériques lorsqu'elle doit faire face à ce qui lui arrive (bon, je reconnais qu'elle semble attirer les malheurs !) . Celui de Bunem n'a, au contraire, rien de caricatural : il est fouillé et retient l'attention du lecteur, prompt à s'intéresser aux déboires de ce jeune homme franc et à l'esprit vif, qui remet les traditions en question et ne cesse d'interroger le monde autour de lui.
Un bilan plutôt positif donc, pour un roman de moeurs à l'écriture enlevée, qui croque avec un égal talent la rue Krochmalna à Varsovie et les quartiers modestes de New York.
Lien : https://surmesbrizees.wordpr..
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julienrilzel
  08 avril 2018
Varsovie est sous le joug du grand Empire Russe. Keila la Rouge, flamboyante de ses cheveux roux et porteuse du passeport jaune des prostituées, se voit enfin « offrir » la proposition de mariage de Yarmy, Yarmy la Teigne. Sa chance dépasse l'entendement, et elle le sait. Mais enfin, un « signal est envoyé à toutes les putains de Varsovie, afin qu'elles n'abandonnent pas l'espoir qu'il leur en arrive autant, preuve que l'amour régnait encore sur le monde ».
Ce début fait rêver. le roman est solide. Solidement posé dans cette époque où il fait bon fuir en Amérique, et que l'on exporte les femmes comme on importe des bananes à travers l'Océan Atlantique.
Keila répètera ses efforts pour utiliser ses économies afin de se construire un avenir digne « d'une bonne fille juive ». Elle fuira ainsi la pègre, souhaitant hardiment expier tous ses péchés. Elle se tournera dans un élan d'espoir vers la religion, car il est bien connu qu'à cette époque les rabbins portent en leur coeur toutes les putains. Alors elle sera à la fois utilisée, violée, aimée, abandonnée, reniée et peut-être, nous voulons y croire, enfin sauvée.
Tous les personnages du roman, par ailleurs, semblent être déchirés intérieurement, capturés par leurs destinées, emprisonnés dans un monde qu'ils ne peuvent contrôler malgré la hargne ou la dévotion. Une dualité, caractéristique des romans de Singer, les habite. « Dois-je être croyant et bon, juste et pieux ? », semblent-ils demander, « ou alors puis-je assouvir mes besoins et pulsions, instaurant ma voie selon mes désirs ? », semblent-ils espérer. Dieu ne leur apportera pas les réponses. Leur quotidien non plus. L'Amérique, qui sait…

Dans ce roman, paru en feuilletons et dont l'existence était connue, quelque peu oubliée, on assistera à la banalité avec laquelle étaient pensées les femmes, surtout les prostituées qui ne pouvaient s'en prendre qu'à elles-mêmes. On ricochera d'histoire en histoire avec Keila pour fil rouge, les autres personnages se la passant comme une vulgaire chaussette, et l'on bondira parfois d'énervement si l'on est quelque peu sensible à la prison que peuvent être les autres. Pas seulement les simples hommes et ceux de foi, mais aussi les femmes, qui plutôt que de compatir, arpentent un « chacun sa merde » de l'époque, qui peut être encore tellement d'actualité.
Un roman qui ensorcelle par sa légèreté apparente, pourtant si cru, et qui agace. Teinté d'une certaine amertume, il « n'est pas fait pour endormir le lecteur mais pour qu'il saute de son lit et qu'il coure en caleçon taper sur la gueule de l'auteur », comme en jugeait Bohumil Hrabal des bons livres.
Un très bon livre, donc. Une édition qui fait plaisir et donne aux lecteurs de ce prix Nobel de 1978 une nouvelle occasion de le découvrir, les consolant du silence qui suivit la disparition d'Isaac Bashevis Singer, en 1991.
Une histoire d'outre-tombe est parue. Elle amène des sujets d'actualité. Elle ne prône peut-être pas l'amour, mais elle semble nous demander de nous respecter les uns les autres, dans la mesure du possible. Ce possible qui, pourtant, n'est pas si inatteignable. Voire pas du tout, si l'on admet que le nombril est juste un trou.
Lien : https://julienrilzel.wordpre..
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frmwa
  09 août 2018
Isaac Bashevis Singer montre qu'il sait magnifiquement mettre en scène des personnages haut en couleur, tourmentés, très contradictoires, dans le chaudron du quartier juif de Varsovie, puis à New York. le fils du rabbin est crucifié entre les idées modernes, la vitalité du sexe qui lui révèle la vie. Keila qui vomit des imprécations, des mots doux, de l'argot ordurier est une putain folle d'amour qui aspire à la rédemption et paie de sa personne. Solcha la jeune vierge anarchiste est pétrie d'idéaux mais se montre bien rigide face à cette frange de l'humanité. Son caractère n'est d'ailleurs ébauché qu'à grands traits. L'ensemble du récit d'ailleurs, manque un peu de finition, et présente des inégalités dans l'enchaînement des scènes, la définition des caractères, quoique les effets de suspense révèlent bien l'origine feuilletonesque de l'oeuvre qui réussit à merveille d'autre part à évoquer les questions religieuses, philosophiques, politiques, morales, linguistiques en les rendant consubstantielles de la narration et des protagonistes.
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cecille
  18 septembre 2018
Du grand et talentueux Isaac Bashevis Singer. Quelle joie de le retrouver à travers ce dernier roman traduit et édité en France : Keila la Rouge. Un roman foisonnant, envoûtant. L'auteur nous conte merveilleusement bien l'histoire, la rencontre de Keila, la prostituée et Bunem, fils de rabbin hassidique. 1905-Du ghetto de Varsovie, à New-York nous les accompagnons dans leur quête au bonheur. Ce besoin urgent de quitter cette fange pour ce qui est de Keila et Bunem fuir cette politique destructrice pour tout âme qui a faim de liberté. Abandonnant sa famille Bunem va contre tout, tenter l'impossible, Keila va quitter son mari Yarmy car elle ne supporte plus ce monde de débauche. Mais que vont-ils trouver dans cet autre ailleurs, dans cette Amérique ? Sera -t-elle à la hauteur de leurs espérances. Un roman fort sur l'exil, l'espoir, sous fond de prostitution, et de questionnement sans fin à propos de la religion.
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critiques presse (3)
LaLibreBelgique   07 mars 2018
"Keila la Rouge" nous plonge dans le monde juif polonais d’avant la Shoah. Isaac Bashevis Singer y a grandi avant de s’en faire le témoin réaliste et inspiré.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   02 mars 2018
Pourquoi ce roman d'Isaac Bashevis Singer, prix Nobel 1978, n'a-t-il pas été édité jusqu'alors ?
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   13 février 2018
« Keila la Rouge », livre inédit du Prix Nobel 1978, est publié en France quarante ans après sa parution en feuilleton à New York… et après quelques tribulations.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   02 janvier 2018
Cela n'était pas fréquent qu'une femme ayant fréquenté trois bordels se marie et, en plus, avec quelqu'un d'aussi éduqué que Yarmy, quand même un semi-intellectuel. Cela constituait un signal envoyé à toutes les putains de Varsovie, afin qu'elles n'abandonnent pas l'espoir qu'il leur en arrive autant, preuve que l'amour régnait encore sur le monde, même si on baignait dans la fange jusqu'au menton.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   27 décembre 2017
Yarmy la Teigne, lui, lisait la presse yiddish. Il venait de Piask, la ville des voleurs. Plus tard, il avait même étudié dans une yeshiva* à Lublin. Si un copain voulait écrire à ses parents ou à quelqu’un à Buenos Aires, il venait lui demander de rédiger la lettre en yiddish, avec l’adresse en russe. Yarmy achetait le journal tous les matins. En réalité, il ne s’intéressait qu’aux romans-feuilletons, La Femme en sang ou La Belle Dame trompée et autres histoires de la même eau. Il en lisait parfois des passages à Keila ou lui faisait des résumés. Elle s’exclamait alors, ses yeux verts étincelant :
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rkhettaouirkhettaoui   20 février 2018
Quand il l’accepta à nouveau dans leur lit, elle lui prouva qu’il ne connaissait pas encore tous les moyens et toutes les astuces avec lesquels elle savait séduire un homme. Il lui demanda de qui elle les avait appris et elle lui donna les noms de macs, de voleurs et d’une espèce de sorcier qui avait chez lui un miroir noir dans lequel on voyait apparaître des maris défunts, des amants et des maîtresses perdus, et tous les morts qui désiraient encore s’accoupler avec ceux et celles qui les pleuraient. Elle s’exprimait avec une sorte de frénésie et racontait des histoires si horribles que Yarmy en avait le frisson.
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RemyBabelioRemyBabelio   25 janvier 2018
Il sortit dans la rue à son tour, les jambes étrangement légères. Il regarda un instant autour de lui. Au-dessus des toits couverts de neige, le ciel était violet. On aurait dit que des bribes de lumière du jour s'y accrochaient encore.
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rkhettaouirkhettaoui   20 février 2018
Un couteau, c’est démodé. Dès que des gangsters commencent à se quereller, ils se tirent dessus. Bing ! Bang ! Et quand ce sont des types de la Mafia qui se chamaillent, il y a plusieurs cadavres par jour. En Argentine, flanquer un coup de couteau à quelqu’un, c’est toujours par jalousie. Ces gens-là ont le sang chaud. Si vous louchez sur une femme, vous n’êtes plus sûr de rester en vie. C’est-à-dire, tant que son homme est amoureux d’elle. Dès qu’il ne l’est plus, il expédie sa dulcinée sur le trottoir se vendre pour quelques pesos. C’est le nom de leur monnaie. Le climat est tellement chaud que ces dames vieillissent vite. Personne ne laisse sa fille sortir de la maison sans chaperon. Si elle se promenait seule, elle reviendrait avec un gros ventre. Les gens ont le sang qui bouillonne à cause de la chaleur
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